{"id":97759,"date":"2022-11-24T19:43:35","date_gmt":"2022-11-24T18:43:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=97759"},"modified":"2022-11-28T21:28:14","modified_gmt":"2022-11-28T20:28:14","slug":"carnets-individuels-marion-t","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnets-individuels-marion-t\/","title":{"rendered":"carnets individuels | Marion T"},"content":{"rendered":"\n<p>#20 &#8211; 28\/11<\/p>\n\n\n\n<p>Rame surpeupl\u00e9e, regardent tous le t\u00e9l\u00e9phone, se fond parmi les corps, la femme est l\u00e0 \u00e0 l&rsquo;angle, se fond parmi les corps, observe, la rejoint, paupi\u00e8res baiss\u00e9es, la femme, carr\u00e9 noir, regarde ailleurs, fr\u00f4le et s&rsquo;attarde le long du sac, le long de la poche, fr\u00f4le et glisse une main, glisse et prend, la liasse, liasse en retour au creux de la paume, silhouette circule et sort, silhouette noire, ombre velours dans le couloir, glisse et se colle dans l&rsquo;escalator, se colle, main souple doigts longs, la poche b\u00e2ille, doigts longs s&rsquo;enfoncent et prend, la carte, silhouette grimpe et cogne, bouscule, s&rsquo;efface, SORTIE.<\/p>\n\n\n\n<p>#19 &#8211; 28\/11<\/p>\n\n\n\n<p>La place du milieu dans la rame puis non sur le c\u00f4t\u00e9, puis sur le dedans oui c\u00f4t\u00e9 couloir et la femme qui se d\u00e9cale, carr\u00e9 noir, visage fin, \u00e0 la sortie, pousser la glu des \u00eatres qui s&rsquo;\u00e9carte, pardon pardon merci, Mo\u00efse de la m\u00e9lasse, \u00e0 peine sortie veillez \u00e0 laisser entrer qu&rsquo;ils disent, mais c&rsquo;est que moi je viens tout juste de\u2026 veillez \u00e0 laisser entrer, puis tout au bout l&rsquo;escalator \u00e9troit, grimper, osciller, rester fluide, vous voulez bien que ? oui\u2026 non\u2026 \u00e9cart sur le c\u00f4t\u00e9, petit bond, corps de profil qui glisse fond et s&rsquo;immisce jusqu&rsquo;en haut aspir\u00e9 par le dehors, au passage pi\u00e9ton, oui, non, avancer, reculer, faire mine de, montrer les dents, va s&rsquo;arr\u00eater la bagnole, va s&rsquo;arr\u00eater, petit David de pacotille face au Goliath tout carross\u00e9, a travers\u00e9, et continue t\u00eate en avant. Ah mais!<\/p>\n\n\n\n<p>#18 &#8211; 27\/11<\/p>\n\n\n\n<p>|<em>UNE FOIS DE PLUS JE SORS DE LA VILLE et une fois de plus je me mets \u00e0 arpenter des yeux et des jambes cette banlieue de Paris comme je le fais depuis cinquante ans, inlassablement, chaque fois que j&rsquo;en ai l&rsquo;occasion entre deux randonn\u00e9es autour de la Terre ; mais ici il n&rsquo;y a pas d&rsquo;illusion, pas d&rsquo;ivresse exotique, pas de clich\u00e9 litt\u00e9raire possibles sur les \u00e9manations harmonieuses de Dieu ou sur les grands tableaux de la nature ; ici, en un mot c&rsquo;est la mis\u00e8re. On touche du doigt un monde fad\u00e9, sonn\u00e9, qui a son compte, qui est all\u00e9 au tapis, un monde truqu\u00e9, un monde mat\u00e9rialiste, injuste, dur, m\u00e9chant, un monde o\u00f9 l&rsquo;homme est un loup pour l&rsquo;homme, un monde d\u00e9gueulasse, j&rsquo;allais \u00e9crire un mode sans humanit\u00e9, mais c&rsquo;est faux&#8230;<\/em>| Elle est jolie l&rsquo;\u00e9dition du gros livre lourd \u00e0 la couverture violette, grand ouvert sur la table en formica. C&rsquo;est formica ivoire et pi\u00e9tement en bois. Trente euros. Pratique. C&rsquo;est beau, aussi, on penserait pas. C&rsquo;est le pi\u00e9tement qui fait \u00e7a. Elle a dit, en la vendant, il manque le tiroir, mais je l&rsquo;adore, j&rsquo;esp\u00e8re que vous en prendrez soin. Au-dehors c&rsquo;est comme une grande envol\u00e9e de toits en zinc luisants de pluie et avant, il y a la rambarde en m\u00e9tal