{"id":91724,"date":"2022-09-05T20:22:15","date_gmt":"2022-09-05T18:22:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=91724"},"modified":"2022-09-06T09:07:36","modified_gmt":"2022-09-06T07:07:36","slug":"photofiction-1-studio-54","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/photofiction-1-studio-54\/","title":{"rendered":"#photofictions #01 | Studio 54"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/la-femme-sur-la-fac\u0327ade-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-91725\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/la-femme-sur-la-fac\u0327ade-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/la-femme-sur-la-fac\u0327ade-420x280.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/la-femme-sur-la-fac\u0327ade-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/la-femme-sur-la-fac\u0327ade-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/la-femme-sur-la-fac\u0327ade-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>elle est sur un mur de la ville. (sur comme on dirait <em>\u00e0 propos<\/em> \u2013 c\u2019est donc une photo prise \u00e0 propos d\u2019un mur de la ville. mais c\u2019est aussi une photo sur un mur \u2013 comme cet \u00e9t\u00e9 \u00e0 la Gacilly. le village entier peupl\u00e9 de photographies, sur les fa\u00e7ades, les murs, aussi sillonner des chemins entre d\u2019immenses panneaux. dans les rues, sous les arbres, marcher dans la fourmili\u00e8re d\u2019images\u2026)<\/p>\n\n\n\n<p>avec C. on a \u00e0 moiti\u00e9 planifi\u00e9. moiti\u00e9 pour les envies, moiti\u00e9 pour l\u2019improvisation, le hasard. on verra bien ce qui nous prend. au ch\u00e2teau l\u2019expo-photo de Charles Fr\u00e9ger \u2013 les mascarades et rites d\u2019Aam Aastha (magnifiques&nbsp;! \u2013 la surprise des commentaires inesp\u00e9r\u00e9s de la conservatrice, <em>venez il faut au moins que je vous parle de celle-l\u00e0<\/em> \u2026 (et puis celle-l\u00e0 et puis l\u2019autre\u2026) <em>vous connaissez bien l\u2019Inde \u00e0 la fa\u00e7on passionn\u00e9e dont vous en parlez&nbsp;? &nbsp;\u2013 moi non, pas du tout, jamais all\u00e9e&nbsp;! mais c\u2019est des mois de recherche, des mois&nbsp;! l\u2019artiste ne voulait rien expliquer \u2013 les photos uniquement les photos, il veut qu\u2019on les aime parce que c\u2019est beau) \u2013<\/em> le mus\u00e9e, l\u2019endroit o\u00f9 c\u2019est bien de manger au bord de la Loire dans l\u2019ancien quartier des huileries \u00e0 Chanteney \u2013 l\u2019h\u00f4tel le parking o\u00f9 laisser la voiture pendant les deux jours \u00e0 venir. on marchera c\u2019est mieux pour voir \u2013 sentir. fatigu\u00e9s on prendra le tramway (transports en commun gratuits le week-end, sur les abribus les affiches \u00ab&nbsp;on l\u2019a fait&nbsp;\u00bb) on traversera sur les rails encastr\u00e9s en se d\u00e9p\u00eachant au ding ding, on ira dans les rues de la vieille ville sous les carlingues des avions \u00e0 rase-clochers\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>une des villes dans lesquelles on vit le mieux \u2013 elle est en t\u00eate du classement \u2013 o\u00f9 elle y tr\u00f4nait r\u00e9cemment. je n\u2019ai pas v\u00e9rifi\u00e9 ce qui semble bien \u00e9tabli pour tout le monde. je n\u2019ai pas non plus cherch\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment les crit\u00e8res du comment c\u2019est le vivre mieux ni pour qui. quand nous sommes revenus d\u2019avoir longuement march\u00e9, j\u2019ai lu ici, le lendemain, (par hasard), l\u2019article qui racontait dans un autre quartier un ancien vivant (anonyme \u2013 adulte \u2013 homme) devenu mort. poignard\u00e9. \u00e0 l\u2019aine je crois. vid\u00e9. \u00e7a non plus je n\u2019ai pas cherch\u00e9 davantage. ni les pourquoi ni les comment. garder la date du trois ou quatre septembre 2022 et puis Nantes si jamais plus tard. mais c\u2019est comme souvent&nbsp;: les \u00e9v\u00e8nements les d\u00e9tails les envies les id\u00e9es les noms tout s\u2019accumule. un temps. \u00e7a grouille s\u2019embrouille et puis \u00e7a dispara\u00eet. <em>tu devrais noter<\/em> une m\u2019a dit il n\u2019y a pas si longtemps \u2013 (parfois je le fais et puis j\u2019oublie ou je multiplie les carnets et je ne retrouve plus rien) \u2013 <em>sinon tu le perds<\/em> elle a ajout\u00e9. <em>oui<\/em>. mais c\u2019est comme dire l\u2019\u00e9crire se fabrique en \u00e9crivant \u2013 le photographier en photographiant \u2013 le garder en notant (ou enregistrant) \u2013 aussit\u00f4t \u00e0 quoi bon quel int\u00e9r\u00eat&nbsp;? je ne comprends plus rien. si la vie s\u2019y agrandit ou bien s\u2019\u00e9loigne \u2013 si c\u2019est passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des choses et des gens ou mani\u00e8re de tra\u00eener avec, s\u2019accrocher, se raccrocher un peu encore \u00e0 eux. (pr\u00eater attention forte.)