{"id":92417,"date":"2022-09-12T00:06:43","date_gmt":"2022-09-11T22:06:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=92417"},"modified":"2022-09-12T00:06:44","modified_gmt":"2022-09-11T22:06:44","slug":"photofictions-02-lhomme-au-masque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/photofictions-02-lhomme-au-masque\/","title":{"rendered":"#photofictions #02 |\u00a0L&rsquo;Homme au masque"},"content":{"rendered":"\n<ol class=\"wp-block-list\" type=\"1\"><li>Suite de l\u2019Homme au masque avec l\u2019Homme au chapeau. Plus le m\u00eame chapeau, maintenant un chapeau melon. Essai en for\u00eat, flash en arri\u00e8re, un grand manteau, le chapeau melon. Rappel de cette vision fantasm\u00e9e d\u2019une femme au P\u00e9rou se d\u00e9coupant dans la nuit avec son chapeau melon et sa tenue traditionnelle, dommage je n\u2019ai pas la photo. A-t-elle seulement exist\u00e9\u00a0? Le flash sera positionn\u00e9 derri\u00e8re, vers le haut, seulement la silhouette et les arbres qui seront \u00e9clair\u00e9s. Sur quoi faire la mesure de lumi\u00e8re\u00a0? Comment r\u00e9gler le flash\u00a0? Appareil en autoportrait, t\u00e9l\u00e9commande sans fil.<\/li><li>Panoramique paysage carte postale le ciel, la plaine, les c\u00e9r\u00e9ales, le dispositif sur pied, le paysage \u00e0 180\u00b0. Mettre l\u2019appareil sur un plateau, le faire tourner sur son axe. Panorama dans Lightroom. Le ciel qui occupe tout l&rsquo;horizon. Beaucoup de vent, les nuages sont majestueux. Les trois fermes encore debout, les serres, les champs devant. Pour dire quoi\u00a0? Quel est le narratif\u00a0? La beaut\u00e9 d\u2019un paysage doit-elle suffire\u00a0?\u00a0\u00a0<\/li><li>Revenir sur le quartier, des all\u00e9es de haies vertes, \u00e9touffantes, seuls passages entre les maisons qui se ressemblent toutes, impossible de se retrouver. Au bout, parfois, un bout de maison, de toit, rendre l\u2019\u00e9troitesse du passage, rendre la banalit\u00e9 du b\u00e2ti. Appareil sur pied. A deux m\u00e8tres du sol. S\u00e9rie Chevry 2. Transposable quelque soit le lieu.\u00a0\u00a0La m\u00eame focale, le m\u00eame angle de vue, insister sur la g\u00e9om\u00e9trie, sur le rendu graphique (Shore, M\u00e9rian, Delcourt, Les nouvelles Topographiques, mais aussi les pyl\u00f4nes cf les Becher)\u00a0<\/li><li>Pour Chevry 2\u00a0? Les monticules d\u2019herbe, l\u00e0 pour prot\u00e9ger, mais plus tard qui sont des pi\u00e8ges pour \u00e9viter que les gitans viennent. La route coup\u00e9e, le monticule. Pourquoi pas quelqu\u2019un face \u00e0 la route coup\u00e9e\u00a0? Un v\u00e9lo au sol, l\u2019homme devant ou au sol qui g\u00eet au milieu de la route qui m\u00eane \u00e0 rien\u00a0?? Cf Crewdson, penser au narratif. Recruter quelqu\u2019un, un acteur\u00a0?? Lumi\u00e8re naturelle ou fill-in pour rendre la sc\u00e8ne la plus artificielle possible.\u00a0<\/li><li>Chevry 2. La vue de loin du lotissement, les grands arbres, les maisons qui s\u2019alignent le long d\u2019un champ de c\u00e9r\u00e9ales. Quitter la carte postale, revenir \u00e0 l\u2019opposition entre ces maisons toutes identiques et l\u2019espace. Le myst\u00e8re des vies rendues minuscules par l\u2019\u00e9loignement. Utiliser le TSE pour modifier la profondeur de champ, jouer avec la nettet\u00e9.