{"id":77757,"date":"2022-06-21T19:15:38","date_gmt":"2022-06-21T17:15:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=77757"},"modified":"2022-06-22T00:13:37","modified_gmt":"2022-06-21T22:13:37","slug":"40-jours-11-vous-devriez-vous-ressaisir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-jours-11-vous-devriez-vous-ressaisir\/","title":{"rendered":"#40 jours #11| Vous devriez vous ressaisir."},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"372\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/707937.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-78295\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/707937.jpg 500w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/707937-420x312.jpg 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Lorsque l&rsquo;homme s&rsquo;\u00e9veilla ce matin l\u00e0, il d\u00e9couvrit quelqu&rsquo;un, debout, v\u00eatu d&rsquo;habits en tous points semblables aux siens, dans le vestibule de son appartement, la mains sur la poign\u00e9e de la porte, pr\u00eat \u00e0 sortir. La vue encore un peu trouble des vapeurs du sommeil, le cerveau engourdi et la gorge l\u00e9g\u00e8rement enrou\u00e9e, il s&rsquo;appuya sur ses coudes, se redressa et demanda :\u00ab Mais qui \u00eates vous ? Que faites vous chez moi ? \u00bb. L&rsquo;autre se retourna et l&rsquo;homme vit dans la clart\u00e9 du jour naissant, son propre visage qui s&rsquo;appr\u00eatait \u00e0 lui r\u00e9pondre. Il fit un \u00e9norme O de la bouche d&rsquo;o\u00f9 aucun son ne sortit  tandis que l&rsquo;autre le fixait . \u00ab Ce que je fais ? &#8211; r\u00e9pondit l&rsquo;autre- d&rsquo;une voix pleine de reproche. Et bien je m&rsquo;en vais!\u00bb. L&rsquo;homme se mit en position assise, se frotta les cheveux, mis ses mains devant ses yeux et dit \u00e0 voix basse pour lui m\u00eame. \u00ab Je suis en train de m&rsquo;\u00e9couter me dire que je quitte mon appartement. Suis je en train de r\u00eaver que je souhaiterai d\u00e9m\u00e9nager ? Ais je entendu le r\u00e9veil sonner ?\u00bb Il \u00f4ta les mains de dessus ses yeux en un geste ferme de v\u00e9rification et se retrouva tout comme l&rsquo;instant d&rsquo;avant devant l&rsquo;autre qui \u00e9tait lui. \u00ab Vous \u00eates moi? \u00bb Demanda t&rsquo;il, profond\u00e9ment suspicieux et sur la d\u00e9fensive. \u00ab Plus pour longtemps- r\u00e9pondit l&rsquo;autre. Tu m\u2019ennuie.\u00bb \u00ab Je t&rsquo;ennuie? -r\u00e9p\u00e9ta l&rsquo;homme, dubitatif- mais on ne se conna\u00eet m\u00eame pas. \u00bb L&rsquo;autre prit un air outr\u00e9 et s&rsquo;exclama \u00ab Ah tu vois! C&rsquo;est exactement ce que je pensais : tu \u00ab ne me connais pas \u00bb. Je suis toi et tu ne sais pas qui je suis. Dans ces conditions, peux tu me dire ce que je fais encore ici ? \u00bb L&rsquo;homme cette fois s&rsquo;\u00e9tait lev\u00e9. Il entama de se v\u00eatir tout en s&rsquo;effor\u00e7ant de comprendre ce qui lui arrivait. Peut \u00eatre avait il de la fi\u00e8vre? Il faudrait v\u00e9rifier. \u00ab Je peux te toucher ? \u00bb questionna t&rsquo;il. L&rsquo;autre acquies\u00e7a de la t\u00eate et l&rsquo;homme lui pin\u00e7a doucement le bras. Clairement, l&rsquo;autre \u00e9tait bien r\u00e9el. \u00ab Et tu dis que tu es moi ? \u00bb murmura t&rsquo;il regardant l&rsquo;autre au visage, par en dessous. \u00ab \u00e7a ne se voit pas ? \u00bb trancha l&rsquo;autre. \u00ab Si, si, c&rsquo;est \u00e9vident.\u00bb marmonnait l&rsquo;homme de plus en plus inquiet. Quelques secondes pass\u00e8rent puis il devint tout blanc. \u00ab Mais alors- s&rsquo;exclama t-il soudain- Si tu pars, qu&rsquo;advient il de moi ?!\u00bb \u00ab Ah, pour \u00e7a, d\u00e9brouilles toi ! Moi, je n&rsquo;y tiens plus , enferm\u00e9 dans ta t\u00eate ! \u00bb et sur ces mots, il claqua violemment la porte et disparu dans les escaliers. On entendait parfaitement le claquement d\u00e9termin\u00e9 et sans retour en arri\u00e8re possible de ses talonnettes qui d\u00e9valaient les \u00e9tages. Pris de panique, l&rsquo;homme termina d&rsquo;enfiler son pantalon en clopinant, ferma les boutons de sa chemise, lassa ses chaussures le plus vite qu&rsquo;il put et se regarda dans le miroir du vestibule o\u00f9 il prit la d\u00e9cision en une fraction de seconde de ne pas se peigner pour cette fois malgr\u00e9 le besoin qu&rsquo;en avaient ses cheveux. L&rsquo;urgence \u00e9tait autrement plus importante. Il se pr\u00e9cipita dans l&rsquo;escalier. \u00ab O\u00f9 es tu, hurla