{"id":9707,"date":"2019-08-14T09:51:57","date_gmt":"2019-08-14T07:51:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=9707"},"modified":"2019-08-15T08:27:34","modified_gmt":"2019-08-15T06:27:34","slug":"comment_etre_sur_terre_lecon_15_propos_de_konstantin_peterzhak_volume_13_extrait","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/comment_etre_sur_terre_lecon_15_propos_de_konstantin_peterzhak_volume_13_extrait\/","title":{"rendered":"COMMENT_\u00caTRE_SUR_TERRE_(le\u00e7on_15)_PROPOS_DE_KONSTANTIN_PETERZHAK_(volume_13)_(extrait)"},"content":{"rendered":"\n<p>\/ un jour \/ une fois \/ c&rsquo;est \u00e0 dubna \/ le matin \/ \u00e0 la caf\u00e9t\u00e9ria du centre atomique \/ il y a konstantin peterzhak \/ il dit des choses \/ c&rsquo;est \u00e0 quelqu&rsquo;un \/ c&rsquo;est \u00e0 georgy flyorov \/ il dit :<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois je suis n\u00e9. Puis j&rsquo;ai pleur\u00e9. Puis j&rsquo;ai vagi.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis j&rsquo;ai pest\u00e9. Dix-huit fois. Contre les chiens. Contre ma m\u00e8re.&nbsp;Contre mon fr\u00e8re. Pouss\u00e9 petit puis pouss\u00e9 grand. Atteint soixante-trois centim\u00e8tres. Puis un m\u00e8tre cinquante. Puis j&rsquo;ai pouss\u00e9 encore un peu. Port\u00e9 des lunettes blanches. Puis des lunettes l\u00e9opard. Puis des lunettes noires. A montures \u00e9paisses. Puis \u00e0 montures fines. J&rsquo;\u00e9tais beau. Resplendissais. Etais l\u00e0. Bien l\u00e0. Comme un petit soleil. Avalant les mouches et les mouchettes. Pleurant un petit soldat. Disparu dans les herbes. Ne me brisant aucun os. Vivant reclus. Dans la crainte. Dans les ombres. Dans les arri\u00e8re-cours. Craignant de cuire. Au soleil. Pr\u00e8s des fours. R\u00eavant de manger un os. Comme un chien. Ecoutant les chiens briser les os. Extraire des choses des choses. Des substances. De la mo\u00eblle. R\u00eavant d&rsquo;extraire des choses. Des substances. De toute chose. Me brisant une dent. Puis deux dents. Puis perdant une dent. Puis deux dents. A force de. Puis me nourrissant d&rsquo;une joue de lapin. D&rsquo;une salade. Modestement d&rsquo;une joue de lapin et d&rsquo;une salade. Puis avan\u00e7ant dans le monde. A t\u00e2tons. T\u00e2tonnant les choses. Les noix et leurs coques. Ou creusant la terre. Noircissant mes ongles. Toujours. Puis j&rsquo;ai su qu&rsquo;un et un faisaient deux. Puis j&rsquo;ai lu des histoires \u00e0 un oncle. Puis j&rsquo;ai bruiss\u00e9 longtemps. Comme une herbe. Me terrant comme un chien. Poussant dans les ombres. Dans les arri\u00e8re-cours. Puis j&rsquo;ai parl\u00e9 un peu. Puis beaucoup beaucoup. Puis reparl\u00e9 un peu. Puis beaucoup beaucoup. Comme un perroquet. R\u00e9p\u00e9tant. Comme un perroquet. Tout ce qu&rsquo;on disait. Ce que j&rsquo;entendais. Ne faisant pas le tri. Disant toutes les choses. Comme elles me venaient. Ne laissant place \u00e0 rien. Occupant le terrain. Avan\u00e7ant une chose. Puis son contraire. Emp\u00eachant des gens de dormir. Tenant \u00e9veill\u00e9 quelqu&rsquo;un. Toute une nuit. Tenant des propos. Toute une nuit. J&rsquo;\u00e9tais fou. Insens\u00e9. Insensible. Incapable de garder. Rien que pour moi. Incapable de me taire. J&rsquo;\u00e9tais fatigant. J&rsquo;\u00e9tais fatigu\u00e9. Avan\u00e7ant une chose. Puis son contraire. Puis reprenant la chose. Puis son contraire. Puis ravan\u00e7ant la chose. Puis son contraire. Puis des choses ont br\u00fbl\u00e9. Un grille-pain. Un toit. Une \u00e9table. Une grange. Un champ de bl\u00e9. Des pneus. Des carcasses de porc. C&rsquo;\u00e9tait noir \u00e0 l&rsquo;horizon. C&rsquo;\u00e9tait noir. \u00c7a s&rsquo;\u00e9levait en colonne. A l&rsquo;horizon. \u00c7a