{"id":76108,"date":"2022-06-16T18:44:52","date_gmt":"2022-06-16T16:44:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=76108"},"modified":"2022-07-02T09:46:43","modified_gmt":"2022-07-02T07:46:43","slug":"40jours-06-savoir-se-perdre-journal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40jours-06-savoir-se-perdre-journal\/","title":{"rendered":"#40jours #06 | savoir se perdre (journal)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"666\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/FIAC-2016-petit-palais-paris_le-mot-et-la-chose_copyright-stephane-chemin_62.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-76111\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/FIAC-2016-petit-palais-paris_le-mot-et-la-chose_copyright-stephane-chemin_62.jpg 1000w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/FIAC-2016-petit-palais-paris_le-mot-et-la-chose_copyright-stephane-chemin_62-420x280.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/FIAC-2016-petit-palais-paris_le-mot-et-la-chose_copyright-stephane-chemin_62-768x511.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Marcher dans Londres en suivant le plan du Caire, l\u2019id\u00e9e m\u2019a toujours s\u00e9duite. Plus modestement, je pars quelques jours marcher dans Jonzac en suivant le plan que j\u2019en ai dress\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2018 \u00e0 travers les 45 propositions de l\u2019atelier ville. Avant m\u00eame d\u2019y retrouver Will ou Camille, c\u2019est \u00e0 moi que j\u2019ai donn\u00e9 rendez-vous, un rendez-vous de travail, une visite de chantier avec casque et prises de vues, de son, peut-\u00eatre. En longeant les voitures, je me souviens d\u2019un tr\u00e8s ancien d\u00e9part. Confusion des gares, quelle importance ? \u00c0 l\u2019\u00e9poque j\u2019allais retrouver un homme. Longtemps, j\u2019ai pris des trains, des avions pour retrouver des hommes, pr\u00e9sents ou non, \u00e0 la fin, leur trace suffisait, l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 d\u2019une rencontre. Ils ont \u00e9t\u00e9 de moins en moins pr\u00e9sents jusqu\u2019\u00e0 ce que je r\u00e9alise que chacun d\u2019eux \u00e9tait au sens litt\u00e9ral, un pr\u00e9texte et que mes voyages visaient un autre but, autrement plus secret : \u00e9crire. Je ne savais pas alors me donner rendez-vous sans l\u2019invocation d\u2019une muse&#8230; Je me rends \u00e0 Jonzac, (sens litt\u00e9ral l\u00e0 encore : je me constitue prisonni\u00e8re pour deux jours), o\u00f9 je n\u2019ai pas mis les pieds depuis 2002, je crois, mais qui a occup\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement mes pens\u00e9es, mes r\u00eaves par l\u2019entremise d\u2019un \u00e9trange appartement de fonction vide et traversant entre parking et for\u00eat, dont chaque pi\u00e8ce \u00e9tait habill\u00e9e d\u2019une couleur dense qui renfor\u00e7ait encore l\u2019incongruit\u00e9 de la raret\u00e9 du mobilier. Le travail de la journ\u00e9e \u00e9tait \u00e9prouvant, mais je ne savais pas alors le dire, ni \u00e9viter ou all\u00e9ger son \u00e9preuve. D\u2019autres fois, on m\u2019a log\u00e9 dans un h\u00f4tel du centre, qui a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9 et repris cinq fois depuis. Je ne cherche rien de pr\u00e9cis. Je me r\u00e9jouis de rencontrer Will que je lis depuis des ann\u00e9es sans savoir qu\u2019il est originaire d\u2019un village des environs, mais je serai venue de toute fa\u00e7on, marcher sur mes propres traces, sur celles de ces personnages dont je ne sais pas s\u2019ils feront un jour un livre. C\u2019est \u00e9crire qui importe et marcher sur la fine ligne de cr\u00eate qui joint la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la fiction. Et puis, le jour de mon anniversaire, fa annonc\u00e9 le retour de cet atelier marathon pour le 8 juin.