{"id":81814,"date":"2022-07-04T13:19:49","date_gmt":"2022-07-04T11:19:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=81814"},"modified":"2022-07-05T08:14:54","modified_gmt":"2022-07-05T06:14:54","slug":"40-jours-18-le-jour-du-retour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-jours-18-le-jour-du-retour\/","title":{"rendered":"#40jours #18 | Le jour du retour."},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"960\" height=\"640\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/plane-50893_960_720-370145673.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-83149\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/plane-50893_960_720-370145673.jpg 960w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/plane-50893_960_720-370145673-420x280.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/plane-50893_960_720-370145673-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><br><br>Apr\u00e8s trois mois pass\u00e9s dans le grand nord, le marathon s&rsquo;arr\u00eate. Ce matin, j&rsquo;ai mis le r\u00e9veil \u00e0 neuf heure au lieu de six depuis quatre vingt dix jours. J&rsquo;entends les pas dans le couloir de l\u2019h\u00f4tel, les valises qui roulent, les portes qui claquent. Pas pour moi ce matin. J&rsquo;ouvre mes rideaux puis la fen\u00eatre, j&rsquo;ai le plaisir de sentir qu&rsquo;il fait beau et chaud. Je prends une grande inspiration. Il m&rsquo;est arriv\u00e9, bien sur, de finir un jour de pluie, les \u00e9motions ne sont pas les m\u00eames. Dans ce cas, je suis press\u00e9, h\u00e2te de partir, d&rsquo;\u00eatre de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, rentr\u00e9 chez moi, r\u00eavant \u00e0 une transplantation instantan\u00e9e. Mais par beau temps, c&rsquo;est tout diff\u00e9rent. La douceur m&rsquo;invite \u00e0 fl\u00e2ner. Je go\u00fbte tous les petits d\u00e9tails qui d&rsquo;ordinaire filent sous mes yeux, trop occup\u00e9 que je suis \u00e0 animer mon personnage de guide. J&rsquo;ai souvent fait le parall\u00e8le entre ce m\u00e9tier et celui de com\u00e9dien ou de musicien. Dans les trois cas, il s&rsquo;agit d&rsquo;entrer sur une sc\u00e8ne pour l&rsquo;occuper, la faire vivre, il s&rsquo;agit d&rsquo;amener d&rsquo;autres gens \u00e0 vous suivre l\u00e0 ou vous voulez les amener. Des gens qui ne vous connaissent pas et doivent vous faire confiance, qui plus est dans ce cas pr\u00e9cis, dans un pays o\u00f9 ils n&rsquo;ont jamais mis les pieds. C&rsquo;est une forme d&rsquo;attention particuli\u00e8re port\u00e9e tant au groupe qu&rsquo;\u00e0 chaque individu qui le compose. Il faut trouver la juste distance qui permettra de voir et comprendre ce qui se passe pour chacun.e tout en restant suffisamment \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur pour toujours garder la main sur l&rsquo;ensemble. C&rsquo;est assez mobilisant et, au bout de quatre vingt dix  jours, on se sent \u00e9reint\u00e9, physiquement et nerveusement d&rsquo;o\u00f9 la r\u00e9action hypertrophi\u00e9e au soleil ou \u00e0 la pluie en ce jour de l\u00e2cher prise, le jour du retour. C&rsquo;est aussi pour \u00e7a que ce matin, le petit d\u00e9jeuner \u00e0 si bon go\u00fbt. D&rsquo;ordinaire, je ne descends m\u00eame pas le prendre. Si je le faisais, je serais instantan\u00e9ment envahi par des dizaines de questions