{"id":91142,"date":"2022-08-15T16:05:40","date_gmt":"2022-08-15T14:05:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=91142"},"modified":"2022-08-15T16:05:42","modified_gmt":"2022-08-15T14:05:42","slug":"40-jours-40-partir-suite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-jours-40-partir-suite\/","title":{"rendered":"# 40 Jours # 40 | partir (suite)"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>quinze ao\u00fbt<br>hier soir il pleuvait \u2013 des \u00e9clairs sillonnaient le ciel, du c\u00f4t\u00e9 du lac \u00c9ri\u00e9, les grands lacs, D\u00e9troit et compagnie, un type (non-coupable disait-il ce matin au tribunal par la voix de son avocat \u2013 la classe) poignardait trois ou quatre fois de suite un \u00e9crivain, britannique, lors d\u2019une conf\u00e9rence \u2013 il fait encore assez chaud mais rien n&rsquo;a chang\u00e9 \u2013 cette mis\u00e8re cette terreur cet effroi : cette honte pour le genre \u2013 est-ce ainsi ? mais oui, ainsi soient-ils, ces \u00eatres humains, et leurs dieux, et leurs croyances abjectes \u2013 on tue on \u00e9ventre on emp\u00eache on torture \u2013 et puis on br\u00fble\u00a0: c\u2019est l\u00e0, et depuis bien longtemps, quand m\u00eame Scipion, sur cette esp\u00e8ce d\u2019Aventin que forme la colline de Byrsa, pleurerait toutes les larmes de son corps \u2013 oui, on pleurera ensuite oui \u2013 on aurait cependant les yeux secs en les voyant revenir en cet h\u00f4tel dont parle Marceline, apr\u00e8s guerre \u2013 et on oublierait \u2013 et on se souviendrait, il me semble me souvenir que c\u2019est d\u2019une chambre de l\u2019h\u00f4tel Lut\u00e9tia que se jette le h\u00e9ros masqu\u00e9 de ce film, adapt\u00e9 d\u2019un roman (pas lu) goncourt,<em> Au revoir l\u00e0-haut <\/em>\u2013 mais j\u2019en aime assez le r\u00e9alisateur \u2013 il y avait dans le souvenir cette maison o\u00f9 jouaient des \u00e9l\u00e8ves du conservatoire, une maison de musiciens dans le dix sept \u2013 un peu semblable \u00e0 celle que le r\u00e9alisateur-producteur (Albert Dupontel) occupe dans mon fantasme, mais pas que, du c\u00f4t\u00e9 du boulevard P\u00e9reire \u2013 toujours ces raccourcis, les deux fr\u00e8res et le train (le train), l\u2019un est pris pour l\u2019autre et le second (\u00e9tait-ce l\u2019a\u00een\u00e9 ? Je ne suis pas certain, mais c\u2019est le p\u00e8re de ce soldat qui va dans la neige, qui est le neveu), le second donc survit par cette esp\u00e8ce d\u2019erreur (la section fran\u00e7aise de l\u2019Internationale ouvri\u00e8re \u00e0 laquelle adh\u00e9rait le fr\u00e8re \u00e9tait-elle la raison de ce mandat d&rsquo;arr\u00eat que sub\u00eet son fr\u00e8re ?) (il se peut qu&rsquo;ils&rsquo;agisse d&rsquo;une forme de roman familial tu sais) \u2013 ce second-l\u00e0 va rencontrer, revoir, embrasser son neveu, ce vingt-huit f\u00e9vrier quarante-cinq, dans un caf\u00e9 de Boofzheim, du c\u00f4t\u00e9 de Mulhouse, ce neveu, vingt-deux ans, va entrer dans ce caf\u00e9, jette nerveusement sa cigarette dans la neige qu\u2019il y a l\u00e0 \u2013 il a deux fr\u00e8res qui eux aussi, depuis une ann\u00e9e sans qu\u2019ils le sachent, sont orphelins de p\u00e8re \u2013 la guerre n&rsquo;est pas finie encore, on se bat et on meurt encore mais lui entre au caf\u00e9 et retournera plus tard de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la mer, reprendra le cabinet d\u2019avocat de son p\u00e8re (dans quelles conditions\u00a0? d\u2019abord \u00e9tudiera le droit gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019aide \u00e9tazunienne) (son oncle est m\u00e9decin, il a fait ses \u00e9tudes \u00e0 Lyon, il a aussi ouvert un cabinet dans lequel il exerce la profession de dermatologue \u2013 cet oncle que je reverrai fin des ann\u00e9es soixante-dix rue de la Marseillaise \u00e0 Paris limite Pantin) \u2013 \u00e7a ne marchera gu\u00e8re cette affaire de droit et de client\u00e8le, ou autre chose \u2013 il \u00e9pousera cette jeune femme brune, ils auront quatre enfants, un gar\u00e7on puis deux filles, puis un autre gar\u00e7on ce dernier ne sera pas attendu (apprenant la nouvelle, la jeune femme brune se mettra \u00e0 pleurer \u2013 