{"id":91336,"date":"2022-09-02T18:43:43","date_gmt":"2022-09-02T16:43:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=91336"},"modified":"2024-02-24T23:16:30","modified_gmt":"2024-02-24T22:16:30","slug":"40-jours-38-si-seule","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-jours-38-si-seule\/","title":{"rendered":"#40 jours #38 | Si Se\u00fcle"},"content":{"rendered":"\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Figure-85-\u2013-La-Frontiere-sauvage-\u2013-photo-Barbara-Lachamp-en-ligne-le-30042022-sur-Facebook-\u2013-vu-le-31082022-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-91337\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Figure-85-\u2013-La-Frontiere-sauvage-\u2013-photo-Barbara-Lachamp-en-ligne-le-30042022-sur-Facebook-\u2013-vu-le-31082022-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Figure-85-\u2013-La-Frontiere-sauvage-\u2013-photo-Barbara-Lachamp-en-ligne-le-30042022-sur-Facebook-\u2013-vu-le-31082022-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Figure-85-\u2013-La-Frontiere-sauvage-\u2013-photo-Barbara-Lachamp-en-ligne-le-30042022-sur-Facebook-\u2013-vu-le-31082022-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Figure-85-\u2013-La-Frontiere-sauvage-\u2013-photo-Barbara-Lachamp-en-ligne-le-30042022-sur-Facebook-\u2013-vu-le-31082022-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Figure-85-\u2013-La-Frontiere-sauvage-\u2013-photo-Barbara-Lachamp-en-ligne-le-30042022-sur-Facebook-\u2013-vu-le-31082022.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Figure 85 \u2013 La Fronti\u00e8re int\u00e9rieure \u2013 photo Barbara Lachamp (en ligne le 30\/04\/2022 sur <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/photo\/?fbid=1415115885604338&amp;set=pb.100013178207672.-2207520000..\">Facebook<\/a>) \u2013 vu le 31\/08\/2022<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 la Gaule, on n\u2019en d\u00e9mord pas&nbsp;: la Se\u00fcle, qui traverse la commune et contient en partie la ville \u00e0 angle droit, est <em>la<\/em> fronti\u00e8re de Sauveterre&nbsp;: une fronti\u00e8re unique et, surtout, int\u00e9rieure. Les membres du collectif, qui parcourent la rivi\u00e8re et ses \u00e9tiers de long en large, savent pourtant que les fronti\u00e8res de Sauveterre sont officiellement d\u00e9finies par le r\u00e9seau des carri\u00e8res, qui va bien au-del\u00e0 des limites de la commune. Mais ils sont d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 changer cette vision fauss\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les carri\u00e8res sont nombreuses ici et constituent un r\u00e9seau souterrain qui double au moins la superficie de la ville. Mais, du temps du comte de Claudieuse, pour un euro symbolique la ville fait l\u2019acquisition d\u2019une nouvelle et grande carri\u00e8re \u00e0 partir de laquelle le r\u00e9seau a pu s\u2019\u00e9tendre sous les autres communes, de petite carri\u00e8re en petite carri\u00e8re. C\u2019est ainsi que la ville a repouss\u00e9 les limites de son territoire sans que rien n\u2019y paraisse. Jusqu\u2019\u00e0 l\u2019explosion bien connue du d\u00e9p\u00f4t de munition de l\u2019arm\u00e9e allemande, le 30 juin 1944, dissimul\u00e9 dans les carri\u00e8res d\u2019Heurtebise. L\u2019explosion, qui a retenti et r\u00e9sonn\u00e9 dans toutes les carri\u00e8res, d\u2019une galerie \u00e0 l\u2019autre, a fait s\u2019effondrer des plafonds, cr\u00e9ant ainsi des r\u00e9surgences du r\u00e9seau qui alors r\u00e9v\u00e9lait son ampleur sous les autres communes. Elles manifestent depuis leur m\u00e9contentement et font valoir leurs droits. Mais l\u2019\u00e9ternel comte de Claudieuse reste intraitable. S\u2019il n\u2019a pu faire autrement que de s\u2019associer avec les maires voisins, en cr\u00e9ant une Communaut\u00e9 de communes devant permettant une gestion du territoire collective, il faut avouer que sa pr\u00e9sidence syst\u00e9matiquement renouvel\u00e9e, et le peu d\u2019int\u00e9r\u00eat de la plupart des autres maires pour ce qui ne se voit pas \u2014 et le comte de Claudieuse, devant cet \u00e9tat de fait, aurait eu ce mot rest\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il faut \u00eatre homme de peu de voix pour ne pas voir le prix du vide sous ses pieds&nbsp;!