{"id":79838,"date":"2022-06-26T11:58:12","date_gmt":"2022-06-26T09:58:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=79838"},"modified":"2022-06-26T15:39:36","modified_gmt":"2022-06-26T13:39:36","slug":"40jours-16-ecriture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40jours-16-ecriture\/","title":{"rendered":"#40jours #16 | Mes mots sont comme vos notes"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/290597666_716142702987203_3655822827736356944_n-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-79866\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/290597666_716142702987203_3655822827736356944_n-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/290597666_716142702987203_3655822827736356944_n-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/290597666_716142702987203_3655822827736356944_n-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/290597666_716142702987203_3655822827736356944_n-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/290597666_716142702987203_3655822827736356944_n.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>J&rsquo;arrivais dans la ville par la navette qui remplacait le tram. Le voyage fut long et p\u00e9nible. Le bus \u00e9tait rempli de gens fatiqu\u00e9s par leur journ\u00e9e de travail en ce mois qui cloturait une ann\u00e9e cal\u00e9e sur le rythme scolaire. Les vacances \u00e9taient proches pour beaucoup, et bien m\u00e9rit\u00e9es. Ils avaient travers\u00e9 le covid tant de fois, s&rsquo;\u00e9taient adapt\u00e9s plus ou moins aux mesures qui en d\u00e9coulaient. <\/p>\n\n\n\n<p>Je d\u00e9cidais d&rsquo;arreter mon voyage un peu avant la derni\u00e8re ville de la ligne, Villeneuve-la-Garenne, \u00e0 la station \u00ab\u00a0h\u00f4tel de ville\u00a0\u00bb. Jusque l\u00e0 je ne connaissais m\u00eame pas son existence. J&rsquo;appris plus tard qu&rsquo;elle \u00e9tait n\u00e9e d&rsquo;une s\u00e9paration en 1929 avec la ville voisine, Gennevilliers. Pourquoi, je l&rsquo;ignore encore, mais l&rsquo;id\u00e9e de me poser dans une ville o\u00f9 les habitants avaient fait preuve collectivement \u00e0 un moment donn\u00e9 de leur histoire de caract\u00e8re, de d\u00e9termination pour affirmer leur identit\u00e9 me fait ne pas regretter ce choix arbitraire.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0h\u00f4tel de ville\u00a0\u00bb point central et tr\u00e8s anim\u00e9 en ce soir de juin. Un festival de jazz s&rsquo;y d\u00e9roule. Une sc\u00e8ne est install\u00e9e le long du boulevard, et des rang\u00e9es de chaises blanches et humides lui font face. Sur la sc\u00e8ne 4 musiciens y jouent du jazz manouche. Les lumi\u00e8res de la ville et des rang\u00e9es de spots s&rsquo;y refl\u00e8tent sur leurs instruments. Ils sont anim\u00e9s de la passion de leur art. Violon, guitares, contrebasse. Les spectatuers y boivent avec avidit\u00e9 les notes qui s&rsquo;\u00e9chappent de leurs mains mates d&rsquo;artistes vituoses. <\/p>\n\n\n\n<p>Je me m\u00e9lange aux spectateurs pour m&rsquo;abreuver avec eux de ces notes qui remplissent mon coeur d&rsquo;harmonie et me font oublier la fatigue du voyage. Je n&rsquo;\u00e9crirais pas ce soir, je me ressource, tel un voyageur assoiff\u00e9 dans le d\u00e9sert qui trouve un peu d&rsquo;eau claire et rare.<\/p>\n\n\n\n<p>Tard dans la soir\u00e9e, \u00e0 la fin du concert, les techniciens d\u00e9montent ce qui reste de ce moment festif. Apr\u00e8s leur travail, il ne restera aucune trace sur le parvis de la soir\u00e9e de ce soir. Mais dans le coeur des gens oui.