{"id":97667,"date":"2022-11-09T21:17:26","date_gmt":"2022-11-09T20:17:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=97667"},"modified":"2022-11-15T09:51:40","modified_gmt":"2022-11-15T08:51:40","slug":"carnets-01-40-de-limprevu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnets-01-40-de-limprevu\/","title":{"rendered":"#compiles #01\/40 | de l\u2019impr\u00e9vu"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center has-background has-small-font-size\" style=\"background-color:#edecec\">cycle \u00able grand carnet \u00bb, proposition #01 sur 40<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/mains-1-sur-1-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-97761\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/mains-1-sur-1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/mains-1-sur-1-420x280.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/mains-1-sur-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/mains-1-sur-1-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/mains-1-sur-1.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>L&rsquo;impr\u00e9vu. Le coin de la rue pass\u00e9e, une sorte d&rsquo;araign\u00e9e g\u00e9ante \u00e0 trois pattes m\u00e9talliques. Une nacelle quelques centim\u00e8tres au-dessus au sol, le visage contrit de l&rsquo;ouvrier, les deux mains en appui, une jambe par-dessus bord, tentant de se hisser. Malhabile. Pris sur le fait, le cul un peu trop lourd peut-\u00eatre, la jambe d&rsquo;appui en extension, les joues rougeaudes, le regard mi coupable mi ahuri. HG.<\/p>\n\n\n\n<p>tout d\u2019un coup dans les phares sur le c\u00f4t\u00e9, un surgissement, silhouette noire dans le noir, invisible jusque-l\u00e0, r\u00e9v\u00e9l\u00e9e au dernier moment, o\u00f9 les roues presque \u00e0 la toucher, la renverser, impossible de noter, mains sur le volant, la nuit la pluie, garder l\u2019image en soi, la peur r\u00e9trospective, j\u2019ai failli le foutre en l\u2019air, l\u2019ai vu au dernier moment, apparition de la silhouette de l\u2019homme en noir l\u00e0 o\u00f9 pas de pi\u00e9ton d\u2019habitude pas de trottoir PhL<\/p>\n\n\n\n<p>Ils arrivent cette nuit, ma fille et son compagnon. je ne l&rsquo;ai jamais vu. Ils sont ensemble depuis 4 ans et je ne l&rsquo;ai jamais vu qu&rsquo;en photo ou vid\u00e9o. Il devait passer par Berlin pour voir un ami et faire une marche en Finlande, mais il est malade. Il rentre de Delhi. Covid peut-\u00eatre ? J&rsquo;ai pr\u00e9par\u00e9 leur chambre, les auto-tests et les masques. Ils arrivent ce soir, tr\u00e8s tard. je l&rsquo;ai appris hier dans la nuit. Je n&rsquo;irai pas les chercher \u00e0 la gare, ils viendront en taxi. DGL.<\/p>\n\n\n\n<p>Matin&nbsp;: coucher 1h30. Meilleur p\u00e2tissier, trop long (soupir\/b\u00e2illement). Lever&nbsp;: 5h30. Nuit&nbsp;? trop courte (soupir\/b\u00e2illement). Petit-d\u00e9jeuner-infos-web, douche, fringues. 7h. Caresser\/nourrir le chien, ne pas oublier l\u2019alarme, encore caresser le chien (tu gardes la maison&nbsp;!). 7h15. Voiture, START, 1\u00e8re, 2nde, premi\u00e8re \u00e0 gauche, dangereux croisement (\u00e0 gauche, frapp\u00e9 d\u2019alignement, le labo d\u2019analyses m\u00e9dicales). T\u00eate \u00e0 gauche, voie libre, coup d\u2019\u0153il \u00e0 droite &#8211; toujours un cr\u00e9tin pour d\u00e9bouler et tourner sans attendre que \u2013 un feu&nbsp;? Ce feu n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0 hier. ChG.<\/p>\n\n\n\n<p>Lecture des derni\u00e8res pages de <em>L\u2019homme qui tua Roland Barthes<\/em> de Thomas Clerc. Et toi, si tu devais \u00e9crire ton \u00ab&nbsp;homme qui tua\u2026&nbsp;\u00bb, qui pour assassin&nbsp;? qui pour victime&nbsp;? JC.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230; un mensonge suffit \u00e0 ne plus pouvoir se d\u00e9p\u00eatrer \u00e0 ne plus jamais \u00eatre cru de rien&#8230; XGu<\/p>\n\n\n\n<p>Quatre heures du mat. R\u00e9veil nocturne, habituel. En sursaut. Je l\u2019ai, je la tiens. C\u2019est pas la premi\u00e8re fois que l\u2019id\u00e9e, la belle id\u00e9e, passe au-dessus de moi au moment o\u00f9 je me r\u00e9veille au milieu de la nuit. Et que je l\u2019attrape. J\u2019allume la lumi\u00e8re, cherche mes lunettes, mon carnet sur la table de nuit, un crayon. Tomb\u00e9, sous le lit. Je note l\u2019id\u00e9e lumineuse. Je souris, je suis heureux de l\u2019avoir attrap\u00e9e, celle-l\u00e0. Le lendemain, quelques traits gribouill\u00e9s illisibles. JLC.<\/p>\n\n\n\n<p>un steak hach\u00e9 saignant avec des pommes de terre coup\u00e9es en petits carr\u00e9s, cuites avec des oignons (sa recette) et avec des \u00e9pinards \u00e0 la cr\u00e8me parfum\u00e9s d&rsquo;une pinc\u00e9e de muscade (ma recette). CB.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s tant de chaleur inattendue, nous ne savons plus si le retour du froid est normal, s\u2019il est temporaire, s\u2019il est rassurant. Nous ne savons plus garder notre chaleur corporelle, ni garder la t\u00eate froide face \u00e0 la crise climatique. L&rsquo;avenir est flou. Le climat devient pr\u00e9occupant. Je m\u2019inqui\u00e8te et je suis frigorifi\u00e9. Le vent porte des id\u00e9es lugubres. La lumi\u00e8re du jour s\u2019estompe. Nous n\u2019irons pas danser sous les lampadaires. YSO.<\/p>\n\n\n\n<p>9 novembre chute du mur c\u2019est l\u2019anniversaire de mon fr\u00e8re, infirmier \u00e0 l\u2019h\u00f4pital d\u2019Angers. Lui envoyer un mot en musique, sa guitare lui manque blues new orleans (il est all\u00e9 l\u00e0-bas), \u00e0 cause de l\u2019h\u00f4pital il trouve pas le temps de jouer, faudrait vraiment qu\u2019on s\u2019y remette ensemble. Un musicos de Magma a cr\u00e9\u00e9 un studio pr\u00e8s d&rsquo;A. Demain, je vais tenter de faire chanter mes \u00e9l\u00e8ves : improviser un op\u00e9ra d\u00e9jant\u00e9 sur \u00able dernier sursaut\u00bb de Vinaver, ils pourraient m\u00eame (oh l\u2019id\u00e9e) \u00eatre film\u00e9s, juste une capsule, garder une trace de l\u2019avanc\u00e9e du spectacle\u2026 FB.<\/p>\n\n\n\n<p>Je l\u2019ai bouscul\u00e9, une petite silhouette d\u2019homme us\u00e9, il est d\u00e9fini par son odeur, crasse, tabac, alcool. Dix-huit heures dans un bar-tabac, je ne le vois pas, je m\u2019excuse, je laisse le naufrag\u00e9. LS.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019impr\u00e9vu ? J\u2019ai pos\u00e9 ma main gauche sur le cot\u00e9 de mon ordinateur, pour passer \u00e0 autre chose, et ne l\u2019ai pas reconnue. Une main d\u2019homme m\u00fbr, presque de vieillard. Des veines qui ressortent, un flasque dans la peau des doigts. Une taille, surtout, inhabituelle, trop grande, comme d\u2019une marionnette. La main d\u2019un autre. Saisissement. Palpitations. Souffle acc\u00e9l\u00e9r\u00e9. Qu\u2019en faire ? TD.<\/p>\n\n\n\n<p>Il avan\u00e7ait dans ma direction, prot\u00e9geant de sa main quelque chose qu\u2019il tenait \u00e0 l\u2019abri dans sa parka, boutonn\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 la poitrine. Un b\u00e9b\u00e9, un animal&nbsp;? Je ne pouvais apercevoir qu\u2019un bonnet de laine beige, donc, j\u2019ai opt\u00e9 pour le b\u00e9b\u00e9. J\u2019eus quelques secondes pour d\u00e9cider si, au moment o\u00f9 nous allions nous croiser sur le trottoir \u00e9troit, je jetterais un regard rapide vers la parka pour confirmer ma supposition. J&rsquo;ai pris la d\u00e9cision de regarder droit devant moi. L\u2019impr\u00e9vu est arriv\u00e9 apr\u00e8s. Une intuition comme une fl\u00e8che. Il \u00e9tait impossible que cet homme n\u2019ait pas pens\u00e9, ne serait-ce qu\u2019un instant, que ce qu\u2019il avait l\u00e0, la chaleur de cet \u00eatre contre son corps, c\u2019\u00e9tait la sensation la plus proche possible de ce que ressentait une femme portant son enfant dans son ventre. H.B.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019extraire d\u2019une journ\u00e9e de gr\u00e8ve programm\u00e9e, des piquets atones, des slogans entonn\u00e9s au-del\u00e0 m\u00eame du concept de poussi\u00e8re, des odeurs de caf\u00e9 refroidi et des espoirs jamais r\u00e9chauff\u00e9s. Prendre la route jusqu\u2019\u00e0 ce que la for\u00eat succ\u00e8de au b\u00e9ton. Rochefort et ses pierres plusieurs fois centenaires. Wagner, Rachmaninov et les <em>Fantasiest\u00fccken<\/em> de Robert Schumann dans la radio. Aujourd\u2019hui, le moins de voix humaines, le moins de murmures du monde. Et au bout de la route, sourire. JT.<\/p>\n\n\n\n<p>le pire c\u2019est certainement le bruit (un jour, elle m\u2019a averti \u00ab&nbsp;votre invocant c\u2019est l\u2019oreille&nbsp;\u00bb je me souviens mais en r\u00eave, je n\u2019en entends pas) \u00e0 moiti\u00e9 allong\u00e9, un bras sur l\u2019accoudoir, le gauche, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 le long du corps \u2013 devant les yeux des gants blancs et la lumi\u00e8re elle a un nom particulier, les outils sont d\u2019acier chrom\u00e9, et on entend \u00ab&nbsp;attendez un peu comment \u00e7a va&nbsp;\u00bb \u2013 \u00e0 gauche la jeune fille porte des lunettes grosses transparentes \u2013 le pire c\u2019est le bruit PCH<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Faut faire avec! Y a rien \u00e0 faire, eh oui, faut faire avec&nbsp;\u00bb Avec quoi? Ils parlaient de la pluie, la pluie incessante, celle qui mouille et qui fait d\u00e9serter les terrasses. Ah non! Il y avait quelques tables occup\u00e9es sous le plastique, au coin de la Grande Rue. Le Bastille restait occup\u00e9 par des r\u00e9fractaires, la fraction qui ne se laisse pas faire par la pluie, celle qui mouille, incessante, tout aussi persistante que ces tabl\u00e9es d\u2019amis bavards qui avaient d\u00e9cid\u00e9 de ne pas se laisser faire par cette pluie impr\u00e9vue sur l&rsquo;appli m\u00e9t\u00e9o de ce matin. LL.