qui me rendraient impossible de \u00ab d\u00e9jeuner en paix \u00bb comme dit la chanson. Je connais des coll\u00e8gues qui adorent cela, moi pas. Donc, J&rsquo;avale un fruit, un \u0153uf et un morceau de pain avec un caf\u00e9 \u00e0 la va vite dans le m\u00eame pas que nous quittons l&rsquo;h\u00f4tel et j\u2019encha\u00eene directement sur la journ\u00e9e de voyage. Mais aujourd&rsquo;hui, je tire lentement la chaise de m\u00e9tal dor\u00e9e \u00e0 l&rsquo;assise de velours bleue vers moi, elle glisse sur la moquette bleue, elle aussi, assortie de motifs aquatiques. A cette heure ci la salle est presque vide, la plupart des d\u00e9parts ont d\u00e9j\u00e0 eu lieu. Je d\u00e9guste l&rsquo;infinie qualit\u00e9 du silence tout autant que la nourriture. Silence et immobilit\u00e9. J&rsquo;ai soudain l&rsquo;impression d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 projet\u00e9 dans une dimension parall\u00e8le du monde, un peu comme un ralenti dans lequel je me verrai avec autour, le monde qui court et moi qui \u00e9volue dans une bulle statique. Tout est visible mais je n&rsquo;y participe plus ou, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, je n&rsquo;y participe plus d&rsquo;une fa\u00e7on utilitariste. Je n&rsquo;ai pas de mission \u00e0 remplir, je ne dois pas faire ceci ou cela, utiliser le r\u00e9el dans ce sens ou un autre. La seule chose que je vais faire aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est rentrer chez moi. Un trajet d&rsquo;un peu plus de trois mille kilom\u00e8tres mais que je ferai dans un confort absolu car j&rsquo;ai la chance  d&rsquo;appartenir \u00e0 cette partie du monde, celle des pays riches, pour qui se d\u00e9placer d&rsquo;un bout \u00e0 l\u2019autre de la plan\u00e8te n&rsquo;est qu&rsquo;une affaire de confort mis au service de l&rsquo;individu par une technologie de pointe et des outils co\u00fbteux. J&rsquo;ach\u00e8ve mon petit d\u00e9jeuner, j&rsquo;ai laiss\u00e9 ma valise dans la salle des bagages, je vais la chercher, passe un dernier moment avec Kim le r\u00e9ceptionniste de cet h\u00f4tel. Nous nous connaissons depuis plusieurs ann\u00e9es maintenant. Il ne se d\u00e9partit jamais de son visage ferm\u00e9 tr\u00e8s britannique et nous nous amusons beaucoup tous deux des effets de son flegme sur les clients rev\u00eaches. \u00ab A l&rsquo;\u00e9t\u00e9 prochain- se dit on- prends soin de toi.\u00bb. Une poign\u00e9e de main, l&rsquo;autre main sur la poign\u00e9e de ma valise et je sors du b\u00e2timent. Porte \u00e0 tambour, la navette d&rsquo;a\u00e9roport arrive juste, un long bus violet, la porte pneumatique s&rsquo;ouvre, je monte et tends au conducteur un ticket qu&rsquo;il composte. Je m&rsquo;assois devant, reflex de guide, mais le bus est quasiment vide. Il d\u00e9marre et prend le rond point de l&rsquo;h\u00f4tel qu&rsquo;il quitte \u00e0 la deuxi\u00e8me sortie pour entrer par une pente douce sur la route \u00e0 grande vitesse. Je regarde le paysage, les voitures qui passent dans les deux sens, les camions, les motos, les bus. Je viens d&rsquo;accomplir une boucle d&rsquo;\u00e0 peu pr\u00e8s quarante mille kilom\u00e8tres, passant par toutes les routes de Scandinavie et en ce moment j&rsquo;en effectue le tout dernier tron\u00e7on pour cette ann\u00e9e. La tour de contr\u00f4le de