{"id":97713,"date":"2022-12-06T10:16:59","date_gmt":"2022-12-06T09:16:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=97713"},"modified":"2022-12-06T19:32:05","modified_gmt":"2022-12-06T18:32:05","slug":"carnets-01-40-limprevu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnets-01-40-limprevu\/","title":{"rendered":"carnets individuels |\u00a0Thierry Duval"},"content":{"rendered":"\n<p>#01 L\u2019impr\u00e9vu ? <\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai pos\u00e9 ma main gauche sur le cot\u00e9 de mon ordinateur, pour passer \u00e0 autre chose, et ne l\u2019ai pas reconnue. Une main d\u2019homme m\u00fbr, presque de vieillard. Des veines qui ressortent, un flasque dans la peau des doigts. Une taille, surtout, inhabituelle, trop grande, comme d\u2019une marionnette. La main d\u2019un autre. Saisissement. Palpitations. Souffle acc\u00e9l\u00e9r\u00e9. Qu\u2019en faire ?<\/p>\n\n\n\n<p>#02 <\/p>\n\n\n\n<p>Mais que disait la voix qui venait de partout \u00e0 la fois ?<br>Sans doute aurait-il fallu mieux me taire pour mieux me souvenir, graver en moi tous ses \u00e9chos. Ne pas r\u00e9pondre surtout, au risque de la couvrir. \u00c9couter c\u2019est l\u2019art ultime. Faire silence immobile en moi, ouvrir en moi toutes mes p\u00e9tales mes feuilles mes branches mon \u00e9corce mes racines elles-m\u00eames et me tenir uniquement l\u00e0 tout ouvert, tout droit dans sa voix. N\u2019\u00eatre qu\u2019arbre pour graver le souvenir.<\/p>\n\n\n\n<p>#03 <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/champignon-leopard-768x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-99717\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/champignon-leopard-768x1024.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/champignon-leopard-315x420.png 315w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/champignon-leopard-1152x1536.png 1152w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/champignon-leopard-1536x2048.png 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>For\u00eat. Dans le grand soleil chaud de novembre, parmi les cerfs, dans le grand son rauque de leur brame, quelque part dans le labyrinthe, j\u2019entrevois le chemin. Il n\u2019existe pas mais il est l\u00e0. Tous les signes sont l\u00e0, champignon l\u00e9opard, enfilade tortueuse des troncs noueux exactement dispos\u00e9s. Au creux de mon ventre, pulsion de la course dans les feuilles et les mousses, appel du corps d\u00e9sarticul\u00e9, disparition de ma verticalit\u00e9, s\u2019engouffrer dans le cerneau des noix, s\u2019efilandrer dans l\u2019\u00e2me du lierre.<br>Dire au revoir ou ne pas dire ?<\/p>\n\n\n\n<p>#04 <\/p>\n\n\n\n<p>Cheval harass\u00e9 debout couch\u00e9 debout couch\u00e9 m\u00e2ch\u00e9e rem\u00e2ch\u00e9e pass\u00e9e repass\u00e9e toute la nuit \u00e9tait une journ\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>#05 CIEL DU LUNDI<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Grand drap gris uniforme punais\u00e9 \u00e0 tous les coins des toits de Paris<\/li>\n\n\n\n<li>Au d\u00e9but, rien \u00e0 attraper du regard dans le grand drap gris clair tendu bas aux coins de tous les toits de Paris, et puis l\u2019\u0153il finit par accrocher au dessus des chemin\u00e9es quelques volutes de coton blanc qui s\u2019\u00e9chappent et semblent nourrir le grand uniforme sale du ciel de ce lundi, bient\u00f4t perc\u00e9 de toutes parts dans une \u00e9clatante inversion, n\u00e9gatif avant r\u00e9v\u00e9lation. TD<\/li>\n\n\n\n<li>Grand \u00e9clat tr\u00e8s