puait l&rsquo;hydrocarbure. Me suis alors lav\u00e9. Des fois quotidiennement. Me suis alors ras\u00e9. Des fois une fois la semaine. Juste par go\u00fbt. Juste pour \u00eatre. Para\u00eetre exister. Para\u00eetre au monde. C&rsquo;\u00e9tait fou. Insensible. Insens\u00e9. Passant d&rsquo;abord mes mains \u00e0 l&rsquo;eau ti\u00e8de. Puis mes pieds. Puis mon ventre. Puis passant mes mains \u00e0 l&rsquo;eau chaude. Puis mes pieds. Puis mon ventre. Rougissant ma peau. Comme un sauvage. Prenant feu. Comme un sauvage. D\u00e9gommant les insectes. Les rampants et les vibratiles. Frappant des fois mon fr\u00e8re au visage. Ou pin\u00e7ant des joues. Grillant une fois des fourmis. Les \u00e9talant sur mon pain. Leur \u00e9talant de la confiture. Sur le dos. Les antennes. Les petites coques vides qu&rsquo;elles \u00e9taient devenues. Ouvrant une fois la t\u00eate de mon fr\u00e8re. A coup de crosse. Me goinfrant de beurre jusqu&rsquo;\u00e0 pas d&rsquo;\u00e2ge. Puis arr\u00eatant net. D\u00e9go\u00fbt\u00e9 du beurre et de moi-m\u00eame. Puis laissant mes \u0153ufs dans mon assiette. D\u00e9go\u00fbt\u00e9. D\u00e9go\u00fbt\u00e9. Par le go\u00fbt des \u0153ufs et de moi-m\u00eame. Par le go\u00fbt du beurre et de moi-m\u00eame. Ne trouvant dans le beurre aucune joie. Ne trouvant dans les \u0153ufs aucune joie. Ne trouvant en moi-m\u00eame aucune joie. Mais retrouvant ensuite beaucoup de joie. Dans les \u0153ufs beaucoup de joie. En moi-m\u00eame beaucoup de joie. Mais jamais. Jamais plus de joie. Dans le beurre. Dans les viandes. Dans les arri\u00e8re-cours. D\u00e9laissant alors le beurre et le lait et les arri\u00e8re-cours. Revenant. Pourtant. Quelques fois au lait. Mais sans joie. Mais d\u00e9laissant les viandes. D\u00e9laissant le beurre. Sans regret. La cuisson des viandes. Sans regret. L&rsquo;absorption de beurre. Sans regret. Et d\u00e9laissant mes airs. Mes grands airs. De divine diva. Vivant recluse. Depuis toujours. Comme un chien. Comme une chienne. Dans les ombres. Dans les arri\u00e8re-plans. Dans les arri\u00e8re-cours. M&rsquo;effrayant d&rsquo;un rien. Dans les interstices. Dans les failles. Vivant dans la crainte. Toujours. Portant des v\u00eatements. Toujours noirs. Des t-shirts. Toujours noirs. Des pantalons noirs. Et des cale\u00e7ons noirs. N&rsquo;\u00e9coutant rien de bon. Ne faisant rien de bon. V\u00e9g\u00e9tant des fois des jours durant. Dans mon lit. Dans mon canap\u00e9. Tournant court. Dans un monde tournant \u00e0 rien. Dans un monde tournant court. Ou riant de tout. Extr\u00eamement. Trouvant \u00e0 redire. Toujours. Ressassant les choses. Dix mille fois. Reprenant les choses. Dix mille fois. Trouvant \u00e0 redire. Toujours. Pensant \u00e7a n&rsquo;est jamais \u00e7a. Toujours. Reprenant alors. Toujours. Les choses. Dix mille fois. R\u00e9ouvrant les choses. Dix mille fois. Peut-\u00eatre par crainte. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Ayant d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 peu chaleureux. Puis pas chaleureux. Puis ayant \u00e9t\u00e9 chaleureux. Un peu. Puis ayant \u00e9t\u00e9 chaleureux. Beaucoup. Puis \u00e9tant redevenu pas chaleureux. Beaucoup. Beaucoup beaucoup pas chaleureux. Puis redevenant chaleureux. D&rsquo;abord un peu puis extr\u00eamement. Portant d&rsquo;abord la barbe. Puis la moustache. Puis rien du tout. Puis une mouche fine sous la l\u00e8vre. Ne ressemblant \u00e0 rien. Portant des choses \u00e0 bout de bras. Des cartons \u00e0 bout de bras. Des chats. Jamais de chien. Quelques fois un b\u00e9b\u00e9. Quelques fois un amour. Pas un b\u00e9b\u00e9 \u00e0 moi. Pas un amour \u00e0 moi. Puis un amour \u00e0 moi. Rien qu&rsquo;\u00e0 moi. D&rsquo;abord en