{"id":91892,"date":"2022-09-07T07:44:11","date_gmt":"2022-09-07T05:44:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=91892"},"modified":"2022-09-12T19:01:59","modified_gmt":"2022-09-12T17:01:59","slug":"photofictions-01-lavant-clic","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/photofictions-01-lavant-clic\/","title":{"rendered":"# photofictions #01 | L&rsquo;avant clic"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/01-LAvantClic-1024x768.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-91893\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/01-LAvantClic-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/01-LAvantClic-420x315.jpeg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/01-LAvantClic-768x576.jpeg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/01-LAvantClic-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/01-LAvantClic-2048x1536.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>La photo est pr\u00eate dans sa t\u00eate depuis presque un an, depuis un passage dans le coin, une sortie hybride, mi-balade mi-rep\u00e9rage. Un photographe en balade reste un photographe. Regard d\u00e9form\u00e9 de celui qui regarde autrement. Attention \u00e0 certains d\u00e9tails, \u00e0 la lumi\u00e8re, aux textures, \u00e0 l\u2019agencement des diff\u00e9rents plans entre eux, aux couleurs, aux cadrages. Une petite note vite fait sur la carte du t\u00e9l\u00e9phone, un point de couleur, un drapeau.\u00a0\u00a0\u00c7a c\u2019est pour les d\u00e9tails. Parce que l\u2019envie et l\u2019intention d\u2019y revenir sont d\u00e9j\u00e0 dans sa t\u00eate, de m\u00eame l\u2019image qu\u2019il fera et qu\u2019il pourrait dessiner s\u2019il savait utiliser un crayon \u00e0 cet effet.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui tout est pr\u00eat. Refuge r\u00e9serv\u00e9, m\u00e9t\u00e9o et enneigements parfaits, batteries charg\u00e9es, sac rempli, reste juste \u00e0 faire le plein de la voiture. Route sans probl\u00e8me avec les pneus neige, vacances scolaires pas encore commenc\u00e9es, le parking est payant mais il y a de la place au bord du chemin. Sacs \u00e0 dos ajust\u00e9, les cl\u00e9s dans la poche qui ferme bien, il h\u00e9site. Veste ou pas ? Pas de veste. Il pr\u00e9f\u00e8re avoir un peu froid au d\u00e9part et ne pas devoir s\u2019arr\u00eater dans quelques centaines de m\u00e8tres pour se d\u00e9shabiller. La transpiration, c\u2019est elle l\u2019ennemie, elle qui va le refroidir vraiment si jamais il la laisse s\u2019installer. Le sac est lourd, une bonne vingtaine de kilos avec le mat\u00e9riel photo. Resserrer la courroie du tr\u00e9pied. La mont\u00e9e commence, prendre le rythme, monter un pied, le poser, s\u2019appuyer dessus pour pouvoir monter l\u2019autre pied, le poser, s\u2019appuyer dessus. La neige est dure pour l\u2019instant pas besoin de raquettes il marche en bordure des pistes de ski, il n\u2019y a personne, donc personne pour lui dire d\u2019aller monter ailleurs, qu\u2019ici c\u2019est pour ceux qui descendent. Les b\u00e2tons aident \u00e0 soulager les \u00e9paules. Il monte. Il ne pense \u00e0 rien. Juste monter un pied, le poser, monter un pied, le poser. Respirer. Mais il sait qu\u2019une fois en haut, ses id\u00e9es seront claires, nettoy\u00e9es par l\u2019effort. La neige commence \u00e0 tomber. Un peu de vent, il quitte la piste de ski. Pause. Mettre la veste \u00e0 cause du vent, bonnet, gants. Et les raquettes pour ne pas s\u2019enfoncer. Le trait bleu sur son t\u00e9l\u00e9phone lui dit qu\u2019il est sur la bonne route. Il voit le col, le refuge est derri\u00e8re. Il repart. Monter un pied, le poser, monter un pied, le poser. De temps en temps, sous son pied, un rocher, une grosse pierre, il glisse, la raquette se pose en biais, il