noir, d\u00e8s fois qu&rsquo;on voudrait s&rsquo;envoler dans le froid, tout l\u00e0-haut jusque sur les toits, y glisser, y cascader. C&rsquo;est la lumi\u00e8re de novembre qui tombe sur l&rsquo;\u00e9cran, \u00e0 l&rsquo;\u00e9clat terne et gris. On sent pas d&rsquo;ici, les odeurs de boue et de feuille morte. C&rsquo;est \u00e9crit petit, et c&rsquo;est bien \u00e9pais. Le papier est sec, du livre comme neuf achet\u00e9 il y a dix-huit ans. Mince alors. A l&rsquo;ouvrir ainsi dans le midi gris, c&rsquo;est tous les lieux autour du grand livre violet, ce qui s&rsquo;\u00e9tend derri\u00e8re la fen\u00eatre, sur le haut de la colline et ce qui glisse tout en bas, tous ces lieux qui s&rsquo;\u00e9veillent, comme sur les vieux \u00e9crans du m\u00e9tro, on pressait le petit bouton m\u00e9tallique, alors la ligne s&rsquo;allumait et ses jolies loupiotes, claires et lumineuses, c&rsquo;\u00e9tait No\u00ebl dans le tunnel. <\/p>\n\n\n\n<p>#17 &#8211; 26\/11<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame qu\u2019y aura du lichen sur les chaises partout sur la mousse \u00e9ventr\u00e9e, au rond point pile au milieu, un gros escargot, qu\u2019on se d\u00e9placera dessus des fois lentement, baveusement jusqu\u2019aux Buttes Chaumont, c\u2019est que la limite de vitesse aura pass\u00e9 de 30 \u00e0 2 kilom\u00e8tres heure, ha \u00e7a je peux vous dire que \u00e7a va ni d\u00e9valer ni cavaler, une ville pour les lents ce sera, une ville pour les mous, \u00e7a pourra bien \u00eatre alors aussi, une ville pour les visqueux, le r\u00e9verb\u00e8re \u00e0 la lueur toute verte, dites ce sera l\u00e0 un joli photophore avec des lueurs d\u2019algues, \u00e7a grouillera d\u2019amibes tant qu\u2019on confondra amibes et habitants, \u00e7a nous en fera des gros conseils de quartier, des baveux, des d\u00e9gueulasses, on y sera tous, mous, lents, visqueux \u00e0 la lueur phosphorescente des plafonds verts, on sera pas mal ouais, on sera pas mal, votez pour moi, mais pas trop vite, dans l\u2019urne molle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>#16 &#8211; 25\/11<\/p>\n\n\n\n<p>Les lacets verts sur le pantalon de toile ocre et noir sac en polyester\/ son masque en tissu noir, un jean \u00e0 la toile l\u00e9g\u00e8rement us\u00e9e, une montre \u00e0 bracelet en simili cuir crocodile, &nbsp;pull marine fine maille \/ doudoune et bonnet noirs \/ manteau de laine bleue, foulard en soie \u00e0 motifs g\u00e9om\u00e9triques, masque chirurgical bleu \/ grand ch\u00e2le bleu et orange jean bleu et manteau de laine noir extra large \/ T shirt blanc, pantalon de toile, le sac vert militaire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#15<\/strong> &#8211; 24\/11<\/p>\n\n\n\n<p>Bon d\u00e9m\u00e9nagement! \/ Quand il y a gr\u00e8ve vous attendez dix minutes et \u00e7a vous \u00e9nerve mais moi c&rsquo;est deux heures en Ari\u00e8ge quand je rate mon train. \/ Peut-\u00eatre oui, on se rendra compte ensemble de notre impuissance, mais \u00eatre impuissant collectivement, c&rsquo;est mieux que de mani\u00e8re dispers\u00e9e, \u00e7a tient chaud. \/ Non ce sera sur place, r\u00e9chauff\u00e9 oui s&rsquo;il vous pla\u00eet. Elle a dit sur place. C&rsquo;est notre petit stagiaire.\/ Incident est clos, vous remercie d&rsquo;avoir patient\u00e9, le train va pouvoir repartir.\/Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;ordre du jour pourtant c&rsquo;est dans trois jours. \u00c9videmment, c&rsquo;est un lab, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;ordre du jour pour un lab.