{"id":97608,"date":"2022-12-05T16:40:34","date_gmt":"2022-12-05T15:40:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=97608"},"modified":"2022-12-05T16:40:35","modified_gmt":"2022-12-05T15:40:35","slug":"le-carnet-a-tiroirs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/le-carnet-a-tiroirs\/","title":{"rendered":"#carnets_individuels \/ Anne-Sophie D"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Lever de rideau<\/strong><br>La brume a paress\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 midi. Elle ressemblait \u00e0 ces fins papiers japonais, presque translucides. Elle g\u00e9n\u00e9rait une telle incandescence que je ne savais plus si je distinguais r\u00e9ellement les silhouettes des arbres ou si c\u2019\u00e9tait leur souvenir qui, apr\u00e8s tant d\u2019ann\u00e9es, persistait dans ma r\u00e9tine. Le blanc s\u2019est lev\u00e9 d\u2019un coup, d\u00e9voilant les griffes sombres des peupliers. Chacun arborait fi\u00e8rement \u00e0 sa cime une mince couronne de feuilles dor\u00e9es.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bruitaliser<\/strong><br>Troquer mes souliers souples contre des bottes qui font du bruit. Les talons requi\u00e8rent de grandes enjamb\u00e9es. Le drap\u00e9 du manteau appuie les airs de dame. Bruitaliser le monde pour lui rappeler que j\u2019existe. D\u00e9tester la mani\u00e8re dont on me parle. Avancer sur la pointe des pieds dans l\u2019\u00e9pouvante de g\u00eaner. Assumer cette atroce d\u00e9marche d\u00e9gingand\u00e9e.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sur la route<\/strong><br>La doudoune ouverte sur le torse estampill\u00e9&nbsp;<br>Les semelles et la raie du plombier<br>Les lunettes sur le front, pas sur le nez<br>Quelques centim\u00e8tres de plus gr\u00e2ce \u00e0 ce bonnet&nbsp;<br>Le reptile \u00e0 laisse dor\u00e9e bien cal\u00e9 sous l\u2019aisselle<br><br><strong>Mise en ab\u00eeme<\/strong><br><em>Ces heures de copie remplissaient mes journ\u00e9es, et j\u2019avais inform\u00e9 ma m\u00e8re que ce n\u2019\u00e9tait pas une activit\u00e9 d\u00e9nu\u00e9e d\u2019importance, mais un acte de familiarisation, car les lettres qui ne vous ont pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9voil\u00e9es pendant l\u2019enfance exigent une prise de conscience continue.<br>\u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce que cela veut dire&nbsp;? demanda ma m\u00e8re. Un homme peut passer sa vie \u00e0 recopier, il n\u2019en retire que des squelettes de lettres, pas des lettres vivantes, que seule une langue maternelle peut inscrire dans ses yeux.&nbsp;\u00bb<\/em><br>\u2014<br>La derni\u00e8re fois que je l\u2019avais lu, je ne savais pas que j\u2019\u00e9tais juive.&nbsp;<br>Je l\u2019ai appris r\u00e9cemment, aux encognures d\u2019un enterrement. <em>L\u2019oubli creusait alors ses caves profondes.<\/em> J\u2019ai parcouru le livre sur l\u2019\u00e9cran avec mes nouveaux yeux. Pour choisir le passage, j\u2019ai utilis\u00e9 la fonction \u00ab&nbsp;rechercher&nbsp;\u00bb en tapant le mot \u00ab&nbsp;recopier&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Wesh<\/strong><br>Wesh \u00e7a va ? \u2014 On les voit pas l\u00e0, c\u2019est trop haut \u2014 Wesh \u00e7a va et toi ? \u2014 Pas avant 14h30 \u2014 \u00c7a va \u00e7a va \u2014 Vous avez choisi ? \u2014 P&rsquo;tet quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre \u2014 On ne peut pas \u00eatre champion du monde toute la vie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La peau du lait<\/strong><br>Dans la tasse, le disque onctueux et mat contraste avec l\u2019amer fumet du cacao. Du tranchant de la cuiller, je perce le velout\u00e9 qui se fronce comme un lourd drap\u00e9. Dessous les ondoiements plus clairs aguichent le palais. Il ne reste plus qu\u2019\u00e0 \u00e9coper, comme un chaton, \u00e0 minuscules lamp\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Encore rat\u00e9<\/strong>.