{"id":76618,"date":"2022-06-18T21:26:05","date_gmt":"2022-06-18T19:26:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=76618"},"modified":"2022-06-19T01:25:22","modified_gmt":"2022-06-18T23:25:22","slug":"40-fois-la-ville-08-trois-stations-du-metro-de-stockholm","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-fois-la-ville-08-trois-stations-du-metro-de-stockholm\/","title":{"rendered":"#40jours  #08 | trois stations du m\u00e9tro de Stockholm"},"content":{"rendered":"\n<p>Station de m\u00e9tro Medborgardplatsen, dans une rue \u00e9troite. Je tourne tout de suite \u00e0 droite puis \u00e0 droite \u00e0 nouveau et me trouve presque imm\u00e9diatement face \u00e0 la place du m\u00eame nom: \u00ab La place du ch\u00e2teau \u00bb, certainement nomm\u00e9e ainsi pour se souvenir qu&rsquo;en un temps lointain, il devait y en avoir un, de ch\u00e2teau, sur cette vaste esplanade. Le quartier est sur les hauteurs de la ville. Le ch\u00e2teau avait fonction, probablement, de surveiller, depuis l\u00e0 haut, d&rsquo;\u00e9ventuels envahisseurs. Russes, par exemple. Je tourne le dos \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel dans lequel je vais passer la nuit, souvent le m\u00eame lorsque je viens dans cette ville. Non pas par go\u00fbt, encore que je l&rsquo;aime bien mais plut\u00f4t parce ceux qui m&rsquo;y envoient ont des accords avec la direction pour un nombre de chambres \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e. J&rsquo;aime ce quartier. L&rsquo;espace ext\u00e9rieur y semble assez aust\u00e8re, ce qui est due principalement \u00e0 une forte pr\u00e9sence d&rsquo;architecture expressionniste, laquelle, contrairement \u00e0 son nom, est peu expressive, mais il abrite une vie culturelle intense, o\u00f9 le branch\u00e9 et l&rsquo;underground se c\u00f4toient, d&rsquo;un pub \u00e0 l&rsquo;autre, d&rsquo;un entresol \u00e0  l&rsquo;autre. C&rsquo;est ici aussi que se trouvent les magasins de guitares vintages et d&rsquo;occasion de la ville. Je ne manque jamais de les visiter, d&rsquo;y grattouiller un peu. Face \u00e0 moi, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la rue, s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve la biblioth\u00e8que, massif b\u00e2timent de brique ocre dont la fa\u00e7ade d\u00e9limite la place. Il fait nuit la plupart du temps lorsque j&rsquo;arrive ici, non pas que je voyage tard mais je viens plut\u00f4t l&rsquo;hiver, quand la nuit tombe \u00e0 seize heure. L&rsquo;endroit est alors couvert de neige, tr\u00e8s anim\u00e9, plein des lumi\u00e8res \u00e9lectriques des terrasses ext\u00e9rieures chauff\u00e9es, ouvertes jusque tard d&rsquo;o\u00f9 s&rsquo;\u00e9coule le vacarme joyeux des conversations et de la musique. Juste apr\u00e8s la place, \u00e0 l&rsquo;est, la rue  se resserre, les b\u00e2timents modernes c\u00e8dent la place \u00e0 de petits immeuble au style plus ancien, XVIII -XIXem si\u00e8cle et la rue entame sa descente, pi\u00e9tonne, jusqu&rsquo;au niveau de la mer. <br><br>Station de m\u00e9tro Kungstradgarden. Sous mes pieds, de larges plaques, comme de marbre, ocre, coup\u00e9es de bandes vertes et blanches, s&rsquo;entrecoupant, partant dans toutes les directions. Au dessus de ma t\u00eate, la roche. De la roche brute, non polie, pleine de bosses et d\u2019asp\u00e9rit\u00e9s. On pourrait presque y