{"id":89903,"date":"2022-07-24T13:53:06","date_gmt":"2022-07-24T11:53:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=89903"},"modified":"2022-07-24T13:54:37","modified_gmt":"2022-07-24T11:54:37","slug":"40jours-32-adieu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40jours-32-adieu\/","title":{"rendered":"#40jours #32 | adieu ?"},"content":{"rendered":"\n<p>Une maison \u00e9troite en \u00e9tages, une tour presque, si pr\u00e8s du fleuve que la ville n&rsquo;a pu glisser qu&rsquo;une ruelle entre les deux. Des fen\u00eatres on voit tout de suite l&rsquo;eau sale. Ce sont des pi\u00e8ces o\u00f9 \u00eatre seul. Le temps s&rsquo;arr\u00eate \u00e0 force qu&rsquo;il lise.<\/p>\n\n\n\n<p>De dessus, en oiseau, le quai, il s&rsquo;interrompt en ligne, puis la mer, autre place. Deux points : un homme assis sur une chaise, la guitare, un autre pr\u00e8s de lui, la bouteille sur le pav\u00e9. Le soir meurt jaune.<\/p>\n\n\n\n<p>Un banc, un soir ti\u00e8de nordique. Le banc est inconfortable, il est trop rond, il n&rsquo;est pas fait pour un dos, mais c&rsquo;est le seul \u00e0 dispenser la halte. Il faut bien qu&rsquo;il y ait quelque chose autour. Je ne le vois pas. Une sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre, si vous voulez, mais sans spectateur, sans applaudissement, sans intrigue. On peut ajouter un mur, un mur de briques rouges, un mur sans fen\u00eatre qui prend tout le regard. Vous vouliez un personnage : le voici.<\/p>\n\n\n\n<p>La luxure de la ville pour qui arrive de loin, la surprise renouvel\u00e9e, la rapidit\u00e9, les langues, les couleurs m\u00e9lang\u00e9es, le jeu, l&rsquo;arnaque, un jour ordinaire serait comme une f\u00eate, mais il y a la grande f\u00eate qui multiplie tout sauf l&rsquo;espace et les murs, et il y a une mort \u00e0 venir. Sauf toi qui lis, nul ne sait que le monde sera mis \u00e0 bas.<\/p>\n\n\n\n<p>Le canal, c&rsquo;est le titre. Il n&rsquo;y a presque rien en plus. Les silhouettes. Elles bougent, se rencontrent, se s\u00e9parent, comme une t\u00e2che sombre d\u00e9pos\u00e9e pour renforcer la couleur. C&rsquo;est l&rsquo;hiver, la nuit bleue, comme la couverture. J&rsquo;ai longtemps vu le livre, je le vois encore, avant de le lire et de l&rsquo;oublier. J&rsquo;habitais alors pr\u00e8s du canal. Il \u00e9tait en bas, le cimeti\u00e8re le longeait.<\/p>\n\n\n\n<p>La rue sale comme une fosse, au plus profond le fil noir de l&rsquo;\u00e9gout, un peuple, une cour. On ne peut pas aller en arri\u00e8re, pas de perspective, on est sur la sc\u00e8ne, on est dans la cage. Tu sens l&rsquo;haleine des putains, des ivrognes, des voleurs. La foudre est \u00e0 hauteur d&rsquo;homme, c&rsquo;est une femme. Elle passe.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;hiver, toute lampe sera douce, splendeur de la lumi\u00e8re, froid enveloppant, rassemblant le corps, faisant croire \u00e0 son unit\u00e9, dehors l&rsquo;espace ouvert, chaque d\u00e9tail est merveille au regard. La for\u00eat n&rsquo;est pas loin, ni les champs, on pourrait aller loin, sans arr\u00eat, sans retour. Et jusqu&rsquo;au nom de Donci\u00e8res qui existe vraiment et o\u00f9 habitait un de mes amis les plus chers.<\/p>\n\n\n\n<p>La rue n&rsquo;existe pas sur le plan o\u00f9 le cherche l&rsquo;enfant. Elle n&rsquo;est dans la m\u00e9moire que nom et pourtant il est bien \u00e9crit : elle a \u00e9t\u00e9 perc\u00e9, mais on ne la voit pas, on sait qu&rsquo;il y a un caf\u00e9, peut-\u00eatre de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;immeuble. On ne voit m\u00eame pas le trottoir, on ne voit que l&rsquo;immeuble et m\u00eame pas la fa\u00e7ade puisqu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9e, et puisque l&rsquo;int\u00e9rieur devient l&rsquo;univers \u00e0 mesure qu&rsquo;on le parcourt. L&rsquo;existence de l&rsquo;instant du vingt-trois juin mille neuf cent soixante-quinze \u00e0 huit heures du soir est par contre attest\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une maison \u00e9troite en \u00e9tages, une tour presque, si pr\u00e8s du fleuve que la ville n&rsquo;a pu glisser qu&rsquo;une ruelle entre les deux. Des fen\u00eatres on voit tout de suite l&rsquo;eau sale. Ce sont des pi\u00e8ces o\u00f9 \u00eatre seul. Le temps s&rsquo;arr\u00eate \u00e0 force qu&rsquo;il lise. 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