l&rsquo;a\u00e9roport appara\u00eet, le bus quitte la voie rapide et s&rsquo;arr\u00eate devant le hall des d\u00e9parts. L&rsquo;a\u00e9roport d&rsquo;Oslo n&rsquo;est pas grand pour un a\u00e9roport de capitale mais il est  tr\u00e8s bien pens\u00e9 et r\u00e9alis\u00e9 avec une majorit\u00e9 de verre de bois et de m\u00e9tal. Il a re\u00e7u un prix environnemental. Je ressens le sentiment assez agr\u00e9able d&rsquo;\u00eatre un fant\u00f4me, quelque chose de d\u00e9sincarn\u00e9 qui flotte avec plaisir dans le temps et l&rsquo;espace. La veille encore j&rsquo;\u00e9tais terriblement compact, j&rsquo;\u00e9tais tout en fonction et la fonction, ce matin s&rsquo;est \u00e9vapor\u00e9e, comme sous l&rsquo;effet de ce beau soleil de septembre. Je regarde une derni\u00e8re fois le ciel depuis le sol, je respire une derni\u00e8re fois l&rsquo;air de la Norv\u00e8ge et j&rsquo;entre dans l\u2019a\u00e9roport. Ici aussi porte \u00e0 tambour. A partir de l\u00e0 commence un parcours qui s&rsquo;ach\u00e8vera \u00e0 Lyon. Entre temps, je ne mettrais pas un pieds \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, tout se passera, tout se d\u00e9roulera \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des machines et des outils cr\u00e9es par l&rsquo;\u00eatre humain pour exercer son contr\u00f4le sur le monde. Il y a quelque chose de pratique, bien sur, mais aussi de totalement d\u00e9mesur\u00e9 l\u00e0 dedans. Une grande quantit\u00e9 de personnes se d\u00e9placent dans cette structure de verre de fer et de bois. Ils sont l\u00e0 et moi avec comme dans un environnement naturel mais dans lequel il n&rsquo;y a absolument rien de naturel. \u00ab On \u00bb va prendre l&rsquo;avion, comme d&rsquo;habitude alors que la r\u00e9alit\u00e9 est toute autre. Elle est bien plus incroyable, fantastique, extraordinaire : \u00ab on \u00bb va s&rsquo;envoler dans le ciel ! J&rsquo;ai enregistr\u00e9 mon bagage, je passe les contr\u00f4les, entre dans la zone internationale. Escaliers, escalators, boutiques, bureaux de change, restaurants, caf\u00e9s, espaces de repos. J&rsquo;avance dans cette sorte de ville en m\u2019effor\u00e7ant au regard de l&rsquo;enfant : Je vais m&rsquo;envoler dans le ciel! Je me sens \u00e0 la fois l\u00e9ger et lourd. Lourd de toute la fatigue accumul\u00e9e, des gal\u00e8res travers\u00e9es, des journ\u00e9es de route interminables, des bateaux \u00e0 cinq heure du matin, des d\u00e9tours, des bonnes et des mauvaises surprises, du vent , de la pluie, de la neige, du manque de sommeil, de l&rsquo;euphorie du jour arctique qui ne se couche jamais \u00e0 cette p\u00e9riode de l&rsquo;ann\u00e9e et de l&rsquo;effet \u00e9lectrique qu&rsquo;il a sur les nerfs. L\u00e9ger d&rsquo;avoir travers\u00e9 tout cela, d&rsquo;avoir encore r\u00e9ussi une bonne saison, de rentrer chez moi avec des projets d&rsquo;\u00e9criture et de ne me sentir, pour la premi\u00e8re fois depuis trois mois, responsable de personne. Pas m\u00eame de moi, presque, puisqu&rsquo;il me suffit de suivre l&rsquo;itin\u00e9raire fl\u00e9ch\u00e9 pour, dans quelques heures, arriver \u00e0 bon port o\u00f9 je verrai appara\u00eetre, derri\u00e8re la vitre des arriv\u00e9es de l\u2019a\u00e9roport Saint Exupery, le visage de ma femme venue m&rsquo;accueillir comme \u00e0 chaque retour du grand