&nbsp;\u00bb \u2014, font que le territoire de Sauveterre est chaque ann\u00e9e, toujours un peu plus, et sous le masque de la concertation \u2014 les mauvaises langues, ou les langues clairvoyantes, disent qu\u2019\u00e0 Sauveterre \u00ab&nbsp;des concertations on en fait mille et une en plein dans le mille d\u2019une d\u00e9concertation&nbsp;\u00bb \u2014, \u00e9largi, et les fronti\u00e8res repouss\u00e9es. Aujourd\u2019hui, si la ville compte dans ses limites sept carri\u00e8res&nbsp;(Bourg-Nouveau, Le Cluzelet, Rue d\u2019Alvy, La Pierri\u00e8re, Heurtebise, Bellevue et La Maladrerie), le r\u00e9seau en comprend au moins vingt-six autres identifi\u00e9es sous le sol des autres communes (La Litre, Les Pipelards, La Soute, Les Chauveaux, Le Donjon, Le Portail Rouge, La Croix des \u00c9greteaux, Les Roches, Les Arrachis, Les Coteaux, Sainte Hermine, Les Augers, La Pierri\u00e8re de Marignac, Cordie, La Pierri\u00e8re de Lussac, Les Carri\u00e8res de Clion, Chez L\u00e9zie, La Rochette, Chez Durandet, Les Pierri\u00e8res, La Ch\u00e8neurie, Le Ramet, Chez Phelipeau, La Vallade, Les Eliots, L\u2019\u00c9glise et La Pierri\u00e8re d\u2019Orignolles).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout cela, le collectif de la Gaule le sait parfaitement. Mais ils ont remarqu\u00e9, et mettent au premier plan de leur argumentaire, ceci&nbsp;: que le r\u00e9seau de carri\u00e8res, tel qu\u2019il s\u2019est \u00e9tabli, et tel qu\u2019il s\u2019\u00e9tend encore, ne s\u2019\u00e9loigne jamais bien loin du lit de la Se\u00fcle. C\u2019est comme si les veines du r\u00e9seau suivaient son cours, comme si elles ne pouvaient s\u2019en \u00e9carter, sinon parce qu\u2019elle se divise, \u00e9tend ses bras, forme elle-m\u00eame son r\u00e9seau, ou parce qu\u2019un affluent se trouve \u00e0 proximit\u00e9, surtout le Tr\u00e8fle et la Rochette (mais aussi la Soute, la Romade, le M\u00e9doc, la Pradelle, la Laigne, le Pharaon et son affluent le Mathelon, la Lauran\u00e7anne, la Pimperade, le Pontignac, la Voine, l\u2019Olonne, l\u2019Oil et la Moulinasse). Et ce n\u2019est que peu avant l\u2019esp\u00e8ce de delta de la rivi\u00e8re, lorsqu\u2019elle se disperse comme pour dispara\u00eetre avant de se jeter dans la Charente, que le r\u00e9seau de carri\u00e8res ne parvient pas vraiment \u00e0 s\u2019\u00e9tendre. Pour la Gaule, les fronti\u00e8res souterraines de Sauveterre sont donc intimement li\u00e9es au cours d\u2019eau. Et cela d\u2019autant mieux que, symboliquement, c\u2019est non loin de l\u2019\u00c9glise, \u00e0 Montlieu, la plus \u00e9loign\u00e9e et isol\u00e9e des carri\u00e8res, que la Se\u00fcle prend sa source. Mais aussi, g\u00e9ologiquement, Sauveterre, si mal nomm\u00e9e pour certains, est une ville de roche infiltr\u00e9e par les eaux. Le complexe des Antilles et les thermes du Soleil en constituent des preuves. Reste en v\u00e9rit\u00e9 que les eaux chaudes qui remontent de la terre sont aussi ind\u00e9pendantes de la rivi\u00e8re que des carri\u00e8res. \u2014 Sur ce point, rappelons simplement l\u2019histoire qu\u2019on raconte aux enfants des \u00e9coles de Sauveterre pour leur expliquer d\u2019o\u00f9 vient l\u2019eau chaude dans laquelle ils apprennent \u00e0 nager, avec un art non consomm\u00e9 de l\u2019image et des