elle a \u00e0 ce moment-l\u00e0 vingt-six ans et trois enfants en bas-\u00e2ge comme on dit \u2013 comme s\u2019il en \u00e9tait un haut) \u2013 lui travaille avec un autre oncle (un des fr\u00e8res de sa m\u00e8re) au garage du bas de l\u2019avenue, non loin de la gare du TGM \u2013 il s\u2019occupe des achats, huile lubrifiants pneus pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es voitures \u00e9tazuniennes \u2013 et puis ce seront <em>les \u00e9v\u00e9nements et la pacification <\/em>qui d\u00e9butent en novembre cinquante-quatre, puis le retour de la guerre et puis le monde qui s\u2019enfuit \u2013 de sa famille \u00e0 elle plus personne ne restera\u00a0; pour lui seul cet oncle, jusqu\u2019\u00e0 la guerre des six jours \u2013 le mot juive peut qualifier les deux familles, tout le monde est parti \u2013 durant ces mois de juin et juillet soixante, les quatre enfants s\u2019amusent comme il se doit\u00a0: les vacances et la baignade; leur p\u00e8re est absent, cherche du travail au nord; le petit dernier passe en neuvi\u00e8me, l\u2019a\u00een\u00e9 a son certificat d\u2019\u00e9tudes en poche, les filles suivent le m\u00eame chemin \u2013 il fait toujours beau sur l\u2019avenue, quoi qu\u2019il puisse arriver, un soleil g\u00e9n\u00e9reux, une eau claire et sal\u00e9e douce l\u00e9g\u00e8re calme qui ne sera plus qu\u2019un souvenir \u2013 on n\u2019en sait rien, on est l\u00e0 et on bronze sans le savoir ou vouloir au soleil remontant vers la maison pour d\u00e9jeuner apr\u00e8s le bain \u2013 tu verras, on partira (il y avait une chanson qui faisait <em>tu m\u2019oublieras<\/em> elle \u00e9tait presque fredonn\u00e9e<em> a capella<\/em> par l\u2019actrice principale (qui est chanteuse <em>dans la vie<\/em>) et oui, enfin non, on n\u2019oubliera pas \u2013 mais on oubliera quand m\u00eame, on sait comment c\u2019est)<em> \u2013 on oubliera on se souviendra on se reverra<\/em> \u2013 \u00e0 la fin du <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.lairnu.net\/ville-et-cinema\/2021\/12\/03\/cormellain\/\" target=\"_blank\">film<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code has-medium-gray-background-color has-background\"><code>il me faut ici remercier toutes celles et tous ceux qui sont venus ici lire - et celles et ceux qui comment\u00e8rent - rien n'est jamais fini comme on sait - ce sont tous diff\u00e9rents encouragements - encore merci donc - un merci particulier au texte <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-jours-40-capitale-paroles-en-vrac\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-jours-40-capitale-paroles-en-vrac\/\" target=\"_blank\">magnifique #40 de Fran\u00e7oise Breton<\/a> qui, par je ne sais quelle alchimie, m'a donn\u00e9 le moyen, la ressource, d'\u00e9crire quelque chose du quaranti\u00e8me (rugissant je suppose) - les images de Nathalie Holt (notamment, mais pas que, celle de la couverture du livre #17) - \u00e9videmment <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/\" target=\"_blank\">l'h\u00f4te<\/a> et ses directives consignes conseils r\u00e9flexions - qu'est-ce qu'on a pu lire hein - les divers exercices regroup\u00e9s dans un m\u00eame fichier illustr\u00e9 (on a en <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-jours-27-reglages\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-jours-27-reglages\/\" target=\"_blank\">#27<\/a> une esp\u00e8ce de r\u00e9capitulatif qui, comme un pain sur une planche, signifie le travail \u00e0 accomplir : j'ai vaguement le sentiment d'avoir r\u00e9pondu \u00e0 la consigne quarante (on pourrait revenir ind\u00e9finiment sur ce mot de \"consigne\" qui sert de mise en place ou en route) - on aurait pu mettre des liens aussi bien vers les diff\u00e9rentes explorations disons - j'ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 ne pas) - ce n'est pas que ce soit fini, mais quelque chose s'\u00e9vade (tant mieux) tout en \u00e9tant une esp\u00e8ce de d\u00e9part, de fin, de terme et de conclusion - une fuite en avant - \u00e9tait-ce le but ? (il n'y en avait pas) (il n'y avait que la ville, il me semble au d\u00e9part) je ne crois pas - il faut encore