{"id":92208,"date":"2022-09-09T14:26:27","date_gmt":"2022-09-09T12:26:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=92208"},"modified":"2022-09-11T16:15:03","modified_gmt":"2022-09-11T14:15:03","slug":"photofictions01-le-chapeau-de-giacometti","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/photofictions01-le-chapeau-de-giacometti\/","title":{"rendered":"#photofictions #01 | le chapeau de Giacometti"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"681\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/DSC_2578-681x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-92209\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/DSC_2578-681x1024.jpg 681w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/DSC_2578-279x420.jpg 279w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/DSC_2578-768x1155.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/DSC_2578-1021x1536.jpg 1021w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/DSC_2578-1362x2048.jpg 1362w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/DSC_2578-scaled.jpg 1702w\" sizes=\"auto, (max-width: 681px) 100vw, 681px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">@ Madravel<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s-midi de printemps finissant dans un soleil d\u00e9j\u00e0 glissant vers l&rsquo;horizon..J&rsquo;ai d\u00e9ambul\u00e9, la sangle de l&rsquo;appareil photo enroul\u00e9e autour de la main, dans les sinuosit\u00e9s des sentes et venelles de cette bourgade languissante du bord de mer. Pourquoi suis-je venu ici aujourd&rsquo;hui? Par d\u00e9sir soudain de quitter la ville pour me rendre  sur le littoral normand, que j&rsquo;affectionne particuli\u00e8rement \u00e0 la morte saison. Nikon pr\u00e9-r\u00e9gl\u00e9 dans une main, t\u00e9l\u00e9phone portable en mode vibreur dans une poche, je fur\u00e8te ici et l\u00e0, saisissant sur le vif les personnes entrevues et les ambiances ressenties dans les recoins de rues. Tout ce qui est banal, insignifiant est digne d&rsquo;\u00eatre photographi\u00e9 \u00e0 mes yeux. Il y a en moi un peu de Bernard Plossu, un photographe-\u00e9crivain de voyage, dont j&rsquo;appr\u00e9cie la pratique du d\u00e9cadrage et du flou. Urbain par passion et photographe de rue   par n\u00e9cessit\u00e9, la main s\u00fbre et l&rsquo;oeil exerc\u00e9, je n&rsquo;ai pas forc\u00e9ment besoin de regarder dans l&rsquo;oeilleton de mon appareil pour fixer une sc\u00e8ne&#8230;La photo de rue est l&rsquo;\u00e9cole de la discr\u00e9tion et du culot&#8230;Je n&rsquo;ai rien d&rsquo;un paparazzi&#8230;je n&rsquo;aime ni l&rsquo;indiscr\u00e9tion, ni les planques et les traques. Le t\u00e9l\u00e9objectif m&rsquo;encombre et je ne compte que sur le hasard et l&rsquo;insolite&#8230;jamais de calcul&#8230;je ne marche qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;instinct. Je ne cherche que l&rsquo;instant d\u00e9cisif qui d\u00e9clenche un d\u00e9sir de clich\u00e9 unique&#8230;pas de s\u00e9rie photo non plus pour rattraper une image rat\u00e9e. Je ne connais jamais d&rsquo;avance le r\u00e9sultat de la photo. Je ne peux que l&rsquo;imaginer, la subodorer mais cela reste toujours une surprise&#8230;bonne ou mauvaise, mon attente n&rsquo;est jamais d\u00e9\u00e7ue. Mon humeur d\u00e9termine le th\u00e8me du jour qui fasse \u00e9cho \u00e0 mon \u00e9tat d&rsquo;esprit. Je peux aussi bien photographier une foule anonyme qu&rsquo;un quartier de ville d\u00e9sert. Cette journ\u00e9e n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement inspirante. Perdu dans mes pens\u00e9es, j&rsquo;attendais machinalement de traverser le boulevard qui s&rsquo;animait en cette fin d&rsquo;apr\u00e8s-midi, \u00e0 une heure o\u00f9 les employ\u00e9s, les bureaux et les ateliers se s\u00e9parent pour la nuit. Regardant \u00e0 gauche puis \u00e0 droite, j&rsquo;appr\u00e9cie mon ombre encastr\u00e9e dans la chauss\u00e9e, qui s&rsquo;\u00e9tire dans la perspective du boulevard jusqu&rsquo;\u00e0 la calandre d&rsquo;une voiture qui ralentit pour me laisser passer. Le point de fuite de mon ombre dans cette rue en enfilade, la forme des lignes de marquage de la rue et la r\u00e9partition des masses et des couleurs rendent un clich\u00e9 potentiellement int\u00e9ressant. Je traverse, mon appareil photo pendant le long de mon corps \u00e0 hauteur de hanche, objectif grand ouvert sur la voiture. Le clac furtif du miroir que l&rsquo;on escamote, renvoie l&rsquo;image de la sc\u00e8ne vers le capteur, dans un ultime clin d&rsquo;oeil \u00e0 l&rsquo;automobiliste, dont on aper\u00e7oit \u00e0 peine le visage derri\u00e8re son pare-soleil rabattu. Qu&rsquo;esp\u00e9rais-je de cette photo? L&rsquo;aspect technique  du cadrage et de l&rsquo;exposition ne me pr\u00e9occupait pas outre mesure car les divers r\u00e9glages de mon appareil n&rsquo;ont plus de secrets pour moi. Ce que je souhaitais, c&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;obtenir une exag\u00e9ration des lignes et des volumes et que mon ombre port\u00e9e s&rsquo;encastre dans le pare-choc et d\u00e9forme l&rsquo;avant de la voiture. Eh bien non c&rsquo;\u00e9tait rat\u00e9&#8230;mon corps n&rsquo;\u00e9tait pas au milieu du capot et mon ombre touchait \u00e0 peine la roue de la voiture. Toutefois, l&rsquo;\u00e9cartement des jambes, le positionnement du corps m&rsquo;a rappel\u00e9 \u00e9trangement une sculpture de Giacometti. S&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu les v\u00eatements, j&rsquo;aurais pu \u00eatre la copie de cette oeuvre. L&rsquo;ombre de la voiture m&rsquo;affuble d&rsquo;un dr\u00f4le de couvre-chef, tout en volumes, r\u00e9partis vers l&rsquo;avant, subtilement pos\u00e9 sur quelques cheveux de ma t\u00eate, dans un \u00e9quilibre pr\u00e9caire, que ne semble pas perturber la d\u00e9marche rapide, que j&rsquo;ai engag\u00e9e pour traverser la rue. D&rsquo;autres regardeurs y verront autre chose. Moi, c&rsquo;est la vision qui m&rsquo;est venue imm\u00e9diatement \u00e0 l&rsquo;esprit, sans doute aliment\u00e9e par des r\u00e9miniscences concernant la solide amiti\u00e9 unissant le photographe de rue Cartier Bresson au sculpteur Giacometti. Ce jour l\u00e0, je devais \u00eatre d&rsquo;humeur surr\u00e9aliste et je ne le savais pas jusqu&rsquo;\u00e0 ce que je prenne cette photographie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>@ Madravel Apr\u00e8s-midi de printemps finissant dans un soleil d\u00e9j\u00e0 glissant vers l&rsquo;horizon..J&rsquo;ai d\u00e9ambul\u00e9, la sangle de l&rsquo;appareil photo enroul\u00e9e autour de la main, dans les sinuosit\u00e9s des sentes et venelles de cette bourgade languissante du bord de mer. Pourquoi suis-je venu ici aujourd&rsquo;hui? 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