{"id":94696,"date":"2022-10-08T09:21:04","date_gmt":"2022-10-08T07:21:04","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=94696"},"modified":"2022-10-08T10:01:31","modified_gmt":"2022-10-08T08:01:31","slug":"photofictions-05-apres-coup","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/photofictions-05-apres-coup\/","title":{"rendered":"#photofictions #05 | apr\u00e8s coup"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"669\" height=\"918\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/IMG_2060-1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-94702\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/IMG_2060-1.jpeg 669w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/IMG_2060-1-306x420.jpeg 306w\" sizes=\"auto, (max-width: 669px) 100vw, 669px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\">Le film s\u2019est \u00e9crit \u00e0 partir de photographies prises sans l\u2019id\u00e9e m\u00eame d\u2019un film le 30 septembre 2022 entre 17H50 et 18H15 sur l\u2019esplanade du Trocad\u00e9ro. Une femme a photographi\u00e9 les gens qui se trouvaient l\u00e0, tous lui \u00e9taient inconnus. C\u2019est un film comme un rendez-vous manqu\u00e9 avec ceux qui passaient, simples traces de ce jour-l\u00e0 sur ses photographies, des images que le film  ne montre pas et sur lesquelles s\u2019appuie la m\u00e9moire (l&rsquo;id\u00e9e de diaporama a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e en cours de montage). Dans le film on ne voit que le lieu d\u00e9sert, l&rsquo;esplanade et la tour puddl\u00e9e de 1889, le ciel z\u00e9br\u00e9 de roses. C&rsquo;est film\u00e9 un vendredi de mai \u00e0 l\u2019aube, avec une Steadicam et un t\u00e9l\u00e9phone portable: dix-sept-minutes de l\u2019esplanade d\u00e9serte. En voix off  c&rsquo;est elle, la femme qui avait photographi\u00e9, elle parle du dedans de ses images absentes: elle se souvient de ce vendredi de septembre,et remonte  en amont des photographies: j&rsquo;ai roul\u00e9 en patin sur l\u2019esplanade en 1965, dit la voix, j&rsquo;ai d\u00e9ambul\u00e9 et chahut\u00e9 et ri devant les vitrines du mus\u00e9e de l\u2019homme en 1969,  j&rsquo;ai vendu des abonnements de th\u00e9\u00e2tre en haut des marches du palais, celui de gauche en regardant la Seine c&rsquo;\u00e9tait en 1980, je me souviens avoir dessin\u00e9s des figures de proue dans le mus\u00e9e de la marine, d&rsquo;avoir attendu assise sur les marches au soleil en regardant les bassins, elle se souvient aussi de photographies d\u2019enfants sur leurs lits de mort ( une exposition dont elle a tout oubli\u00e9 sauf leurs visages masques, leurs mains jointes, la blancheur de leurs chemises brod\u00e9es et celle des fleurs tress\u00e9es)&#8230; elle dit avoir achet\u00e9 un chapeau pour quelqu\u2019un dans une des \u00e9choppes gar\u00e9e sur le trottoir&#8230; on entend d&rsquo;autres voix : une responsable des b\u00e2timents fran\u00e7ais, un chef de chantier \u2014 ces travaux des terrasses qui descendent vers la Seine, une palissade  barre la vue \u00e0 hauteur du premier \u00e9tage de  la tour\u2026\u2014, celle  d&rsquo;un marchand de gaufres qui gare son camion sur l&rsquo;esplanade huit mois par ans&#8230; On entend des pas, juste une ombre elle passe\u2026 on entend ce  bruit d&rsquo;ailes, les mouettes, leur cris&#8230; le ciel blanchit, une voiture balai entre dans l&rsquo;image. <br><br>Ce vendredi, le dernier de septembre, ils ont fait le voyage pour voir la tour puddl\u00e9e de 1889: 300 m\u00e8tres.&nbsp;\u2014 D\u2019autres sont venus d\u00e9filer dans leurs costumes d\u2019apparat: robes longues toutes les m\u00eames \u00e0 quelques d\u00e9tails pr\u00e8s, comme un ch\u0153ur d\u2019op\u00e9ra, toutes de verts imprim\u00e9s d\u2019or, avec leurs colliers et pendants d\u2019oreilles en spirales dent\u00e9es et d\u2019incroyables coiffes, ces arrangement de tubes de paille, de rubans de bambou, de plumes et de fleurs de papier, chapeau qui donnent aux t\u00eate un air de champ de course ou de Buckingham Palace; mais les visages \u00e0 la Gauguin, les d\u00e9collet\u00e9s et les avant-bras parcourus de tatouages bleu sombre, emportent vers des mers indigo. Celui-l\u00e0 qui porte un costume trois pi\u00e8ce et des lunettes noires\u2014 on cherche l\u2019oreillette  d&rsquo;agent de s\u00e9curit\u00e9 rapproch\u00e9e. Et ce couple de mari\u00e9s posant pour la photo, ils regardent la tour, on les voit de dos ( cette noce comme t\u00e9l\u00e9port\u00e9e d\u2019un belv\u00e9d\u00e8re d\u2019Istanbul ) avec l\u2019enfant d\u2019honneur au bol\u00e9ro de plumes, la robe acrylique et le voile lest\u00e9e de strass sous le bouquet de c\u0153urs rouges. Il y a le photographe photographiant, chauve en gilet matelass\u00e9, et le marchand de souvenir sans papiers de ce jour-l\u00e0, tr\u00e8s grand, pench\u00e9 sur les tours miniatures et les portes-cl\u00e9s clignotant. Celle camp\u00e9e dans une jupe paille qui photographie jambes \u00e9cart\u00e9es,  on ne saura pas si c\u2019est la tour ou le couple de mari\u00e9s qu\u2019elle saisit avec son t\u00e9l\u00e9phone, quelqu\u2019un accroche un cadenas \u00e0 la grande palissade qui prot\u00e8ge les travaux (les terrasses et les escaliers les bassins en espalier vers la Seine ) on a m\u00e9nag\u00e9 une fen\u00eatre grillag\u00e9e pour voir au-del\u00e0,  ils accrochent  et regardent \u2026 l\u2019enfant ferme les yeux, l\u2019homme au masque chirurgical marche vers la bouche de m\u00e9tro, la main gant\u00e9e hisse l\u2019I.phone au dessus des t\u00eates&#8230; vers le nuage parme ou vers  ce ballon qui se d\u00e9tache du bouquet de la noce\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le film s\u2019est \u00e9crit \u00e0 partir de photographies prises sans l\u2019id\u00e9e m\u00eame d\u2019un film le 30 septembre 2022 entre 17H50 et 18H15 sur l\u2019esplanade du Trocad\u00e9ro. Une femme a photographi\u00e9 les gens qui se trouvaient l\u00e0, tous lui \u00e9taient inconnus. C\u2019est un film comme un rendez-vous manqu\u00e9 avec ceux qui passaient, simples traces de ce jour-l\u00e0 sur ses photographies, des <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/photofictions-05-apres-coup\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#photofictions #05 | apr\u00e8s coup<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":12,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3865,3815],"tags":[3867,3871,301],"class_list":["post-94696","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-05_savelli","category-photofictions","tag-esplanade","tag-photograpies","tag-tour"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/94696","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/12"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=94696"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/94696\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=94696"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=94696"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=94696"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}