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand on l&rsquo;a su on s&rsquo;est demand\u00e9 ce qu&rsquo;on allait bien pouvoir dire. Pas ce qu&rsquo;on allait pouvoir dire non mais comment on allait le dire. Alors on a dit on continue. CM.<\/p>\n\n\n\n<p>Au coin de la rue, elle pose sa main sur mon avant-bras, comme sur un levier. PhS.<\/p>\n\n\n\n<p>Il le touche du doigt, une deux trois fois, tremble devant. Le bouton ne bouge pas, porte ferm\u00e9e immobile. Les autres piaffent dans son dos, passagers enferm\u00e9s dans son mouvement. Il tente le majeur, ses l\u00e8vres se serrent comme pour accompagner la main. Le bras droit s\u2019accroche \u00e0 la canne qui aide \u00e0 marcher. Tout de lui se crispe et fr\u00e9mit au rythme des doigts qui caressent, croyant pousser. La porte s\u2019ouvre, fracas m\u00e9tallique. De son b\u00e2ton, il pointe l\u2019ext\u00e9rieur o\u00f9 s\u2019\u00e9vadent d\u00e9j\u00e0 ces corps qui ont trop attendu. GB.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes huit.&nbsp;<br>L\u2019impr\u00e9vu en ce mercredi soir.<br>19.32. Nous sommes \u00e0 l\u2019abri.<br>Nous devisons, nous sourions, nous partageons.&nbsp;<br>Des \u00e9clairs vrillent le ciel.<br>Le tonnerre gronde.<br>Un orage soudain.<br>Un vrai d\u00e9luge tombe sur la yourte.<br>Soudain huis-clos pour huit personnes.<br>Silence&nbsp;!<br>L\u2019une craint.<br>Elle tremble.<br>Soudain elle se d\u00e9tend.<br>Nous sommes huit.&nbsp;<br>DM<\/p>\n\n\n\n<p>Le jour d\u00e9cline et j\u2019observe, allong\u00e9 sur le bain de soleil de la terrasse de la gare TGV d\u2019Aix, les nuages filandreux qui s\u2019agglutinent, s\u2019\u00e9paississent noirs au-dessus du massif montagneux et qui, soudain trop pleins, cr\u00e8vent et d\u00e9goulinent en gouttes \u00e9paisses sur la pergola et le bitume du parking. S\u2019\u00e9l\u00e8ve alors du sol rafra\u00eechi le parfum caract\u00e9ristique de la route mouill\u00e9e par l\u2019averse et celui-ci se m\u00eale \u00e0 la chaleur douce\u00e2tre d\u2019un mois de novembre devenu tropical.&nbsp; XW.<\/p>\n\n\n\n<p>Vous ne pouvez pas imaginer le repos qu\u2019on trouve en sortant de chez moi. Vous ne pouvez pas imaginer le repos qui r\u00e8gne en sortant de chez moi. Vous ne pouvez pas imaginer le repos juste l\u00e0. Vous n\u2019avez pas id\u00e9e du repos qui se trouve l\u00e0. \u00c0 la porte de chez moi. Vous n\u2019avez pas id\u00e9e du repos qui me prend l\u00e0. Me prenant l\u00e0. Vous ne pouvez pas imaginer le repos dans ma rue. Vous ne pouvez pas passer la porte de chez moi. Passant dehors je me suis tu. Dans ma t\u00eate pas un bruit. CT.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a un bruit de talons dans le passage. C&rsquo;est juste sous ma fen\u00eatre et \u00e7a marche. On entend bien le bruit des talons. C&rsquo;est le bruit des talons contre le pav\u00e9. C&rsquo;est tr\u00e8s net. Et puis il n&rsquo;y a plus le bruit des talons. C&rsquo;est curieux, je n&rsquo;ai pas entendu arriver les talons. Je ne les ai pas entendus repartir. Il n&rsquo;y a personne dans le passage. \u00c7a n&rsquo;a pas de sens d&rsquo;appara\u00eetre, de pi\u00e9tiner ainsi sous la fen\u00eatre puis de dispara\u00eetre. Mais c&rsquo;est peut-\u00eatre fr\u00e9quent me dis-je aussi. Comment savoir ? Si les apparitions mettent des chaussons, elles peuvent apparaitre ainsi, pi\u00e9tiner et dispara\u00eetre. Je ne le saurai pas. Apr\u00e8s tout oui, c&rsquo;est peut-\u00eatre fr\u00e9quent. Peut-\u00eatre qu&rsquo;ils sont tr\u00e8s nombreux \u00e0 pi\u00e9tiner ainsi, en chausson, sous ma fen\u00eatre. MT.<\/p>\n\n\n\n<p>Amtrack to Baltimore. Le contr\u00f4leur scanne le QRcode, sort un carton de sa poche, le d\u00e9chire verticalement, le plie consciencieusement, le coince dans une rainure opportune au-dessus du fauteuil. Avant chaque arr\u00eat (Newark, Philadelphia, \u2026) il passe dans le couloir, jette un \u0153il aux cartons, en reprend certains. Curieux je regarde le mien, le bord sup\u00e9rieur du repli tombe pile sur BAL. Chapeau l&rsquo;artiste. Avant Baltimore, il le reprendra, m&rsquo;oubliera, saura qui est mont\u00e9 l\u00e0, qui contr\u00f4ler. Modernit\u00e9 et pragmatisme, deux jambes d&rsquo;un serein contr\u00f4le. BD.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce soir, <em>Les choses qu\u2019on dit, les choses qu\u2019on fait<\/em>&nbsp;: Albinoni sur le baiser final dans le train, le Requiem en puissance, les jeux de cordes tendues qui s\u2019embrassent, m\u2019arrachant une larme. \u2014 <em>Je ne pensais pas voir le film<\/em>. J\u2019ai rat\u00e9 le d\u00e9but, je me suis pos\u00e9 comme \u00e7a devant l\u2019\u00e9cran, \u00e0 regarder sans voir, avec l\u2019id\u00e9e de me remettre au <em>Domaine des Foss\u00e9s<\/em>. Et puis, des mains, des corps, les v\u00eatements, la peau, les bouches, la voix off pour dire la distance paradoxale. Et elle, avant, dans le contrejour de la lampe. La lumi\u00e8re est douce, la voix aussi. Et c\u2019est une ombre qui parle. WL.<\/p>\n\n\n\n<p>Au bord de la route m\u2019accompagnent des noms de villages&nbsp;: Laf\u00e9line, Fleuriel, Deux Chaises, La plume. Et puis la po\u00e9sie s\u2019est envol\u00e9e avec le vent de la terre. Pr\u00e9paratifs intenses hier journ\u00e9e. Les nuages sont blancs d\u2019oc\u00e9an. Avons lou\u00e9 un loft. Nous n\u2019irons pas dormir l\u00e0 o\u00f9 je suis n\u00e9e. Tout est devenu compliqu\u00e9. Il faudra choisir, ramener juste ce qu\u2019il faut pour ne pas oublier. Ne pas s\u2019encombrer. L\u00e9onard Cohen chante Suzanne. M\u00e9lodie bouleversante. MM.<\/p>\n\n\n\n<p>Impr\u00e9vu son coup de t\u00e9l\u00e9phone, impr\u00e9vu ce que je lui apprends, impr\u00e9vue sa r\u00e9action et pourtant tellement sienne. Impr\u00e9vu ce rire qui me monte. Mon bon gar\u00e7on, mon ing\u00e9nu. Sa candeur c\u2019est sa force. Gar\u00e7on droit. Et je ris de le reconna\u00eetre tout entier dans cette simpiclit\u00e9. Au soir de la journ\u00e9e, il y a ce rire&nbsp; qui est mont\u00e9, pas un rire de gorge, pas un rire moqueur. Un rire des l\u00e8vres, des joues, des yeux. Un rire de joie. BG.<\/p>\n\n\n\n<p>Impr\u00e9vu, sans \u00eatre \u00e9tonnant, apr\u00e8s la pluie de la journ\u00e9e, obstin\u00e9e, lourde, froide, rallier le nord \u00e0 l\u2019est de la ville prend un temps fou, un temps ralenti sous la pluie qui continue de tomber drue. CS.<\/p>\n\n\n\n<p>9\/11 \u2013 Apr\u00e8s des semaines d&rsquo;infid\u00e9lit\u00e9, je suis de retour sur les chemins de Saint Lumine. Sensation inhabituelle, donc impr\u00e9vue, d&rsquo;intense satisfaction. Les fortes averses de la nuit pass\u00e9e ont lav\u00e9 les petites routes vers la Berderie d&rsquo;o\u00f9 je rejoins Malsaine. Nous sommes le 9 novembre et l&rsquo;air est intens\u00e9ment doux. J&rsquo;\u00e9coute d&rsquo;une oreille inattentive les propos de qui marche \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s. Seulement pr\u00e9sent aux marais, aux ch\u00eanes et au vert intense des prairies. Trop \u00e9l\u00e9mentaire pour ne plus entendre la rumeur de la grande ville et le fracas du Monde ? AB.<\/p>\n\n\n\n<p>Pression art\u00e9rielle \/ oxyg\u00e8ne sanguin \/ pes\u00e9e; de retour dans la salle d&rsquo;attente, l\u2019impr\u00e9vu&nbsp;: je m&rsquo;\u00e9vanouis \u2013 40 secondes&nbsp;? J\u2019ouvre les yeux \/ reprends conscience; \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de mon masque, je saigne abondamment du nez [ou de la bouche]; dans ma chute, j&rsquo;ai heurt\u00e9 un objet; accroupi \/ t\u00eate vers le sol \/ vue partiellement bloqu\u00e9e, je ne vois que des pieds et des mains et des voix&nbsp;: je d\u00e9cline sans erreur le jour, la date et le lieu o\u00f9 je me trouve. EL.<\/p>\n\n\n\n<p>Son avant-bras nu effleure ta main. Elle s\u2019excuse. Pardon. Elle a empi\u00e9t\u00e9. Pass\u00e9 une fronti\u00e8re. Tu as devin\u00e9 sa chaleur, une finesse inattendue, un tr\u00e8s l\u00e9ger duvet. Le contact est impr\u00e9vu, devenu rare avec qui l\u2019on n\u2019est pas intime. On ne s\u2019embrasse plus, et \u00e0 peine si l\u2019on s\u2019approche lorsqu\u2019on se salue. Un effleurement. Le mot est joli. Comme on caresse une fleur sans l\u2019abimer, et la texture du p\u00e9tale. La texture de la peau. Les mots te touchent : effleurer, texture. Le texte. Ce qui reste \u00e0 \u00e9crire. SB.<\/p>\n\n\n\n<p>Impr\u00e9vu \u00e0 17 heures ce ciel en noir et blanc \u2013 l\u2019orage ailleurs \u2013 not\u00e9 sur une vid\u00e9o d\u2019une seconde \u2013 chaque jour une seconde \u2013 pourtant son pull est vert son jean est bleu \u2013 \u00e0 la radio <em>Kind of Blue<\/em> dans la <em>Dolce Vita<\/em> \u2013 inqui\u00e9tante la douceur de la temp\u00e9rature \u2013 associ\u00e9e \u00e0 une fatigue post-vin-rouge \u2013 \u00e0 la radio <em>Cry me a River<\/em> dans la <em>Dolce Vita<\/em> \u2013 pleurer un fleuve \u00e0 quoi \u00e7a sert \u2013 demain on ne sait de rien \u2013 demain on ne c\u00e8de rien. JMG.<\/p>\n\n\n\n<p>Radio stimuli. Col\u00e8re. Non. Je refuse d\u2019\u00eatre une personne en col\u00e8re. Je m\u2019interdis la col\u00e8re. Je sais trop ce qu\u2019elle d\u00e9figure. RBV.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019impr\u00e9vu. Incipit. J\u2019\u00e9cris \u00e7a et apr\u00e8s. Qu\u2019est-ce qui vient apr\u00e8s&nbsp;? Jeudi matin, 6h16. Tout le monde dort encore, tout est sous contr\u00f4le. Le chat \u00e0 ma gauche fait sa toilette. Je r\u00e9p\u00e8te&nbsp;: la belle Pompon \u00e9caille de tortue, sur le tapis de mon bureau, fait sa toilette. Je pose mon regard longuement. Cela n\u2019arrive pas d\u2019habitude, que je m\u2019int\u00e9resse \u00e0 Pompon plus que cela. 6h30. Le r\u00e9veil sonne. Notes de Chopin. Sublime. Opus oubli\u00e9. CLG.