{"id":9264,"date":"2019-10-03T17:49:55","date_gmt":"2019-10-03T15:49:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=9264"},"modified":"2019-10-20T19:37:00","modified_gmt":"2019-10-20T17:37:00","slug":"notes-du-temps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/notes-du-temps\/","title":{"rendered":"09. Regard"},"content":{"rendered":"\n<p>Notes du temps parsemant le fil des jours d&rsquo;\u00e9clats iris\u00e9s stylis\u00e9s comme volutes sur un ciel Noir Noir qui n&rsquo;en serait pas quand les lumi\u00e8res s&rsquo;\u00e9teignent et que la vie t&rsquo;abandonne Il ne lui reste que son souffle lente respiration rythm\u00e9e par la fi\u00e8vre Noir des nuits sur la page Noir des mots qu&rsquo;il lit pour s&rsquo;accrocher s&rsquo;accrocher encore pour retrouver les mots du dire Noir intense de l&rsquo;instant et rester muet car la douleur n&rsquo;a pas de dire Se recroqueviller et devenir minuscule l\u00e9ger Apesanteur S&rsquo;efforcerait-il Le voudrait-il la pens\u00e9e butte retorse \u00e0 la m\u00e9moire Il veut ses mots pour oublier ses morts Elle patiente\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Bleu Le bleu intense qui annonce le couchant Bleu d&rsquo;outre mer min\u00e9ral \u00e9th\u00e9rique Bleu qu&rsquo;il regarde sans jamais baisser les yeux contemplant la ligne des confins o\u00f9 fourmillent mille histoires perdues voie lact\u00e9e imaginaire dont les \u00e9clats d&rsquo;or deviennent maisons ondoyant au milieu des vagues \u00e0 la proue de la c\u00f4te Il sent la froideur de l&rsquo;air port\u00e9 par le courant vif Sur sa pointe la ville s&rsquo;\u00e9rige face au vent d&rsquo;Est au Sirocco au Mistral gifl\u00e9e par les pluies d&rsquo;automne \u00e9cras\u00e9e et minuscule sous les nuages d&rsquo;\u00e9quinoxe trop lourds gris sale ourl\u00e9s de pourpre Bleu englouti avec les derni\u00e8res minutes du jour Bleu silencieux des nuits r\u00e9veils accompagn\u00e9s de l&rsquo;ombre de la lune et apprivoiser le lent passage des heures muet priv\u00e9 de mots Lumineux terrain de jeux Bleu d&rsquo;enfance encore sans paroles Qu&rsquo;\u00e9tait-il alors sans \u00e2ge sans m\u00e9moire avec pour seul horizon le Bleu Tuiles du march\u00e9 central Il ne voyait que le rebord des \u00e9tals gris bord\u00e9s de couleurs aux formes encore inconnues existant sous leur nom nomm\u00e9 par des voix qui ne s&rsquo;adressaient pas \u00e0 lui Bleu pour apprendre le monde et les noms de ses rues Elle l&rsquo;attend pourtant\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Terre de sienne Terre enchanteresse vers o\u00f9 voguent les hommes suivant leurs vies cont\u00e9es depuis si si longtemps Terre de mots dits par le ma\u00eetre et oser cette couleur sur un dessin la voir sur le mastic de la fen\u00eatre sur le mur du march\u00e9 central avec son nouveau parking sur le toit Ne pas l&rsquo;aimer sans trop savoir pourquoi la pluie ou parce qu&rsquo;il ne parcourait plus la rue \u00e9troite aux mille boutiques et \u00e9choppes Il y avait alors ce go\u00fbt essentiel \u00e9conome d&rsquo;une abondance encore discr\u00e8te encore aust\u00e8re Le luxe c&rsquo;\u00e9tait les autres Terre ici Pommes de terre pes\u00e9es sur une balance romaine qui toujours l&rsquo;enchanterait ainsi que les gestes fluides de grosses mains agricoles\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Tomette ni rouge ni ocre ni carmin vein\u00e9 de bleu dont il suivait le dessin hexagonal Il d\u00e9couvrira plus tard cette couleur sur les murs du march\u00e9 central refait \u00e0 neuf et dont les all\u00e9es ne sont plus de ciment mais d&rsquo;un carrelage aseptis\u00e9 sous des n\u00e9ons trop clairs Tomette couleur ligure