et toujours continuer car ce n'est qu'ainsi qu'on est vivant - c'est \u00e9videmment d'un nombrilisme achev\u00e9 et d'un narcissisme profond, mais enfin j'ai relu ces textes (les miens) ils ne sont que quarante (il n'y en a que plus de deux mille trois cents dans l'atelier : comment tout lire d'ailleurs ?) et il y a comme une impression de rondeur, une sph\u00e8re que ce mois-l\u00e0 de cette ann\u00e9e-l\u00e0, comme quelque chose qui voudrait exister par soi-m\u00eame, j'avais m\u00eame trouv\u00e9 un <em>Partir quand m\u00eame<\/em> pour titre mais non (un titre de chanson de la <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=IdPh1c4bpNc\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=IdPh1c4bpNc\" target=\"_blank\">grande asperge<\/a>), je n'en ai pas fini on n'en a jamais fini avec les chansons... - je garde pourtant par vous tous et toutes une affection particuli\u00e8re de cette \u00e9poque-l\u00e0 (je veux dire du 10 juin au 20 juillet 2022) o\u00f9 tous les matins je me mettais (apr\u00e8s le journal) (avec le caf\u00e9 et le jour lev\u00e9) \u00e0 me creuser un peu plus la cervelle (comme on dit) pour parvenir \u00e0 voir dans quelle mesure ce que j'avais lu ou entendu la veille pouvait s'inscrire dans cette sorte de narration entreprise - depuis le d\u00e9but, Venise r\u00f4de, Lisbonne se manifeste, Istanbul s'\u00e9crie et le reste du pourtour de cette mer m'envahit un peu (G\u00eanes n'est jamais loin, et cette mer ne baigne pas le Portugal mais c'est tout comme - il y a quelque chose, la d\u00e9couverte sans doute, au loin les c\u00f4tes du Br\u00e9sil, quelque chose de ce genre) il manque de parler cuisine, c'est un peu ce que dit ce codicille - je me dis que l'irruption de la r\u00e9alit\u00e9, de l'actualit\u00e9 s\u00fbrement dans ce qu'on \u00e9crit est insuffisante - ce qui nous arrive, pendant ces jours-l\u00e0 pourtant a bien une influence, ferme-t-on les \u00e9coutilles et les paupi\u00e8res, tous les pores de nous-m\u00eames pour s'extraire de cette vie permanente, pulsation formidable, \u00e9motions sentiments humeurs, et se met-on \u00e0 \u00e9crire ?  \nBonne suite en tous cas<\/code><\/pre>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/20220813_112925-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-91152\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/20220813_112925-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/20220813_112925-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/20220813_112925-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/20220813_112925-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/20220813_112925-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption><em>l&rsquo;avion qui part<\/em><\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>quinze ao\u00fbthier soir il pleuvait \u2013 des \u00e9clairs sillonnaient le ciel, du c\u00f4t\u00e9 du lac \u00c9ri\u00e9, les grands lacs, D\u00e9troit et compagnie, un type (non-coupable disait-il ce matin au tribunal par la voix de son avocat \u2013 la classe) poignardait trois ou quatre fois de suite un \u00e9crivain, britannique, lors d\u2019une conf\u00e9rence \u2013 il fait encore assez chaud mais rien <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-jours-40-partir-suite\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"># 40 Jours # 40 | partir (suite)<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":91153,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2508,3760],"tags":[],"class_list":["post-91142","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-hors-serie","category-40jours-40-capitale"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/91142","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/86"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=91142"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/91142\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/91153"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=91142"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=91142"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=91142"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}