modificateurs en tous genres propres \u00e0 susciter l\u2019intrigue et la recherche du temps perdu&nbsp;: <em>D\u00e9couverte par hasard \u00e0 la fin des ann\u00e9es 70, l\u2019eau thermale de Sauveterre circule dans les profondeurs de la terre du bassin aquitain depuis des temps imm\u00e9moriaux. Elle est le fruit de pluies tomb\u00e9es et infiltr\u00e9es il y a plus de 30&nbsp;000 ans au niveau du Massif Central et de la bordure du Massif Armoricain. <\/em><em>R\u00e9chauff\u00e9e et min\u00e9ralis\u00e9e tr\u00e8s progressivement au cours d\u2019une route opini\u00e2tre au travers de couches g\u00e9ologiques alternant argiles, gr\u00e8s, sables et dolomites, cette eau mill\u00e9naire arr\u00eate sa lente course aux formations aquif\u00e8res du nord du Bassin d\u2019Aquitaine.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Figure-86.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-91339\" width=\"590\" height=\"295\" \/><figcaption>Figure 86 \u2013 La Fronti\u00e8re referm\u00e9e \u2013 Nicole Bertin Infos, <a href=\"https:\/\/nicolebertin.blogspot.com\/2017\/10\/carrieres-de-jonzac-non-seulement-elles.html\">\u00ab\u00a0Carri\u00e8res de Jonzac : non seulement elles s\u2019\u00e9tendent sous la ville, mais les carriers \u00e9taient parfois de vrais artistes\u00a0!\u00a0\u00bb<\/a> (publi\u00e9 le 31\/10\/2017) \u2013 vu le 01\/09\/2022<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quoiqu\u2019il en soit, les Sauveterriens sont d\u00e9sormais partag\u00e9s en deux partis&nbsp;: les carriers et les gauleurs. Les premiers sont encore les plus nombreux, ils ont pour eux l\u2019avantage de l\u2019histoire et de l\u2019increvable comte de Claudieuse. Mais la Gaule monte en puissance. Le collectif grossit chaque ann\u00e9e un peu plus ses rangs. Et surtout, il passe \u00e0 l\u2019action. Pour faire valoir les droits frontaliers de la Se\u00fcle, les plus pacifistes taguent dans la ville les bouches des \u00e9gouts et des caniveaux de fa\u00e7on \u00e0 rappeler chaque trou dans le sol urbain est une source de la rivi\u00e8re. D\u2019autres, plus t\u00e9m\u00e9raires, s\u2019infiltrent dans le r\u00e9seau des carri\u00e8res et fixent sur les parois rocheuses des dessins, des tableaux, des photos repr\u00e9sentant la Se\u00fcle dans Sauveterre, le plus souvent le vieux pont, les berges de la rivi\u00e8re et la ville au second plan. Cela n\u2019est pas sans risque \u00e0 cause de la pr\u00e9sence des carriers, bien s\u00fbr, mais aussi parce que les gauleurs trop aventureux risquent de se perdre dans le labyrinthe souterrain et de ne jamais en ressortir. Des carriers ont d\u2019ailleurs retrouv\u00e9 des cadavres au fond d\u2019une galerie qu\u2019on exploitait plus depuis longtemps&nbsp;: les corps d\u2019unejeune homme et d\u2019une jeune femme qui, tr\u00e8s certainement \u00e9puis\u00e9s, se seront assis au pied de la paroi, t\u00eate contre t\u00eate, n\u2019esp\u00e9rant plus rien d\u2019autre que leur affection. C\u2019est pourquoi certains, moins courageux et plus extr\u00e9mistes, en appelant au souvenir des r\u00e9sistants de 1944 Ruibet et G\u00e2tineau, ou du groupe Alerte, pr\u00e9f\u00e8rent intervenir seulement aux entr\u00e9es des carri\u00e8res pour les dynamiter et les boucher. Les carriers, au d\u00e9but, d\u00e9gageaient les ouvertures, mais devant les attaques r\u00e9p\u00e9t\u00e9es des gauleurs ils se sont r\u00e9sign\u00e9s \u00e0 les laisser obstru\u00e9es. Au grand dam du comte de Claudieuse, les fronti\u00e8res de Sauveterre sont ainsi referm\u00e9es ici et l\u00e0 pour quelque temps.