nord. Il fera nuit en France, \u00e0 l&rsquo;heure o\u00f9 j&rsquo;arriverai. Il n&rsquo;a pas fait nuit au dessus de moi pendant deux mois. J&rsquo;ai atteins mon sas d&#8217;embarquement, les passagers sont invit\u00e9s a pr\u00e9senter leur boarding pass. Scan du billet et du passeport, sourire aimable des h\u00f4tes et h\u00f4tesses, boyaux menant \u00e0 l&rsquo;avion, accueil de nouveau souriant \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de l&rsquo;appareil. J&rsquo;ai r\u00e9ussi \u00e0 avoir une place au premier rang, il y a deux fois plus d&rsquo;espace pour les jambes et on sort vite de l&rsquo;appareil. Paradoxe du guide qui fait de la claustrophobie. Comme \u00e0 chaque fois, la pouss\u00e9e est ph\u00e9nom\u00e9nale, je suis coll\u00e9 au dos de mon fauteuil et, \u00e7a  y est, nous nous envolons dans le ciel! Je regarde par le hublot la Norv\u00e8ge s&rsquo;\u00e9loigner. Lorsque je reviendrai, le pays aura compl\u00e8tement chang\u00e9 de figure, la neige sera partout et il fera nuit. J\u2019atterrirai directement au cercle polaire sur cette plan\u00e8te si particuli\u00e8re qu&rsquo;est la Laponie en hiver. Mais pour l&rsquo;instant, je ferme les yeux, je me laisse bercer par les nuages et file vers mon sweet home, \u00e0 neuf cent kilom\u00e8tres heure. L\u00e0 encore, rien de naturel. Lorsque je pars ainsi en saison, c&rsquo;est comme si je rev\u00eatais une proth\u00e8se qui d\u00e9multipliait mes capacit\u00e9s de d\u00e9placement, proth\u00e8se compos\u00e9e d&rsquo; avions, de trains, de bateaux,de  bus, de taxis, de m\u00e9tros. Je rebondis de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre de ces v\u00e9hicules et parcours ainsi des distances incroyables. Tel matin \u00e0 Stockholm, le lendemain dans une for\u00eat de Laponie, traverser la mer Baltique et prendre \u00e0 Helsinki le train pour Saint-P\u00e9tersbourg. Tout cela sans arr\u00eat, sans pause, sans pas de c\u00f4t\u00e9. On pourrait tourner autour du monde ainsi ind\u00e9finiment, certains le font. Mais moi, l\u00e0, tout de suite, assis dans mon fauteuil d&rsquo;avion qui me ram\u00e8ne \u00e0 Lyon, je suis en train de quitter la proth\u00e8se. Ce matin au r\u00e9veil, j&rsquo;en ai laiss\u00e9 tomber la premi\u00e8re couche en \u00e9coutant tranquillement les pas press\u00e9s dans le couloir de l&rsquo;h\u00f4tel puis en me r\u00e9galant du seul petit d\u00e9jeuner v\u00e9ritable de tout l&rsquo;\u00e9t\u00e9. A pr\u00e9sent que l&rsquo;avion amorce sa descente, mes oreilles se bouchent l\u00e9g\u00e8rement , j&rsquo;ai presque compl\u00e8tement quitt\u00e9 la proth\u00e8se du monde. Lorsque le dernier morceau sera tomb\u00e9, je serrerai ma femme dans mes bras et, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;hiver, je resterai chez moi, dans mon bureau, dans mon jardin avec mon chat et mes chiens, sans aucun engin, juste mes pieds sur le chemin.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s trois mois pass\u00e9s dans le grand nord, le marathon s&rsquo;arr\u00eate. Ce matin, j&rsquo;ai mis le r\u00e9veil \u00e0 neuf heure au lieu de six depuis quatre vingt dix jours. J&rsquo;entends les pas dans le couloir de l\u2019h\u00f4tel, les valises qui roulent, les portes qui claquent. Pas pour moi ce matin. 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