finement bleu presque blanc ; au milieu non ce n&rsquo;est pas un nuage juste le souvenir aveuglant du l\u00e9ger crachotis de chemin\u00e9e purifi\u00e9e. <\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>#06 PERSONNE D&rsquo;AUTRE QUE MOI N&rsquo;AURAIT REMARQU\u00c9 QUE<\/p>\n\n\n\n<p>Le bruit que fait la boule au bout de la canne blanche, dans l\u2019eau des flaques, devient plus sourd, parfois m\u00eame on entend comme une goutte qui tomberait dedans. Comme \u00e7a que les aveugles peuvent parfois \u00e9viter de marcher dans la rigole d\u2019eau le long du trottoir, au feu, quand le bruit des moteurs de la ville ne couvre pas tout ? TD<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">#08 les noms c\u2019est du propre<\/h1>\n\n\n\n<p>Agn\u00e8s Pretelli\u00e8re Victor Peraphia Edwige Boubantec Ren\u00e9e Moldberg Charles de Gaulle Pauline Leroux Georges Lepleumert Robert Martin Fortun\u00e9 Fruchoix Rose Marcoux Jean-Claude Duroy Marie Neves Frederic Truchot Gaston Ya\u00efche Albert Morinne Yves Le Ranchois&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">09 | ne pas s\u2019attarder sur<\/h1>\n\n\n\n<p>Le chantier de ravalement de l\u2019immeuble d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 et toutes ses barres d\u2019acier pos\u00e9es au sol sans aucune protection ni pr\u00e9vention pour les pi\u00e9tons, des pi\u00e8ges tendus, serpents dormants en travers du trottoir, attendant sournoisement de mordre le pied qui tra\u00eene, de crocheter la jambe du malvoyant, leur indiff\u00e9rence molle et si dure de c\u0153ur, si froide au c\u0153ur. Leur arrogance d\u2019\u00eatre l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on doit marcher, pos\u00e9s troncs d\u2019arbres en travers des rails ou du chemin pour attaquer la diligence, d\u00e9rober au passant sa dignit\u00e9, sa verticalit\u00e9, son int\u00e9grit\u00e9. L\u2019infinie dur\u00e9e de leur stationnement \u00e0 d\u00e9passer plus de la moiti\u00e9 de l\u2019espace disponible, et tous leurs auxiliaires pour la chute : v\u00e9los, trottinettes, scooters, poteaux ignorants jet\u00e9s \u00e0 la face du pi\u00e9ton pour en d\u00e9figurer la possibilit\u00e9 de se d\u00e9placer. Cha\u00eenes tendues incarc\u00e9rantes, obturant toute libert\u00e9 fondamentale d\u2019aller de l\u2019avant.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">#10 Pendant que<\/h1>\n\n\n\n<p>Pendant que je regarde le disque blanc du soleil se lever dans le brouillard, je me sens d\u00e9pass\u00e9 par tous les travaux \u00e0 faire au jardin et dans la maison. Pendant que je regarde ma femme s\u2019attaquer au plafond, je me sens d\u00e9pass\u00e9 par mon incapacit\u00e9 \u00e0 entreprendre ces travaux comme autrefois, quand je voyais encore assez large pour me sentir autonome dans ce genre de t\u00e2ches. Pendant que je pense \u00e0 mon carnet, je me sens d\u00e9pass\u00e9 par cette angoisse de ne pas y arriver qui envahit peu \u00e0 peu toutes les strates de mon existence.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">11 C\u2019est dimanche<\/h1>\n\n\n\n<p>Je suis allong\u00e9 sur le lit de ma grande s\u0153ur \u00e0 qui j\u2019ai emprunt\u00e9 un petit livre coinc\u00e9 dans sa biblioth\u00e8que (je n\u2019en ai pas encore une \u00e0 moi). Et je pleure sur ce livre, infiniment je pleure sur le destin des jumeaux tous deux amoureux de la fille de la sorci\u00e8re qui vit en marge du village. Et je relis encore, une bonne dizaine de fois, pleurant toujours mais inscrivant profond en moi la puissance \u00e9motionnelle de la litt\u00e9rature, je relis La petite Fadette de Georges Sand. D\u2019o\u00f9 venait la d\u00e9flagration de cette rencontre, je ne le comprendrai jamais vraiment.