<\/p>\n\n\n\n<p>Repousser l\u2019\u00e9criture du prologue, peut-\u00eatre un peu superstitieusement: combien de #00TL pour aucun cycle men\u00e9 au bout? Choisir le carnet sans l\u2019\u00e9crire, le prologue se fera postface ou \u00e9mergera \u00e0 mi-parcours. T\u00e2ter, feuilleter, effleurer mais ne pas d\u00e9voiler celui qui semble parfaitement convenir, s\u2019impose m\u00eame : lui laisser l\u2019interstice d\u2019un amont. Pluie diluvienne sur le velux et pile de corrections chancelante, s\u2019autoriser pauses musiques et lecture , finir \u00ab&nbsp;sa pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e&nbsp;\u00bb de Sarah Jollien-Fardel. SG.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y aurait eu les odeurs. \u00c0 pr\u00e9sent je vois davantage les corps qui bougent. Il y en a peu ici. On prend le temps de les voir se former, marcher \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des pierres \u00e9normes d\u2019\u00e9glise. Une femme prom\u00e8ne son chien &#8211; je dis femme mais c\u2019est son corps qui me suspend \u00e0 lui, l\u2019impossible tourment des jambes et la lutte contre ce qui ne tient plus, comment se porter quand m\u00eame, se porter encore, l\u00e0, pour le chien au bout de la laisse. MR.<\/p>\n\n\n\n<p>On n&rsquo;avait pas pens\u00e9 que \u00e7a se passerait comme \u00e7a. Ce n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;on voulait. Parce que tu crois que cela te servirait, un p\u00e8re? Parce que tu ne veux pas de p\u00e8re. Parce que les p\u00e8res sont inconsistants. Un jour ils sont l\u00e0 et puis le jour d&rsquo;apr\u00e8s, ils ont disparu. \u00catre p\u00e8re, ce serait comme un manteau qu&rsquo;on enfile et qu&rsquo;on retire quand on n&rsquo;en veut plus. Est-ce qu&rsquo;on peut s&rsquo;en d\u00e9barrasser quand on a trop chaud&nbsp;? \u00catre p\u00e8re et suspendu \u00e0 la pat\u00e8re. \u00catre p\u00e8re et retourner sa veste. Cent hommes: et pourquoi pas un p\u00e8re dans tout \u00e7a ? IG.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;impr\u00e9vu, c&rsquo;est justement recevoir au r\u00e9veil l&rsquo;invitation \u00e0 \u00e9crire. Avant l&rsquo;appel venait du dedans, seul. Mais longtemps que plus rien ne surprend, ne pousse \u00e0 noter. Depuis que l\u2019\u00e9criture est partie, la ville s&rsquo;est vid\u00e9e des fictions qu&rsquo;elle portait \u00e0 son insu. Du banc en marbre blanc, chercher \u00e0 me sentir vivant, tenter d\u2019\u00eatre parmi les choses : un bruit de pas invisibles derri\u00e8re moi dont j\u2019imagine la silhouette, un chantier qui gronde au loin comme le ventre vide gargouille, et le lac, laid, enferm\u00e9 dans sa cage, dont l&rsquo;eau verte fr\u00e9mit au moindre soupir&#8230;j\u2019y tourne en rond sur ma barque, rep\u00eache \u00e0 l&rsquo;\u00e9puisette les mots qui l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre refont surface&#8230;AnM.<\/p>\n\n\n\n<p>\u200cdevant le supermarch\u00e9, un couple, bient\u00f4t la trentaine, assis jambes allong\u00e9es, des bi\u00e8res pos\u00e9es pr\u00e8s d\u2019eux, le sourire de la jeune femme avec qui son compagnon partage de la nourriture, une cuiller pour deux, jusqu\u2019o\u00f9 l\u2019intention ou l\u2019illusion du bonheur peut aller se nicher mb<\/p>\n\n\n\n<p>Est ce qu\u2019on peut revenir \u00e0 l\u2019origine ? Est-ce que l\u2019origine a un d\u00e9but ? Est-ce que l\u2019origine c\u2019est le commencement ? On dit remonter \u00e0 l\u2019origine, est ce que l\u2019origine est en haut d\u2019une montagne ? Novembre le 10. Jeudi le matin. Le ciel bleu fin de nuit. Les tours, les toits, les angles des maisons nets. La derni\u00e8re \u00e9toile brille. Un avion passe. Un oiseau chante. Un temps sans commencement ni fin. Et <em>Let\u2019s begin again<\/em>. LT.<\/p>\n\n\n\n<p>Huiti\u00e8me \u00e9tage de la cit\u00e9 administrative. 17h30. Lever la t\u00eate de l&rsquo;ordinateur. Par la fen\u00eatre la ville en contre plong\u00e9e. Les boulevards puis la ville intramuros. Suivre des yeux la rue qui descend vers l&rsquo;\u00e9glise St-Seurin. Au loin la place des Quinconces, en toile de fonds les coteaux de Garonne. Le soleil d\u00e9cline, le ciel s&#8217;empourpre. Au-dessus de la ville un immense nuage rouge orang\u00e9, de plus petits gris noirs. Vision cauchemardesque, \u00e9cho aux images apocalyptiques des grands incendies de l&rsquo;\u00e9t\u00e9. Iva.<\/p>\n\n\n\n<p>liste des choses \u00e0 faire dress\u00e9e pour le jour \u2014 rien \u00e0 redire je serai bien occup\u00e9e \u2014 errer un peu avant sur le net \u2014 voir passer le d\u00e9marrage d\u2019un colloque \u2014 aller voir le zoom juste un moment \u2014 y rester un long temps \u2014 \u00e0 \u00e9couter des mots que j\u2019aime \u2014 dans l\u2019ici qui me tient \u2014 en un va-et-vient entre la po\u00e9sie qui se dit \u2014 et l\u2019au-del\u00e0 de la vitre o\u00f9 se glisse le regard \u2014 des petits mots d\u2019Emaz not\u00e9s sur un carnet \u2014 \u00e0 creuser le dedans et le dehors \u2014 SV.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans mon dos. Ce qui se passait. Ce qu&rsquo;elle avait en t\u00eate. Comment elle s&rsquo;y prenait. Tout en gestes lents. Ce qu&rsquo;il fallait qu&rsquo;elle vo\u00fbte de son corps. D&rsquo;abord baisser la t\u00eate. Faire le dos rond. Ramasser le corps. R\u00e9duire l&rsquo;\u00e9cart entre l&rsquo;avant et l&rsquo;arri\u00e8re. Sortir de l&#8217;emprisonnement par l&rsquo;effacement. C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9tape premi\u00e8re, celle qui permettrait de mettre son plan \u00e0 ex\u00e9cution. Le temps qu&rsquo;il lui avait fallu pour en arriver l\u00e0. D\u00e9j\u00e0 elle avait une patte sortie du harnais et tout cela sans m\u00eame tendre le mou de la longe. AD.<\/p>\n\n\n\n<p>08:10, le RER en rade gare de Lyon, passagers sur les quais. La 14 jusqu\u2019\u00e0 Madeleine, la 12 jusqu\u2019\u00e0 Porte de la Chapelle. L\u00e0, un bus, le 252, pour un chemin inconnu. Ce matin je serai en retard et je d\u00e9teste \u00e7a. Le 252 file sur l\u2019A1 et sort \u00e0 Stains, lentement longe les Cit\u00e9s-Jardins. Potagers, pavillons en briques jaunes, beaut\u00e9s utopiques pr\u00e9serv\u00e9es \u2013 on voudrait se reposer sur cette \u00eele au milieu de la ville ab\u00eem\u00e9e. Il faudra y revenir, absolument. XG.<\/p>\n\n\n\n<p>le vent a transport\u00e9 ce balcon sur celui du voisin | il plisse les yeux devant la file d\u2019attente | seul un conseiller gaz peut r\u00e9cup\u00e9rer la bonbonne | le serveur appr\u00e9cie qu\u2019on l\u2019appelle jeune homme | un corps osseux | ils connaissent la recette de la meilleure bouillabaisse | les yeux bleus du coach regardent le ciel et tombent | elles sont russes | l\u2019enfant ne porte d\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019au football | rue Juramy quel nom \u00e9trange | Monsieur Rivi\u00e8re a une carte de fid\u00e9lit\u00e9. LD<\/p>\n\n\n\n<p>9 novembre 2022 : 400 kilom\u00e8tres d\u2019autoroute entre la Bretagne et la Beauce. 110 ou 130 km\/h. Camions, voitures, travaux, accidents. Le chat qui miaule sur une bonne partie du trajet. Total qui accueille, Esso qui re\u00e7oit, consommation de carburant raisonnable. Voiture pleine, coffre plein. L\u2019ordinateur est bien cal\u00e9 dans sa pochette. Concentration pendant quatre heures, arr\u00eat obligatoire \u00e0 mi-parcours et reprise du volant jusqu\u2019au bout. Pas de fatigue, c\u2019est \u00e9tonnant et impr\u00e9vu. EV.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019impr\u00e9vu de 14h45&nbsp;: Alarme d\u2019un Iphone dans l\u2019atelier d\u2019\u00e9criture. Crayon lev\u00e9, joues rouges, yeux baiss\u00e9s, Michel avoue&nbsp;\u00eatre branch\u00e9 bluetooth car \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9motion \u00e7a consomme du sucre&nbsp;\u00bb. Je pense \u00e9cureuil, je pense noix&nbsp;: il me reste un biscuit dans la poche.&nbsp;&nbsp;C.G-H<\/p>\n\n\n\n<p>le r\u00e9veil en pleine nuit la gorge en feu les cordes vocales douloureuses et alors toutes ces choses \u00e0 dire \u2013 Colette, S\u00e9n\u00e8que \u2013 et les mots qui manquent d\u00e9j\u00e0. OS<\/p>\n\n\n\n<p>Bus matutinal (mot plut\u00f4t de ma m\u00e8re) et sens inverse on dit de la marche : toute la lune dans la vitre arri\u00e8re. \u00c0 l\u2019avant, les places r\u00e9serv\u00e9es en priorit\u00e9 1) aux mutil\u00e9s de guerre 2) aux aveugles civils. J\u2019envoie la lune, ma m\u00e8re r\u00e9pond oui hier elle \u00e9tait extraordinairement brillante. Et, mon petit fr\u00e8re,&nbsp;&nbsp;que la lune l\u2019a emp\u00each\u00e9 de dormir. MiT<\/p>\n\n\n\n<p>Je la vois. Un mot gronde entre ses \u2026 Si jeune et d\u00e9j\u00e0 sans dents. Une voix d\u2019ailleurs, voix \u00e9raill\u00e9e, du m\u00e9tal qu\u2019on d\u00e9chire, la d\u00e9coupe. Sur fond de nuit elle se d\u00e9tache. Clac&nbsp;! La boite s\u2019ouvre. Elle a go\u00fbt de rat crev\u00e9. Je m\u2019\u00e9loigne. Elle rejoint l\u2019homme \u00e0 qui elle demande l\u2019heure. Leurs t\u00eates se penchent sur le cadran bleu nuit.&nbsp; Ils tombent dans le couloir du temps des choses et des \u00eatres. On dirait deux lampadaires qui se donnent du feu.&nbsp; \u00ab&nbsp;Merci mon p\u00e8re&nbsp;\u00bb elle dit avant de s\u2019engouffrer en sillonnant vers sa nuit en d\u00e9hanchant ses hanches maigres. Un bruit vient me chercher. \u00c7a tinte \u00e0 mon oreille comme des os qui chantent. Ce sont des troncs creux que r\u00e9veillent des mains sombres de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des peaux tendues.