<\/p>\n\n\n\n<p>nous aimons bien y venir. pas tr\u00e8s loin de la photo, apr\u00e8s le passage Sainte Croix c\u2019est le march\u00e9 aux livres. sur la pile un de Gracq&nbsp;: <em>la forme d\u2019une ville<\/em> chez Corti, pages non massicot\u00e9es\u2026 un passage o\u00f9 il d\u00e9crit comment chacun se construit avec sa ville int\u00e9rieure. en r\u00e9p\u00e9tant r\u00eavant les d\u00e9placements du quotidien. en allant au lyc\u00e9e, chez les commer\u00e7ants. en fl\u00e2nant dans les ruelles de promenades etc\u2026 nous aimons bien y venir \u2013 l\u2019apprendre au hasard en suivant-l\u00e2chant les courbes de la ligne verte, retrouver des lieux et trajets maintenant connus \u2013 ajouter de nouvelles divagations et \u00e9tendre progressivement le territoire \u2013 m\u00eal\u00e9 dans la foule des rues entre les tables des terrasses entendre rire crier parler des bouts de conversation <em>non mais t\u2019y crois toi<\/em>\u2026 j\u2019aime bien y venir mais je ne sais pas vraiment expliquer pourquoi. chaque fois je prends l\u2019appareil photo parce que c\u2019est en photographiant qu\u2019etc\u2026 c\u2019est un hybride (plus l\u00e9ger) avec souvent le 14-45mm, assez polyvalent pour la ville, dans le sac \u00e0 dos un 70-200 mm (peu utilis\u00e9), pour l\u2019obscurit\u00e9 un 22 mm avec une plus grande ouverture. maintenant je trouve que tout \u00e7a est encore un peu lourd \u2013 encore plus toute la journ\u00e9e quand il a fait si chaud \u2013 je constate le vieillir \u00e0 la douleur dans la nuque et les \u00e9paules.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;(mais j\u2019aimerais tant une photo infinie de la peau de la ville \u2013 j\u2019aimerais une image pour s\u2019y frotter \u2013 comme gamin la serviette encore r\u00eache essuie le visage \u2013 sentir le grain de lumi\u00e8re \u2013 l\u2019odeur la couleur des pens\u00e9es \u2013 le soleil dans les verres de bi\u00e8re \u2013 la place o\u00f9 le grand type noir \u00e0 dents d\u2019alcool et de rire parle tout seul et chante en se balan\u00e7ant assis sur la palette \u2013 chante et tangue une langue que je ne connais pas et je n\u2019ai pas os\u00e9\u2026) (<em>il ne te rappelle rien<\/em>&nbsp;? \u2013 <em>bien s\u00fbr que si c\u2019est un peu le Frenchie de Khalik Allah<\/em>.)<\/p>\n\n\n\n<p>Il fait salement chaud \u00e0 la terrasse du caf\u00e9. (le caf\u00e9 du coin \u2013 rue de la juiverie). bond\u00e9s. le caf\u00e9 et la rue. un paroxysme d\u2019ambivalence (si je peux dire \u00e7a apr\u00e8s tout\u2026) attirance et phobie de la foule \u00e9troitement m\u00eal\u00e9es \u2013 d\u2019o\u00f9 ces incursions r\u00e9p\u00e9t\u00e9es \u2013 mais br\u00e8ves. vibrer dans le flux, la masse la cohue. dispara\u00eetre aux marges. flotter. tenir encore un peu dans l\u2019entre-deux \u2013 fakir sur pointes nourrici\u00e8res (vivre l\u00e0 parmi les autres mais toujours si loin.) l\u2019appareil photo est pos\u00e9 sur la table. je l\u2019ai d\u2019abord vue en arrivant, dress\u00e9e au-dessus des t\u00eates, peinte en grand format sur la fa\u00e7ade de l\u2019immeuble. une femme. elle est habill\u00e9e d\u2019un autre temps. une robe pas d\u2019aujourd\u2019hui. dans des tons arrach\u00e9s \u00e0 la pierre. presque sculpture. Nantes c\u2019est comme \u00e7a. des apparitions \u00e0 aller chercher \u2013 savoir trouver \u2013 plus souvent te tombent dessus au rythme des installations sculptures graphes \u2013 les officiels et les autres\u2026 nous sommes assis. elle me regarde en coin. dessous, \u00e0 gauche, un passage sous l\u2019arche de pierre. un \u00e9criteau pointe, plus haut, vers une \u00ab&nbsp;jungle urbaine&nbsp;\u00bb \u2013 nous la connaissons&nbsp;: un fouillis de jardins sauvages grimp\u00e9s jusqu\u2019aux fen\u00eatres, une petite plate-forme en fer rouill\u00e9 \u00e0 mi-hauteur.  (je crois.) un enfant d\u00e9guis\u00e9 en pirate (bandeau noir, bicorne) d\u00e9vale les deux trois marches, remonte vers la poussette. Je m\u2019y prends \u00e0 plusieurs reprises pour (mal) cadrer la photo mais trop de foule de tables de chaises plus assez d\u2019espace m\u00eame avec le 50mm. en regardant mieux c\u2019est une vieille affiche d\u00e9chir\u00e9e. en bas juste sur la griffe des grilles \u00e7a fait une saign\u00e9e de blanc en zig zag \u2013 un \u00e9clair. une d\u00e9criture d\u2019image c\u2019est \u00e7a qui me vient. la femme se tient, effray\u00e9e. rencogn\u00e9e contre la pile de pierre. \u00e0 ses pieds l\u2019encombrement meuble (chaise tress\u00e9e&nbsp;? table basse&nbsp;?) corps \u00e0 la renverse. un bras traverse les barreaux. elle l\u2019a tu\u00e9&nbsp;?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>elle est sur un mur de la ville. 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