{"id":79602,"date":"2022-06-25T19:31:20","date_gmt":"2022-06-25T17:31:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=79602"},"modified":"2024-02-24T23:08:18","modified_gmt":"2024-02-24T22:08:18","slug":"40-jours-08-ombrieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-jours-08-ombrieres\/","title":{"rendered":"#40 jours #08 | Ombri\u00e8res"},"content":{"rendered":"\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Figure-27-\u2013-LOmbriere-\u2013-photoperso-\u2013-20220619_104641-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-79603\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Figure-27-\u2013-LOmbriere-\u2013-photoperso-\u2013-20220619_104641-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Figure-27-\u2013-LOmbriere-\u2013-photoperso-\u2013-20220619_104641-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Figure-27-\u2013-LOmbriere-\u2013-photoperso-\u2013-20220619_104641-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Figure-27-\u2013-LOmbriere-\u2013-photoperso-\u2013-20220619_104641-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Figure-27-\u2013-LOmbriere-\u2013-photoperso-\u2013-20220619_104641-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Figure 27 \u2013 L\u2019Ombri\u00e8re \u2013 photoperso \u2013 20220619_104641<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>C\u2019est jour d\u2019\u00e9lection \u00e0 Sauveterre. Les gens arrivent par la porte du ch\u00e2teau, le pont-levis, et se plantent l\u00e0. De tout petits groupes, deux, trois, quatre personnes qui se postent sous le porche au pied des tours, totalement masqu\u00e9es par des panneaux en t\u00f4le ton pierre masquant les \u00e9chafaudages couvrant la fa\u00e7ade et la toiture du ch\u00e2teau, structure de m\u00e9tal et filets de ravalement. Ou devant la porte de la salle des mariages o\u00f9 se trouve le bureau de vote, non dans la mairie, un peu plus haut. J\u2019arrive par-l\u00e0, d\u2019en haut, devant la maison Gautret o\u00f9 v\u00e9cut \u00c9mile Gaboriau, portail ouvert, la sous-pr\u00e9fecture \u00e0 c\u00f4t\u00e9 et la mairie en face. Je descends, passe sous le porche, couvert lui aussi de panneaux de bois, \u00e0 contresens des votants qui montent. Certains arrivent de la place du ch\u00e2teau o\u00f9 je d\u00e9bouche. Ils viennent de se garer. Le parking pav\u00e9 est plein. Il est surtout r\u00e9duit, \u00e0 gauche, par l\u2019espace d\u00e9di\u00e9 au chantier derri\u00e8re des grilles, des sacs \u00e0 gravats jaunes Tout Faire, \u00e9normes, une b\u00e9tonni\u00e8re couleur ciment, deux bennes \u00e0 d\u00e9chets vert fonc\u00e9, des planches grises dedans, des bungalows blancs, des toilettes mobiles bleues entre les deux. Derri\u00e8re, le monument aux morts et son Poilu. Je me faufile entre les v\u00e9hicules. Des gens arrivent par la droite, de l\u2019autre petite place peut-\u00eatre, l\u2019Office de Tourisme au coin, le salon de coiffure, l\u2019agence immobili\u00e8re, et au milieu l\u2019entr\u00e9e de la ruelle pour une Sauveterre souterraine. Je m\u2019arr\u00eate devant l\u2019all\u00e9e pav\u00e9e qui descend place de la R\u00e9publique, et sa statue qu\u2019on devine, les rang\u00e9es de tilleuls en parall\u00e8le \u00e0 droite, les v\u00e9hicules \u00e0 l\u2019ombre, quelques personnes en terrasse du Coq d\u2019Or sous des parasols, les fa\u00e7ades \u00e0 gauche, \u00e0 deux niveaux, rarement trois ou sous les combles, quelques balcons, la bande de gazon le long de l\u2019all\u00e9e, la rue en contrebas. On arrive aussi par les escaliers. Et hormis ce vieil homme sur le banc, cheveux blancs, chemisette rose, bermuda beige, sandales de cuir, la main droite sur la joue, observant je ne sais quoi sur le