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9vu : la joliesse de la ville, sa petite taille. Sur place, je vois bien quel amalgame s\u2019est fait avec d\u2019autres lieux. Le ch\u00e2teau entrevu de nuit me ramenant aux murailles d\u2019Avignon, aux villes de rempart. Les trajets en voiture d\u2019alors (aucun souvenir d\u2019avoir march\u00e9 dans la ville) dessinant essentiellement les contours, la p\u00e9riph\u00e9rie pratique et par l\u00e0, un plan de zones, de ronds-points&#8230; Ces trajets \u00e0 l\u2019aveuglette du si\u00e8ge passager, l\u2019anciennet\u00e9 de la ville et son centre \u00e9chappant \u00e0 la logique bien organis\u00e9e de ses ext\u00e9rieurs m\u2019ont maintenue dans une sensation labyrinthique, en d\u00e9pit du plan dont j\u2019\u00e9tais munie. Plan double : une carte et un projet pour la journ\u00e9e. Chercher quelque chose, m\u00eame futile, ouvre le regard et les d\u00e9couvertes. Chercher quelque chose, c\u2019est trouver tout le reste, il suffit d\u2019avoir une fois perdu ses cl\u00e9s pour le savoir. J\u2019avais pr\u00e9vu de faire imprimer l\u2019Archive Sauveterre augment\u00e9e des textes de Will, pour lecture et annotation. Ce premier dessein a bien occup\u00e9 ma fin de matin\u00e9e : acc\u00e9der \u00e0 v\u00e9lo \u00e0 l\u2019imprimerie rep\u00e9r\u00e9e dans sa zone s\u2019est av\u00e9r\u00e9 un d\u00e9fi en soi. Voulant \u00e9viter une grosse nationale inqui\u00e9tante, je me suis engag\u00e9e au petit bonheur dans un parc ensauvag\u00e9 (sp\u00e9cialit\u00e9 locale sur laquelle je vais revenir, en marchant, en \u00e9crivant). Je connais ce moment pr\u00e9cis o\u00f9 le projet bas de l\u2019aile au profit de l\u2019appel d\u2019air d\u2019un chemin blanc, c\u2019est l\u2019aventure et sa modeste envergure (v\u00e9lo, deux jours) ne fait rien \u00e0 l\u2019affaire. C\u2019est l\u2019aventure de l\u2019enfance, celle du Petit Poucet : la sans retour. Les chemins en montrent d\u2019autres, on les suit comme des lapins blancs. Je pense un instant \u00e0 d\u00e9couper le plan qu\u2019on m\u2019a donn\u00e9 en secteur, \u00e0 faire une enqu\u00eate de terrain rationnelle. Depuis que je suis sortie de la gare, je pense \u00e0 mes ami.es \u00e0 dictaphone, \u00e0 vid\u00e9o, qui parlent sur le vif. Mais non. En deux temps, en mille temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux quelques souvenirs que j\u2019avais se sont substitu\u00e9s les propositions de l\u2019atelier-ville, \u00e0 ces propositions, les chapitres de l\u2019Archive Sauveterre. (La gare, parlons-en, j\u2019ai cru arriver \u00e0 \u00c9tang-sur-Arroux et qu\u2019\u00e0 tout moment mon beau-p\u00e8re et son chien allaient surgir sur le parking dans la vieille Golf&#8230; Mais sit\u00f4t quitt\u00e9 le parvis, foin de ruralit\u00e9 autunoise : c\u2019est l\u00e0 que la joliesse m\u2019a saut\u00e9 aux yeux, dans une longue rue de maisons cr\u00e8me, anciennes, basses et entour\u00e9es de jardins aguicheurs). Quand finalement apr\u00e8s maints d\u00e9tours de Chaperon rouge, j\u2019arrive sur le parking de l\u2019imprimerie, deux minutes avant la pause de midi, j\u2019ai beaucoup pens\u00e9 d\u00e9j\u00e0 \u00e0 Jean-Christophe Bailly et au D\u00e9paysement, \u00e0 ce talent inimitable qui est le sien pour dire ce que l\u2019\u0153il attrape et d\u00e9duit de ces trajets pirat\u00e9s en balades, o\u00f9 l\u2019esprit bat la campagne. Pour imprimer, me dit la secr\u00e9taire \u00e0 la fen\u00eatre (je ne voulais pas descendre de v\u00e9lo et j\u2019ai toqu\u00e9 \u00e0 son carreau), ce sera ailleurs, ici on ne fait pas de petits travaux.