comme tous ces g\u00e9raniums qui donnent un folklore g\u00e9n\u00e9reux \u00e0 la rue marchande dont les touristes le mettent \u00e0 l&rsquo;\u00e9troit et l&rsquo;incongruit\u00e9 chromatique chagrine son c\u0153ur adulte Le luxe est toujours ailleurs vers les collines Il regarde l\u00e0 o\u00f9 il habitait et au nom du Boulevard son c\u0153ur bat la chamade Il guette du regard la large baie chaque fois chaque fois que l&rsquo;avion descend vers l&rsquo;a\u00e9roport et voit la ville paillet\u00e9e d&rsquo;or sous le soleil Tomette Couleur \u00e9trang\u00e8re toutefois si intime Il ne comprend pas cette r\u00e9ticence \u00e0 la dire sienne Intime des autres l&rsquo;individu non lui comme un distance n\u00e9cessaire entre lui et l&rsquo;inconnu pour l&rsquo;explorer encore et laisser la place au regret Il n&rsquo;y a pas de m\u00e9moire sans abandon Il suit encore du regard la cr\u00eate des montagnes l&rsquo;\u00e9chancrure de la c\u00f4te l&rsquo;avanc\u00e9e de la ville dans la mer tandis que l&rsquo;avion va atterrir Il aime \u00e0 se dire de cette terre-mer de ce ciel-mer souffle d&rsquo;air qui accompagne le temps Elle l&rsquo;aime\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ecorce bruns gris\u00e9s vein\u00e9s de vert Il regarde la ville \u00e0 l&rsquo;abri des pins sous le vent pour offrir un havre aux bateaux Il regarde voiliers et yachts qui habillent le quai s&rsquo;attarde sur une man\u0153uvre et d\u00e9tourne la t\u00eate au gr\u00e9sillement d&rsquo;un hors-bord venant de la droite Ecorces sur le sol au pied des lauriers et des agaves Froissement doux Craqu\u00e8lement imperceptible \u00e0 chaque pas C&rsquo;\u00e9tait comme revenir d&rsquo;une terre lointaine en remontant l&rsquo;all\u00e9e vers la castre C&rsquo;\u00e9tait dire ses \u00e9cailles son appartenance presque une surprise \u00e0 la d\u00e9couvrir sous sa peau et dos \u00e0 la mer il contempla la ligne des collines et au loin le flou des sommets La m\u00e9moire de pierre de la ville \u00e9tait comme lui plant\u00e9e sur un roc la t\u00eate dans les \u00e9toiles Ecorce sous laquelle les fa\u00e7ades contemporaines lissent un monde urbain dont il se satisfait o\u00f9 l&rsquo;immeuble d&rsquo;acier et de verre surplombe l&rsquo;escalier monumental du XIXe si\u00e8cle Ecorce de pin aux mille strates La rue marchande trace sa veinule parall\u00e8le \u00e0 la baie Le toit du march\u00e9 central se devine par l&rsquo;espace que d\u00e9limitent quelques murs clairs aux yeux vides Elle s&rsquo;approche Tout semble comme toujours\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Blanc Il n&rsquo;y a qu&rsquo;un regard pos\u00e9 devant soi imparfait malingre tremblotant reflet sur une vitre sale sur laquelle on recherche le meilleur trait l&rsquo;angle flatteur Tout ce vrai n&rsquo;est qu&rsquo;un r\u00e9cit trois couleurs quelques sons milliers de gestes lieux changeants long de la spirale du temps o\u00f9 le temps revient cyclique mais jamais au m\u00eame point\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Blanc M\u00eame de son regard elle ne peut dire qu&rsquo;il soit celui-l\u00e0 celui qu&rsquo;elle voit.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"220\" height=\"204\" src=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/intimit\u00e9.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-9531\" \/><figcaption>image web<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes du temps parsemant le fil des jours d&rsquo;\u00e9clats iris\u00e9s stylis\u00e9s comme volutes sur un ciel Noir Noir qui n&rsquo;en serait pas quand les lumi\u00e8res s&rsquo;\u00e9teignent et que la vie 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