\u00a0<\/li><li>Le bois, le r\u00e9servoir d\u2019eau, les tags sur les murs, au milieu de la for\u00eat, le grillage rouill\u00e9, toujours l\u00e0\u00a0? Toujours ces ambiances \u00e0 la Stephen King. Prendre un type \u00e0 capuche devant, un outil, un objet \u00e0 trouver, en faire une s\u00e9rie avec le talus.<\/li><li>La for\u00eat, les tas de bois, l\u2019amoncellement de d\u00e9bris, la for\u00eat en coupe claire, tellement claire qu\u2019il n\u2019y plus que des troncs \u00e9troits. Instagram, l\u2019\u00e9cologie, le mal que fait l\u2019humain sur les for\u00eats qu\u2019il a lui-m\u00eame install\u00e9.<\/li><li>Les gens dans leur maison, avec leurs chiens, les prendre avec bienveillance, de l\u2019anonymat du lotissement, une vie paisible r\u00e9confortante, \u00eatre le photographe de cette vie, photographe social (Thomas Struth?). On paye pour cette vie paisible, pour le march\u00e9 o\u00f9 les gens discutent, pour le coll\u00e8ge sans histoire, pour la vie organis\u00e9e pour en diminuer les tourments. Photos d\u2019identit\u00e9 et de famille. Des gens avec des b\u00e9b\u00e9s surtout, de l\u2019amour.<\/li><li>Plus proche, chez soi, une vie de famille en solo avec trois enfants. Des vies d\u2019enfants et d\u2019ados. Le t\u00e9l\u00e9phone dans la main. L\u2019ordinateur, une vie connect\u00e9e. L\u2019\u00e9clairage par le t\u00e9l\u00e9phone. Utiliser uniquement le Fuji. La photo de l\u2019intime, du spontan\u00e9e. Pauline et Pierre\u00a0? Plossu, mais plus simple, sans l\u2019esth\u00e9tique du noir et blanc. Voir la colorim\u00e9trie? Essayer les outils de Color Grading.\u00a0<\/li><li>Autoportrait, appareil au bout d\u2019une girafe \u00e0 90\u00b0, prendre en plong\u00e9e sur le lit. Nu. Sans rien, juste un mec de 49 ans allong\u00e9 sur un lit. \u00c9clairage indirect de c\u00f4t\u00e9, faire des essais. L\u2019inverse de l\u2019Homme au masque. Moi, sans le chapeau qui cache le visage, sans le masque \u00e0 la main. Sans aucun artifice autre que celui de la prise de vue.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><em>Tu t\u2019en souviens de ce studio de l\u2019Ecole d\u2019Arts&nbsp;? Au deuxi\u00e8me \u00e9tage. Les \u00e9l\u00e8ves autour de G. Le plateau avec les projecteurs, les bo\u00eetes \u00e0 lumi\u00e8re, le support des fonds, les grandes fen\u00eatres obstru\u00e9es avec des rideaux noirs.<\/em> <em>Les \u00e9l\u00e8ves se r\u00e9partissaient selon leurs besoins, certains le labo immense, d\u2019autres une discussion sur une s\u00e9rie en cours et toi, ce soir-l\u00e0, le studio.<\/em> <em>Un tabouret, un fond gris, le projecteur allum\u00e9, un vieux manteau, un chapeau, un masque blanc \u00e0 la main. Le visage est cach\u00e9, seul le masque est visible\u2026<\/em> <em>Tu voulais un \u00e9clairage qui reproduise celui qui viendrait d\u2019une fen\u00eatre. Tu avais en t\u00eate ton tableau, un personnage \u00e9nigmatique au centre d\u2019une pi\u00e8ce en maquette, le tout mont\u00e9 sur Photoshop. C\u2019\u00e9tait ton \u0153uvre. De la s\u00e9rie, il n\u2019y a eu que deux photos. La troisi\u00e8me n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 plus loin qu\u2019un shooting dans un studio parisien avec un mannequin. Pourtant tu avais ton SIRET, tu pouvais dire, \u00ab&nbsp;je suis photographe&nbsp;\u00bb, tu pouvais l\u2019\u00e9crire sur les fiches d\u2019inscription des enfants, sur tes documents officiels. Tu t\u2019es sabord\u00e9. L\u2019Homme au masque a eu raison de toi.