{"id":77725,"date":"2022-06-20T14:19:48","date_gmt":"2022-06-20T12:19:48","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=77725"},"modified":"2022-06-20T19:55:08","modified_gmt":"2022-06-20T17:55:08","slug":"40jours-09-portraits-arraches-sans-caresses","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40jours-09-portraits-arraches-sans-caresses\/","title":{"rendered":"#40jours #09 | sans caresses"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"781\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Le-Bercy-enivrant-de-Robert-Doisneau-1024x781.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-77726\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Le-Bercy-enivrant-de-Robert-Doisneau-1024x781.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Le-Bercy-enivrant-de-Robert-Doisneau-420x320.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Le-Bercy-enivrant-de-Robert-Doisneau-768x586.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Le-Bercy-enivrant-de-Robert-Doisneau.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption><strong>Les-chats-de-Bercy,-Paris-1974 de Robert Doisneau<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Je n\u2019aime pas la foule, je deviens hu\u00eetre, mes yeux ne savent pas accrocher les pas fuyants, la panique grande, il a fallu des ann\u00e9es de calme pour admettre que ce que je pensais acquis n\u2019existait pas, travailler en collectif, vivre en grande ville, prendre les transports, jusqu\u2019ici subis. Des arbres les oiseaux \u00e9coutent le bruit du rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la salle de vote en plein repas dominical plus d\u2019assesseurs que de votants. Je me demande pour qui vote celui-ci. Son sourire me dit que peut \u00eatre le faux rassemblement n\u2019aura pas main basse, je me trompe \u00e9videmment, mais j\u2019esp\u00e8re, si les sourires ne veulent pas dire je t\u2019accepte si juste polis si pas de d\u00e9cryptage sauvage alors je perds mes sens.<br>Assis mon quartier engag\u00e9 en politique. L\u2019avantage comme l\u2019inconv\u00e9nient des villages on se conna\u00eet m\u00eame sans savoir, on s\u2019entend m\u00eame sans se voir, on croit m\u00eame comprendre ce qui se chuchote bas.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque jour ils se retrouvent, d\u2019abord trois, ils marchent pour garder forme, une poign\u00e9e de maisons les s\u00e9parent. Je la vois qui les attend, froid, soleil, elle est l\u00e0, elle voit mal, elle s\u2019appuie sur canne mais guiboles encore vaillantes. Lorsqu\u2019ils arrivent, elle sourit, ce sourire dit le d\u00e9terminant pour rester vivant, l\u2019autre qui soutient. La vieillesse se supporte \u00e0 plusieurs, les enfants ne comprennent pas. S\u2019il n\u2019y a pas \u00e7a, il y a quoi ? Les enfants veulent prot\u00e9ger comme les parents avant \u00e7a, ils oublient que la protection n\u2019est pas l\u2019envie. J\u2019aimais l\u2019observer par la fen\u00eatre. Ce sourire qui entra\u00eenait les pas, qui plusieurs fois par jour cr\u00e9aient causette et prolongation vie. Un banc rouge devant sa porte, des bancs rouges le long du chemin pour les arr\u00eats sur image des corps fatigu\u00e9s. Elle guette et ce sourire quand ils sont l\u00e0. Les enfants ont chass\u00e9 les souvenirs et ferm\u00e9 la maison, elle n\u2019attend plus, je me demande comment elle reste vivante maintenant sans sa maison et son sourire.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019entend les voix, je les reconnais, j\u2019aime les sonorit\u00e9s amicales qu\u2019elles d\u00e9gagent, je sais qu\u2019elles le sont, soucieuses, pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019autre, int\u00e9ress\u00e9es. Leurs voix apaisent l\u2019animal bless\u00e9, faire partie d\u2019un monde d&rsquo;o\u00f9 je reconnais des voix dans la rue sans me sentir envahie mais pleine. Je devine les sourires sur les voix. Le voisinage anonyme n\u2019existe plus ici et m\u00eame si on se passerait de certaines voix d\u2019autres construisent des ponts. Les ponts devraient \u00eatre notre unique souci vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le corps las claudique, cheveux gris corps lourd, elle se d\u00e9place efficacement, malgr\u00e9 la d\u00e9termination la fatigue derri\u00e8re le pas. Je l\u2019imagine charge de famille vieillissante, s\u2019occuper des plus pr\u00e8s de la mort, les corps us\u00e9s, je l\u2019imagine tendre, les mots bas pour temp\u00e9rer la brutalit\u00e9 parfois du soleil, je l\u2019imagine debout press\u00e9e. Elle marche vite dans les rues du village, coup de vent, efficace.<\/p>\n\n\n\n<p>Le regard vers le bas il te croise et fais semblant ne pas te conna\u00eetre, tu sais que voisins tu sais qu\u2019handicap, ton bonjour ne percute pas de r\u00e9ponses, j\u2019essaie de ne pas interpr\u00e9ter, ne pas penser \u00e0 la place, ne pas me dire que le probl\u00e8me c\u2019est moi, peut \u00eatre que oui peut \u00eatre pas, parfois juste on ne sait pas faire alors on pr\u00e9f\u00e8re regarder en bas.<\/p>\n\n\n\n<p>Le chien g\u00e9mit \u00e0 la journ\u00e9e quand ses ma\u00eetres partis et l\u2019autre de lui r\u00e9pondre en aboyant aboyant, si tu passes devant les chiens te disent que tu n\u2019es pas le bienvenu. Pas le bienvenu dans la rue ? Les ma\u00eetres sont \u00e9puisants, les chiens adoss\u00e9s \u00e0 la main qui les caressent ne savent pas dire autrement qu\u2019en hurlant. Le corps ressent l\u2019agression du ma\u00eetre qui se satisfait d\u2019un chien \u00e0 cout moment alors que fid\u00e8le cote \u00e0 cote il pleure la solitude des journ\u00e9es sans caresses.<\/p>\n\n\n\n<p>Peut-\u00eatre que tous les corps pleurent sans caresses ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je n\u2019aime pas la foule, je deviens hu\u00eetre, mes yeux ne savent pas accrocher les pas fuyants, la panique grande, il a fallu des ann\u00e9es de calme pour admettre que ce que je pensais acquis n\u2019existait pas, travailler en collectif, vivre en grande ville, prendre les transports, jusqu\u2019ici subis. Des arbres les oiseaux \u00e9coutent le bruit du rien. 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