la rue. Puis dans une maison. Dans un appartement. Dans les transports publics. Puis j&rsquo;ai achet\u00e9 des choses. Des totems. Des choses comme des totems. Une voiture. Comme un totem. Des v\u00eatements comme un totem. Puis je n&rsquo;ai pas conduit. Puis j&rsquo;ai roul\u00e9 par terre. Puis j&rsquo;ai march\u00e9 par terre. Puis j&rsquo;ai mang\u00e9. Puis j&rsquo;ai bu. C&rsquo;\u00e9tait ici. C&rsquo;\u00e9tait sur terre. Puis j&rsquo;ai pens\u00e9 \u00e7a se passe sur terre. Tout se passe sur terre. Alors je suis n\u00e9. J&rsquo;ai v\u00e9cu sur terre. J&rsquo;ai pouss\u00e9 sur terre. Comme tout le monde. Je suis enfin n\u00e9. Comme tout le monde. Et c&rsquo;\u00e9tait sur terre. Georgy Flyorov. Comme tu vois. Moi non plus je n&rsquo;y ai pas coup\u00e9. Je r\u00e9p\u00e8te : Georgy Flyorov. Comme tu vois. Moi non plus je n&rsquo;y ai pas coup\u00e9. Passerai sur terre. Jusqu&rsquo;au bout. Disant terre et terre. Jusqu&rsquo;au bout. Disant je suis sur terre. Je suis sur la terre. Jusqu&rsquo;au bout. R\u00e9p\u00e9tant. Je suis sur terre. Je suis sur la terre. Infiniment. Jusqu&rsquo;au bout. Reprenant toujours. Infiniment. Je suis sur terre. Je suis sur la terre. Ce que disait un ami. J&rsquo;ai eu un ami. Disant toujours. Infiniment. Je suis sur terre. Je suis sur la terre. Infiniment. Comme s&rsquo;il n&rsquo;y avait rien d&rsquo;autre \u00e0 dire. Comme si tout \u00e9tait dit. Comme si reprendre. Infiniment. Je suis sur terre je suis sur la terre. Disait tout. C&rsquo;est fou. D\u00e9raisonnable. Insens\u00e9. Mais sensible. C&rsquo;est parfois \u00e0 faire peur. Infiniment. C&rsquo;est parfois jouissif. Extr\u00eamement. Mais c&rsquo;est dr\u00f4le. Pas vrai ? Pas vrai ? Pas vrai ? Georgy Flyorov ? Pas vrai ?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\/ puis il se tait \/ puis il trempe son pain \/ puis il boit son caf\u00e9 \/ puis il salue flyorov \/ puis il rev\u00eat sa combinaison \/ puis il va au travail \/ puis il irradie \/ puis il rentre chez lui \/ \u00e0 Dubna \/ dans son appartement \/ se regarde quelque chose \/ ou se dit quelque chose \/ ou s&rsquo;endort \/ ou reste avec lui-m\u00eame \/ infiniment avec lui-m\u00eame \/ faisant corps avec lui-m\u00eame \/ infiniment avec lui-m\u00eame \/ ou quelque chose du genre \/<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\/ un jour \/ une fois \/ c&rsquo;est \u00e0 dubna \/ le matin \/ \u00e0 la caf\u00e9t\u00e9ria du centre atomique \/ il y a konstantin peterzhak \/ il dit des choses \/ c&rsquo;est \u00e0 quelqu&rsquo;un \/ c&rsquo;est \u00e0 georgy flyorov \/ il dit : Une fois je suis n\u00e9. Puis j&rsquo;ai pleur\u00e9. Puis j&rsquo;ai vagi. Puis j&rsquo;ai pest\u00e9. Dix-huit fois. <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/comment_etre_sur_terre_lecon_15_propos_de_konstantin_peterzhak_volume_13_extrait\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">COMMENT_\u00caTRE_SUR_TERRE_(le\u00e7on_15)_PROPOS_DE_KONSTANTIN_PETERZHAK_(volume_13)_(extrait)<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":19,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[917],"tags":[],"class_list":["post-9707","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2019-7-introspection-sous-verbe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9707","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/19"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9707"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9707\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9707"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9707"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9707"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}