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais la majorit\u00e9 des gauleurs ont adopt\u00e9 une autre strat\u00e9gie\u00a0: celle de ne rien faire d\u2019autre que de vivre leur passion de la Se\u00fcle, de cr\u00e9er comme une culture de la Se\u00fcle, au bord de l\u2019eau et sur l\u2019eau, en plein c\u0153ur de Sauveterre, avec ses coutumes et ses rites. <em>Que la fronti\u00e8re int\u00e9rieure soit son propre territoire\u00a0!<\/em> lit-on ainsi sur la paroi de la carri\u00e8re de l\u2019\u00c9glise. On s\u2019installe ainsi sur les berges, au bout d\u2019un jardin, dans des cabanes r\u00e9nov\u00e9es et parfois dans de vieux carrelets \u00e0 l\u2019abandon r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s sur les rives de l\u2019estuaire et remont\u00e9s, restaur\u00e9s sur les rives, on r\u00e9habilite les moulins \u00e0 eau (Chez Bret pour un moulin fonctionnel de farines et d\u2019huile de noix, \u00e0 Marcouze pour le restaurant chic du Val de Se\u00fcle). Et l\u2019on fait vivre la rivi\u00e8re sur des embarcations \u00e0 fond plat. On tente d\u2019am\u00e9liorer son \u00e9tat \u00e9cologique, plut\u00f4t mauvais. On \u00e9l\u00e8ve donc des truites arc-en-ciel, des chevesnes, des gardons, des rotengles, des br\u00e8mes, des carassins, des tanches, des carpes (commune et miroir), des anguilles, des black-bass, des sandres, des ablettes, des goujons, des vairons, des brochets, des perches et des perches soleil (calicobas). On p\u00eache r\u00e9guli\u00e8rement les \u00e9crevisses de Louisiane, ou Procambarus clarkii, tr\u00e8s r\u00e9sistantes et invasives, dont on pr\u00e9pare une bouillie \u00e0 la mode cadienne revisit\u00e9e avec une savoureuse sauce cougnat. On am\u00e9nage et s\u00e9curise les berges, en particulier dans le grand parc du Mail de Se\u00fcle o\u00f9 l\u2019on prend soin d\u2019un grand nombre d\u2019orchid\u00e9es sauvages qu\u2019on trouve en bord de rivi\u00e8res (les ophrys dites de la passion, abeille, mouche, petite araign\u00e9e, b\u00e9casse\u00a0; les orchis dits pourpre, pyramidal, moucheron ou moustique, bouc, homme-pendu, verd\u00e2tre, br\u00fbl\u00e9\u00a0; la list\u00e8re \u00e0 feuilles ovales, le limodore \u00e0 feuilles avort\u00e9es, l\u2019\u00e9pipactis hell\u00e9borine), de quelques rares Ang\u00e9lique des estuaires et Herbe aux femmes battues, et de la fragile fritillaire pintade plus couramment appel\u00e9e <em>perot<\/em> ou <em>perote<\/em>, et si l\u2019on y rencontre des canards, des poules d\u2019eau et des cygnes, on voit aussi parfois des h\u00e9rons cendr\u00e9s, des martins p\u00eacheurs, quelques cigognes, plusieurs esp\u00e8ces de grenouilles, et des ragondins \u2014 dont le c\u00e9l\u00e8bre vieux Ren\u00e9, figure locale qu\u2019on aper\u00e7oit souvent nager autour du vieux pont et qui vient parfois se reposer sur les anciens embarcad\u00e8res sans \u00eatre g\u00ean\u00e9 par les passants \u00e9tonn\u00e9s. Et chaque ann\u00e9e, bien s\u00fbr, on f\u00eate la Se\u00fcle, lors de la Grande semaine de la Saoule, du nom ancien de la rivi\u00e8re, o\u00f9 tous les Sauveterriens gauleurs participent, mais aussi de nombreux Sauveterriens carriers par tradition plus que par conviction, ouverts et curieux. On s\u2019initie alors \u00e0 la p\u00eache et on en apprend un peu plus sur la vie de la rivi\u00e8re, on se prom\u00e8ne en barque sur le lit principal, dans un bras ou un \u00e9tier, on aide au nettoyage des berges et du fond, \u00e0 la pr\u00e9paration de la grande bouillie d\u2019\u00e9crevisses \u00e0 la cougnataise, on concourt pour les jeux et comp\u00e9titions de natation et de navigation. Et le dernier jour, la Grande semaine de festivit\u00e9s fluviales se cl\u00f4t par un tournoi rejouant symboliquement et pacifiquement l\u2019affrontement des deux clans de Sauveterre. Sur la Se\u00fcle, diff\u00e9rentes \u00e9quipes et cat\u00e9gories de carriers et de gauleurs s\u2019affrontent dans une sorte de joute o\u00f9 la