\/ Le r\u00e9seau de chaleur est LA solution pour \u00e9viter la hausse de la facture \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#14 <\/strong>&#8211; 23\/11<\/p>\n\n\n\n<p>La forme l\u00e0 &nbsp;haut va tourner de trois quarts et ce sera la note jolie. La note jolie va arriver. La note jolie arrive. Attraper les pieds et attendre la note jolie. Parce que pourtant aussi non alors la faim, la note jolie va arriver, tournent les formes et les ombres au mur mais la faim, c\u2019est la note jolie, la note jolie qui est l\u00e0 haut et qui ressemble \u00e0 mon ventre, la note jolie claire chaude comme une main, comme le lait, la note jolie si jolie que j\u2019en mangerai mon pied, c\u2019est juste avant juste avant la note jolie qui est chaude comme le lait la note jolie qu\u2019on voudrait manger et qui secoue le ventre<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#13 <\/strong>&#8211; 22\/11<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019y a pas le temps. Il y a la r\u00e9union, il y a la rue, il y a la foule sur le quai. Il y a la foule tass\u00e9e dans le m\u00e9tro. Il y a la foule qui ondule, les cheveux, les bras pli\u00e9s et le smartphone, la valse des algues, la lumi\u00e8re qui clignote, stroboscopique, le geste morcel\u00e9, ralenti \u00e0 l\u2019extr\u00eame. Il y a l\u2019incident, le train qui s\u2019arr\u00eate, les \u00e9crans lumineux dans le noir, la tension des corps immobiles. Les \u00e9crans s\u2019\u00e9teignent. Il y a la grosse boule de chair informe et les yeux par centaine, le souffle qui s\u2019arr\u00eate et les paupi\u00e8res pesantes. Les paupi\u00e8res se ferment. Il y a la grosse boule noire dans le tunnel. Et puis\u2026 il y a la lumi\u00e8re, le train qui repart, la vie qui se d\u00e9plie. Il y a le souvenir des algues<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#12<\/strong> &#8211; 20\/11<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;une perception brute agglutin\u00e9e, g\u00e9latineuse disons, disons ce qui surnage lorsque la graisse se fige, le geste alors du couteau qui arase et d\u00e9pose la mati\u00e8re sur le bord de l&rsquo;assiette, et cela serait cela le regard, le geste, la s\u00e9quence, un \u0153il de cheval, le clignement de paupi\u00e8re chasse une seconde les mouches et tasse le d\u00e9p\u00f4t jaune qui s\u00e8che aux commissures, c&rsquo;est qu&rsquo;on parle en effet aussi de commissures pour les paupi\u00e8res, alors de cette perception brute, agglutin\u00e9e, de ce geste ensuite qui cligne et arase, elle \u00e9merge, disons : une phrase \u00e9clot.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#04<\/strong> &#8211; 13\/11<\/p>\n\n\n\n<p>Masse de la couverture, s\u00e8cheresse de la langue : il est des sommeils \u00e9pais, qu&rsquo;on dirait avin\u00e9s. |<em>Dans le jardin, les sous-v\u00eatements sont suspendus sur le fil \u00e0 linge. La fille est morte il y a peu, a aval\u00e9 des comprim\u00e9s. Pourquoi d\u00e9j\u00e0 ?<\/em>| Au sol l&rsquo;\u00e9tendue limoneuse, des d\u00e9p\u00f4ts, fragments de pens\u00e9e, au lendemain d&rsquo;une f\u00eate qui n&rsquo;a jamais eu lieu. |<em>L&#8217;emprunt bancaire est adoss\u00e9 \u00e0 un autre contrat, le m\u00e9canisme contractuel n&rsquo;a rien de solide. Les taux pourraient bien s&rsquo;envoler.<\/em>| La lumi\u00e8re filtre \u00e0 travers les volets. |<em>La culotte jaune est s\u00e8che. <\/em><em>C&rsquo;est \u00e9trange ce monde o\u00f9 C. n&rsquo;existe plus.<\/em>| Le r\u00e9el c&rsquo;est ce qui cogne et r\u00e9siste dit-on. C&rsquo;est le froid qui le dit, c&rsquo;est la soif aussi. Elle se l\u00e8ve et r\u00e9chauffe le caf\u00e9. C&rsquo;est un bon neuf heures. C. est en vie. L&#8217;emprunt est solide.