<br>L\u2019image non pas que j\u2019arr\u00eate, mais qui m\u2019arr\u00eate sur le pas de la porte \u00e0 peine rentr\u00e9e. Un tancarville, certes au garde-\u00e0-vous, mais outrageusement nu, m\u2019am\u00e8ne \u00e0 une autre vision. Celle du linge mac\u00e9rant dans le tambour \u00e0 l\u2019haleine de chien mouill\u00e9. Triste tableau de mon ind\u00e9crottable \u00e9chec m\u00e9nager.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et que l\u2019\u00e9crit tonne<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>J\u2019\u00e9tais autrefois bien nerveux.<\/em><br><em>Me voici sur une nouvelle voie :<\/em><br><em>Je mets une pomme sur ma table.<\/em><br><em>Puis je me mets dans cette pomme.<\/em><br><em>Quelle tranquillit\u00e9 !<\/em><br>H. Michaux<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord, fermer les \u00e9coutilles. Ni le bruit, ni l\u2019air du dehors, surtout que rien ne s\u2019infiltre. Tamiser le silence. Baigner dans mon jus. M\u00eame une douche peut tout d\u00e9saccorder : passer du froid au chaud, du sec au mouill\u00e9, et le flou s\u2019installe : bien choisir mon moment. M\u2019engluer ainsi des heures, des jours en solitaire.<br>Alors seulement je peux assister \u00e0 mon ciel int\u00e9rieur. Lire dans les nuages, surmonter la grisaille, accuser le soleil. Scruter les frictions entre froid de canard et franches \u00e9claircies : c\u2019est souvent dans l\u2019orage que le vif ressurgit, et que l\u2019\u00e9crit tonne.<br>Puis soudain, l\u2019\u00e9clat du monde d\u00e9baroule : vite, une bi\u00e8re, du barouf, des amis ! Retour au si familier chahut de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Rose bonbon<\/strong><br>7 ans et demi, l\u2019\u00e2ge des premiers<em> Club des 5<\/em>. Premi\u00e8res veill\u00e9es sous la lampe torche, mal cach\u00e9e dans mon duvet. J\u2019entends la nuit qui bruisse autour de la tente. Le d\u00e9nouement est proche : je gigote pour retarder le moment de sortir pisser.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De la fiction<\/strong>.<br>J\u2019ai huit ans. Pour l\u2019\u00e9cole, je dois \u00e9crire le portrait d\u2019une personne de mon entourage. Je choisis une tante un brin farfelue, et je m\u2019en donne \u00e0 coeur joie, oh oui je fourmille d\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 pour d\u00e9crire l\u2019\u00e9tendue de sa bizarrerie. Il n\u2019y a aucun doute, je suis hilarante. Je cours victorieuse faire voir \u00e0 ma m\u00e8re l\u2019objet de ma satisfaction. Elle parcourt le texte tout entier, sans un mot, puis me tend la feuille en d\u00e9clarant simplement : <br>\u2014 Tu es m\u00e9chante. Tu dois recommencer.&nbsp;<br>Mes larmes proviennent-elles de l\u2019humiliation soudaine, ou du chagrin de d\u00e9couvrir le risque de blesser ?&nbsp;Ma tante devient une autre, toujours excentrique, mais un peu d\u00e9sincarn\u00e9e. Je m\u2019en accommode. J\u2019ai encore beaucoup de le\u00e7ons \u00e0 apprendre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pendant que <\/strong><em><strong>Yahoo<\/strong> <strong>!<\/strong><\/em>    <br>Pendant que <em>Nabilla, photos en micro-bikini pour assumer son corps qui change, <\/em>S. passe la nuit \u00e0 son bureau pour boucler son livre dans les temps.<br>Pendant que <em>Charles III, ce grand plan de licenciement qu\u2019il pr\u00e9pare,<\/em> je me demande si je suis d\u2019humeur \u00e0 sortir ce soir.<br>Pendant qu\u2019<em>elle accouche dans la cantine du lyc\u00e9e alors qu\u2019elle ignorait \u00eatre enceinte<\/em>, j\u2019ai du mal \u00e0 avancer sur mon roman.<br>Pendant que<em> n\u00e9e avec un bras \u00e9norme et les gens lui disent de l\u2019amputer<\/em>, je cherche la t\u00e9l\u00e9commande \u00e9gar\u00e9e dans les plis du drap.<br>Pendant que <em>Charl\u00e8ne de Monaco, look noir et immense chapeau<\/em>, la voisine du 2nd r\u00e9pand dans l\u2019escalier du d\u00e9sodorisant senteur framboise pour camoufler celle provenant de l\u2019appartement de Monsieur P.