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Et c\u2019est comme \u00e7a que je suis devenue un personnage de Will : \u00e0 midi quinze, je traversai le parking du Leclerc \u00e0 la recherche de la bo\u00eete qui imprimait les petits travaux.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>J\u2019ai d\u00e9jeun\u00e9 sur un plancher de bal, mont\u00e9 au bord de l\u2019eau. Ce carr\u00e9 de bois clair au milieu des verts, des pierres, des petites \u00e9cluses et des canards, m\u2019a doucement ramen\u00e9e aux \u00e9crits que Nathalie Moine m\u2019a fait la joie de m\u2019envoyer sur la question des refuges. La vie secr\u00e8te et cach\u00e9e du Grand D\u2019ombre m\u2019a paru bien lointaine et pourtant, y-a-t-il autre chose dans une vie cach\u00e9e et secr\u00e8te qu\u2019une qu\u00eate obstin\u00e9e de refuge ?<\/p>\n\n\n\n<p>Avec Will hier. Avant son arriv\u00e9e au bar (j\u2019ai deux heures d\u2019avance, pour \u00e9crire), le serveur a gonfl\u00e9 un \u00e9norme \u00e9l\u00e9phant rose qui g\u00eet sur le flanc, m\u2019offrant une vue imprenable sur son cul (probable compensation de mes ann\u00e9es chamb\u00e9riennes o\u00f9 la fontaine aux \u00e9l\u00e9phants est surnomm\u00e9e les 4 sans cul, longtemps pris pour les 400 culs et cette question taraudant mon enfance : o\u00f9 les ont-ils bien mis ?). Cet animal donne la tonalit\u00e9 de cette journ\u00e9e qui s\u2019annonce. Il faudrait ici pour bien me faire comprendre raconter la fabuleuse histoire de la sorci\u00e8re, d\u2019Alexandre le Grand et de l\u2019\u0153il gauche du crocodile, lu par les \u00e9l\u00e8ves mardi soir. Mais bri\u00e8vement, l\u2019expression \u00ab l\u2019\u00e9l\u00e9phant dans la pi\u00e8ce suffira \u00bb pour dire ce que notre prose fait exister d\u00e9finitivement. Nous allons marcher dans le texte de Will, Galeries noires, sa r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019Archive Sauveterre, le souvenir de ses passages secrets de l\u2019adolescence et (quelques codicilles plus loin) leur revisitation dans un Jonzac tout propret. Ainsi, je n\u2019aurai pas seule march\u00e9 dans le plan d\u2019un texte. Il y aura beaucoup \u00e0 \u00e9crire sur cette longue matin\u00e9e que nous avons pouss\u00e9e jusqu\u2019au d\u00e9but de l\u2019apr\u00e8s-midi, mais imm\u00e9diatement je veux noter deux choses : apr\u00e8s ma journ\u00e9e pass\u00e9e \u00e0 me perdre dans la ville, incapable de relier entre eux mes points d\u2019int\u00e9r\u00eat et de m\u00e9moire, gal\u00e9rant m\u00eame de fa\u00e7on spectaculaire pour acc\u00e9der \u00e0 Jean Hyp, quartier g\u00e9n\u00e9ral de mes propositions pour l\u2019atelier ville en 2018, Will m\u2019offre une balade de magicien, encha\u00eenant raccourci sur raccourci comme on tire sur un n\u0153ud inextricable sans la moindre difficult\u00e9. L\u2019autre chose, c\u2019est la sensation des galeries noires, l\u2019instant de pente vers le frais dans la bouche d\u2019ombre. Un instant infime qui contient des mondes de terreur, de curiosit\u00e9, de myst\u00e8re au sens le plus archa\u00efque qui se puisse entendre, le mot labyrinthe tournant sans cesse autour de nous.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9galement aper\u00e7us dans ce p\u00e9riple sans pareil : un squale, un ragondin, des libellules bleues, un rouge-gorge et bien apr\u00e8s que nous nous sommes dit au revoir, un homard g\u00e9ant dans une piscine.