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">#12 La grisaille, les dessous<\/h1>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans le tronc que \u00e7a se passe. Partout dans le tronc du bonhomme. Dans le bordel du ventre d\u2019abord, avec son chaos ou pas, ce qui s\u2019y charrie de ce moment-l\u00e0. Et puis le plexus, les c\u00f4tes, la respiration elle-m\u00eame, si courte ou ample, ce qui g\u00eet l\u00e0 docile ou sauvage va savoir des fois les deux \u00e0 la fois.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">#13 arr\u00eater le monde<\/h1>\n\n\n\n<p>Le bus double est arriv\u00e9 sans s\u2019arr\u00eater au feu rouge, la vieille dame en face s\u2019avance un peu pench\u00e9e face au vent dans sa doudoune dor\u00e9e, le v\u00e9lo s\u2019appr\u00eate lui aussi \u00e0 tourner \u00e0 droite, le vent souffle et dans l\u2019instant pr\u00e9cis o\u00f9 je per\u00e7ois la sc\u00e8ne, soudain, j\u2019ai peur de l\u2019accident.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">#14 Rien qu\u2019une seconde<\/h1>\n\n\n\n<p>A travers le pare-brise constell\u00e9 de gouttes de pluie, les phares des voitures de l\u2019avenue avancent en se multipliant presque \u00e0 l\u2019infini, diffractant leurs lumi\u00e8res violentes, blanches et jaunes, sur toute la surface vitr\u00e9e, se suivant dans une danse nerveuse et irrit\u00e9e. Mon \u0153il involontairement les suit.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">#15 Cut up moi \u00e7a<\/h1>\n\n\n\n<p>Confiance exactement \u00e7a mis\u00e9ricorde c\u2019est ce que j\u2019ai fait pour arr\u00eater le sport tu cours 10 minutes et apr\u00e8s le corps il veut plus et donc j\u2019ai achet\u00e9 ce bouquin qui explique tout ce fonctionnement mais je ne vais pas le lire encore j\u2019attends apr\u00e8s les f\u00eates.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">#16 Il fait froid couvrons-nous<\/h1>\n\n\n\n<p>Un pull Monoprix cr\u00e9\u00e9 en France fabriqu\u00e9 au Cambodge, couleur chamelle chin\u00e9, laine, nylon, cachemire, une doudoune bleu fonc\u00e9 trois quart cintr\u00e9e \u00e0 la taille avec large capuche \u00e0 fourrure un jean bleu fonc\u00e9 serr\u00e9 autour des jambes et baskets blanches vintage, un pull en grosse maille tricot\u00e9e gris et marron, des vestes de chantier grises et oranges avec bandes fluorescentes, un blouson de motard en cuir noir, un gilet jaune r\u00e9fl\u00e9chissant, une veste droite en tweed marron, un jean bleu d\u00e9lav\u00e9 avec manteau trop grand gris, une doudoune noire sans manches, un grand manteau gris en laine qui descend jusqu\u2019aux chevilles, un trench-coat gris fonc\u00e9, un manteau vert for\u00eat avec col noir contrastant, d\u2019autres chaussures de sport noires avec semelles blanches, des mocassins marrons, une grande veste marron tr\u00e8s clair, des bottines noires \u00e0 franges et gros talons hauts, un bonnet en laine beige clair bien enfonc\u00e9, une grande doudoune beige clair qui descend jusqu\u2019aux genoux, un gilet bleu clair \u00e0 fermeture \u00e9clair bien remont\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">#17 Petits embellissements bienvenus<\/h1>\n\n\n\n<p>R\u00e9affecter l\u2019ensemble de la rue de Prony (Paris 17\u00e8me) en piste de d\u00e9collage et d\u2019atterrissage pour r\u00eaves. Chaque passant aura soin de laisser s\u2019\u00e9chapper de ses pens\u00e9es son souhait le plus ardent ou sa peur la plus tenace, afin qu\u2019ils puissent prendre leur envol vers le ciel bouch\u00e9 de nuages et le perforer de leur puissance imaginative. Rebaptiser cette rue de fa\u00e7on ad\u00e9quate en \u00ab&nbsp;passage des r\u00eaves&nbsp;\u00bb. La rotonde du parc Monceau servira de tour de contr\u00f4le.