pigouille, longue perche ferr\u00e9e avec laquelle on propulse et dirige les barques (les p\u00eacheurs s\u2019en servent aussi pour frapper l\u2019eau et ainsi ramener le poisson), devient aussi la lance devant faire tomber l\u2019adversaire dans l\u2019eau. Ici, on est \u00e0 la fois barreur et jouteur. Dans chaque cat\u00e9gorie (enfants, femmes, hommes, mixtes, neutres) de chaque clan, on s\u2019est d\u00e9partag\u00e9, et les finales voient toujours s\u2019opposer un gauleur et un carrier. Les vainqueurs remportent une pigouille d\u2019or et leur poids en bouillie d\u2019\u00e9crevisses. C\u2019est le Jour des Pigouilles.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"819\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Figure-87-\u2013-La-frontiere-resurgente-\u2013-photo-La-Fee-Koi-en-ligne-le-23022022-sur-Facebook-\u2013-vu-le-31082022-819x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-91338\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Figure-87-\u2013-La-frontiere-resurgente-\u2013-photo-La-Fee-Koi-en-ligne-le-23022022-sur-Facebook-\u2013-vu-le-31082022-819x1024.jpg 819w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Figure-87-\u2013-La-frontiere-resurgente-\u2013-photo-La-Fee-Koi-en-ligne-le-23022022-sur-Facebook-\u2013-vu-le-31082022-336x420.jpg 336w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Figure-87-\u2013-La-frontiere-resurgente-\u2013-photo-La-Fee-Koi-en-ligne-le-23022022-sur-Facebook-\u2013-vu-le-31082022-768x960.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Figure-87-\u2013-La-frontiere-resurgente-\u2013-photo-La-Fee-Koi-en-ligne-le-23022022-sur-Facebook-\u2013-vu-le-31082022-1229x1536.jpg 1229w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Figure-87-\u2013-La-frontiere-resurgente-\u2013-photo-La-Fee-Koi-en-ligne-le-23022022-sur-Facebook-\u2013-vu-le-31082022.jpg 1440w\" sizes=\"auto, (max-width: 819px) 100vw, 819px\" \/><figcaption>Figure 87 \u2013 La Fronti\u00e8re r\u00e9surgente \u2013 photo La F\u00e9e Koi (en ligne le 23\/02\/2022 sur <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/photo.php?fbid=680164963339638&amp;set=pb.100040384213953.-2207520000..&amp;type=3\">Facebook<\/a>) \u2013 vu le 31\/08\/2022<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 la Gaule, on n\u2019en d\u00e9mord pas&nbsp;: la Se\u00fcle, qui traverse la commune et contient en partie la ville \u00e0 angle droit, est la fronti\u00e8re de Sauveterre&nbsp;: une fronti\u00e8re unique et, surtout, int\u00e9rieure. Les membres du collectif, qui parcourent la rivi\u00e8re et ses \u00e9tiers de long en large, savent pourtant que les fronti\u00e8res de Sauveterre sont officiellement d\u00e9finies par le <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/40-jours-38-si-seule\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#40 jours #38 | Si Se\u00fcle<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":158,"featured_media":91338,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3251,3738],"tags":[2682,3739,2287,443,3278],"class_list":["post-91336","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-40jours","category-40jours-38-frontieres","tag-carriere-de-pierre","tag-frontieres","tag-liste","tag-riviere","tag-sauveterre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/91336","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/158"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=91336"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/91336\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/91338"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=91336"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=91336"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=91336"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}