{"id":92880,"date":"2022-09-16T18:13:07","date_gmt":"2022-09-16T16:13:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=92880"},"modified":"2022-09-18T11:11:55","modified_gmt":"2022-09-18T09:11:55","slug":"photofictions-2-au-pres-serre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/photofictions-2-au-pres-serre\/","title":{"rendered":"#photofictions #02 | Au pr\u00e8s serr\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"822\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/les-allures_v8.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-93033\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/les-allures_v8.png 1000w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/les-allures_v8-420x345.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/les-allures_v8-768x631.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ann\u00e9es sur l\u2019eau. Sur l\u2019eau parce qu\u2019il y a la mer, l\u2019oc\u00e9an, les rivi\u00e8res et les lacs et que l\u2019on s\u2019y baigne, qu\u2019on y navigue aussi sur l\u2019eau. Photos sans entraves, cette fois, sans entraves sauf celle de la couleur, semble n&rsquo;avoir aucun int\u00e9r\u00eat&#8230; alors, noir-et-blanc pour les bou\u00e9es, les matelas, les bateaux pneumatiques, \u00e0 lire en<em> bleu et blanc<\/em> le noir-et-blanc sur le papier brillant, rustines ici et l\u00e0, noires, vraiment noires sur le bleu du fond parce que, dans le sable, quand on pousse ou qu\u2019on tire pour une sortie \u00e0 plein pied ou bien la mise \u00e0 l\u2019eau, \u00e7a perce les pneumatiques les \u00e9clats de coquillage dans le sable&nbsp;; visages noir-et-blanc, lire <em>rouges <\/em>\u00e0 force de souffler avec la bouche pour gonfler&nbsp;; avec le pied il faut attendre encore. Sur l\u2019eau \u2013 le temps, pour la photo, du sourire, du rire ou de la grimace \u2013 pagaies \u00e0 l\u2019\u0153uvre ou bien sagement pos\u00e9es en travers, et le vent de terre se l\u00e8ve, premi\u00e8re d\u00e9rive, panique, pas le moment de prendre la photo, qui ne dit pas la peur de celle qui a peur de l\u2019eau, qui jamais n\u2019apprendra \u00e0 nager, elle ma\u00eetrise cependant sa peur tant que la mar\u00e9e monte. Ann\u00e9es <em>kayak<\/em>, ossature \u00e0 monter-d\u00e9monter, patience d\u2019ange, effervescence au premier jour de juillet, manque d\u2019entrain \u00e0 la fin&nbsp;; le squelette est de fr\u00eane, contre-plaqu\u00e9 bak\u00e9lis\u00e9, on le glisse sous sa toile marine. Ann\u00e9es sans voiles et puis avec&nbsp;; ann\u00e9es d\u00e9riveurs et d\u00e9rives lentement montantes, douces eaux douces et sal\u00e9es, sillages St-Quentin, Morbihan, Finist\u00e8re et landes atlantiques\u2026 humbles sillages dans celui des grands, Alain Colas, Florence Artaud, \u00c9ric Tabarly, Route du Rhum, sa premi\u00e8re \u00e9dition, Novembre 78 \u2013 photos couleurs entre Saint-Malo et Cancale \u2013 mais bient\u00f4t <em>il n\u2019y a plus de ciel, il n\u2019y a plus de ciel<\/em> du c\u00f4t\u00e9 des A\u00e7ores, bient\u00f4t, plus de Manureva non plus, juste la chanson, <em>jamais, jamais, tu n\u2019arrivas,<\/em> et les mains se rejoignent comme dans la chanson aussi, l\u2019autre, noir-et-blanc, croches, silences et doubles croches,<em> chacun va son chemin jusqu\u2019\u00e0 l\u2019endroit du destin<\/em>, <em>Flo, le nom que tu voulais,<\/em> Flo bien plus grand qu\u2019un Madame, Flo, ton vent de libert\u00e9 et Sainte-Marguerite tout au bout du voyage<em>, chacun est fait comme il est<\/em>\u2026 et toi, Pen Duick, petite m\u00e9sange noire planant l\u00e9ger, d\u00e9posant dans un creux de la mer d\u2019Irlande celui qui, par cinq fois, te fa\u00e7onna et te refa\u00e7onna\u2026 Dans le buffet en teck, les ann\u00e9es pneumatiques, d\u00e9riveurs et kayak se sont encalmin\u00e9es tout au fond du tiroir, le troisi\u00e8me. Vies en creux de leur passion, passions au c\u0153ur de la vie, la leur, \u00e9clats d\u2019heurs et de malheurs, de mitrailles, d\u2019obturations\u2026 flous, images manquantes, coupures de journaux, des traces comme d\u2019autres, rester dans le sillage, photos noir-et-blanc-couleur, salvatrices rustines des m\u00e9moires perfor\u00e9es par le temps\u2026 il reste ce que l\u2019eau et le vent apprennent, ce qu\u2019ils inscrivent dans le corps, l\u2019angle du vent, la houle, la qu\u00eate du naviguer au pr\u00e8s \u2013 au pr\u00e8s serr\u00e9 du vent, du vent quand on le tient \u2013 la prendre au plus pr\u00e8s la photo, pas au plus pr\u00e8s du plus pr\u00e8s zoom\u00e9, au plus pr\u00e8s de l\u2019instant, au plus pr\u00e8s de soi, au plus pr\u00e8s de lui, de ce qui est mont\u00e9&nbsp;; barrer la vie, la danser, la marcher, la voler, l\u2019\u00e9crire ou la photographier, la jouer sur un coup de d\u00e9, chacun son vent, <em>on prend feu comme on peut<\/em>\u2026 alors, trouver le sien, le garder, prendre de la g\u00eete mais sans trop, la pr\u00e9venir car la g\u00eete, d\u00e9j\u00e0, est d\u00e9rive, d\u00e9rive vers un pot au noir ou l\u2019\u0153il d\u2019un cyclone, pr\u00e9venir le fas\u00e9iement, trouver son vent et le garder, y naviguer au plus pr\u00e8s, plus pr\u00e8s serr\u00e9 de soi, et puis changer de vent, changer de vent encore et tout recommencer pour cette sensation de le trouver, de naviguer au pr\u00e8s serr\u00e9 de lui.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ann\u00e9es sur l\u2019eau. Sur l\u2019eau parce qu\u2019il y a la mer, l\u2019oc\u00e9an, les rivi\u00e8res et les lacs et que l\u2019on s\u2019y baigne, qu\u2019on y navigue aussi sur l\u2019eau. 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