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">#18 Recopier c\u2019est facile<\/h1>\n\n\n\n<p>Il dut m\u00eame attendre un moment qu\u2019une boule de jeu de quilles e\u00fbt achev\u00e9 son chemin ; deux gamins qui avaient d\u00e9j\u00e0 de mauvaises t\u00eates de r\u00f4deurs adultes l\u2019y oblig\u00e8rent en le maintenant par le pantalon ; s\u2019il les avait secou\u00e9s, il leur aurait fait du mal et il redoutait leurs cris.<\/p>\n\n\n\n<p>Assis dans le canap\u00e9 du salon, 09h45, deuxi\u00e8me colonne de la biblioth\u00e8que en partant de la droite et quatri\u00e8me \u00e9tag\u00e8re, premier paragraphe en haut de la page 73, page de droite, extraite du troisi\u00e8me chapitre, pendant que l\u2019enfant fait du modelage dans de l\u2019argile blanche sur la table en \u00e9coutant une histoire France Inter sur Michel-Ange. Dehors, \u00e0 peine le jour et sous la pluie froide.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">#19 Transaction<\/h1>\n\n\n\n<p>Le jeune homme, brun cheveux courts, nous montre le filtre habitacle usag\u00e9 tr\u00e8s gris, trou\u00e9 en son milieu, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du filtre blanc tout neuf est-ce que je le change m\u2019sieur-dame ? On s\u2019interroge on h\u00e9site \u00e7a vient en plus du reste mais l\u2019ancien est en si pi\u00e8tre \u00e9tat et le nouveau tout blanc resplendissant alors oui on le change, combien de temps ? Cinq dix minutes pas plus. L\u2019affaire est faite. Nouveau pare-brise, et l\u2019air qu\u2019on respire maintenant est-il meilleur ? Qu\u2019est-ce qu\u2019on donnerait pas pour respirer resplendissant ? Respire-t-on mieux en le sachant ?<\/p>\n\n\n\n<p>#20 La sc\u00e8ne est muette (mais vaut son prix)<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui je repars un peu rassur\u00e9 sur la duret\u00e9 de l\u2019\u00e9poque.&nbsp;Une femme prend une baguette de pain parmi les autres, elle la choisit pas trop cuite, la coupe en deux, prend un pain aux raisins et place le tout dans un sac en papier avec des poign\u00e9es parce que j\u2019ai ma canne blanche. Hier, dans une autre boulangerie il m\u2019avait fallu acheter trois articles pour avoir droit aux poign\u00e9es, malgr\u00e9 ma canne blanche. Un croissant en plus et la perception du manque d&#8217;empathie aussi. <\/p>\n\n\n\n<p>#21 Faire bouger les choses<\/p>\n\n\n\n<p>Ramasser le ticket de m\u00e9tro usag\u00e9, tomb\u00e9 sur le trottoir \u00e0 l\u2019angle de la rue de l\u2019\u00e9cole. Le rendre \u00e0 l\u2019enfant persuad\u00e9 que c\u2019\u00e9tait le sien qu\u2019il avait laiss\u00e9 tomber quelques minutes avant, de retour de la sortie au mus\u00e9e. Trois actes en un seul geste : nettoyer le trottoir, restituer l\u2019objet dans les mains d\u2019o\u00f9 il \u00e9tait tomb\u00e9 et rassurer (il arrive de retrouver ce qui a \u00e9t\u00e9 perdu). <\/p>\n\n\n\n<p>#22 On remet \u00e7a, mais avec un livre (\u00e0 perdre)<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9pos\u00e9 sur un banc public avenue de Clichy cet exemplaire parascolaire de \u00ab&nbsp;Gargantua&nbsp;\u00bb, esp\u00e9rant