voir des peintures pari\u00e9tales, si elle n&rsquo;\u00e9tait peinte en vert pomme. A la place des aurochs et des rennes, deux damiers noirs et blancs, distordues, comme per\u00e7us sous acide. Le m\u00eame damier, au sol, comme en miroir, s&rsquo;allonge en une courte perspective juste sous une vo\u00fbte de carreaux blancs et noirs, eux aussi. Le damier guide mon regard vers le puits de lumi\u00e8re et la sortie en face de moi, \u00e0 l&rsquo;horizon. \u00c9trange mise en sc\u00e8ne, comme une bonbonni\u00e8re, un d\u00e9cor de conte de sucre d&rsquo;orge. On ne serait pas surpris dehors, d&rsquo;arriver devant l&rsquo;usine de Willie Wonka. En fait, c&rsquo;est mieux encore. Mais seulement entre la mi avril et la mi mai. \u00e7a tombe bien, nous y sommes. Une p\u00e9riode qu&rsquo;on nomme Mankai au japon. C&rsquo;est un spectacle incroyable. Je d\u00e9couvre, pass\u00e9 la derni\u00e8re marche de l&rsquo;escalator, une vo\u00fbte, comme un ciel, rose, parcourue de longues veines noires de laque : Agenc\u00e9s de part et d&rsquo;autre d&rsquo;un long plan d&rsquo;eau rectangulaire, soixante trois cerisiers du japon s&rsquo;alignent dans une floraison extraordinaire. <br><br>Station de m\u00e9tro T-Centralen. T pour  train, et, comme la suite de son nom l&rsquo;indique, en plein c\u0153ur de la ville, au centre d&rsquo;un vaste complexe de canaux, de voies rapides et de ponts qui la maillent, relient les unes aux autres ses quatorze \u00eeles. On sort de Centralen par un escalator sur une large porte m\u00e9tallique, en face de l&rsquo;ancienne gare ferroviaire, sur une esplanade jouxt\u00e9 par l&rsquo;une de ces voies de communication, sous un pont. Le trafic et le bruit sont intenses, au dessus et au dessous. Tout autour, des immeubles moderne, des bureaux essentiellement. Entreprises diverses, banques beaucoup, plusieurs parkings, une multitude de panneaux de circulation. Par del\u00e0 les rambardes de s\u00e9curit\u00e9 au dessus du pont, on aper\u00e7oit un campanile. C&rsquo;est celui de l&rsquo;h\u00f4tel de ville, loin, comme en un autre si\u00e8cle. Les gens ici me semblent press\u00e9s, affair\u00e9s, tendus, ternes, fatigu\u00e9s. Mais je n&rsquo;aime pas ce lieu alors, peut \u00eatre que j&rsquo;exag\u00e8re un peu. Ici, on ne s&rsquo;arr\u00eate pas dans un magasin de vieille guitares, on ne fl\u00e2ne pas sous une all\u00e9e de cerisiers en fleur.  On ach\u00e8te des sandwichs qu&rsquo;on mange tout en marchant. On va au travail. On en revient. Asphalte, ponts, trottoirs tout est gris dans ce coin de ville d&rsquo;o\u00f9 partent toutes les directions. Sauf la gare elle m\u00eame. Un joli b\u00e2timent, tout blanc, comme sortie d&rsquo;une aquarelle de Carl Larsson. Les immeubles de fer, de brique, de ciment et de verre qui lui font face, ont un air puritain, rigide, r\u00e9probateur, comme lui reprochant sa fantaisie, son romantisme. A l\u2019int\u00e9rieur de l&rsquo;ancienne gare, on trouve des restaurants,des sandwicheries, des distributeurs bancaires, des publicit\u00e9s, des boutiques de v\u00eatements, de valises. Ses escaliers m\u00e8nent aux quais qui vous emportent vers l&rsquo;a\u00e9roport.<\/p>\n\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Station de m\u00e9tro Medborgardplatsen, dans une rue \u00e9troite. 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