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>C\u2019\u00e9tait vendredi dernier, ta fille est assise \u00e0 ton bureau, devant ton ordinateur. Tu as tes enfants pour la semaine. Ton appareil photo est sur la table. M a une attitude int\u00e9ressante, la position de la main vers sa joue, l\u2019angle qui se forme avec son visage&#8230; Tu montes debout sur l\u2019accoudoir du canap\u00e9, tu la prends en plong\u00e9, \u00e0 l\u2019ouverture maximum, en faisant le point sur l\u2019\u0153il. La photo sera parfaite pour Insta. Tu reposes l\u2019appareil. Tu feras \u00e7a apr\u00e8s, quand elle sera couch\u00e9e. Tu recadres l\u2019image, tu modifies les couleurs et tu la postes sur Insta, un titre, quelques hashtags. Il n\u2019y avait pas Insta pour l\u2019Homme au masque. Tu avais un blog, flaquedeau\u2026 Tu animais encore l\u2019atelier d\u2019ABM. Quelques like du Japon, de France, d\u2019Angleterre\u2026 Des gens que tu ne connais pas mais qui like ta vie, ta fille que tu exposes sur les r\u00e9seaux.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Tu es au volant de ta voiture. Une route de campagne d\u2019Ile de France. Elle t\u2019a envoy\u00e9 un message pour une photo d\u2019identit\u00e9. Tu laisses les enfants une heure un samedi apr\u00e8s-midi. Ce n\u2019est pas long. Une photo d\u2019identit\u00e9, l\u2019autre jour, tu as fait \u00e7a en cinq minutes. Les enfants assis \u00e0 m\u00eame le sol, devant un mur, en deux prises c\u2019\u00e9tait fait. Tu fais beaucoup d\u2019identit\u00e9. Tu n\u2019as pas envie d\u2019\u00eatre reconnu comme le mec qui fait de l\u2019identit\u00e9, tu pr\u00e9f\u00e8rerais un joli petit couple ou des enfants qui courent dans tous les sens. C\u2019est comme \u00e7a, tu es photographe social, \u00e7a fait partie du job. Tu le reprends douze apr\u00e8s. Tu as accroch\u00e9 l\u2019Homme au masque dans ta chambre, une premi\u00e8re\u2026 Tu l\u2019as m\u00eame expos\u00e9. Douze ans apr\u00e8s tu l\u2019assumes enfin cette photo. Tu arrives devant le pavillon tout propre, un quartier pavillonnaire tout neuf, les arbres sont encore fr\u00eales, les pelouses fragiles n\u2019ont pas surv\u00e9cu \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9. Apr\u00e8s ta s\u00e9rie sur Chevry, tu as l\u2019\u0153il pour ces endroits. \u00c7a ne se passe pas bien. Tu fais n\u2019importe quoi, tu vas trop vite, te sens que la s\u00e9ance t\u2019\u00e9chappe. Aucune photo ne convient. Tu perds ton temps pour rien. Ils ne voudront pas faire une autre s\u00e9ance de toute fa\u00e7on. Au bout de quarante minutes tu laisses tomber. Mais tu reviendras. Il faudra la faire cette photo.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Suite de l\u2019Homme au masque avec l\u2019Homme au chapeau. Plus le m\u00eame chapeau, maintenant un chapeau melon. Essai en for\u00eat, flash en arri\u00e8re, un grand manteau, le chapeau melon. Rappel de cette vision fantasm\u00e9e d\u2019une femme au P\u00e9rou se d\u00e9coupant dans la nuit avec son chapeau melon et sa tenue traditionnelle, dommage je n\u2019ai pas la photo. 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