{"id":95752,"date":"2022-10-24T22:02:28","date_gmt":"2022-10-24T20:02:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=95752"},"modified":"2026-05-01T23:15:57","modified_gmt":"2026-05-01T21:15:57","slug":"photofictions-08-etre-heureux-est-un-art-de-vivre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/photofictions-08-etre-heureux-est-un-art-de-vivre\/","title":{"rendered":"#photofictions #08 |\u00a0\u00catre heureux est un art de vivre"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab\u00a0Ce qui fait mon continuel \u00e9tonnement, c\u2019est l\u2019aspect anim\u00e9 des squares et des jardins publics. Aux Tuileries, des femmes brodent \u00e0 l\u2019ombre des marronniers, des enfants jouent, tandis que, l\u00e0-haut, du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Arc de Triomphe, les obus \u00e9clatent.\u00a0\u00bb<\/em> Emile Zola, Nouveaux contes \u00e0 Ninon<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a la manifestation. C\u2019est dans les rues, c\u2019est juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9, juste au coin, les drapeaux bleu blanc rouge, l<em>e gouvernement par sa politique migratoire trop laxiste a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 ce meurtre \u00e9pouvantable, l\u2019Europe n\u2019est plus qu\u2019une passoire, elle ne prot\u00e8ge plus les citoyens fran\u00e7ais, <\/em>la voix jeune et forte. \u00c7a fait dans la rue comme des courants, c\u2019est des voix qui se m\u00ealent, il y a les voix en anglais des touristes \u00e9gar\u00e9s, ils cherchent leur chemin,<em> l\u2019Europe et une passoire, r\u00e9tablir la s\u00e9curit\u00e9 des citoyens de France et quitter l\u2019Europe et reconqu\u00e9rir notre souverainet\u00e9<\/em>. Il y a des courants chauds, il y a des courants froids, il y a dans l\u2019air, les sons, les mots, les trajectoires des passants qui se croisent, c\u2019est comme \u00e7a, c\u2019est des foules et des diatribes, c\u2019est comme des bancs de poissons, \u00e7a fait des couleurs et des \u00e9clats de lumi\u00e8re tout pareil, quand \u00e7a passe pas au bon endroit, \u00e7a fait mal aux yeux pareil, l\u2019\u00e9clat tranchant trop vif d\u2019un soleil un peu fort sur l\u2019\u00e9caille argent\u00e9e. Les touristes sont \u00e9gar\u00e9s. D\u2019autres l\u00e0 sont attabl\u00e9s au caf\u00e9. Le caf\u00e9 est traversant. Il y a les clients attabl\u00e9s et puis derri\u00e8re on voit la placette, c\u2019est cela, par la vitre arri\u00e8re du caf\u00e9, et le regard balaie le caf\u00e9, toute l\u2019\u00e9tendue du caf\u00e9 et voit \u00e0 travers, les drapeaux bleu blanc rouge sur la placette. C<em>&lsquo;\u00e9tait un temps d\u00e9raisonnable On avait mis les morts \u00e0 table<\/em>. C\u2019est comme \u00e7a souvent, c\u2019est un mot dans un journal, c\u2019est un passage \u00e0 la radio. Et puis alors c&rsquo;est d&rsquo;autres voix qui viennent. Ils parlent de Lola, tu n\u2019as pas suivi. Je n\u2019ai pas suivi. Mais \u00e7a parle de Lola, alors. <em>Fleurissaient les seins de Lola Elle avait un c\u0153ur d&rsquo;hirondelle Sur le canap\u00e9 du bordel.<\/em> <em>Jamais ce drame \u00e9pouvantable ne serait advenu. Il est temps de r\u00e9tablir la s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 nos fronti\u00e8res. <\/em>La voix jeune et forte. La calligraphie des villes, c\u2019est quoi, c\u2019est qu\u2019il y a du texte partout. Des bancs de poissons, des milliers de petits poissons, des mots, des voix, \u00e9crites, murmur\u00e9es, externes, internes. C\u2019est comme dans <em>Manhattan Transfer<\/em>, c\u2019est comme dans <em>Berlin Alexanderplatz<\/em>, des affiches, des slogans, c\u2019est \u00e9bouriffant ce contenu de la ville, c\u2019est comme les lumi\u00e8res, \u00e7a gicle de partout, de petits bancs de poissons qui s\u2019agitent. Et la ville est pareille un objet enduit de mots. Parfois d\u00e9goulinent, parfois font des flaques, brillent au soleil, flaques ti\u00e8des, parfois fluides, parfois sirupeux, parfois collants, des tra\u00een\u00e9es de mots. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alors, peut-\u00eatre oui, il y a comme \u00e7a, des jours, des grands jours dans l\u2019histoire\u2026 Bien s\u00fbr\u2026 Les dates. Le jour de l&rsquo;\u00e9meute, il y a la publicit\u00e9, paisible, rassurante. <em>Je venais m&rsquo;allonger pr\u00e8s d&rsquo;elle Dans les hoquets du pianola. <\/em>L\u00e0, pr\u00e8s de la rue Marcadet et du square Serpollet. <em>Atelier m\u00e9tal d&rsquo;Alc\u00f4ve.