<br>Pendant qu\u2019<em>Yvelines, un homme arr\u00eat\u00e9 apr\u00e8s avoir transform\u00e9 son pavillon en un lieu perturbant<\/em>, je me gratte l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019oreille avec mon auriculaire.<br>Pendant que<em> son compagnon pr\u00e9f\u00e8re la hacher menu, <\/em>on ne conna\u00eet toujours pas la raison de l\u2019hospitalisation d\u2019A.D.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><strong>Ne pas s\u2019attarder sur.<\/strong>   <br><\/strong>Ne pas s\u2019attarder sur cette femme qui essuie discr\u00e8tement ses larmes sous un rideau de pluie. Non, malgr\u00e9 la beaut\u00e9&nbsp;de son geste, ne pas la fixer ainsi, comme si le voile mouill\u00e9 cachait sa face intime de mon regard interdit. Ne pas se faire surprendre derri\u00e8re la vitre \u00e9clair\u00e9e, ne pas la voir se recomposer un visage neutre et absolument sec. Ne pas rester b\u00eate face \u00e0 la grosse flaque qui subsiste, seul vestige de son passage furtif \u00e0 ma vue \u00e9gar\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Noms de l\u2019enfance.<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"924\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/Capture-decran-2022-11-19-a-14.21.37-1024x924.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-102166\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/Capture-decran-2022-11-19-a-14.21.37-1024x924.png 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/Capture-decran-2022-11-19-a-14.21.37-420x379.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/Capture-decran-2022-11-19-a-14.21.37-768x693.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/Capture-decran-2022-11-19-a-14.21.37.png 1310w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Visages (\u00e0 la gare).<\/strong> <br>fronc\u00e9 celui du touriste qui le d\u00e9plie comme une carte \u00e0 mesure que son regarde balaie&nbsp;| placide&nbsp;celui du tox qui mendie mais un voile entre nous comme une brume le trahit | hilare celui de la folle dont les mots fusent comme des pets |&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Personne d&rsquo;autre que moi n\u2019aurait remarqu\u00e9. &nbsp;<\/strong> <br>Personne d&rsquo;autre que moi ne les aurait remarqu\u00e9s, tant j\u2019ach\u00e8te chaque ann\u00e9e en tous points le m\u00eame mod\u00e8le, s\u2019il n\u2019y avait eu ce l\u00e9ger boitillement induit par le port du cuir neuf et tranchant. <em>\u2014 Mais\u2026 Mais\u2026 tu bo\u00eetes ? \u2014 Oui, t\u2019as vu, j\u2019ai de nouveaux souliers.<\/em>v<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ciel du lundi.<\/strong> <br>Scrutation des entrelacs de fils blancs, galaxies tubulaires, fugaces \u00e9clairs d\u2019argent. Divagations par\u00e9idoliques. Yeux qui roulent dans leurs orbites, \u00e9blouis par les rayons ardents de quatre soleils froids. Et la petite musique m\u00e9tallique qui sort du trou noir b\u00e9ant profond\u00e9ment intime : <em>pas de souci, mis \u00e0 part une carie<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Phrase de r\u00e9veil.<\/strong> <br>Ce n\u2019est pas une phrase qui \u00e9claire mon r\u00e9veil, mais un cri, un d\u00e9chirement : <em>NOOOOOOON ! <\/em>Mon lit comme une \u00eele ; autour, des crocodiles.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques mois auparavant, cette phrase prononc\u00e9e dans mon r\u00eave par un \u00eatre cher, longtemps r\u00e9p\u00e9t\u00e9e avant de me lever.<em> Parfois ma libert\u00e9 prend le pas sur ton coeur<\/em>. Beaut\u00e9 de l&rsquo;inconscient lorsqu&rsquo;il accompagne le pardon.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il aura fallu.<\/strong> <br>J\u2019aper\u00e7ois de l\u2019all\u00e9e la femme-statue, par tout temps pench\u00e9e sur le bassin rocailleux, par tout temps m\u00e9dus\u00e9e de s\u2019y d\u00e9couvrir. Mais de quelle couleur est l\u2019eau, quel en est son motif, alors que les arbres se d\u00e9plument et le ciel s\u2019affadit ? Je n\u2019ai pas la force aujourd\u2019hui d\u2019y croiser mon reflet.