{"id":89270,"date":"2022-07-21T15:09:25","date_gmt":"2022-07-21T13:09:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=89270"},"modified":"2022-07-22T07:20:20","modified_gmt":"2022-07-22T05:20:20","slug":"40jours39-ce-quil-reste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40jours39-ce-quil-reste\/","title":{"rendered":"#40jours #39 | ce qu&rsquo;il reste"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"750\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/\u00a9-Dimitris-Triantafyllou.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-89272\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/\u00a9-Dimitris-Triantafyllou.jpg 750w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/\u00a9-Dimitris-Triantafyllou-420x420.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/\u00a9-Dimitris-Triantafyllou-200x200.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption>\u00a9 Dimitris Triantafyllou<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Ce-qu-il-reste.mp3\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p>Une petite fille saute sur le trottoir, ses doigts glissent sur le grillage dessus la gare, elle voit partir les trains, les chaussures tremblent sous terre, le fracas de l\u2019acier se d\u00e9place petit puis grande vitesse, le bruit, les gens, l\u2019odeur, les pas vont et viennent. Des hommes sols comme toutes gares attendent bas, la crasse chevilles, les gobelets pi\u00e8ces pieds. Les enfants oublient-ils vraiment le passage mis\u00e8re ? Chaque jour transpercer les yeux sols. Apprend-on \u00e0 d\u00e9sensibiliser l\u2019innocence ? Je marche mais ne te vois pas. Tu n\u2019es pas l\u00e0, nous sommes debout eux dessous. L\u00e8ve les yeux, le destin haut sinon chute. Chut \u00e7a ne nous regarde pas. Chacun pour soi. Pourtant mon ventre toujours, tourne et retourne \u00e0 la vue pleine ville de tous les hommes et femmes sols. Ce qu\u2019il reste de l\u2019enfance, l\u2019indignit\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>Un tissu rouge glisse sous mes doigts, du velours doux, dessous un bois noble contient l\u2019homme aux yeux tendres. La bont\u00e9 se lit-elle dans les yeux ? Un vieux monsieur, les rides rieuses, l\u2019\u0153il bleu d\u00e9lav\u00e9, les jambes gangren\u00e9es, un vieux monsieur en costume, sur la fin de sa vie observe une arri\u00e8re-petite-fille. Passif mais tendre, la descendance s\u2019\u00e9tend, le nom rayonne, m\u00eame chez les filles. Un bois fonc\u00e9, un lieu intimidant r\u00e9sonne pour la petite fille bien coiff\u00e9e bien mise, le b\u00e9b\u00e9 attend dehors, il ne comprend pas et ma main ne veux pas effleurer le tissu et ma main le regrette d\u00e9j\u00e0 mais n\u2019y arrive pas. Le regret du tissu sans marque doigts de petite fille encore l\u00e0. Pourquoi regretter le tissu symbole ? Un fauteuil marqu\u00e9 du poids rieur d\u00e9m\u00e9nage depuis dans les maisons p\u00e8re. Peut-\u00eatre que les yeux le suivent et veillent. Attach\u00e9 au cuir brun car peut-\u00eatre que les objets incarn\u00e9s soudoient le temps. Ce qu\u2019il reste de l\u2019enfance, la mort.<\/p>\n\n\n\n<p>Ton p\u00e9nis main, une salle de bain tamis\u00e9e, dans les toilettes une odeur de lavande chimique. Pi\u00e8ge d\u2019amour mal lov\u00e9. Un canap\u00e9 chenille orange, une table ensevelie sous les couches d\u2019autres vies que la sienne, une grand-m\u00e8re s\u2019occupe des autres. Elle ne voit pas, ou peut-\u00eatre que si mais n\u2019agit pas. Pas suffisamment. Apprendrons apr\u00e8s que la culpabilit\u00e9 ronge l\u2019\u00e2me. Les gitanes ma\u00efs font l\u2019appartement, le papier peint fleurs marrons devenu jaune sous l\u2019assaut fum\u00e9e, Julien Clerc b\u00eale. Le corps p\u00e9trifi\u00e9 sous mains volubiles, la petite fille ne sait pas grandir droit. L\u2019amour mal plac\u00e9, mal par\u00e9, mal engag\u00e9. La tendresse s\u2019apprend sous peine de savoir comment qui pourquoi. Ce qu\u2019il reste de l\u2019enfance, l\u2019inceste.<\/p>\n\n\n\n<p>Prendre feu, l\u2019odeur de suie, les exercices, les ordres droits, les bottes qui claquent cour, les bottes chaussettes dans l\u2019attente, les sonneries nuit jour, sommeil ou pas. Les flammes, les corps br\u00fbl\u00e9s, les visages br\u00fbl\u00e9s, le barbecue de loin rappel, les incendies for\u00eats, les arbres feux, les animaux agonisants, les vivants br\u00fbl\u00e9s, la petite fille craint le feu si fort qu\u2019elle r\u00eave les flammes l\u00e9ch\u00e9es. Et si son p\u00e8re et si la chemin\u00e9e et si ses enfants, et si ; le feu conditionne chaque choix maisons, l\u2019adulte devenu respire fum\u00e9e, le nez se souvient de l\u2019odeur, de la suie, des marques noires sur les joues derri\u00e8re le masque. L\u2019adolescente s\u2019est entrain\u00e9e pour braver la fum\u00e9e dans le noir, un parcours, mais le feu loin, elle savait. J\u2019admire et je fuis. Le go\u00fbt fum\u00e9 en bouche sur papille. Ce qu\u2019il reste de l\u2019enfance, le feu.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une petite fille saute sur le trottoir, ses doigts glissent sur le grillage dessus la gare, elle voit partir les trains, les chaussures tremblent sous terre, le fracas de l\u2019acier se d\u00e9place petit puis grande vitesse, le bruit, les gens, l\u2019odeur, les pas vont et viennent. 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