<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours en vue de la d\u00e9ferlante des 40&nbsp;fois la ville, j\u2019ai essay\u00e9 de me munir d\u2019une repr\u00e9sentation des chantiers en cours. Dans les propositions de&nbsp;<em><strong>f<\/strong><\/em>, il y a fort \u00e0 parier que nombre pourront \u00eatre redirig\u00e9es vers&nbsp;<em><a href=\"https:\/\/www.lecafeeuropa.com\/post\/l-archive-sauveterre\">Sauveterre<\/a><\/em>, puisque j\u2019y avais pass\u00e9 l\u2019\u00e9t\u00e9&nbsp;2018 \u00e0 \u00e9crire la ville. Mais il y a toujours des orphelines, des balles perdues qui pourront faire leur trou dans un autre terrain de jeu. L\u2019objet \u00e0 la forme d\u2019un sch\u00e9ma euristique c\u2019est \u00e0 dire d\u2019une carte. Dans mon cahier, il y a encore le plan de Jonzac, l\u2019officiel jouxtant celui que j\u2019en ai dress\u00e9, phrase apr\u00e8s phrase et qui m\u2019a permis de faire&nbsp;<a href=\"file:\/\/\/var\/folders\/0t\/kwlgdk0x7xd_dvbdtpwgbcsm0000gn\/T\/com.ulyssesapp.mac\/8ebebd006e304dceb108515a2b1958e4\/40JOURS%20%2306%20-%20Savoir%20se%20perdre%20(journal)\/index.html#\">cette exp\u00e9rience si d\u00e9cal\u00e9e<\/a>&nbsp;la semaine derni\u00e8re en retournant sur les lieux. De mon plan de travail, je dirais deux choses&nbsp;: l\u2019\u00e9tablir m\u2019a consid\u00e9rablement apais\u00e9e et j\u2019ai perdu un titre. Il m\u2019arrive encore fr\u00e9quemment de me sentir perdu en terre inconnue dans les chantiers pharaonesques de ma propre \u00e9criture, o\u00f9 tout va par trois, comme dans&nbsp;<em>le Secret de la Licorne,<\/em>&nbsp;et par cons\u00e9quent, demeure illisible tant que les trois parties n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9unies, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e9crites. Mais j\u2019aime aussi&nbsp;<em>ces terres inconnues<\/em>&nbsp;qui sont l\u2019aboutissement de la Carte du Tendre, (comme Floriane Hasler nous le rappelait hier pendant le cours de dramaturgie en tentant de r\u00e9pondre \u00e0 la question annuelle&nbsp;: L\u2019amour, qu\u2019est-ce que j\u2019y connais\u2009?). Une carte, l\u00e0 encore. O\u00f9 la fin est seulement le d\u00e9but d\u2019une exploration. Et c\u2019est assez l\u2019effet que produit sur moi mon petit dessin. Tout y est reli\u00e9. Cela fait carte, reste l\u2019exploration.<br>Pour ce qui est du titre perdu, j\u2019ai mis la maison \u00e0 sac, persuad\u00e9e de l\u2019avoir \u00e9crit quelque part&nbsp;: \u00e0 quoi bon cette somme de journaux, manuscrits, saisis, sinon\u2009? Pour l\u2019instant, c\u2019est chou blanc. Mais je suis certaine que \u00ab\u2009perdu\u2009\u00bb est un des mots du titre, justement\u2026&nbsp;<em>l\u2019Aventurier du chausson perdu<\/em>\u2009? Mouais, ce titre \u00e0 la pauvre t\u00eate des mots sur e bout de la langue \u00e0 leur retour. Forc\u00e9ment en de\u00e7\u00e0 du voyage qu\u2019ils nous ont fait faire. Et ainsi souvent de mon \u00e9criture. De toute \u00e9criture pour qui tient le stylo, j\u2019imagine.<\/p>\n\n\n\n<p>Un chemin dans le labyrinthe dit<strong><em>&nbsp;f<\/em><\/strong>. Je reviens \u00e0 ma lecture fuyante de la d\u00e9finition touffue de Wikip\u00e9dia. Celle qui m\u2019aide \u00e0 m\u2019endormir pour tomber dans les r\u00eaves et dont j\u2019oublie toujours une partie. Trois labyrinthes&nbsp;: unicursal (une seule entr\u00e9e, une seule sortie), mani\u00e9riste (un grand nombre de voies qui toutes, except\u00e9 une, m\u00e8nent \u00e0 des culs-de-sac) et herm\u00e9tique, autrement appel\u00e9 en rhizome (o\u00f9 chaque route peut \u00eatre la bonne, pourvu qu\u2019on veuille aller du c\u00f4t\u00e9 o\u00f9 on va).