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Si loin si loin.<\/strong> <br>Elle roulait les r comme son minuscule chignon gris, de la taille de mon poing d\u2019alors, et corset\u00e9 par de fines \u00e9pingles. Il para\u00eet qu\u2019il enserrait la plus longue chevelure du monde.<br>L\u2019ai-je fait ou seulement r\u00eav\u00e9 ? Qu\u2019importe, je la revois par l\u2019entreb\u00e2illement, assise face \u00e0 sa coiffeuse marbr\u00e9e, ses cheveux lib\u00e9r\u00e9s tombant jusqu\u2019\u00e0 la ceinture de son tablier, encore entortill\u00e9s par leur forme contrainte. Je m\u2019approche sur la pointe des pieds, saisis la brosse des deux mains, et la peigne doucement jusqu\u2019\u00e0 la fin des temps.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019impr\u00e9vu.<\/strong> <br>L\u2019impr\u00e9vu, il s\u2019invite chez moi chaque mercredi selon le contenu du panier. Soyons honn\u00eates : tous les l\u00e9gumes ne sont pas des plus r\u00e2goutants. Alors cette semaine, en d\u00e9ballant ce chou chinois du calibre d\u2019un ballon de rugby, je r\u00e9alise que je vais en ingurgiter \u00e0 chaque repas avant d\u2019en voir le bout, et \u00e7a me plombe presque autant qu\u2019une soir\u00e9e thema sur Arte.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Prologue &#8211; Le carnet \u00e0 tiroirs.<\/strong> <br>C\u2019est Joyce Carol Oates qui m\u2019a inspir\u00e9 cet agencement.<br>Je t\u2019explique.<br>Tu prends un cahier Pukka-pad 24&#215;32 cm, lign\u00e9, 200 pages, \u00e0 spirales.<br>Le premier feuillet tu le plies en deux, \u00e0 la verticale. Il forme quatre parties distinctes de taille \u00e9gale, propices aux listes de mots-cl\u00e9, esquisses de plans, fiches personnages, taches de caf\u00e9, jurons d\u2019impatience. Le volet int\u00e9rieur, c\u2019est comme un tiroir secret, mais qui se retourne, se d\u00e9couvre au gr\u00e9 de la besogne.<br>Le deuxi\u00e8me feuillet tu le laisses intact, sans boursfouflure aucune, pour \u00e9crire tout du long tes paragraphes verbeux, tes jacasseries d\u00e9complex\u00e9es et autres \u00e9panchements m\u00e9taphysiques,<br>Apr\u00e8s tu relis, tu barres, tu tries, tu arraches tes bribes comme des peaux mortes.&nbsp;<br>Et la troisi\u00e8me feuille, c\u2019est celle qu\u2019il faut garder.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lever de rideauLa brume a paress\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 midi. Elle ressemblait \u00e0 ces fins papiers japonais, presque translucides. Elle g\u00e9n\u00e9rait une telle incandescence que je ne savais plus si je distinguais r\u00e9ellement les silhouettes des arbres ou si c\u2019\u00e9tait leur souvenir qui, apr\u00e8s tant d\u2019ann\u00e9es, persistait dans ma r\u00e9tine. Le blanc s\u2019est lev\u00e9 d\u2019un coup, d\u00e9voilant les griffes sombres des peupliers. <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/le-carnet-a-tiroirs\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#carnets_individuels \/ Anne-Sophie D<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":548,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3942,3897],"tags":[],"class_list":["post-97608","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-carnets_individuels","category-le_grand_carnet"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97608","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/548"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=97608"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97608\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=97608"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=97608"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=97608"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}