trottoir d\u2019en face, je me demande o\u00f9 se trouve le poste de recharge. Aucune voiture brach\u00e9e. Et pourtant, juste l\u00e0 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la poubelle, \u00e0 mes pieds, attach\u00e9e au vieux r\u00e9verb\u00e8re, se trouve la borne grise et ses lumignons, Libre (vert), En charge (bleu), Occup\u00e9 (bleu fonc\u00e9), Indisponible (violet), Badge invalide ou en d\u00e9faut (rouge). Tant pis. Je vais voir plus bas le tonneau rouge, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019escalier, transform\u00e9 en bo\u00eete \u00e0 livres.<\/p>\n\n\n\n<p>Le poste de recharge est plus facilement rep\u00e9rable aux Antilles, avec sa grande ombri\u00e8re, son trottoir, ses grandes bornes grises et les fils noirs branch\u00e9s aux voitures, une grosse bo\u00eete de transformation \u00e9lectrique en hauteur, voyant rouge. On est au milieu du parking r\u00e9cemment goudronn\u00e9. Les arbres ont pouss\u00e9. On aper\u00e7oit au loin la chemin\u00e9e de la centrale g\u00e9othermique, ses bandes vertes et blanches spiral\u00e9es. Mais on ne voit presque plus le casino, en bas, sa grande enseigne rouge. L\u00e0 o\u00f9 les voitures se massent. Sauf ce jeune couple enlac\u00e9, un grand sac de sport aux pieds, qui va monter aux Antilles dont on per\u00e7oit la grande toile blanche \u00e0 bosses derri\u00e8re la rang\u00e9e de cypr\u00e8s. Mais pourquoi se sont-ils gar\u00e9s si loin&nbsp;? En face, la nouvelle r\u00e9sidence Vacances Bleues dite des Coteaux. Un grand b\u00e2timent blanc carr\u00e9, des balcons qui font penser \u00e0 la structure ext\u00e9rieure du Mucem, \u00e0 Marseille, cette dentelle de fer forg\u00e9 a\u00e9r\u00e9, ombrag\u00e9, face \u00e0 la mer. Et toujours ces lampadaires d\u2019un bleu intense \u00e0 deux cloches.<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00eame ombri\u00e8re, \u00e0 cheval sur le trottoir et des places en \u00e9pi pour se garer, abrite le poste de recharge quelque part dans l\u2019enceinte du stade. Il n\u2019y a personne. Juste quelques voitures sur le trottoir, dont un traiteur. Et une dame pr\u00e8s de l\u2019ancienne piscine, au t\u00e9l\u00e9phone. Le vieux stade de foot o\u00f9 tu venais surtout les jours o\u00f9 il y avait sport. Tu longeais la piscine, passait le portillon \u00e0 droite, descendait le long de cette structure blanche de b\u00e9ton noire sur sa frange haute, pour rejoindre les vestiaires du gymnase, le long de son mur blanc et ses impostes. C\u2019est la porte du bout, pr\u00e8s du carrefour. En face, rien ne semble avoir chang\u00e9. C\u2019est toujours cette rang\u00e9e de maisons o\u00f9 l\u2019entr\u00e9e se situe \u00e0 l\u2019\u00e9tage, sur le balcon. Sauf Ada17, complexe cubique pour laboratoire o\u00f9 l\u2019on effectue des dialyses, et la Maison m\u00e9dicale Chanzy, regroupant un cabinet infirmier, un ost\u00e9opathe, un sophrologue, un hypnoth\u00e9rapeute et une th\u00e9rapeute individuelle et familiale qui doit relever de la psychanalyse. Mais pourquoi pas psychoth\u00e9rapeute alors&nbsp;? Ce qui a chang\u00e9, c\u2019est la piscine. Elle a disparu pour laisser place \u00e0 une plateforme de goudron couverte par une sorte de grand plateau blanc \u00e0 pieds gris, plus ou moins de travers et pas align\u00e9s. Une structure sommaire qui se veut sculpture, d\u2019une certaine mani\u00e8re. Reste le plongeoir, duquel je n\u2019aurai saut\u00e9 que la nuit, l\u2019\u00e9t\u00e9, quand on rentrait de bo\u00eete. On se faufilait par un trou quelque part dans la cl\u00f4ture du stade. Il y a aussi deux minipelles jaunes dans un couloir de terre battue entre deux maisons, et un tas de sable.