{"id":72837,"date":"2022-06-09T20:07:36","date_gmt":"2022-06-09T18:07:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=72837"},"modified":"2022-06-09T20:10:47","modified_gmt":"2022-06-09T18:10:47","slug":"40jours-prologue-la-ville-ou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40jours-prologue-la-ville-ou\/","title":{"rendered":"#40jours #prologue | la ville o\u00f9"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Ferme les yeux.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Tu as sous les paupi\u00e8res des g\u00e9om\u00e9tries sanguines, celles qui irriguent ta m\u00e9moire. Ferme bien les yeux. Laisse les angles r\u00e9veiller ce qui a trop longtemps dormi. Tes yeux sont ferm\u00e9s et regardent l\u2019int\u00e9rieur. Voient les formes se reconstituer les volumes les lignes de fuite emprunt\u00e9es. Voient une verticale percuter les barrages des temps. Des lumi\u00e8res scintillantes ou froides. Des couleurs d\u00e9lav\u00e9es mais garde les yeux ferm\u00e9s.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n\n\n\n<p>Droite herbeuse terreuse buissons hauts avant la fauche encore humides le dimanche matin tandis que le jour dissipe une brume joueuse fr\u00f4lant le chemin en nappes o\u00f9 l\u2019on plonge l\u2019\u00e2me d\u2019abord le corps ensuite et le pont juste l\u00e0 offre la perpendiculaire aux automobiles au-dessus calme \u00e0 cette heure pr\u00e9cise malgr\u00e9 la gare jonction de la p\u00e9riph\u00e9rie et du c\u0153ur de la ville foul\u00e9es comme pesanteurs frappant la semaine qu\u2019on ach\u00e8ve la rivi\u00e8re coule malgr\u00e9 tout si proche des feux des parkings mais en contre bas cach\u00e9e de rang\u00e9es d\u2019arbres alors on peut l\u2019ignorer ne voir que le quadrillage des avenues et les immeubles Legos sans couleur pos\u00e9s par des enfants d\u00e9j\u00e0 trop r\u00e9fl\u00e9chis \u00e0 reproduire organisation optimisation planification d\u2019un jeu urbain&nbsp;: la ville o\u00f9 je grandis.<\/p>\n\n\n\n<p>Cercle blanc z\u00e9nith radical vertical \u00e9chauffe les surfaces immeubles blancs rang\u00e9es de balcons b\u00e9ton fen\u00eatres ferm\u00e9es crachent les \u00e9chos du ciel en toutes directions s\u2019\u00e9crasent eux sur la grand place tr\u00f4ne l\u2019astrolabe de fer br\u00fblant gris courbes imitent la plan\u00e8te Terre une aiguille peut tourner en son c\u0153ur si une main ose si poser incandescence du moment solaire trois marches longent la place on s\u2019y assoit \u00e0 attendre la suite tandis que des bulles au sol que les enfants tout l\u2019\u00e9t\u00e9 seulement prennent pour chemin sauter de bulles en bulles les sentir s\u2019aplatir sous leurs pas le sol est min\u00e9ral mais vivant quelque chose respire dans le dessous de la place et partout dans la ville sur la dalle qui unit les quartiers et les enfants partout s\u2019y d\u00e9placent librement mais de cloques en cloques l\u2019\u00e9t\u00e9 cercles vibrants anomalies dans l\u2019entrem\u00ealement des lignes du grand plan&nbsp;: la ville o\u00f9 je marche.<\/p>\n\n\n\n<p>Rectangle vert immense des v\u00e9los entass\u00e9s entour\u00e9 de voies larges grises bord\u00e9es de pavillons identiques mitoyens par les garages remplis sans doute entr\u00e9es les m\u00eames partout sym\u00e9tries partout circulent les voitures le long du rectangle se termine comme une colline minuscule ponctu\u00e9e d\u2019arbres o\u00f9 des grappes d\u2019enfants poussent r\u00e9guli\u00e8rement o\u00f9 des bouquets de rires envahissent l\u2019herbe partout tondue des barres de m\u00e9tal blanc miment le terrain l\u00e0 o\u00f9 il faut marquer viser tirer de toute la force d\u2019un pied qui s\u2019imagine Coupe du monde les habits le soir enfourchent les v\u00e9los verts aux coudes&nbsp;: la ville o\u00f9 je m\u2019\u00e9corche les genoux.<\/p>\n\n\n\n<p>Triangle comme enfoncement dans l\u2019all\u00e9e connecte le quartier aux commerces plus loin qu\u2019on ne voit triangle comme espace pr\u00e9serv\u00e9 mais peuvent y plonger les regards des passants triangulation des immobiles entassements de logements \u00e0 c\u00f4t\u00e9 au-dessus en-dessous comme l\u00e9vitation car y passe une route silencieuse depuis le triangle planches de bois align\u00e9es clou\u00e9es renforc\u00e9es le prot\u00e8ge une table rectangulaire bouscule les trois angles quatre pieds et ceux des vivants et leurs mains arabesques d\u2019une discussion dans ce creux en dedans dessinent l\u2019air s\u2019y \u00e9vaporent les mots s\u2019\u00e9chappent du triangle sans destination cognent les murs bruts impassibles fronti\u00e8res emp\u00eachent la lumi\u00e8re triangle comme ombre continue des recoins dessin\u00e9s par une main un jour espaces publics et priv\u00e9s \u00eatre chez soi dehors avec \u00e0 c\u00f4t\u00e9&nbsp;: la ville o\u00f9 je me cache.<\/p>\n\n\n\n<p>Pyramide d\u2019un vieux bleu affirme l\u2019angle la crois\u00e9e la jonction de la ville du bas \u00e0 la ville du haut le bas aux automobiles le haut aux pi\u00e9tons pyramide d\u2019acier enchev\u00eatr\u00e9 combinaison de triangles combien sont-ils on les compte on tente en tout cas en-dessous l\u2019horloge affiche de chaque c\u00f4t\u00e9 le m\u00eame cadran la m\u00eame heure celle d\u2019ici trottent les aiguilles tandis qu\u2019en contre bas sur le banc un vieil humain tend le doigt compte les triangles se trompe et reprend \u00e0 l\u2019angle barres d\u2019immeubles blancs alignement d\u2019arbres en face pour dialogue ville et nature et coule de l\u00e0 une pente douce de pav\u00e9s ouvrent sur la place offerte au supermarch\u00e9 portes s\u2019ouvrent se referment avalent les vivants quelques parasols pour ceux qui h\u00e9sitent \u00e0 franchir le seuil puis le soir des lampadaires sont plant\u00e9s mais n\u2019ont pas pouss\u00e9s ils sont l\u00e0 encadrent mais quoi on n\u2019y voit qu\u2019un al\u00e9a dans la ville sur cette place&nbsp;: la ville que je consomme.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ferme les yeux. Tu as sous les paupi\u00e8res des g\u00e9om\u00e9tries sanguines, celles qui irriguent ta m\u00e9moire. Ferme bien les yeux. Laisse les angles r\u00e9veiller ce qui a trop longtemps dormi. Tes yeux sont ferm\u00e9s et regardent l\u2019int\u00e9rieur. Voient les formes se reconstituer les volumes les lignes de fuite emprunt\u00e9es. Voient une verticale percuter les barrages des temps. 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