{"id":80614,"date":"2022-06-27T23:53:14","date_gmt":"2022-06-27T21:53:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=80614"},"modified":"2022-06-28T16:17:41","modified_gmt":"2022-06-28T14:17:41","slug":"40-jours-18-rentrer-chez-soi-vraiment","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-jours-18-rentrer-chez-soi-vraiment\/","title":{"rendered":"#40jours #18 | Rentrer chez soi, vraiment\u00a0?"},"content":{"rendered":"\n<p>Un rythme fi\u00e9vreux, endiabl\u00e9.&nbsp; Deux mecs aux percussions, batterie, caisse claire, bongo.&nbsp; Mais surtout, le dieu Shabaka au saxophone, de tous les instants, sortant des sons inou\u00efs de son instrument, \u00e9tranges, inhumains.&nbsp; Comme si le sax r\u00e9unissait \u00e0 lui seul une pl\u00e9thore d\u2019harmonies sonores possibles.&nbsp; Et pour accompagner le tout, comme un tapis de velours, un imposant tuba, vrombissant, servant de basse, de sous-rythmique, couche indispensable pour r\u00e9pondre au divin saxophone, intouchable.&nbsp; Le concert, presque sans paroles (hormis deux morceaux rapp\u00e9s, en <em>protest song<\/em>, I wanna take my country forward), m\u2019aura emmen\u00e9 dans un autre monde.&nbsp; Le temps se sera fig\u00e9, Bruxelles aura disparu ; ma t\u00eate, mon esprit, mes pens\u00e9es, mon corps auront voyag\u00e9.&nbsp; Tr\u00e8s loin.&nbsp; Jusqu\u2019\u00e0 l\u2019inconnu, l\u2019infini et au-del\u00e0.&nbsp; Je pensais ne pas pouvoir rentrer, je ne voulais pas rentrer.&nbsp; Le lendemain, t\u00e2ches administratives abrutissantes et violemment terre-\u00e0-terre.&nbsp; Cette bulle enchant\u00e9e, d\u2019un jazz mordant, m\u00e9chant, aura vaincu la monotonie de la vi(ll)e.&nbsp; Deux heures de feu.&nbsp; Un sursis.<\/p>\n\n\n\n<p>Le trajet de retour commence par la sortie de la salle, forc\u00e9ment.&nbsp; Et c\u2019est comme un coup de poing.&nbsp; La foule de spectateurs qui remue d\u2019un bloc dans la m\u00eame direction, les r\u00e9verb\u00e8res allum\u00e9s dans la rue, les passants innocents de ce qui vient de se jouer ici m\u00eame, \u00e0 peine \u00e0 quelques m\u00e8tres d\u2019eux, un sans-abri assis par terre qui demande 50 cents\u2026&nbsp; Le commun de la ville, en somme.&nbsp; Puis le m\u00e9tro et sa banalit\u00e9 crasse.&nbsp; Heureusement, peu de monde, peu de bruit, donc l\u2019opportunit\u00e9 de vibrer encore en soi, de ne pas oublier, de prolonger les sensations corporelles, le rythme, le tambour dans mon c\u0153ur.&nbsp; Une fois foul\u00e9e l\u2019avenue qui monte vers mon appartement, j\u2019enfile mon gilet \u00e0 capuche, sans mettre les manches, je tape du pied, je danse avec les cordons du capuchon, je tournoie avec ma tenue de sc\u00e8ne, et je vole.&nbsp; Puis la fa\u00e7ade reconnaissable, la porte ouverte, le hall d\u2019entr\u00e9e, la vol\u00e9e d\u2019escaliers, mon chat qui m\u2019accueille, la lampe \u00e0 allumer, le regard qui se tourne vers la gauche \u2013 tout enlever de mes poches, tout retirer de mon corps, me mettre nu \u2013 puis vers la droite, la cuisine, et me d\u00e9salt\u00e9rer le gosier.&nbsp; La meilleure compensation post-concert&nbsp;: boire de l\u2019eau du robinet quand on a la gorge ass\u00e9ch\u00e9e de n\u2019avoir rien bu depuis longtemps, 2 verres plein, cul sec, et jouir.&nbsp; Avant de redescendre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un rythme fi\u00e9vreux, endiabl\u00e9.&nbsp; Deux mecs aux percussions, batterie, caisse claire, bongo.&nbsp; Mais surtout, le dieu Shabaka au saxophone, de tous les instants, sortant des sons inou\u00efs de son instrument, \u00e9tranges, inhumains.&nbsp; Comme si le sax r\u00e9unissait \u00e0 lui seul une pl\u00e9thore d\u2019harmonies sonores possibles.&nbsp; Et pour accompagner le tout, comme un tapis de velours, un imposant tuba, vrombissant, servant <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-jours-18-rentrer-chez-soi-vraiment\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#40jours #18 | Rentrer chez soi, vraiment\u00a0?<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":524,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3251,3535],"tags":[],"class_list":["post-80614","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-40jours","category-40jours-18-rentrer"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/80614","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/524"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=80614"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/80614\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=80614"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=80614"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=80614"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}