<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Le rhizome est donc le lieu des conjectures, des paris et des hasards, des hypoth\u00e8ses globales qui doivent \u00eatre continuellement repos\u00e9es, car une structure en rhizome change sans cesse de forme.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Un labyrinthe comme la zone du&nbsp;<em>Stalker<\/em>&nbsp;de Tarkovski&nbsp;:&nbsp;<em>un lieu en ruine o\u00f9 les lois de la r\u00e9alit\u00e9 ne s\u2019appliquent pas et dont personne ne conna\u00eet la nature.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans ce dernier mod\u00e8le que j\u2019\u00e9cris. Que je voudrais \u00e9crire. Il y aurait plus d\u2019humilit\u00e9 \u00e0 tenter l\u2019unicursal, plus d\u2019humilit\u00e9 et de maestria classique, mais, \u00e0 part ici peut-\u00eatre, ce n\u2019est pas le terrain de jeu vers quoi penche mon c\u0153ur. Je me prends souvent les pieds dans la deuxi\u00e8me forme, mani\u00e9riste, o\u00f9 les culs-de-sac ne sont que les agr\u00e9ments d\u2019une intrigue assez faible. La nuance, c\u2019est l\u2019art du pauvre, disait Raimu et je le serine \u00e0 longueur de temps \u00e0 mes \u00e9l\u00e8ves. Le plan que j\u2019ai \u00e9tabli pour m\u2019aventurer dans #les40jours est un labyrinthe herm\u00e9tique, voyons ce qui en ressortira.<\/p>\n\n\n\n<p>&lt;\u00ab\u2009Le troisi\u00e8me type de labyrinthe est le \u201crhizome\u201d de Deleuze et Guattari, autrement dit le \u201cr\u00e9seau infini\u201d, une structure qui n\u2019a pas de centre ni de p\u00e9riph\u00e9rie, ni dedans ni dehors, et dont les \u00e9l\u00e9ments peuvent se connecter entre eux en plusieurs n\u0153uds, c\u2019est-\u00e0-dire des points focaux, selon les intentions de l\u2019individu qui choisit, lui-m\u00eame, la direction \u00e0 imprimer \u00e0 son propre trajet.\u2009\u00bb (Giuseppe Lovito, Le mythe du labyrinthe revisit\u00e9 par Eco th\u00e9oricien et romancier \u00e0 des fins cognitives et m\u00e9taphoriques)<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"file:\/\/\/var\/folders\/0t\/kwlgdk0x7xd_dvbdtpwgbcsm0000gn\/T\/com.ulyssesapp.mac\/8ebebd006e304dceb108515a2b1958e4\/40JOURS%20%2306%20-%20Savoir%20se%20perdre%20(journal)\/index.html#\">Will | Dialogues #04&nbsp;: retour \u00e0 Chalais<\/a><\/p>\n\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marcher dans Londres en suivant le plan du Caire, l\u2019id\u00e9e m\u2019a toujours s\u00e9duite <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40jours-06-savoir-se-perdre-journal\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#40jours #06 | savoir se perdre (journal)<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":43,"featured_media":76111,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3251,3350],"tags":[2221,3364],"class_list":["post-76108","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-40jours","category-40jours-06-cartes","tag-journal-de-bord","tag-will"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76108","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/43"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76108"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76108\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/76111"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76108"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76108"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76108"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}