&nbsp; Une \u00e9tincelle allume mon regard. Eclaire-t- elle son chemin&nbsp;? Un tramway la fr\u00f4le, enrag\u00e9. Chacun sa trajectoire.&nbsp;CaB<\/p>\n\n\n\n<p>Retour vers 22h30. Tout est \u00e9teint dans le village. C\u2019est nouveau cette obscurit\u00e9 ici, le d\u00e9cor terne et sombre serr\u00e9 autour des phares. Arriv\u00e9e plus loin devant la maison. Pleine lune. Un bleu silencieux et tr\u00e8s profond vibre loin derri\u00e8re le noir entre les rares nuages. Grande sensation de fra\u00eecheur sur le visage. J\u2019aimerais installer mon appareil photo sur un tr\u00e9pied au milieu de la rue. Avaler tout ce m\u00e9tal. &nbsp;JdeT.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019impr\u00e9vu mercredi, apr\u00e8s le long soir des paroles camarades, des col\u00e8res que faute de mieux on lan\u00e7ait sur les murs sous les affiches rouges, c\u2019est quand il faut rejoindre la voiture gar\u00e9e n\u2019importe comment sous le pont o\u00f9 dorment ceux qui me regarderont passer, c\u2019est le&nbsp;voyant moteur&nbsp;allum\u00e9 soudain, et c\u2019est rouler ainsi dans la ville la nuit presque au ralenti tout&nbsp;warning&nbsp;ouvert : c\u2019est cette image du monde alors qui s\u2019imposait pour dire le tout des choses qui m\u2019emportait comme malgr\u00e9 moi lentement vers chez moi. ArM.<\/p>\n\n\n\n<p>Un sms de ma petite fille, accompagn\u00e9 d&rsquo;une photo, un champignon, un mot : la main du diable, il pue. Je lui r\u00e9ponds : il est horrible, et je m&#8217;empresse de l&rsquo;oublier.&nbsp;<br>L\u00e0 \u00e9crivant, je le recherche sur google. Nom scientifique, <em>Clathrus Archeri<\/em>. Il n&rsquo; est pas toxique. Ne peut \u00eatre consomm\u00e9 vu son odeur naus\u00e9abonde. On l&rsquo;appelle aussi doigts du diable ou de la mort, coeur de sorci\u00e8re, lanterne du diable. C&rsquo;est dans l&rsquo;apr\u00e8s coup que je m&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 lui qui m&rsquo;a si fort d\u00e9concert\u00e9e hier. <br>ChD.<\/p>\n\n\n\n<p>Juste la rue \u00e0 traverser pour le voir, Jean-Pierre. Il vient d&rsquo;ouvrir son garage archi plein, il n&rsquo;a pas de voiture mais une moto. Il bricole \u00abJe ne roule pas, je ne peux pas\u00bb : Il attend de pouvoir changer son pneu avant. SW.<\/p>\n\n\n\n<p>une place je vous prie, ce je vous prie fallacieux, ce je vous prie connot\u00e9 d\u2019un je vous (m\u00e9)prie, autant dire je vous somme ou je vous (as)somme, ou je vous mande ou je vous (com)mande;&nbsp; je vous surpris dans vos t\u00e2ches subalternes de travailleur pr\u00e9caire, du latin&nbsp;precarius&nbsp;obtenu par la pri\u00e8re. MS<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai retrouv\u00e9 un billet de 100 francs dans une petite bourse noire brod\u00e9e de perles. Rappel de la difficult\u00e9 que j\u2019ai eue \u00e0 convertir les francs en euros. Et cette bourse oubli\u00e9e du temps des anciens francs. Va falloir l\u2019\u00e9crire. SyB.<\/p>\n\n\n\n<p>Seule ce matin, en chemin pour animer, gravir la rue le c\u0153ur l\u00e9ger dans l\u2019attente de la rencontre imminente pr\u00e9vue. Pr\u00e9vue la surprise, pr\u00e9vu l\u2019inattendu, pr\u00e9vu l\u2019impr\u00e9vu dans la feuille de route de l\u2019atelier philo. Des enfants, des bancs, des tableaux, des colles par terre, des plumiers qui tombent, des pipis irr\u00e9sistibles et au milieu du chaos, une petite voix&nbsp;: \u00ab&nbsp;chaque objet a une histoire&nbsp;\u00bb. IsB.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019impr\u00e9vu est entr\u00e9 en d\u00e9but de r\u00e9p\u00e9tition en m\u00eame temps que le dernier com\u00e9dien faisait son apparition. Accompagn\u00e9 d\u2019un jeune inconnu, t-shirt ensanglant\u00e9, cr\u00e2ne ouvert, sans chaussures, demandant assistance, balbutiant qu\u2019il venait d\u2019\u00eatre agress\u00e9 par deux hommes arm\u00e9s. Attendu un temps certain l\u2019arriv\u00e9e de la police et de l\u2019ambulance. Saisissante intrusion du r\u00e9el sur une sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre alors que nous r\u00e9p\u00e9tons un texte qui parle de confusion entre r\u00e9el et fiction. ClE.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, l\u2019impr\u00e9vu d\u00e9sir de noter.&nbsp;&nbsp;<br>Je suis l\u00e0, assise parmi les autres en peine, gens recueillis pour l&rsquo;au revoir final, incapable de saisir crayon et carnet, d\u00e9cence et retenue, respect des \u00e2mes \u00e9plor\u00e9es.<br>Elle est l\u00e0, au milieu des pri\u00e8res adress\u00e9es \u00e0 nulle part, vers les volutes des piliers ancestraux, tendues avec regards noy\u00e9s vers les visages saints, cette envie de se fondre en dedans pour amalgamer les mots, les phrases et l&rsquo;\u00e9motion en un geste d\u2019\u00e9crire.&nbsp;<br>Il \u00e9treint, entre hom\u00e9lie et offertoire, embaum\u00e9 de paroles, de chants et de bouquets d\u00e9pos\u00e9s pour l\u2019absente, cet emp\u00eachement de dire, \u00e0 l\u2019instant, brutalement, sans retenue ni fard, les frissons et les doutes, les souvenirs, le deuil d\u2019un rire ou d\u2019un avenir.<br>C\u2019est fini, glissant avec larmes et soupirs sur les larges dalles, louvoyant entre bancs vermoulus et promesses de purgatoire, ce besoin de noter s&rsquo;\u00e9chappe vers le jour qui n&rsquo;en finit pas de pleuvoir, triste aussi sur le parvis de l\u2019\u00e9glise.<br>G. A-S<\/p>\n\n\n\n<p>Hier soir, \u00e0 la lecture, il \u00e9tait l\u00e0. Inattendu et immense. L\u2019air soudain d\u2019\u00e9t\u00e9. Les jambes un peu tremblantes. CdeC.<\/p>\n\n\n\n<p>Je garde le silence. Le moment est trop pr\u00e9cieux pour le souiller avec des paroles en l\u2019air. La bi\u00e8re n\u2019est pas tr\u00e8s fra\u00eeche mais elle a quelque chose de savoureux. Le go\u00fbt de l\u2019interdit, non, le go\u00fbt de l\u2019\u00e9trange. On joue un spectacle de cirque \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Je n\u2019en ai aucune preuve, les portes coupe-feu font leur travail. Je n\u2019ai rien \u00e0 faire dans un hall de th\u00e9\u00e2tre en tenue de sport. Je partirai avant la fin, personne ne saura que je suis venu. La dame du bar m\u2019a d\u00e9j\u00e0 oubli\u00e9. Tout est si facile. Je n\u2019ai pas eu grand-chose \u00e0 faire pour me retrouver l\u00e0. Il m\u2019a fallu d\u00e9vier de quelques m\u00e8tres seulement. D\u00e9vier de quelques m\u00e8tres. En faire un principe, au quotidien. Faire que ma journ\u00e9e ne se termine plus jamais. JH.<\/p>\n\n\n\n<p>10\/11\/22<br>R\u00e9veil \u00e0 2h30.<br>Toute la nuit, micro-r\u00e9veils et tenir \u00ab 17 34 \u00bb en m\u00e9moire. R\u00e9ussi.<br>Lev\u00e9e, exercices puis recherches.<br>1734 : dans tout l\u2019ordi une seule occurrence : Daniel Boone, date de&nbsp; naissance. Explorateur \u00ab anglais \u00bb en Am\u00e9rique, quaker. Kentucky, a&nbsp; ouvert les voies, MAIS calendrier gr\u00e9gorien adopt\u00e9 en 1752, d\u2019o\u00f9&nbsp; plusieurs \u00ab jours \u00bb de naissance (22 octobre ou 2 nov (gr\u00e9g.)).<br>Mouais.<br>\u00ab 17 34 \u00bb mozilla : Luc, 17 :34. Je vous le dis, en cette nuit-l\u00e0, de&nbsp; deux personnes qui seront dans un m\u00eame lit, l\u2019une sera prise et l\u2019autre&nbsp;laiss\u00e9e.<br>A(H)M<\/p>\n\n\n\n<p>Impr\u00e9vue, la note elle-m\u00eame dans ce qu\u2019elle appelle. La nuit quand elle se pr\u00e9sente. Au bord du sommeil. Lancinante. Une douleur qui lance&nbsp;? Ou r\u00e9sonne. Elle a deux \u00e9quivalents&nbsp;: son grave de la corde tendue ( la de la harpe) et voix de Denez dans la gwerz Kiev. Se relever pour l\u2019\u00e9crire. ChE.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a ce moment o\u00f9, d&rsquo;un coup, je me rends compte que j&rsquo;\u00e9carquille les yeux, et que je fixe quelque chose, qui n&rsquo;est pas l\u00e0. Un demi demi entam\u00e9 devant moi, une place derri\u00e8re, la nuit autour, quelques couleurs qui se r\u00e9pondent en passant. Je n&rsquo;ai pas envie de bouger, de saisir ni mon t\u00e9l\u00e9phone, ni mon carnet \u2013 j&rsquo;\u00e9carquille un peu plus, \u00e7a n&rsquo;est pas la beaut\u00e9 que d\u00e9verse Mil\u00e8ne, pas non plus un personnage qui se colore un peu plus \u2013 autre chose \u2013 un pas l\u00e0, qui advient et qui monte, va peut-\u00eatre s&rsquo;envoler. AF.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bras se tend sans que la conscience le guide, t\u00e2tonne, trouve le bouton de la lampe, redresse le r\u00e9veil qu&rsquo;il a fait tomber, les yeux d\u00e9collent la nuit, enregistrent huit heures vingt cinq, les \u00e9paules commencent \u00e0 se soulever avec la petite douleur rituelle des matins, le corps entreprend de basculer et le cr\u00e2ne d\u00e9chiffre soudain avec un d\u00e9but de panique qui tarde \u00e0 monter pendant que le premier pied t\u00e2te le sol&#8230; la chasse en s&rsquo;appliquant \u00e0 l&rsquo;urgent, se lever. BC.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abIl fait beau et je marche vers la Place. Devant moi, une maman tire un minuscule tricycle sur lequel vrombit un enfant : il est dans une course, il est dans sa t\u00eate et il va gagner&nbsp;! Ils traversent calmement la rue lorsque tout se transforme en cris&nbsp;: une voiture ne les a pas vu, cale et klaxonne en faisant rugir son moteur. La peur s&rsquo;est invit\u00e9e. M\u00eame si donner la vie rend la mort in\u00e9vitable, tout ne tient jamais qu&rsquo;\u00e0 un fil. Noter pour exorciser.\u00bb SL.