rattrape l\u2019\u00e9quilibre avec les b\u00e2tons. Pause. Un peu de th\u00e9 chaud, abricots secs. Le vent forcit. Lunettes de ski, petits gants sous les grosses moufles, resserrer la capuche, tour de cou remont\u00e9 sur la bouche. Le trait bleu sur son t\u00e9l\u00e9phone lui dit qu\u2019il est sur la bonne route, \u00e0 peu de chose pr\u00e8s. Le vent souffle la neige, il devine le col, n\u2019est plus tr\u00e8s s\u00fbr, il regarde plus souvent le trait bleu sur le t\u00e9l\u00e9phone. Le brancher sur sa batterie et le garder \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la veste pour le froid. Le col est pass\u00e9. Il devrait voir le refuge mais il ne voit rien d\u2019autre que la neige que le vent lui crache \u00e0 la figure. M\u00e9t\u00e9o parfaite. Exactement ce qui \u00e9tait pr\u00e9vu, exactement ce qu\u2019il voulait. La neige fra\u00eeche aura effac\u00e9 toutes les traces. Pour trouver le refuge il a le trait bleu sur le t\u00e9l\u00e9phone et son sens de la pente. Il s\u2019est un peu \u00e9cart\u00e9 tout \u00e0 l\u2019heure, il commence \u00e0 faire sombre. Maintenant, le trait bleu sur son t\u00e9l\u00e9phone lui dit qu\u2019il est sur la bonne route. \u00c7a descend. Ne pas se laisser emporter par le poids du sac, ne pas basculer. La descente r\u00e9veille son mal au genou. Il n\u2019aime pas descendre. Le refuge. Personne, parfait. Faire du feu, faire fondre de la neige pour le th\u00e9 et la soupe.&nbsp;&nbsp;Pain fromage. Chocolat. Et une goutte de whisky en regardant le feu par la porte ouverte du po\u00eale. V\u00e9rifier le mat\u00e9riel pour demain matin, v\u00e9rifier l\u2019heure du lever de soleil, prendre une petite marge, mettre le r\u00e9veil, installer le duvet. Dormir. Le r\u00e9veil sonne. Il s\u2019habille laisse tout comme \u00e7a. L\u2019image d\u2019abord il reviendra apr\u00e8s pour le reste.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il fait encore noir, il allume la lampe frontale juste pour la porte. Ensuite il faut qu\u2019il habitue ses yeux \u00e0 la clart\u00e9 en attendant la lumi\u00e8re. Il faut qu\u2019il retrouve l\u2019endroit qu\u2019il avait rep\u00e9r\u00e9. Quelques \u00e9toiles, le vent est tomb\u00e9, la neige ne tombe plus, parfait, comme pr\u00e9vu. Installer le tr\u00e9pied, le caler, raccourcir un des pieds qui doit \u00eatre sur une pierre. Installer l\u2019appareil, v\u00e9rifier le cadrage et les r\u00e9glages, et attendre que le soleil se l\u00e8ve, qu\u2019il r\u00e9veille les couleurs et qu\u2019il lui donne la photo qu\u2019il attend.&nbsp;&nbsp;Ne pas aller se balader trop loin pour ne pas rater le moment, ne pas faire de traces de pas. Surtout pas de traces de pas. \u00c7a commence. Il assure avec quelques images avant, quelques images apr\u00e8s. Il v\u00e9rifie sur l\u2019\u00e9cran \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de l\u2019appareil. C\u2019est fait. Il est content, les couleurs sont fantastiques, les courbes des montagnes ressortent vraiment bien. Une petite photo avec son t\u00e9l\u00e9phone de l\u2019\u00e9cran du bo\u00eetier avec la photo et la montagne derri\u00e8re pour les r\u00e9seaux sociaux, pour quand il aura de nouveau du r\u00e9seau. C\u2019est fait. Le reste est pour lui. Il s\u2019assied par terre, juste pour regarder. Il n\u2019a plus froid, il n\u2019a plus faim, il n\u2019a plus mal au genou. Il n\u2019a plus de corps, il a juste des yeux<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La photo est pr\u00eate dans sa t\u00eate depuis presque un an, depuis un passage dans le coin, une sortie hybride, mi-balade mi-rep\u00e9rage. Un photographe en balade reste un photographe. Regard d\u00e9form\u00e9 de celui qui regarde autrement. 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