{"id":74338,"date":"2022-06-13T11:51:37","date_gmt":"2022-06-13T09:51:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=74338"},"modified":"2022-06-21T21:46:51","modified_gmt":"2022-06-21T19:46:51","slug":"40jours-02-retour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40jours-02-retour\/","title":{"rendered":"#40jours #02 | Retour"},"content":{"rendered":"\n<p>Il referme le portail derri\u00e8re lui et chemine dans la courte all\u00e9e qui m\u00e8ne \u00e0 cette maison bourgeoise, dans une banlieue ais\u00e9e, une maison pour une grande famille qui vient de quitter Paris apr\u00e8s la naissance du dernier.<\/p>\n\n\n\n<p>Un escalier imposant et, sur la droite, une v\u00e9randa vont rester en place. Pour le reste, il enroule la fa\u00e7ade comme un store. La demeure semble \u00eatre mise \u00e0 nue. Sur la gauche de l\u2019escalier en entre sol il s\u2019attarde sur la grande table avec une couverture recouverte d\u2019un drap o\u00f9 un fer \u00e0 repasser, le nez en l\u2019air, attend son heure. Il se penche un peu et au fond, derri\u00e8re la table, il y a la machine \u00e0 tricoter et encore plus en profondeur reconnaissable \u00e0 sa forme et au blanc, le cumulus.De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, c\u2019est sombre, du charbon s\u00e9par\u00e9 en deux tas, l\u2019un de houille, l\u2019autre d\u2019anthracite qu\u2019il faut pelleter tous les jours pour nourrir la chaudi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Il monte le regard marche \u00e0 marche. L\u2019entr\u00e9e est cach\u00e9e en partie par l\u2019armoire bretonne mais il aper\u00e7oit la commode avec le dessus en marbre, le t\u00e9l\u00e9phone noir en bak\u00e9lite pos\u00e9 sur le bord, un mod\u00e8le PTT24, un miroir bord\u00e9 de dorures. Le sol est un damier de carrelage noir et blanc. Une chaise avec accoudoir, un porte parapluie rapport\u00e9 d\u2019Asie, blanc avec ses ramages bleus et ce dragon noir en relief. Une autre armoire est sur le c\u00f4t\u00e9, la porte rest\u00e9e ouverte d\u00e9voile des serviettes en pile, des nappes pli\u00e9es, des porte-serviettes avec des initiales brod\u00e9es au point de croix. Dans le prolongement de la porte d\u2019entr\u00e9e un porte-manteaux mural charg\u00e9s de noir et beige. Il devine l\u2019escalier qui monte aux \u00e9tages. Au-dessus du charbon c\u2019est une salle \u00e0 manger avec une grande table plac\u00e9e en longueur, couverte d\u2019une toile cir\u00e9e, une armoire normande s\u2019impose avec presque en face un gros buffet bas avec une serrure ancienne. L\u00e0 aussi il y a un dessus en marbre sur lequel sont pos\u00e9s des dessous de plats. Au fond une table roulante avec une pani\u00e8re, un pain de 2 livres pr\u00eat \u00e0 \u00eatre tranch\u00e9. Des chaises avec cannage rang\u00e9es tout autour et contre le mur. Cette pi\u00e8ce s\u2019ouvre par une alc\u00f4ve sur un double salon, deux canap\u00e9s avec coussins, plusieurs fauteuils de style une table basse, les pieds inspir\u00e9s par l\u2019art chinois, des \u00e9clairages sur pied, des tapis, quelques magazines, un grand tapis iranien. Un parquet en chevron unit ces deux espaces. Il regarde d\u2019abord en biais par l\u2019ouverture puis se d\u00e9cale et par la v\u00e9randa en demi-cercle rep\u00e8re un magn\u00e9to \u00e0 bande dans la partie plus petite. Il pourrait entendre la musique mais l\u00e0 c\u2019est le silence qui prime. Une femme dans un fauteuil crapaud est en train de tricoter et seul le cliquetis des aiguilles donne un semblant de vie \u00e0 cette sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019\u00e9loigne un peu pour voir les pi\u00e8ces du premier \u00e9tage. Au-dessus de l\u2019entr\u00e9e, une chambre, un lit d\u00e9fait, une place, est coll\u00e9 au mur du fond, une commode en bois brut sert de chevet, un tapis marocain comme descente de lit. Un tableau noir peint \u00e0 m\u00eame le mur. Il lit des formules math\u00e9matiques, des listes \u00e0 faire, un morceau de po\u00e8me. Un bureau avec une lampe en cuivre et l\u2019abat-jour vert. Beaucoup de choses trainent par terre, il ne rep\u00e8re pas toujours ce que cela peut \u00eatre. Un espace \u00e9troit dans lequel il y a une douche et un lavabo. Une autre chambre avec un matelas pos\u00e9 \u00e0 m\u00eame le sol, des planches pos\u00e9es sur des briques forment un espace de rangement sur lesquelles il devine les livres et des v\u00eatements. Une radio, un journal au pied du lit, des chaussettes en tire-bouchon, une table avec deux chaises. La lampe allum\u00e9e, pos\u00e9e au milieu, r\u00e9v\u00e8le un tas de papiers, plusieurs livres ouverts, un pot avec crayons et un cendrier qui m\u00e9riterai d\u2019\u00eatre vid\u00e9. Une silhouette, les cheveux en bataille, est pench\u00e9 sur un cahier, stylo en main, la radio diffuse des actualit\u00e9s en continu. Les murs sont couverts d\u2019affiches, de posters, de photos. Au-dessus de la v\u00e9randa un balcon avec rambarde donne dans la chambre parentale&nbsp;? Un grand lit au milieu, des carpettes vertes deux chevets identiques avec lampes assorties. Sur l\u2019un, un cadre avec la photo d\u2019un nouveau-n\u00e9. Un fauteuil recouvert de velours grenat est pr\u00e8s de la fen\u00eatre cot\u00e9 balcon. Sur le mur oppos\u00e9 une fen\u00eatre, cette pi\u00e8ce traverse la maison. Une veste est pos\u00e9e sur un valet, des chaussures cir\u00e9es attendent. Quelques tableaux habillent les murs et surtout, ce qui le frappe, c\u2019est le Christ de Dali juste au-dessus du lit.<\/p>\n\n\n\n<p>Il se recule encore mais ne voit que le toit qui lui, est rest\u00e9 en place. Il imagine des combles dans lequel on remise le pass\u00e9, tout ce dont on se sert plus mais qu\u2019on n\u2019arrive pas \u00e0 jeter. Des jouets d\u2019enfants d\u00e9j\u00e0 grands, des malles h\u00e9rit\u00e9es qui abritent du linge de maison dont on ne se servira jamais, des cartons de livres qu\u2019on se promet de trier d\u00e8s qu\u2019on aura un instant. Des morceaux de vie qui dorment, oubli\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il referme le portail derri\u00e8re lui et chemine dans la courte all\u00e9e qui m\u00e8ne \u00e0 cette maison bourgeoise, dans une banlieue ais\u00e9e, une maison pour une grande famille qui vient de quitter Paris apr\u00e8s la naissance du dernier. 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