gigantesque rencontre entre&nbsp; le g\u00e9ant Rabelais et le quidam curieux. Repass\u00e9 pr\u00e8s de deux heures apr\u00e8s et l\u2019ouvrage avait disparu. \u00d4 joie ! Quelqu\u2019un peut-\u00eatre d\u00e9couvre la lign\u00e9e pantagru\u00e9lique en ce moment-m\u00eame, s\u2019\u00e9tonnant de na\u00eetre par l\u2019oreille. <\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">#23 Exercice avec d\u00e9nombrement&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<p>Debout et bien r\u00e9veill\u00e9 devant la fen\u00eatre de ma cuisine situ\u00e9e au deuxi\u00e8me \u00e9tage, donnant sur la rue, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans le cadre \u00e9clair\u00e9 blanc de la boutique de lainages situ\u00e9e en face, en contrebas, et qui exc\u00e8de pourtant mon champ de vision, en balayant du regard donc, lors d\u2019une p\u00e9riode de cinq minutes entre 08:47 et 08:52, en \u00e9coutant la radio Fip qui diffusait de la musique assimilable au genre du reggae, alors que le jour se levait paresseusement,&nbsp; j\u2019ai d\u00e9nombr\u00e9 27. <\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">#26 choses nettes, choses floues<\/h1>\n\n\n\n<p>Diable enfin sorti de sa bo\u00eete, la sonnerie tant attendue de l\u2019interphone pour la livraison du cadeau des dix-huit ans de ma fille d\u00e9chire soudain le ronronnement des moteurs de la ville qui m\u2019engourdissait l\u2019esprit de sa s\u00e9duction de somnolence. TD<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">#27 Pas moi, mais mon double<\/h1>\n\n\n\n<p>Il est debout devant sa machine \u00e0 caf\u00e9 dont le bruit remplit tout l\u2019espace de la cuisine et au del\u00e0, m\u00eame. Il a les deux mains dans les poches. Il attend. Il aimerait entendre la musique qu\u2019\u00e9met la radio, les bruits de la ville, mais la machine \u00e0 caf\u00e9 couvre tout. Quand le caf\u00e9 est pr\u00eat, tout revient et il est d\u00e9\u00e7u par le vieux rock y\u00e9-y\u00e9 de la radio, par les bruits de moteurs et de travaux, le vrai langage de la ville autour de lui qui se r\u00e9p\u00e8te \u00e0 l\u2019infini.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>#01 L\u2019impr\u00e9vu ? J\u2019ai pos\u00e9 ma main gauche sur le cot\u00e9 de mon ordinateur, pour passer \u00e0 autre chose, et ne l\u2019ai pas reconnue. Une main d\u2019homme m\u00fbr, presque de vieillard. Des veines qui ressortent, un flasque dans la peau des doigts. Une taille, surtout, inhabituelle, trop grande, comme d\u2019une marionnette. La main d\u2019un autre. Saisissement. Palpitations. Souffle acc\u00e9l\u00e9r\u00e9. Qu\u2019en <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnets-01-40-limprevu\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">carnets individuels |\u00a0Thierry Duval<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":549,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3942,3897],"tags":[],"class_list":["post-97713","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-carnets_individuels","category-le_grand_carnet"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97713","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/549"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=97713"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97713\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=97713"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=97713"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=97713"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}