<\/p>\n\n\n\n<p>Ch\u2019pouvais pas l&rsquo;voir arriver\u2026 Maintenant qu\u2019y z\u00e9teignent les lampadaires\u2026 Ben \u00e9videmment qu\u2019j\u2019avais mes phares allum\u00e9s\u2026 Seulement quand j\u2019l\u2019ai vu c\u2019\u00e9tait trop tard\u2026y courait comme un lapin&nbsp;! &nbsp;C&rsquo;est apr\u00e8s que j\u2019l\u2019ai reconnu. Mon ancien patron, dit&rsquo;donc! Moi j\u2019savais pas qu\u2019y v\u2019nait faire son jogging dans l\u2019coin. Le destin quoi. On peut pas pr\u00e9voir et quand \u00e7a arrive on y croit pas&nbsp;!&nbsp; CC.<\/p>\n\n\n\n<p>Juste \u00e7a&nbsp;: tenir le regard une minute. C&rsquo;est un groupe impair, je participe aussi. Des fous rires et des pitreries pour exutoire bien entendu. Pas mon partenaire. Un mastodonte. Pr\u00e9sence difficile \u00e0 d\u00e9placer. Bras crois\u00e9s, regard droit,&nbsp;fait&nbsp;ce qu&rsquo;il faut&nbsp;faire&nbsp;dans une posture de guerrier. Mais finalement cet aveu&nbsp;: j&rsquo;\u00e9touffais. Je voulais partir mais c&rsquo;\u00e9tait interdit. Interdit&nbsp;? Pourquoi ne pas quitter le cercle s&rsquo;il \u00e9touffe&nbsp;? \u00c0 cause de la peur, dit-il. FL.<\/p>\n\n\n\n<p>Concentration intense, souffle lent et profond, conscience du corps, un cours de yoga sans surprise. C\u2019est juste \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une torsion vers la droite que le pied nu de ma voisine rencontre mon regard, sa forme me d\u00e9range, ses orteils sont recroquevill\u00e9s comme s\u2019ils ne pouvaient se d\u00e9plier, se poser et un sentiment de d\u00e9go\u00fbt m\u00eal\u00e9 \u00e0 ma honte de le ressentir ne me quitte pas jusqu\u2019\u00e0 la fin de la s\u00e9ance consacr\u00e9e exclusivement d\u00e9sormais \u00e0 \u00e9viter de regarder ce pied qui m\u2019attire pourtant. IsC.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019impr\u00e9vu se loge dans le choix du gilet que j\u2019enfile ce matin. Tu es s\u00fbr&nbsp;? Le rose&nbsp;? Je pensais au gris. Je fais confiance, je l\u2019enfile, je succombe \u00e0 la chaleur qui se r\u00e9pand \u00e0 la base de mon cou et consens \u00e0 cette vague de douceur, dire que je doute encore de sa puissance. Ne pas me retourner sur l\u2019image d\u2019un bonbon acidul\u00e9 pr\u00eat \u00e0 \u00eatre croqu\u00e9 qui s\u2019\u00e9vanouit dans l\u2019effort du trajet en v\u00e9lo, c\u2019est le jour de l\u2019annonce. MTu.<\/p>\n\n\n\n<p>Lundi, c\u2019est une simple patate saisie au hasard et vite fait dans le filet de \u00ab&nbsp;Talentines&nbsp;\u00bb achet\u00e9 la veille chez Leclerc. Pas trouv\u00e9 d\u2019\u00ab&nbsp;Amandines&nbsp;\u00bb, mais \u00e0 d\u00e9faut \u00e7a fait l\u2019affaire, une bonne pur\u00e9e vite fait bien fait en un tournemain, \u00e0 la fourchette \u00e9cras\u00e9e, et qui r\u00e9galera sa vielle M\u00e8re \u00e0 l\u2019EHPAD. Pioch\u00e9 au hasard un bon gros c\u0153ur bi-ventriculaire avec taches de rousseur, \u00e9tonnamment vivant. Pas partie en pur\u00e9e celle-ci, mais &nbsp;regard\u00e9e&nbsp; observ\u00e9e et, joyeusement d\u00e9pos\u00e9e au pied d\u2019un pot de \u00ab&nbsp;Pil\u00e9a Peperomioides- arbre&nbsp; \u00e0 monnaie chinoise&nbsp;\u00bb auquel&nbsp; elle venait d\u2019arracher une tige. &nbsp;Le lendemain, c\u2019est un feu de positionnement \u00e0 l\u2019arri\u00e8re d\u2019une Hyundai compacte qui l\u2019arrache \u00e0 la grisaille, au c\u0153ur serr\u00e9 &nbsp;d\u2019une violence&nbsp; familiale larv\u00e9e&nbsp; qui fleurit, enfle, explose &nbsp;&nbsp;&#8211; mails et contre mails &#8211; le cortex orbitofrontal&nbsp; se cabre et se d\u00e9r\u00e8gle impulsif, glisse, cogne sans plus &nbsp;savoir o\u00f9 est sa cible, ni ce qui s\u2019\u00e9crit. &nbsp;Sur le chemin du travail, le conducteur &nbsp;de la mini-Hyundai&nbsp; freine et re- freine et c\u2019est un petit c\u0153ur rouge, troisi\u00e8me feu STOP qui s\u2019allume devant elle et pour elle.<br>Deux fois en deux jours, un c\u0153ur qui cogne \u00e0 la vitre de ses yeux&nbsp; et fait&nbsp; &nbsp;larmes verser.<br>SMR<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps est \u00e0 la pluie. Il est 07h30, j&rsquo;ouvre la porte qui donne \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. L&rsquo;air est humide et froid. Je&nbsp; suis propuls\u00e9, d&rsquo;un coup, dans l&rsquo;automne qui souffle \u00e0 grand vent. Je recule puis ressort, \u00e9charpe au cou, bonnet sur les oreilles. Dans la voiture, les essuie glace balaient en vitesse maximum, il ne fait pas encore jour, je mets les pleins phares pour sortir du chemin, puis je tourne sur la petite d\u00e9partementale et rejoins la nationale o\u00f9 je r\u00e9duis la puissance de mon \u00e9clairage. Les centaines de phares qui d\u00e9filent dans un sens et dans l&rsquo;autre prennent le relai. Ici disparait le calme, l&rsquo;\u00e9veil de la campagne. L\u00e0 , tout est en tension, pr\u00e9cipitation, comme pouss\u00e9 par le vent, flot de voitures,camions, motos et les flots d&rsquo;eau qu&rsquo;ils soul\u00e8vent. On est dans l&rsquo;arrachement, au sommeil, \u00e0 la vie priv\u00e9e, \u00e0 l&rsquo;intime. Tous ces v\u00e9hicules&nbsp; pr\u00e9cipitent leurs passagers vers la tache, la mission, la fonction qui les tiendra jusqu&rsquo;au coucher du soleil qui commence doucement, \u00e0 l&rsquo;horizon, \u00e0 se lever. J&#8217;emprunte ce flux jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;aiguille qui prendra le flux de mon sang. Il sera plac\u00e9 dans une boite charg\u00e9e dans une voiture qui rejoindra le flux routier jusqu&rsquo;au labo. Quelqu&rsquo;un s&rsquo;est lev\u00e9, ce matin, avec pour tache, mission, fonction, d&rsquo;analyser mon sang et celui de milliers d&rsquo;autres.&nbsp; De retour chez moi, j&rsquo;attendrai quelques heures le mail qui me dira si tout va bien. LP.<\/p>\n\n\n\n<p>Rue en sens interdit de 17 \u00e0 18h, pas vue, l\u2019heure. Tu crois que j\u2019ai le temps de lire l\u2019heure sous les sens interdits intermittents&nbsp;?&nbsp;Esp\u00e8ce de connasse tu connais pas le code de la route. Il se prend pour qui avec son bus, lui&nbsp;! Substitut de virilit\u00e9, l\u2019engin&nbsp;? L\u2019insulte fait effraction dans la coquille protectrice de l\u2019habitacle. Une petite douleur passag\u00e8re, impr\u00e9vue, celle des&nbsp;&nbsp;mots qui coupent gratuitement et sans qu\u2019on s\u2019y attende. MCG.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2026 interrompre le flux de ses pens\u00e9es \u2026 faire silence int\u00e9rieur\u2026 ce d\u00e9calage\u2026 dans l\u2019intonation, ce regard&nbsp;\u2026 aussi , une alerte infime , une dissonance qui interroge, sans bien en saisir le motif&nbsp;\u2026 c\u2019est le corps qui signale, un l\u00e9ger raidissement \u2026 puis se repasser comme un film cette micro interaction, ce presque rien \u00e0 ce moment- l\u00e0\u2026 ne pas y accorder d\u2019importance, c\u2019est prendre le risque de voir tourner en boucle ce d\u00e9calage, une journ\u00e9e o\u00f9 l\u2019attention serait capt\u00e9e ailleurs\u2026 une dissonance perturbante, pas encore irritante \u2026 rejouer mentalement cette fugacit\u00e9, en d\u00e9cal\u00e9 \u2026 et d\u00e9velopper ult\u00e9rieurement, peut-\u00eatre, des pistes incertaines\u2026 jeter sur le papier , comme un corps \u00e9tranger, l\u2019affectation d\u2019un pr\u00e9sent \u00e9ph\u00e9m\u00e8re\u2026 laisser des traces qui pourront persister\u2026. uis reprendre le cours des choses pour l\u2019instant\u2026 A.N.<\/p>\n\n\n\n<p>Compte-rendu de ce qui s&rsquo;est dit lors de mon rendez-vous en ligne tout en effectuant d&rsquo;autres t\u00e2ches. Fen\u00eatre de temps imparti. Apparition inattendue d&rsquo;un ami qui sort de chez le dentiste. Signe amical en passant. Fou rire. \u00c9tonn\u00e9s de se voir dans ces conditions inattendues. Dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 de parler. Au moment de quitter l&rsquo;accueil de la biblioth\u00e8que, distrait, j&rsquo;oublie d&rsquo;enregistrer le texte en cours d&rsquo;\u00e9criture. Les mots peinent \u00e0 refaire surface. La m\u00e9moire convoque le pass\u00e9 au pr\u00e9sent. Dehors, l&rsquo;air frais me surprend d&rsquo;une caresse vivifiante sur le visage. PM.<\/p>\n\n\n\n<p>Le flux de la radio traverse le plafond. Caisse de r\u00e9sonance entre leurs murs, vibrations de l\u2019enceinte dans les pieds du meuble \u2014 de la table&nbsp;? \u2014, entre les lames du parquet jusqu\u2019\u00e0 mes os. Onde. Scansion des mots. Une voix plus aig\u00fce me chatouille le cr\u00e2ne, la plus grave fourmille dans mes c\u00f4tes. Quelques coups \u00e9touff\u00e9s, ils rient. Le son s\u2019immisce comme de l\u2019eau. S\u2019il ne touchait que mes oreilles. AR.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est tard quand je re\u00e7ois son message. Il d\u00eene seul, totalement seul, dans le restaurant d\u2019un h\u00f4tel cinq \u00e9toiles \u00e0 Ankara. Il est tard aussi \u00e0 Ankara.<br>Je le vois au milieu des tables mont\u00e9es et intactes. Toutes les lumi\u00e8res de la grande salle allum\u00e9es. Elles tapent les verres align\u00e9s par trois devant les assiettes doubl\u00e9es \u2014 et aucune n\u2019est celle o\u00f9 l\u2019on mange&nbsp;: la plus petite, on la remplacera par celle qu\u2019on aura pr\u00e9par\u00e9e en cuisine, qui sort du four et qui br\u00fble la main empress\u00e9e qui apporte l\u2019entr\u00e9e. La plus grande demeure, elle n\u2019est l\u00e0 que pour \u00e9viter le contact trop brutal avec la nappe. Elle est l\u00e0 pour les t\u00e2ches, les miettes, les coulures, les arr\u00eates\u2026 \u2014 et les nappes aussi qui s\u2019empilent, \u2014 le Bulgomme, qui amortit les bruits, qui amortit le bois sous son coude, et puis une sorte d\u2019al\u00e8se, un petit linge qu\u2019il ne ferait pas beau voir, la nappe en damass\u00e9 et puis encore une autre, en losange par-dessus \u2014 \u00e9cras\u00e9es de blancheur.