<\/em> Un slogan, une annonce, une affiche un jour d\u2019\u00e9meute. Sur le boulevard il y a les gens en noir, manifestants et CRS indistincts, casqu\u00e9s. Plus haut l&rsquo;homme avec un gilet jaune aide le cafetier \u00e0 rentrer ses tables. De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du boulevard, la rue pi\u00e9tonne, <em>Henry et Henriette, mercerie cr\u00e9ative ateliers bar \u00e0 coudre.<\/em> L\u00e0-bas dans le cimeti\u00e8re, au hasard d&rsquo;une all\u00e9e, l&rsquo;interpellation \u00e0 vide. <em>Famille Alarue<\/em>. La ville d\u00e9gorge d&rsquo;un coup, \u00e9ponge trop pleine. Un g\u00e9n\u00e9rique \u00e9gr\u00e8ne rue par rue la totalit\u00e9 des mots, des chiffres, des phrases, les noms des boutiques et les noms des rues, les unes des journaux affich\u00e9s au mur, et puis les bribes des conversations. <em>Les murs de la ville ont repris la parole ces derni\u00e8res ann\u00e9es. D&rsquo;innombrables inscriptions ont recouvert en marge des manifestations et des rassemblements, fa\u00e7ades, panneaux publicitaires et de chantiers&#8230; <\/em>Et puis aussi, les installations sonores, comme les murmures amoureux du parc Montsouris, des objets urbains murmurent, des bancs, des r\u00e9verb\u00e8res, des abribus r\u00e9p\u00e8tent les conversations entendues quelques heures auparavant, pas des murmures amoureux non, des conversation au march\u00e9, chez le coiffeur&#8230; Une ville qui radote, avec ses bancs murmurants et ses petits bancs de poissons comme \u00e7a qui tournent en rond et brillent au soleil, comme \u00e7a, tout ruisselants de langage. <em>Il est temps de r\u00e9tablir la s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 nos fronti\u00e8res. <\/em>La voix jeune et forte.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Etre-Heureux-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-95753\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Etre-Heureux-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Etre-Heureux-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Etre-Heureux-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Etre-Heureux.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\"><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong> : <br>-extrait de Nouveaux contes \u00e0 Ninon, Emile Zola<br>-extrait de La Diagonale de la rage, Michel Kokoreff<br>-quelques vers d'Aragon que je passe mon temps \u00e0 attribuer \u00e0 Apollinaire<br>-et puis les photos invisibles d'une rue de Nantes et sa mercerie, d'un cimeti\u00e8re de Nantes et ses tombes, d'une rue parisienne et son magasin de lampes, et visible d'une placette parisienne et son caf\u00e9 traversant<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Ce qui fait mon continuel \u00e9tonnement, c\u2019est l\u2019aspect anim\u00e9 des squares et des jardins publics. Aux Tuileries, des femmes brodent \u00e0 l\u2019ombre des marronniers, des enfants jouent, tandis que, l\u00e0-haut, du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Arc de Triomphe, les obus \u00e9clatent.\u00a0\u00bb Emile Zola, Nouveaux contes \u00e0 Ninon Il y a la manifestation. C\u2019est dans les rues, c\u2019est juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9, juste au <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/photofictions-08-etre-heureux-est-un-art-de-vivre\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#photofictions #08 |\u00a0\u00catre heureux est un art de vivre<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":403,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3887,3815],"tags":[],"class_list":["post-95752","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-08_kruger","category-photofictions"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/95752","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/403"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=95752"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/95752\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":208647,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/95752\/revisions\/208647"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=95752"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=95752"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=95752"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}