{"id":76373,"date":"2022-06-17T09:37:09","date_gmt":"2022-06-17T07:37:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=76373"},"modified":"2022-06-17T10:30:26","modified_gmt":"2022-06-17T08:30:26","slug":"40-jours-07-des-cendres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-jours-07-des-cendres\/","title":{"rendered":"#40jours #07 | des cendres"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>c&rsquo;est dans les tr\u00e9fonds de l&rsquo;\u00e2me et de l&rsquo;histoire qu&rsquo;il faudrait se perdre, s&rsquo;\u00e9chapper et oublier &#8211; partir vers un avenir plus radieux &#8211; on n&rsquo;oubliera jamais rien, ce sera l\u00e0, enfoui s\u00fbrement, tu, cach\u00e9, isol\u00e9 tr\u00e8s loin dans la m\u00e9moire (c&rsquo;est sans rapport mais Lou chante quand m\u00eame <em>Sweet Jane<\/em> dans le m\u00eame mouvement) difficile d&rsquo;affronter cette r\u00e9alit\u00e9 et c&rsquo;est sans doute pourquoi alors il valait mieux n&rsquo;en rien dire (il me reste la musique) &#8211; elle avait trente-trois ans, quatre enfants et un mari malade qui cherchait du travail de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la mer &#8211; ils allaient partir pour toujours mais le savaient-ils que ce serait pour toujours ? il fallait qu&rsquo;ils partent &#8211; tous &#8211; des ann\u00e9es plus tard, il m&rsquo;est revenu ces autres d\u00e9parts, ceux de quatorze cent quatre vingt douze, ceux de Salonique (j&rsquo;ai tant aim\u00e9 <em>Vidal et les siens<\/em>), ceux des autres encore, de ce m\u00eame peuple disons dont quelque caract\u00e9ristique se lit au <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-05-de-famille\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-05-de-famille\/\" target=\"_blank\">patronyme<\/a>, lequel comme le veut la loi ou le sacrement, quelque chose du monde et de la force de ce destin (<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=yTLZSy6vbjo\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=yTLZSy6vbjo\" target=\"_blank\">cette merveille<\/a>), lequel \u00e9tait inscrit sur les papiers car il le lui avait donn\u00e9 (et le sacrement le lui imposait) et elle le partageait (elle en disposait d&rsquo;un autre, dit <em>de jeune fille<\/em> : je me rappelle des difficult\u00e9s \u00e0 m&rsquo;en souvenir lorsque, plus tard, pour l&rsquo;administration civile ou militaire cette mention \u00e9tait requise au formulaire; je me souviens aussi qu&rsquo;il s&rsquo;agissait (aussi) d&rsquo;un pr\u00e9nom et que de le d\u00e9couvrir m&rsquo;avait surpris &#8211; le r\u00f4le du flic dans ce film<em> Laura <\/em>(Otto Preminger, 1944)) &#8211; il faudrait conna\u00eetre cette p\u00e9nombre, la puissance de cette m\u00e9moire lorsqu&rsquo;il se pr\u00e9senta au si\u00e8ge, \u00e0 Reuil-Malmaison, pour obtenir ce travail sur les recommandations de qui, je ne sais pas &#8211; \u00e9tait-il seul ? Cette relation qu&rsquo;il avait \u00e0 son p\u00e8re, il l&rsquo;avait perdu \u00e0 dix-neuf ou vingt ans, et voil\u00e0 qu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, je l&rsquo;avais au mien&#8230; Des circonstances moins dramatiques, sans doute mais alors, je ne savais rien de tout \u00e7a, devant la maison \u00e9tait gar\u00e9e la Dauphine, des arbres ch\u00e9tifs donnaient un peu d&rsquo;ombre, qu&rsquo;avais-je \u00e0 l&rsquo;\u00e2me ? Une profondeur, quelque chose du non-dit : pour toujours, vraiment ? On partirait pour toujours. Je me souviens que lorsque, parfois au ciel s&rsquo;envolait un avion nous le saluions d&rsquo;un \u00ab\u00a0au revoir D.!\u00a0\u00bb grands gestes, la main ouverte au dessus des yeux (D. \u00e9tait le surnom de sa s\u0153ur qui vivait, depuis d\u00e9j\u00e0 quelques lustres, \u00e0 Paris, dans un h\u00f4tel &#8211; sa s\u0153ur \u00e0 elle, l&rsquo;une de ses s\u0153urs) peut-\u00eatre r\u00e9pondait-elle, l\u00e0-haut ? &#8211; la maison n&rsquo;\u00e9tait pas loin de l&rsquo;a\u00e9roport, elle ne disposait pas de cave, et celle o\u00f9 nous vivions alors, pour quelques mois, je ne sais pas, sans doute non &#8211; je ne sais rien, je ne savais rien de la perte, il ne s&rsquo;agissait que d&rsquo;un poids qu&rsquo;on ne percevait qu&rsquo;assez lointain, sans doute toujours pr\u00e9sent m\u00eame dans les r\u00eaves, mais lointain inconnu cach\u00e9 tu : lui n&rsquo;\u00e9tait