<strong> Mais alors, qui a-t-on enterr\u00e9 dans le jardin ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Pr\u00e9caire. xive si\u00e8cle. Emprunt\u00e9 du latin precarius, \u00ab obtenu par la pri\u00e8re ; qui d\u00e9pend du bon vouloir d\u2019autrui ; mal assur\u00e9 \u00bb (...) 1.  (...) droit. Qui ne s\u2019exerce que par une tol\u00e9rance r\u00e9vocable, une permission r\u00e9siliable \u00e0 la premi\u00e8re demande ; qui est sans fondement juridique. (...) 2.  Qui est incertain, mal assur\u00e9 ; dont on ne peut garantir la permanence. (...) Dictionnaire de l'acad\u00e9mie fran\u00e7aise, 9e \u00e9dition.<\/pre>\n\n\n\n<p><strong>#03 <\/strong>&#8211; 12\/11<\/p>\n\n\n\n<p>La boucle se balance. La lumi\u00e8re traverse le verre opaque. C&rsquo;est une unique boucle d&rsquo;oreille. C&rsquo;est un cygne ou du moins un oiseau. Le cheveu, noir, est ras sur la nuque. La t\u00eate glisse horizontalement dans l&rsquo;air fixe, sans remous. L&rsquo;homme avance. Je ne vois pas le dos. Je ne vois pas les jambes. La t\u00eate s&rsquo;\u00e9loigne et le bijou. Pouss\u00e9e par la nuque, \u00e9voluant le long d&rsquo;un rail invisible, la t\u00eate s&rsquo;en va, emporte le visage. Je n&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re pas.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Lisa est passionn\u00e9e de verre de mer, ces morceaux de verre d\u00e9polis, multicolores rejet\u00e9s sur les plages. Elle \u00e9change ses trouvailles sur Facebook, contacte des historiens pour retrouver les traces des bouteilles dont sont issus ces fragments. \u00c0 la Seaglass Beach, la plupart des morceaux viennent de bateaux de pirates \u00e9chou\u00e9s dans la crique, des r\u00e9sidus qui remontent parfois au XVe si\u00e8cle. Sa compagne l'emm\u00e8ne \u00e0 Seaham en Angleterre. Des manufactures de verre y jetaient leur stock endommag\u00e9 \u00e0 la mer. Au matin, Lisa et Cheryl ramassent sur la plage les plus belles pi\u00e8ces. Pembroke Bryant a investi dans une lampe fluorescente en vue de dater chaque pi\u00e8ce. Rose orang\u00e9 ? le verre date au moins des ann\u00e9es 20. Jaune phosphorescent ? pr\u00e9sence d'uranium, le verre est ant\u00e9rieur aux ann\u00e9es trente. Les verres rouges et oranges sont d'une grande raret\u00e9. Sur plusieurs milliers de morceaux, Pembroke n'en compte que six de cette teinte. https:\/\/www.lapresse.ca\/voyage\/destinations\/etats-unis\/201808\/23\/01-5194037-des-plages-qui-scintillent-de-couleurs.php<\/pre>\n\n\n\n<p><strong>#02 <\/strong>&#8211; 10\/11<\/p>\n\n\n\n<p>Le groupe longe la rivi\u00e8re. Autour c&rsquo;est un pays plein de lacs et de villes thermales. La nuit est claire. C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9t\u00e9. Je n&rsquo;ai plus l&rsquo;odeur. Je n&rsquo;ai plus le bruit, ni la temp\u00e9rature de l&rsquo;air. Le groupe silencieux, fantomatique, longe la rivi\u00e8re. Dans l&rsquo;air, voltigent des nu\u00e9es de lucioles.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\"><em>La luciole \u00e9met de la lumi\u00e8re du fait d'une r\u00e9action chimique se produisant \u00e0 l'extr\u00e9mit\u00e9 de son abdomen. La lucif\u00e9rine (une prot\u00e9ine) et la lucif\u00e9rase (une enzyme)r\u00e9agissent en pr\u00e9sence d\u2019oxyg\u00e8ne. Les signaux lumineux respectent un code et une couleur sp\u00e9cifiques en vue de favoriser la rencontre entre partenaires. Dans certaines esp\u00e8ces, les m\u00e2les produisent en groupe un signal synchronis\u00e9 afin d'\u00eatre rep\u00e9r\u00e9s par les femelles. Du fait de la pollution lumineuse et de l'omnipr\u00e9sence des pesticides, les lucioles tendent \u00e0 dispara\u00eetre. Le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne tend \u00e0 s'observer d\u00e9sormais dans les esp\u00e8ces les plus urbaines. Le r\u00e9verb\u00e8re urbain, photophorus gigantus, est \u00e9galement touch\u00e9 conduisant au basculement de rues enti\u00e8res dans l'obscurit\u00e9. Des attroupements de r\u00e9verb\u00e8res sont parfois observ\u00e9s autour des places en vue de garantir le maintien d'un processus de reproduction de plus en plus al\u00e9atoire.