<br>Nous avons cr\u00e9\u00e9 un h\u00f4tel ensemble. Je fais \u00e7a tout le temps, il faut dire, je (re) cr\u00e9e des h\u00f4tels dans des spectacles, dans des textes. L\u2019h\u00f4tel&nbsp;du Lys d\u2019or. Il \u00e9tait peupl\u00e9 de fant\u00f4mes, qui gardaient visibles l\u2019impact de leur mort (le collier rouge des guillotin\u00e9es, le trou noir \u00e0 la tempe des joueurs de roulette\u2026)&nbsp;<br><em>la mort est un processus rectiligne<\/em><br>Voil\u00e0 qu\u2019il y est. \u00ab\u2009M\u00e9fie-toi des glaces sans tain de la salle de bains\u2009\u00bb.<br>Plombi\u00e8res, Ankara, quelle diff\u00e9rence \u00e0 partir d\u2019une certaine heure\u2009? D\u2019un certain train\u2009?<br>Je le vois assis l\u00e0-bas, mais tout de suite, je vois Osmin. Je l\u2019installerai l\u00e0-bas, \u00e0 sa place. Je ne garderai rien de l\u2019ami, que son sentiment de d\u00e9calage, d\u2019absurdit\u00e9, d\u2019une forme de solitude accompagn\u00e9e de tr\u00e8s loin\u2026 J\u2019ouvre un chapitre.<br>Je revois aussi la salle de restaurant \u00e0 l\u2019\u00e9tage de l\u2019Arbatskaia. 1990. Des mange-debout malgr\u00e9 le chic, \u00e0 cause du chic\u2009? Trop de lumi\u00e8re, l\u00e0 aussi.<br>Et la salle de restaurant \u00e0 l\u2019h\u00f4tel de Londres d\u2019une station baln\u00e9aire bulgare. En \u00e9tage, \u00e9galement, d\u00e9serte. Nos cuill\u00e8res lourdes comme nos langues apr\u00e8s cette interminable journ\u00e9e de r\u00e9p\u00e9titions en cinq langues. La veille, il y avait eu une temp\u00eate\u2026<br>Je r\u00eave qu\u2019on me maintient la t\u00eate dans les toilettes. Tu pointes : \u00ab\u2009Dans les \u00e9toiles\u2009? Dans l\u2019\u00e9toilette\u2009?\u2009\u00bb<br>EC.<\/p>\n\n\n\n<p>Laisser votre voiture peut vous sauver la vie. Il a fallu s\u2019approcher pour comprendre. C\u2019est en cas d\u2019inondations et c\u2019est \u00e9trange car le gars sur l\u2019affiche sirote tranquillement son caf\u00e9. Peut-\u00eatre que le message c\u2019est de garder son calme&nbsp;? Peut-\u00eatre qu\u2019il n\u2019y a rien \u00e0 faire d\u2019autre que regarder les voitures flotter, qu\u2019attendre que \u00e7a passe. Ne pas prendre la voiture, oui, ne rien faire, pas moyen quand on est envahi, mais \u00e9vacuer, \u00e9coper, essorer. PV.<\/p>\n\n\n\n<p>La chaleur est revenue. Ciel bleu, le peu de neige tomb\u00e9 fond. Dans la combe en face, c\u2019est sombre du c\u00f4t\u00e9 expos\u00e9 \u00e0 l\u2019ouest, sombre du c\u00f4t\u00e9 expos\u00e9 \u00e0 l\u2019est, encore clair dans le creux rest\u00e9 bien cal\u00e9 au nord. La neige comme un ruisseau qui d\u00e9valerait jusqu\u2019en bas. Un ruisseau immobile. Ce motif-l\u00e0, \u00e0 cet endroit et en cette saison, encore jamais vu. Les arbres encore verts sur le versant d\u2019en face, par plaques. L\u2019automne n\u2019avait pas pr\u00e9vu \u00e7a. Un impr\u00e9vu \u00e0 pr\u00e9voir pour les ann\u00e9es qui viennent ? JD.<\/p>\n\n\n\n<p>Des mots dit par une autre \u00abje me suis r\u00e9duite\u00bb. Sensation impr\u00e9vue, \u00e9motion vive. Comprendre soudain pourquoi l&rsquo;air te manque parfois, tes bras ne s&rsquo;ouvrent plus si grand, ton&nbsp;sourire est fig\u00e9,&nbsp;tes yeux perdent la&nbsp;lumi\u00e8re. Pourquoi cette porte te semble si lourde, la fuite si difficile \u00e0 prendre. ES.<\/p>\n\n\n\n<p>Vers 14h, l\u2019impression d\u2019un coup d\u2019un silence et que personne autour. La chauss\u00e9e vide, on peut quitter le trottoir et marcher \u00e0 m\u00eame la rue. On s\u2019aper\u00e7oit alors du long lacet courb\u00e9 qu\u2019elle d\u00e9roule amplement entre les pare-brises de ses bords.<br>Il faut marcher l\u00e0 o\u00f9 on ne fait pas pour bien voir, et je me dis \u00e7a \u2014 que c\u2019est un :&nbsp;pas de c\u00f4t\u00e9 vers le milieu.&nbsp;<br>S\u00fbrement que c\u2019est rien.<br>VB<\/p>\n\n\n\n<p><br>Hier soir, vingt-deux heures, il fait nuit et elle est froide la nuit.&nbsp;<br>Je sors de la boxe, je tremble un peu sur mon v\u00e9lo, j&rsquo;ai h\u00e2te de rentrer.<br>Soudain, une image, un flash, la sensation d&rsquo;un r\u00eave,<br>A l&rsquo;abri bus de l&rsquo;h\u00f4pital, le long du grand boulevard qui longe la for\u00eat, je vois, un corps allong\u00e9, \u00e0 m\u00eame le bitume, qui dort, du moins, je l&rsquo;ai esp\u00e9r\u00e9.<br>Un corps de femme, il m&rsquo;a sembl\u00e9, avec une b\u00e9quille \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, comme jet\u00e9e ou tomb\u00e9e.<br>L\u00e0, sous les n\u00e9ons blanch\u00e2tres et je ne me suis pas arr\u00eat\u00e9e.<br>J&rsquo;ai continu\u00e9 \u00e0 rouler et j&rsquo;ai pens\u00e9,&nbsp;il faut appeler la police, peut-\u00eatre a-t-elle eu un malaise, peut-\u00eatre a-t-elle trop bu,&nbsp;peut-\u00eatre&#8230;&nbsp;il y en a eu des&nbsp;peut-\u00eatre&nbsp;dans ma t\u00eate, mais j&rsquo;ai continu\u00e9 \u00e0 rouler.<br>ClM<\/p>\n\n\n\n<p>Vadrouille pour photographier des animaux en ville mais, dans la brume piquante, d\u2019animal aucun. Sinon dans cette rue en pente douce, un gros chien noir. Sa grosse bonne t\u00eate,&nbsp;sa truffe humant le bas de mon imper. Pas de photo, on a parl\u00e9. JK.<\/p>\n\n\n\n<p>Impr\u00e9vu : tous les musiciens de l&rsquo;album <em>Manafon<\/em> par David Sylvian sont issus du milieu de l&rsquo;improvisation libre. (Je connais la plupart d&rsquo;entre eux.) (Appris par Wikip\u00e9dia tout en \u00e9coutant.) Personne ne me l&rsquo;avait jamais dit. PhB.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le silence du matin, sur la chauss\u00e9e, avancent trois ou quatre policiers, accompagn\u00e9s de deux infirmiers me semble-t-il. En tous les cas il y a aussi deux hommes en blanc portant des gants en plastique bleu myosotis. Au centre de ce petit groupe, un homme en tee-shirt, malgr\u00e9 le brouillard. Un homme plut\u00f4t jeune, escort\u00e9 de pr\u00e8s, il descend la rue. De mon c\u00f4t\u00e9, derri\u00e8re la fen\u00eatre, seulement le temps d\u2019entrevoir le geste de celui qui me para\u00eet \u00eatre arr\u00eat\u00e9.&nbsp;Une main en l\u2019air. Un au revoir&nbsp;? Un signe de provocation&nbsp;? PS.<\/p>\n\n\n\n<p>Le profil du chauffeur d\u2019autocar (tr\u00e8s grand) dans le pare-brise et cette fen\u00eatre qui s\u2019allume dans la ville \u00e9teinte. Les lettres d\u00e9filantes dans la nuit du pare-brise et le visage tout petit dans le r\u00e9troviseur de l\u2019angle. NH.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Arthur Rimbaud passe les portes automatiques de la m\u00e9diath\u00e8que Duras. Il pousse la capuche de son sweatshirt en arri\u00e8re, des pics hirsutes cassent sa m\u00e8che de cheveux sur le front. Il a l&rsquo;air soucieux. Son \u00e9cran de smartphone affiche 06 37 27 02 49. Il saisit son oreillette de la main gauche pour la ranger dans sa poche puis baisser le volume. Il \u00e9coute une chanson diffus\u00e9e \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition \u00e0 la radio \u00ab&nbsp;C&rsquo;est fou j&rsquo;travaille tout le temps mais c&rsquo;est les vacances dans ma t\u00eate&#8230;&nbsp;\u00bb&nbsp; N.E.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce matin, coup de fil inattendu d\u2019une amie ch\u00e8re et lointaine. Des nouvelles de six mois pass\u00e9s trop vite, dans une phrase, dans un souffle, \u00e7a va, pas trop mal, on s\u2019accroche. Les temps sont durs, m\u00eame en&nbsp;Autriche. \u00c9motions et sourires perceptibles \u00e0 travers les airs, \u00e0 travers les \u00e9crans du portable. La distance abolie par la technique bienveillante et par l\u2019amiti\u00e9 qui r\u00e9siste \u00e0 l\u2019usure du temps. MEs.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le mur rouge, derri\u00e8re le comptoir et les serveurs qui s\u2019activent sur les tireuses, une marelle dessin\u00e9e sur toute la surface. Terre. Ciel. Et six cases pour y arriver. Attendre le ciel en quelques enjamb\u00e9es. Je termine ma bi\u00e8re et j\u2019essaie de retrouver en m\u00e9moire cette sensation de l\u2019enfance, le saut et la br\u00fblure de l\u2019air froid de l\u2019hiver. Combien de cases pour s\u2019extraire du noir froid de la nuit&nbsp;?&nbsp;C\u00e9lB.<\/p>\n\n\n\n<p>Visite impr\u00e9vue d\u2019un ami. Surprise de d\u00e9couvrir un curieux personnage \u00e0 t\u00eate de plante verte luxuriante, son vrai visage \u00e9tant cach\u00e9 par le feuillage abondant de la plante tropicale offerte, un&nbsp;draecena monstera&nbsp;aux grandes feuilles lob\u00e9es perfor\u00e9es et aux tiges parcourues de racines a\u00e9riennes. Apr\u00e8s son d\u00e9part, op\u00e9ration nettoyage des traces de terre sur les feuilles \u00e0 l\u2019aide d\u2019un coton imbib\u00e9 de bi\u00e8re. Quelques instants apr\u00e8s l\u2019avoir pos\u00e9e sur l\u2019angle gauche de mon bureau son feuillage tremblait et bruissait en se penchant vers moi. HA.<\/p>\n\n\n\n<p>la rue du faubourg Saint-Martin en descente, en face mar\u00e9e montante de camions, de voitures, de motos, de pi\u00e9tons, de cyclistes. la ville agac\u00e9e par la gr\u00e8ve, prendre le trottoir, serrer les dents et le guidon \u2014 l&rsquo;enfance cavali\u00e8re ressurgit toujours. sourire. ralentir. la tente Quechua se dresse jaune vif sur le trottoir, juste devant les arcades de la Maison de l&rsquo;Architecture. CD.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a demand\u00e9 que ce soit lui qui la porte et l&rsquo;attache dans le si\u00e8ge auto. Je me penche vers elle en lui tendant sa peluche singe, immense. Un fr\u00e9missement la parcourt. Elle dit : on se revoit.