en tout cas pas l\u00e0, nous le savions, je le savais &#8211; par la suite j&rsquo;ai su qu&rsquo;il vivait dans ces mois-l\u00e0 dans un h\u00f4tel sur cette place terminus du quatre-vingt-six d&rsquo;aujourd&rsquo;hui (ce n&rsquo;est plus vrai, aujourd&rsquo;hui la ligne va au Champ de Mars) &#8211; il se peut qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une l\u00e9gende : il y en a une tripot\u00e9e, c&rsquo;est familier hein, oui, c&rsquo;est qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une histoire de famille &#8211; inutile d&rsquo;en faire un plat, il faut juste se souvenir (la sagesse, tu sais, c&rsquo;est se souvenir sans pardonner &#8211; ces temps-ci, je lis la biographie de Marguerite Yourcenar, une de mes h\u00e9ro\u00efnes favorites (l&rsquo;autre Marguerite, je l&rsquo;aime aussi pas mal) qui indique dans une pr\u00e9face :\u00a0\u00bb<em>Nous sommes si habitu\u00e9s \u00e0 voir dans la sagesse un r\u00e9sidu des passions \u00e9teintes qu&rsquo;il nous est difficile de reconna\u00eetre en elle la forme la plus dure et la plus condens\u00e9e de l&rsquo;ardeur, la parcelle d&rsquo;or du feu, et non la cendre<\/em>\u00ab\u00a0. La forme la plus accomplie, et la cendre, oui)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"654\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Capture-decran-de-2022-06-17-09-33-16-1024x654.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-76405\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code has-black-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background\"><code>faire de l'effet est requis dans la chanson (Brassens  en parle souvent, comme d'une technique obligatoire - il dit aussi que s<em>ans technique un don n'est rien qu'une sale manie<\/em> - c'est probable mais c'est sans le vouloir que le titre de ce texte fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la consigne - c'est venu, tant mieux, je ne l'ai pas (re)cherch\u00e9) - \"La force du destin\" (l'opera de Peppino) tournait en m\u00eame temps que ces lignes s'\u00e9crivaient. Je me souviens d'un atelier o\u00f9 j'avais pris le pseudonyme du h\u00e9ros de <em>M le maudit<\/em> et o\u00f9, de la m\u00eame mani\u00e8re, j'avan\u00e7ais dans les consignes avec \u00e0 l'id\u00e9e la r\u00e9alit\u00e9 de la pr\u00e9sence de cet Hans-l\u00e0 (je me demande si le petit blond de <em>Allemagne ann\u00e9e z\u00e9ro<\/em> ne porte pas ce pr\u00e9nom (non, c'est Karl-Heinz - ce n'est pas si loin) - (ce qu'il y a, c'est qu'il ne faut pas non plus tomber dans le pathos comme on disait dans les ann\u00e9es 70, non plus que dans l'oubli), cette fois je suis toujours ce petit m\u00f4me de sept ans \u00e0 peine, dans ce petit jardinet, une route passe devant la maison, l'air embaume le laurier et devant lui, devant moi aussi bien, s'ouvre un avenir enchant\u00e9...   <\/code><\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>c&rsquo;est dans les tr\u00e9fonds de l&rsquo;\u00e2me et de l&rsquo;histoire qu&rsquo;il faudrait se perdre, s&rsquo;\u00e9chapper et oublier &#8211; partir vers un avenir plus radieux &#8211; on n&rsquo;oubliera jamais rien, ce sera l\u00e0, enfoui s\u00fbrement, tu, cach\u00e9, isol\u00e9 tr\u00e8s loin dans la m\u00e9moire (c&rsquo;est sans rapport mais Lou chante quand m\u00eame Sweet Jane dans le m\u00eame mouvement) difficile d&rsquo;affronter cette r\u00e9alit\u00e9 et <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-jours-07-des-cendres\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#40jours #07 | des cendres<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":76405,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3251,3363],"tags":[],"class_list":["post-76373","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-40jours","category-40jours-07-descendre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76373","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/86"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76373"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76373\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/76405"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76373"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76373"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76373"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}