t&rsquo;il. Attends ! Tu ne peux pas me laisser comme \u00e7a. Je deviens quoi moi, si je disparais ? \u00bb En r\u00e9ponse, il n&rsquo;entendit que le bruit des talonnettes qui devaient d\u00e9j\u00e0 \u00eatre au rez de chauss\u00e9e. Il d\u00e9vala les escaliers, laissant la porte ouverte et son cartable \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l&rsquo;appartement. Tant pis, il connaissait son cours, il pourrait improviser. Pour l\u2019instant, une seule chose comptait : rattraper le fugueur! Rien, absolument rien  n&rsquo;\u00e9tait possible sans lui. D\u00e9boulant dans la rue, il l\u2019aper\u00e7ut juste au moment o\u00f9 l&rsquo;autre tournait l&rsquo;angle sur le boulevard. Il courut jusque l\u00e0 mais l&rsquo;autre n&rsquo;y \u00e9tait plus. Il crut l&rsquo;apercevoir, au milieu d&rsquo;un flot de passant juste devant le b\u00e2timent de la poste mais il disparu de nouveau. L&rsquo;autre affichait une totale d\u00e9sinvolture et semblait m\u00eame prendre un malin plaisir \u00e0 le semer. En r\u00e9alit\u00e9, il n&rsquo;en \u00e9tait rien. L&rsquo;autre n&rsquo;avait m\u00eame pas pr\u00eat\u00e9 attention au fait qu&rsquo;il \u00e9tait poursuivi. Il s&rsquo;en allait, tout simplement, combl\u00e9 d&rsquo; \u00e9merveillement par tout ce que contenait la ville comme sujets de d\u00e9couverte. Il prit une rue \u00e0 droite puis une autre \u00e0 gauche, franchit un pont, emprunta un couloir souterrain, r\u00e9apparu au sommet d&rsquo;un immeuble, sauta d&rsquo;un toit sur l&rsquo;autre, redescendit par les escaliers de secours, monta dans un bus pour quelques stations, continua \u00e0 pieds, sans but, \u00e0 l&rsquo;aventure. Les b\u00e2timents bient\u00f4t se firent plus rares. Des arbres apparurent. Un horizon se d\u00e9gageait. Il fit une pause dans un champs de bl\u00e9 au cours de laquelle il entama la conversation avec un \u00e9pouvantail dont les guenilles flottaient au vent.: \u00ab C&rsquo;est donc ici que vous avez d\u00e9cid\u00e9 de vous arr\u00eater o\u00f9 bien, comme moi, vous profitez seulement du paysage ? \u00bb demanda t&rsquo;il \u00e0 son homologue \u00e0 t\u00eate de chiffon qui ne r\u00e9pondit pas . \u00ab Remarquez, s&rsquo;installer ici est un choix comme un autre- dit il- et vous avez s\u00fbrement raison. L&rsquo;endroit est bien choisi. On y voit clair, loin, le bl\u00e9 a une couleur magnifique et le vent est tr\u00e8s agr\u00e9able. On se croirait dans un tableau de Monet. Bonne continuation. \u00bb et il repartit. Pendant ce temps, l&rsquo;homme n&rsquo;avait cess\u00e9 de courir en tous sens \u00e0 travers la ville et, comme l&rsquo;autre, au bout d&rsquo;un moment, il en \u00e9tait sortit. Mais par quelle porte ? Dans quelle direction ? Et \u00e0 quel prix ? Il \u00e9tait en sueur. Des sueurs froides, des sueurs de terreur. Ou avait il atterri ? Qu&rsquo;allait il advenir de lui s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait plus l\u00e0? Qui allait veiller sur lui ? Qui allait lui montrer la direction \u00e0 suivre ? Qui allait l&rsquo;\u00e9clairer, le pr\u00e9venir des dangers ? Il cherchait des panneaux qui pourraient l&rsquo;orienter mais n&rsquo;en reconnaissait aucun, c&rsquo;\u00e9tait comme si tout \u00e9tait \u00e9crit dans une langue \u00e9trang\u00e8re. Il fouillait d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment l&rsquo;horizon du regard \u00e0 la recherche de l&rsquo;autre et s&rsquo;appr\u00eatait \u00e0 s&rsquo;\u00e9lancer \u00e0 nouveau, dans n&rsquo;importe quelle direction, lorsqu&rsquo; il entendit des pas derni\u00e8re lui. Il se tourna d&rsquo;un bond, persuad\u00e9 que l&rsquo;autre se tenait l\u00e0 et l&#8217;empoigna de toutes ses forces. \u00ab Ha Ha ! Je te tiens ! Vocif\u00e9ra t-il dans un rictus de victoire qui lui donnait un air effrayant.\u00bb. \u00ab Vos \u00e9l\u00e8ves vous attendent, vous \u00eates tr\u00e8s en retard. \u00bb lui r\u00e9pondit une petite voix apeur\u00e9e qui ajouta apr\u00e8s un silence \u00e9berlu\u00e9. \u00ab Vous n&rsquo;avez pas l&rsquo;air tr\u00e8s bien.Vous devriez vous ressaisir.\u00bb <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsque l&rsquo;homme s&rsquo;\u00e9veilla ce matin l\u00e0, il d\u00e9couvrit quelqu&rsquo;un, debout, v\u00eatu d&rsquo;habits en tous points semblables aux siens, dans le vestibule de son appartement, la mains sur la poign\u00e9e de la porte, pr\u00eat \u00e0 sortir. 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