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la gare, ce sont deux ombri\u00e8res parall\u00e8les, pas tr\u00e8s larges, qui courent sur toute la longueur du nouveau parking. Les deux postes de recharge sont bien visibles, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, mais \u00e0 d\u00e9couvert. On se demande bien pourquoi. C\u2019est l\u2019espace des anciennes voies de garage qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9am\u00e9nag\u00e9. Le parking se situe entre deux lignes encore visibles, pour qui veut bien chercher dans les hautes herbes, pr\u00e8s de l\u2019entrep\u00f4t d\u00e9saffect\u00e9. La gare est un peu plus loin, avec ses places d\u2019origine, devenues arr\u00eats minute, autour de deux ilots de trottoir rouge, son abribus, son massif \u00e0 l\u2019entr\u00e9e et ses arbrisseaux ch\u00e9tifs diss\u00e9min\u00e9s, les quatre gros marronniers derri\u00e8re, pr\u00e8s de la gare, et le petit b\u00e2timent adjacent de la direction des infrastructures de la ville. Sur la droite, la voie qui m\u00e8ne au garagiste de ME, o\u00f9 je vais aussi. \u00c7a fait longtemps que je ne l\u2019ai pas vu. Il y avait en face de la gare, dans la rue par o\u00f9 je suis arriv\u00e9, une veille imprimerie sans ouvertures ou presque, un carr\u00e9 de verdure en friche. Aujourd\u2019hui, il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9sidence pour curistes avec un joli jardin vert \u00e0 petits massifs floraux, pas japonais et gazon ras. En face, toujours cette b\u00e2tisse qui sent la maison de pension. Je n\u2019ai su de quoi il s\u2019agissait. Je suis toujours pass\u00e9 devant pour prendre \u00e0 gauche et repartir le long du parking, des ombri\u00e8res, de la vieille ligne cach\u00e9e dans les herbes folles.<\/p>\n\n\n\n<p>(Une ombri\u00e8re, on en trouve une autre devant le lyc\u00e9e, une grande. Mais ici, pas de poste de recharge. Juste une grande ombri\u00e8re en forme d\u2019ailes. D\u2019ailleurs, sur Google Earth, il y a un endroit pr\u00e9cis o\u00f9 elle s\u2019envole, quand la Google car, en machine \u00e0 remonter le temps, de juin 2021 nous ram\u00e8ne en juin 2013, sur le grand parking \u00e0 ciel ouvert, des places le long d\u2019un muret, et quatre femmes de m\u00e9nage ou des cantini\u00e8res et blouse et pantalons jaune p\u00e2le sur le trottoir, \u00e0 se raconter quoi&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"576\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Figure-28-\u2013-La-Boite-a-livres-\u2013-photoperso-\u2013-20220619_114103-576x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-79604\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Figure-28-\u2013-La-Boite-a-livres-\u2013-photoperso-\u2013-20220619_114103-576x1024.jpg 576w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Figure-28-\u2013-La-Boite-a-livres-\u2013-photoperso-\u2013-20220619_114103-236x420.jpg 236w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Figure-28-\u2013-La-Boite-a-livres-\u2013-photoperso-\u2013-20220619_114103-768x1365.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Figure-28-\u2013-La-Boite-a-livres-\u2013-photoperso-\u2013-20220619_114103-864x1536.jpg 864w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Figure-28-\u2013-La-Boite-a-livres-\u2013-photoperso-\u2013-20220619_114103-1152x2048.jpg 1152w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Figure-28-\u2013-La-Boite-a-livres-\u2013-photoperso-\u2013-20220619_114103-scaled.jpg 1440w\" sizes=\"auto, (max-width: 576px) 100vw, 576px\" \/><figcaption>Figure 28 \u2013 La Bo\u00eete \u00e0 livres \u2013 photoperso \u2013 20220619_114103<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est jour d\u2019\u00e9lection \u00e0 Sauveterre. 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