<\/em><\/pre>\n\n\n\n<p><strong>#01 <\/strong>&#8211; 09\/11<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a un bruit de talons dans le passage. C&rsquo;est juste sous ma fen\u00eatre et \u00e7a marche. On entend bien le bruit des talons. C&rsquo;est le bruit des talons contre le pav\u00e9. C&rsquo;est tr\u00e8s net. Et puis il n&rsquo;y a plus le bruit des talons. C&rsquo;est curieux, je n&rsquo;ai pas entendu arriver les talons. Je ne les ai pas entendus repartir. Il n&rsquo;y a personne dans le passage. \u00c7a n&rsquo;a pas de sens d&rsquo;appara\u00eetre, de pi\u00e9tiner ainsi sous la fen\u00eatre puis de dispara\u00eetre. Mais c&rsquo;est peut-\u00eatre fr\u00e9quent me dis-je aussi. Comment savoir ? Si les apparitions mettent des chaussons, elles peuvent apparaitre ainsi, pi\u00e9tiner et dispara\u00eetre. Je ne le saurai pas. Apr\u00e8s tout oui, c&rsquo;est peut-\u00eatre fr\u00e9quent. Peut-\u00eatre qu&rsquo;ils sont tr\u00e8s nombreux \u00e0 pi\u00e9tiner ainsi, en chausson, sous ma fen\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">\"<em>Osez le silence avec Les silencieuses - R\u00e9elle marque de noblesse, et preuve de bon go\u00fbt, le choix raffin\u00e9 et affirm\u00e9 de ce que nous portons \u00e0 nos pieds refl\u00e8te notre personnalit\u00e9. Aussi chics qu\u2019historiques, la Silencieuse \u00e9tait port\u00e9e par nos Rois dans les plus prestigieux ch\u00e2teaux de France. C\u2019est en s'inspirant de ces souliers de reines et de rois de France, que les ateliers EPINOUX font perdurer, non sans style, une tradition fran\u00e7aise du 18\u00e8me Si\u00e8cle. Je suis heureux aujourd\u2019hui de vous proposer de rev\u00eatir nos silencieuses et de faire, \u00e0 votre tour, quelques pas dans l\u2019histoire de France. Jean-Baptiste Epinoux<\/em> - http:\/\/www.epinoux.com\/a-propos\/\"\n<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>#20 &#8211; 28\/11 Rame surpeupl\u00e9e, regardent tous le t\u00e9l\u00e9phone, se fond parmi les corps, la femme est l\u00e0 \u00e0 l&rsquo;angle, se fond parmi les corps, observe, la rejoint, paupi\u00e8res baiss\u00e9es, la femme, carr\u00e9 noir, regarde ailleurs, fr\u00f4le et s&rsquo;attarde le long du sac, le long de la poche, fr\u00f4le et glisse une main, glisse et prend, la liasse, liasse en <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnets-individuels-marion-t\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">carnets individuels | Marion T<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":403,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3942,3897],"tags":[],"class_list":["post-97759","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-carnets_individuels","category-le_grand_carnet"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97759","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/403"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=97759"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97759\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=97759"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=97759"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=97759"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}