{"id":87571,"date":"2022-07-16T23:48:47","date_gmt":"2022-07-16T21:48:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=87571"},"modified":"2022-07-27T22:30:32","modified_gmt":"2022-07-27T20:30:32","slug":"40-jours-16-les-forces-mentales-de-lecriture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-jours-16-les-forces-mentales-de-lecriture\/","title":{"rendered":"#40jours #16 | Les forces mentales de l\u2019\u00e9criture"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-right is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p><em>Tout \u00e9crivait quand j&rsquo;\u00e9crivais dans la maison. L&rsquo;\u00e9criture \u00e9tait partout.<\/em><\/p><p><em>\u00c7a rend sauvage l\u2019\u00e9criture. On rejoint une sauvagerie d\u2019avant la vie. Et on la reconna\u00eet toujours, c\u2019est celle des for\u00eats, celle ancienne comme le temps. Celle de la peur de tout, distinct et ins\u00e9parable de la vie m\u00eame. On est acharn\u00e9. On ne peut pas \u00e9crire sans la force du corps. Il faut \u00eatre plus fort que soi pour&nbsp; aborder l\u2019\u00e9criture, il faut \u00eatre plus fort que ce qu\u2019on \u00e9crit.<\/em><\/p><p><em>Je crois que c\u2019est \u00e7\u00e0 que je reproche aux livres, en g\u00e9n\u00e9ral, c\u2019est qu\u2019ils ne sont pas libres. On le voit \u00e0 travers l\u2019\u00e9criture&nbsp;: ils sont fabriqu\u00e9s, ils sont organis\u00e9s, r\u00e9glement\u00e9s, conformes on dirait. Une fonction de r\u00e9vision que l\u2019\u00e9crivain a tr\u00e8s souvent envers lui-m\u00eame. L\u2019\u00e9crivain alors il devient son propre flic.<\/em><\/p><p><em>Il y aurait une \u00e9criture du non-\u00e9crit. <strong>Un jour \u00e7a arrivera<\/strong>. Une \u00e9criture br\u00e8ve, sans grammaire, une \u00e9criture de mots seuls. <strong>Des mots<\/strong> sans grammaire de soutien. <strong>\u00c9gar\u00e9s<\/strong>. L\u00e0, \u00e9crits. <strong>Et quitt\u00e9s aussit\u00f4t.<\/strong><\/em><\/p><cite><strong>marguerite duras <\/strong>     \u00c9CRIRE&nbsp;&nbsp;&nbsp; 1993 <\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Image1-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-87602\" width=\"588\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Image1-2.jpg 454w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Image1-2-420x236.jpg 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 588px) 100vw, 588px\" \/><figcaption>Au fil de l&rsquo;eau<\/figcaption><\/figure>\n\n\n<p>Peut-on quitter les mots comme on quitte la ville, sans regrets, parce que les premiers n&rsquo;ont pas su comprendre ce que la deuxi\u00e8me n&rsquo;a pas su entendre de cet arrachement \u00e0 l&rsquo;enfance et aux gestes simples et familiers d&rsquo;une maisonn\u00e9e de village. Se promener \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte, dans un village que l&rsquo;on connait depuis presque toujours, ou tout autour, c&rsquo;est refaire l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;un corps qui affronte les saisons et les humeurs partag\u00e9es des gens de rencontre. Le souvenir d&rsquo;une porte qu&rsquo;on ne ferme \u00e0 cl\u00e9 qu&rsquo;en cas d&rsquo;absence prolong\u00e9e et le trousseau qu&rsquo;on laisse dans une poterie ou sous un paillasson. Ce sont les brouhahas constell\u00e9s de rire de m\u00e8res au foyer qui cherchent un peu de fantaisie dans les files d&rsquo;attente des magasins principaux, on va \u00e0 la viande, au pain, chez l&rsquo;\u00e9picier et on ram\u00e8ne tout ce qu&rsquo;il faut de d\u00e9tergent en baril pour les grosses lessives. En ville \u00e0 30 kilom\u00e8tres, on a davantage le choix, mais on y va pas \u00e0 pied, et chez la M\u00e8re Untelle on a ses petites ristournes, \u00eatre une famille-cliente fid\u00e8le a des avantages personnalis\u00e9s, m\u00eame avec des ardoises au 20 du mois, on s&rsquo;arrange. Ce sont donc pour la plupart des familles nombreuses, quasiment des tribus. Dans le quartier du Mas des Aires dont la rue en pente a \u00e9t\u00e9 rebaptis\u00e9e rue Roger Salengro ,il y a de quoi faire. Les enfants jouent ensemble et comparent leurs parents.Cela dure longtemps jusqu&rsquo;\u00e0 la crise d&rsquo;adolescence et le d\u00e9part au lyc\u00e9e \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur en car. D\u00e9j\u00e0 la ville, trop t\u00f4t la ville, la pension pour certain.e.s plus l&rsquo;impression irr\u00e9versible d&rsquo;un exil,d&rsquo;un paradis perdu. Peut-on retrouver les mots qui fournissent les sensations d&rsquo;une enfance au village ? Essayer, de toutes les forces mentales de l&rsquo;\u00e9criture ? Archiver ? Oublier ? Renoncer ? La Ville ne sait rien de tout cela.<\/p>\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"605\" height=\"340\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Image2-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-87589\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Image2-2.jpg 605w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Image2-2-420x236.jpg 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 605px) 100vw, 605px\" \/><figcaption>L&rsquo;impr\u00e9visible<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tout \u00e9crivait quand j&rsquo;\u00e9crivais dans la maison. L&rsquo;\u00e9criture \u00e9tait partout. \u00c7a rend sauvage l\u2019\u00e9criture. On rejoint une sauvagerie d\u2019avant la vie. 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