<br>Je suis troubl\u00e9e, incapable de ponctuer sa phrase. Ces trois mots sont trop grands pour elle. C\u2019est un monde qui surgit, une faille, un d\u00e9sir, une \u00e9paisseur de temps, et elle est si petite. Je caresse sa joue jusqu\u2019au menton et r\u00e9ponds : oui, on se revoit, mercredi. Elle se d\u00e9tend, rassur\u00e9e par la pr\u00e9sence du mot mercredi, d\u00e9j\u00e0 nomm\u00e9, m\u00eame si elle est incapable de se situer dans le temps, mercredi existe, elle l&rsquo;a entendu. D\u2019accord. On se revoit mercredi. Son regard s&rsquo;envole, la voiture d\u00e9marre, elle est pass\u00e9e \u00e0 autre chose.<br>FG.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces bruits de la ville, tous, aussi ceux de l&rsquo;autoroute&#8230; Penser \u00e0 revoir ce documentaire sur John Cage ou il en parle, ou il parle aussi du silence,,, S.C.<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours l\u00e0 sur la place, \u00e0 leur place \u00e0 l\u2019heure du d\u00e9jeuner, aux aguets d\u2019une nourriture \u00e0 saisir, omnivores et opportunistes. Au moment o\u00f9 je veux saisir leur image, l\u2019un d\u2019eux raille et son cri semble dire ton nom. Comme si tous les&nbsp;Larus argentatus&nbsp;du monde avaient en t\u00eate cette image de toi qui toujours me trouble, toujours m\u2019emporte et ce matin encore. UP.<\/p>\n\n\n\n<p>Je pense \u00e0 ces notes prises dans un petit carnet vert \u00e0 spirale<br>lors d&rsquo;un voyage \u00e0 moto dans le d\u00e9sert mauritanien. Elles sont&nbsp;<br>illisibles<br>et ind\u00e9chiffrables comme si le vent de sable<br>avait voulu jusqu&rsquo;\u00e0 \u00e9liminer jusqu&rsquo;aux traces de mon passage.<br>JCB.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette apr\u00e8s midi j\u2019ai rendez-vous. Le rendez-vous le plus important de ma journ\u00e9e. Je l\u2019ai attendu la matin\u00e9e enti\u00e8re. Sur mon agenda \u00e0 spirales, il est surlign\u00e9 de rose. Dans la marge, j\u2019ai trac\u00e9 un triangle rouge avec un point d\u2019exclamation. Je n\u2019ai rien \u00e9crit de plus. Pourtant, le reste de la page est enti\u00e8rement couverte de mots. Il y a des heures, des&nbsp; lieux, des noms. Pas de phrases, mais tout un tas de tirets bien align\u00e9s suivis de verbes que je n\u2019ai pas pris le temps de conjuguer : faire, aller, rendre, ne pas oublier, appeler, terminer \u2026 Et puis il y a ce petit interstice, vide, surlign\u00e9 de rose avec le triangle et le point d\u2019exclamation dans la marge. Je ne veux surtout pas l\u2019oublier ce rendez-vous, c\u2019est le plus important de ma journ\u00e9e. \u00c0 l\u2019heure dite je ferme mon agenda, coupe mon t\u00e9l\u00e9phone, \u00e9teins la lumi\u00e8re du bureau. Ma main sur la poign\u00e9e de la porte d\u2019entr\u00e9e tremble d\u2019excitation. Je ne sais pas o\u00f9 je vais, je ne sais pas qui je rencontrerais, ni m\u00eame quand ou combien de temps\u2026 ce rendez-vous n\u2019appartient qu\u2019\u00e0 moi. Cette apr\u00e8s-midi, &nbsp;j\u2019ai &nbsp;rendez-vous avec l\u2019impr\u00e9vu. GQ.<\/p>\n\n\n\n<p>L. et moi revenons du cours de chant en voiture. Mon amie me parle d&rsquo;une nouvelle qu&rsquo;elle \u00e9crit : une jeune femme travaille dans une entreprise de livraison de repas. Le personnage ressemble \u00e0 sa fille. L&rsquo;histoire prend corps dans l&rsquo;habitacle et peu \u00e0 peu quelque chose d&rsquo;autre s&rsquo;invite qui ne trouve pas tout de suite ses mots. Route peu \u00e9clair\u00e9e.&nbsp; Pr\u00e9sence subite de la nuit. Froid. Finalement il y aurait encore de l&rsquo;automne et ce serait bien. RC.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;impr\u00e9vu du calme fondant en toi : quelque chose finit, ouvrant un espace vide et apais\u00e9, quelque chose a \u00e9t\u00e9 fini, inutile et rien ne brule par elle, mais il y du oui, un long oui, vaste comme un lac, tu pourras vivre sur ton erre quelques heures. Avant (tu dis toujours avant, disait Ath\u00e9na), cela creusait le vide. L&rsquo;ach\u00e8vement \u00e9tait une petite mort redout\u00e9e. Le succ\u00e8s \u2013 rare \u2013 me poussait dans le pr\u00e9cipice. Age : donner place aussi aux \u00e9motions convenues, ici l&rsquo;apaisement &#8211; pause sans h\u00e2te apr\u00e8s l&rsquo;expire \u2013 et bonheur sans objet. TM.<\/p>\n\n\n\n<p>Cherche une id\u00e9e. Cherche un carnet. Trouve un rescap\u00e9. CC.<\/p>\n\n\n\n<p>nous sortons lui et moi. La fra\u00eecheur prend nos joues. Dire lui ne m\u2019est pas naturel. Je me trompe trop souvent. Nous allons, lui et moi, chercher un cadeau pour M. La boutique est ferm\u00e9e. \u00c0 l\u2019angle de la rue, un homme un peu vo\u00fbt\u00e9, cheveux gris, v\u00e9h\u00e9ment face \u00e0 une femme assez forte, v\u00eatue d\u2019un imperm\u00e9able Si on doit choisir entre Daech et la dictature, parce que c\u2019est \u00e7a le choix, je suis tr\u00e8s triste de dire \u00e7a mais \u2013 mb<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps migration venu&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;d\u2019abord l\u2019\u00e9l\u00e9gance aller-retour pos\u00e9s branche un coup de vent et spectacle bruyant&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ils se pr\u00e9parent r\u00e9p\u00e8tent le voyage long&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;piaillent ronde \u00e9labor\u00e9e&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;le son cueille tripes&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;devenir oiseau capturer la chaleur&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;l\u2019automne l\u00e0&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;pas assez frais selon l\u2019exp\u00e9rience si\u00e8cle&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;le monde fond&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;je voudrais \u00eatre hirondelle pouss\u00e9e par le vent et m\u2019assoupir de soleil&nbsp;\u2013 JH<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019impr\u00e9vu, il y aura l\u2019\u00e9criture et seulement l\u2019\u00e9criture. Il faudrait pouvoir pr\u00e9voir ce temps de faire. Ce dont je manque cruellement avec la vie de famille, deux b\u00e9b\u00e9s en bas \u00e2ge c\u2019est de temps justement. Je suis entr\u00e9 dans \u00ab&nbsp;la fatigue longue, la corde du corps, la r\u00e2pe des jours.&nbsp;\u00bb (Antoine Emaz). Aujourd\u2019hui dix novembre deux mille vingt-deux, ai tent\u00e9 d\u2019\u00e9crire la sc\u00e8ne du fusil de chasse pour l\u2019atlas de fb. Le sang chaud du chien. Les larmes du grand-p\u00e8re. La froideur, le sang-froid de la \u201cvieille-peau\u201d restent \u00e0 creuser. En profondeur. Puis le p\u00e8re devant la maison. Des ann\u00e9es plus tard. Dans un m\u00eame mouvement. Comment le raconter ? Du point de vue du fils ? Du p\u00e8re ? Quel point de vue utiliser ? Oui le probl\u00e8me de la m\u00e9thode, de la focalisation est r\u00e9ellement fondamental. Je ne peux v\u00e9ritablement \u00e9crire que dans l\u201dintensit\u00e9. Il me faut de l\u2019endurance et de la d\u00e9termination. CamB.<\/p>\n\n\n\n<p>16h, carrefour de l\u2019Od\u00e9on, \u00e0 l\u2019arr\u00eat du 96, tous align\u00e9s, un pied au bord du trottoir, cou tendu vers le bus qui arrive. Le dernier de la file, de dos, se baisse\u2014 il est \u00e2g\u00e9, engonc\u00e9\u2014 met la main sur une feuille morte que le vent emportait\u2014l\u2019a-t-il gliss\u00e9e dans sa poche, son sac&nbsp;? la suite m\u2019a \u00e9chapp\u00e9\u2014 se redresse, tourne son visage vers moi qui le regarde, et c\u2019est comme s\u2019il s\u2019\u00e9tait senti pris en flagrant d\u00e9lit. AMr.<\/p>\n\n\n\n<p>saisir la personnalit\u00e9 d&rsquo;un.e inconnu.e \u00e0 l&rsquo;intonation de son \u00ab bonjour \u00bb. FT<\/p>\n\n\n\n<p>Hop&nbsp;! Je vous en mets un peu plus&nbsp;? Non&nbsp;? Juste une livre&nbsp;? Hop&nbsp;! Autre chose&nbsp;? \u00c7a vient d&rsquo;Ard\u00e8che&#8230; presque local&nbsp;! Un kilo&nbsp;? Hop&nbsp;! Je vous le mets dans votre sac&#8230; hop&nbsp;! Parce que l\u00e0, avec un bras dans le pl\u00e2tre, c&rsquo;est pas commode, hein&nbsp;? Et voil\u00e0&nbsp;! Hop&nbsp;! \u00c7a fera 7,50&nbsp;; oui, oui, je prends les cartes. Juste l\u00e0 \u2026 hop&nbsp;! Un bip et hop&nbsp;! On est quittes.&nbsp;\u00c0&nbsp;la semaine prochaine. B.F<\/p>\n\n\n\n<p>Il glisse vers le haut de la baie vitr\u00e9e. L&rsquo;escargot part en escapade sous les tuiles, millim\u00e8tre apr\u00e8s millim\u00e8tre. Il va seul vers le rep\u00e8re des araign\u00e9es. Que pense-t-il y trouver ? FbS.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00e7a tombe d\u2019un coup apr\u00e8s la mise \u00e0 jour des dossiers ma bo\u00eete \u00e0 courrier, un d\u00e9c\u00e8s, brutal, \u00e7a tombe d\u2019un coup, je ne m\u2019y attendais pas, oui elle \u00e9tait \u00e0 son chevet depuis plusieurs semaines, dans l\u2019abondance des nouvelles et des mouvements du jour qui passe \u00e7a revient en boucle, fort par instants comme des acc\u00e8s de fi\u00e8vre. FR.<\/p>\n\n\n\n<p>Ne pas passer la nuit chez soi, laisser dans le s\u00e9jour le sac indispensable, l\u2019agenda plus que jamais n\u00e9cessaire, les notes dont on aura besoin. Le matin, dans un demi-sommeil, en prendre conscience, se lever plus t\u00f4t, faire couler l\u2019eau plus t\u00f4t, s&rsquo;agacer des titres du journal de 7 heures, \u00e0 peine appr\u00e9cier le caf\u00e9 qu\u2019on n\u2019a pas le temps de boire et filer, alors que la nuit est encore \u00e9paisse. ESM.