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lendemain je me mets en qu\u00eate de trouver un autre lieu pour enfin \u00e9crire. J&#8217;emprunte le boulevard Galli\u00e9ni, qui prend sa source juste devant le parvis de la mairie. Je n&rsquo;en vois pas le bout. Il est tr\u00e8s emprunt\u00e9 par les voitures, m\u00eame en cette heure matinale et dominicale. Je ne sais pas o\u00f9 elles vont. Je ne sais pas non plus o\u00f9 je vais, mais je sais ce que je cherche : Un endroit pour me poser et \u00e9crire. <\/p>\n\n\n\n<p>Le long de l&rsquo;avenue, des commerces : une boulangerie, une enseigne de restauration rapide, une autre qui promet la victoire dans la guerre contre les insectes nuisibles, un peu plus loin une banque dont les distributeurs sont pris d&rsquo;assaut. Jour de march\u00e9 aussi. <\/p>\n\n\n\n<p>Je continue. Des pavillons, un coll\u00e8ge en petites briques rouges. Un petit passge longe le coll\u00e8ge. Je d\u00e9cide de le prendre. Il a un cot\u00e9 myst\u00e9rieux, tel un couloir menant sur l&rsquo;inconnu. A droite un mur, rempli de graffittis tr\u00e8s insctructifs : des coeurs avec des prenoms pour les plus po\u00e9tiques, des insultes aussi.Les adolescents y laissent des marques de leurs vies passionn\u00e9es. <\/p>\n\n\n\n<p>Le passage d\u00e9bouche sur une petite \u00e9cole \u00e0 droite, ainsi que sur une vielle maison blanche en face qui se r\u00e9velera \u00eatre l&rsquo;\u00e9cole de musique Claude Debussy. La musique est tr\u00e8s pr\u00e9sente ici. Deuxieme rencontre pour moi avec un des lieux o\u00f9 elle se manifeste. Version jeunes pousses. Espoir. Apprentissage. Les \u00e9l\u00e8ves y font leurs gammes tout comme moi je vais m&rsquo;entrainer \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture. Reste \u00e0 trouver un lieu pour cela.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;abandonne l&rsquo;\u00e9cole et rencontre la Seine. L&rsquo;eau m&rsquo;attire et je d\u00e9cide de longer le quai en partant vers la droite. Des p\u00e9niches se succ\u00e8dent, habitations d&rsquo;artistes : com\u00e9diens, compositeurs. Peut \u00eatre un jour l&rsquo;une d&rsquo;elle sera mienne. R\u00eave. <\/p>\n\n\n\n<p>Mes pas m&rsquo;entrainent jusqu&rsquo;\u00e0 un endroit qui me cherchait plus que je ne le cherchais moi-m\u00eame : \u00ab\u00a0Au bord de l&rsquo;eau\u00a0\u00bb. Un petit caf\u00e9, qui me rappelle celui o\u00f9 je me posais enfant pour r\u00eaver, apprendre et \u00e9crire \u00e0 Saint-Robert en Corr\u00e8ze. J&rsquo;y retrouve la m\u00eame ambiance de village. C&rsquo;est comme si je venais de faire un voyage spatio-temporel. Je n&rsquo;en reviens pas. Je me pose, commande un caf\u00e9 allong\u00e9. C&rsquo;est d\u00e9cid\u00e9, sans h\u00e9sitation aucune. C&rsquo;est l\u00e0 et nulle part ailleurs que j&rsquo;\u00e9crirais d\u00e9sormais. <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;arrivais dans la ville par la navette qui remplacait le tram. Le voyage fut long et p\u00e9nible. Le bus \u00e9tait rempli de gens fatiqu\u00e9s par leur journ\u00e9e de travail en ce mois qui cloturait une ann\u00e9e cal\u00e9e sur le rythme scolaire. Les vacances \u00e9taient proches pour beaucoup, et bien m\u00e9rit\u00e9es. Ils avaient travers\u00e9 le covid tant de fois, s&rsquo;\u00e9taient adapt\u00e9s <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40jours-16-ecriture\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#40jours #16 | Mes mots sont comme vos notes<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":516,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3251,3505],"tags":[3525,3522,3526,3524,3527,3392,3523],"class_list":["post-79838","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-40jours","category-40jours-16-ecrire","tag-cafe-2","tag-ecriture-3","tag-jazz-2","tag-peniches","tag-scene-3","tag-seine","tag-ville-2"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/79838","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/516"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=79838"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/79838\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=79838"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=79838"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=79838"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}