<\/p>\n\n\n\n<p>Les gens n&rsquo;arrivaient pas. On \u00e9voquait la gr\u00e8ve, on se comptait, on attendait. On respirait le silence, l&rsquo;odeur des croissants chauds. On en profitait, de l&rsquo;oisivet\u00e9, pour regarder les petits \u00e9crans et go\u00fbter les rayons d&rsquo;un froid soleil d&rsquo;octobre. J&rsquo;avais envie de commencer, un peu mal au ventre. L&rsquo;occasion d&rsquo;\u00e9crire, au carnet bleu. JCo.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019impr\u00e9vu, il s\u2019invite chez moi chaque mercredi avec le contenu du panier. Soyons honn\u00eates : tous les l\u00e9gumes ne sont pas des plus r\u00e2goutants. Alors cette semaine, en d\u00e9ballant ce chou chinois du calibre d\u2019un ballon de rugby, je r\u00e9alise que je vais en ingurgiter \u00e0 chaque repas avant d\u2019en voir le bout, et \u00e7a me plombe presque autant qu\u2019une soir\u00e9e thema sur Arte. ASD.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis cette reprise finalement attendue, me dire comment j\u2019ai pu aller sur place tous les jours \u00ab&nbsp;avant&nbsp;\u00bb, tous les jours cette agitation des pr\u00e9paratifs matinaux, tous les jours ces trajets vers le centre-ville, cette agitation de la \u00ab&nbsp;soci\u00e9t\u00e9 en mouvement&nbsp;\u00bb. Dehors, tu as envie d\u2019en \u00eatre, dedans tu voudrais la fuir. Paradoxe. CK&nbsp;.<\/p>\n\n\n\n<p>Fraicheur du carrelage sous le pied nu au petit matin le corps encore tout chaud des plis d\u00e9plis et replis de la nuit. Dans l\u2019encadrement de la porte, la d\u00e9coupe sombre des monts. La nuit s\u2019accroche encore dans la p\u00e2leur de six heures. EM.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai voulu scriber la trace, mais aucun stylet n\u2019\u00e9tait disponible. Et puis je n\u2019avais pas de mains non plus. Ce que j\u2019aurais voulu c\u2019est engrammer les sensations d\u2019\u00eatre sur ce balcon minuscule, un ergot fich\u00e9 dans le flanc de l\u2019immeuble, observant la lumi\u00e8re changeant en acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 sur la ville, picotant du vertige de l\u2019en-bas. Mais je n\u2019avais pas plus de mots. Regret latent au r\u00e9veil, de tout ce mat\u00e9riau cauchemard\u00e9, si vite dissip\u00e9. PhP.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ici, un arr\u00eat<br>Le carnet<br>Au milieu de la course<\/p>\n\n\n\n<p>Le v\u00e9lo pos\u00e9<br>House of the rising sun, The Animals dans le caf\u00e9<br>Un \u00e9cho un spectacle d\u2019Angelica Lidell sur la tuerie d\u2019Utoya<br>Un impr\u00e9vu, la vie des autres. AL.<\/p>\n\n\n\n<p>Le train roule dans le gris, brumes et nuages sombres. Un instant, le sommet ac\u00e9r\u00e9 du mont Granier appara\u00eet. Isol\u00e9 de sa base il flotte, flotte dans un espace bleu intense. AC.<\/p>\n\n\n\n<p>Ouvrir mon agenda et y planifier l&rsquo;impr\u00e9vu pour les 24h \u00e0 venir. RA.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pulsion et flux, les fruits dans la coupe entass\u00e9s, la couleurs des fruits devant moi pendant que je suis pench\u00e9e sur le clavier, pas organis\u00e9s, le flux parce que le regard se d\u00e9tourne tout de suite parce qu\u2019il faut faire autre chose, flux musical \u00e0 8h \u2013 occup\u00e9e &#8211;&nbsp;&nbsp;flux de paroles, des recettes de choses qui font du bien avec ces fruits, un peu plus tard \u00e0 10h, des d\u00e9tails des choses &#8211; toujours &#8211; s&rsquo;arr\u00eater ou pas \u00e0 ces petites choses, ou bien attente d\u2019une heure bien pr\u00e9cise pour faire, d\u00e9faire,&nbsp;&nbsp;partir, conduire. IdeM.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne vois que le pass\u00e9\/ Ce n&rsquo;est pas non plus ce miroir o\u00f9 je ne me refl\u00e8te pas\/ Ce que j&rsquo;\u00e9cris est ma seule perception du futur. TH<\/p>\n\n\n\n<p>20h Irigny Maison de la Tour, sorti fumer une cigarette. Un moment \u00e0 contempler l\u2019olivier dans le grand pot pr\u00e8s de l\u2019entr\u00e9e. La pluie qui avait dur\u00e9 toute la journ\u00e9e s\u2019est arr\u00eat\u00e9e. Pas pris mon IPhone sinon j\u2019aurais photographi\u00e9 quelques feuilles et une partie du tronc en gros plan. Les petites gouttelettes r\u00e9siduelles, les verts sombres, l\u2019aspect humide de l\u2019\u00e9corce. Une \u00e9motion tranquille. Le calme au beau milieu de l\u2019agitation.<br>Autoroute la nuit, beaucoup de bu\u00e9e sur les vitres. Visibilit\u00e9 difficile. Probl\u00e8me d\u2019a\u00e9ration, il faudrait soulever le capot demain et nettoyer les feuilles qui sont probablement coll\u00e9es aux filtres. En attendant j\u2019ouvre la vitre c\u00f4t\u00e9 conducteur, pas vraiment froid, de petites bourrasques s\u2019engouffrent dans l\u2019habitacle, la fra\u00eecheur me tient \u00e9veill\u00e9. Nouvelle \u00e9l\u00e8ve demain \u00e0 9h. Pr\u00e9voir une chaise en plus.<br>PaB.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce d\u00e9part en Mauritanie, au printemps dernier, ce n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9vu. Depuis, tous les matins, l\u2019odeur discr\u00e8te de la cr\u00e8me que j\u2019\u00e9tale sur mon visage me le rappelle. De m\u00eame, l\u2019odeur de l\u2019arbre \u00e0 th\u00e9 est pour moi celle de l\u2019Afrique, \u00e0 cause d\u2019un complexe d\u2019huiles essentielles destin\u00e9 \u00e0 prot\u00e9ger mes entrailles, que j\u2019avais pris lors de mes deux pr\u00e9c\u00e9dents s\u00e9jours sur le continent. Nous emportons avec nous nos impressions de voyage. LH.<\/p>\n\n\n\n<p>nuit quand tout dort, bruit de la rue. o\u00f9 tu ne sais plus o\u00f9 tu es. o\u00f9 tu aimerais te r\u00e9veiller \u00e0 Rome,courir sous la chaleur palpable implacable via Labicana, rejoindre le Colis\u00e9e avant que la chaleur te figes absorbant toutes tes forces comme M\u00e9duse. La joue sur l&rsquo;oreiller douceur du silence frisson de novembre encore au chaud et soulever la couverture de laine. Boire l&rsquo;eau fra\u00eeche de la nuit l&rsquo;odeur vibrante du caf\u00e9 et ah le go\u00fbt de la premi\u00e8re gorg\u00e9e tu fermes les yeux respires et habilles l&rsquo;aube sur le parquet. TdeP.<\/p>\n\n\n\n<p>Brasserie. Soudain baissement des lumi\u00e8res comme une accolade impr\u00e9vue. Cr\u00e9puscule int\u00e9rieur. APP.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce matin, \u00e9tonnamment, la plage est propre, ratiss\u00e9e, lav\u00e9e, d\u00e9barrass\u00e9e de tout objet. Hier, au m\u00eame instant, elle \u00e9tait immonde : la haute mar\u00e9e avait charri\u00e9 des d\u00e9tritus de multiples sortes, &nbsp;bouteilles en plastiques, bouchons, lambeaux de tissus, chaussures d\u00e9pareill\u00e9es, planches aux clous rouill\u00e9s, brisures de b\u00e9ton. Les paillotes et petites cantines semblaient d\u00e9truites. Mais voil\u00e0 qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui elle est tout autre , comme si rien n&rsquo;avait eu lieu la veille, aucune houle catastrophique, aucun spectacle de d\u00e9solation, et de surcro\u00eet, l&rsquo;eau des vagues est claire&#8230; VP.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette femme, dans le train, capuchon sans visage. VF.<\/p>\n\n\n\n<p>Froid dehors, froid dedans, froid froid froid. Froide la mort du jeune homme orphelin, froid le vol \u00e0 la tire, froid le cimeti\u00e8re. Raide comme statue sous ma couverture. J\u2019esp\u00e8re demain. CP.<\/p>\n\n\n\n<p>Yeux toujours ferm\u00e9s, \u00e9paule douloureuse, une position allong\u00e9e rallong\u00e9e par la nuit, et une odeur impr\u00e9vue, une odeur d\u2019oignon qui envahit la chambre, pourtant tout le monde dort encore, une odeur d\u2019oignon de bon matin, le nez est satur\u00e9, le sommeil ne reviendra pas, les paupi\u00e8res s\u2019ouvrent : il est 6 heures. LG.<\/p>\n\n\n\n<p>Fermer les volets accord\u00e9on. \u00catre happ\u00e9e par la lune solitaire au-dessus des maisons.&nbsp;<br>Ronde, brillante.&nbsp;<br>Penser sabbat, penser Sorci\u00e8res, titre d\u2019une revue des ann\u00e9es quatre-vingt.&nbsp;<br>Entendre enfantements, cris.&nbsp;<br>Se sentir mouvante, flux, reflux.&nbsp;<br>Esp\u00e9rer bien dormir quand m\u00eame en accrochant le loquet du volet.<br>CG<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>VERSION COMPL\u00c8TE JEUDI 10 \u00c0 20H53 \u2013&nbsp;ENVOIS CLOS.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>cycle \u00able grand carnet \u00bb, proposition #01 sur 40 L&rsquo;impr\u00e9vu. Le coin de la rue pass\u00e9e, une sorte d&rsquo;araign\u00e9e g\u00e9ante \u00e0 trois pattes m\u00e9talliques. Une nacelle quelques centim\u00e8tres au-dessus au sol, le visage contrit de l&rsquo;ouvrier, les deux mains en appui, une jambe par-dessus bord, tentant de se hisser. Malhabile. Pris sur le fait, le cul un peu trop lourd <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnets-01-40-de-limprevu\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#compiles #01\/40 | de l\u2019impr\u00e9vu<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":97761,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3897,3943],"tags":[],"class_list":["post-97667","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-le_grand_carnet","category-les-compiles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97667","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=97667"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97667\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/97761"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=97667"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=97667"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=97667"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}