{"id":97789,"date":"2022-12-21T13:29:32","date_gmt":"2022-12-21T12:29:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=97789"},"modified":"2023-05-23T08:54:48","modified_gmt":"2023-05-23T06:54:48","slug":"carnet-individuel-catherine-serre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnet-individuel-catherine-serre\/","title":{"rendered":"carnets individuels | Catherine Serre"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 40\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses<\/code> de la saison qui vient de finir<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221211_194509-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-110935\" width=\"130\" height=\"173\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221211_194509-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221211_194509-315x420.jpg 315w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221211_194509-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221211_194509-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221211_194509-scaled.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 130px) 100vw, 130px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Cr\u00e9dit Catherine Serre<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Des listes de vocabulaire propre aux saisons,<\/em> on appliquera le mot \u00ab\u00a0saison\u00a0\u00bb \u00e0 toute chose dont la saison du texte aura besoin, <em>car les saisons qu&rsquo;on ne vit pas dans le r\u00e9el, on les vit aussi bien \u00e0 travers les mots.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Des recherches d&rsquo;\u00e9quivalences (tentatives) pour l&rsquo;utilisation d&rsquo;une majorit\u00e9 d&rsquo;expressions exprim\u00e9es par <em>le f\u00e9minin<\/em>, transposer les \u00e9critures selon cette ligne et prendre la mesure de la contrainte.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9crire dans la continuit\u00e9, sans penser \u00e0 la phrase, impression palimpseste.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>S&rsquo;\u00e9parpiller, faire des portraits, des mini fictions, dialoguer des rencontres ayant eu lieu, attraper des pens\u00e9es du jour, faire des croquis rapides, poser des fl\u00e8ches et des sch\u00e9mas, en cas de notation de paroles : indiquer le nom de qui parle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Installer des rubriques, ou sp\u00e9cialiser le carnet pour telle ou telle situation : promenades, portraits, r\u00eaves, \u00e9tat du monde. Ou seulement dater proprement chaque \u00e9criture.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Tenter le ralentissement (d\u00e9tails de d\u00e9tails de d\u00e9tails), l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration (en arri\u00e8re, mouvement de recul) (en avant et avec des changements de niveaux, des effets visuels), les roulements (verbes en cascade ou son r\u00e9p\u00e9t\u00e9). D&rsquo;un mot court aller dans le moelleux, allonger les expressions juste en attrapant un peu de r\u00e9el au vol, sinon le provoquer.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9crire sur un t\u00e9l\u00e9phone dans un document en ligne et penser fort \u00e0 la douceur du papier, sa fibre et son velout\u00e9, \u00e0 la couverture aussi, aux marques du temps sur le carton.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Faire un peu semblant de croire que le carnet pourrait se r\u00e9v\u00e9ler tr\u00e9sor, le choyer un peu trop pour ce qu&rsquo;il est vraiment : une poche avec sa bille, sa pierre qui brille, sa plume, ses petites collections d&rsquo;amies imaginaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Penser aux grands carnettistes, en faisant des ratures sur des pages d\u00e9j\u00e0 presque perdues.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 39\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses<\/code> qui se cr\u00e9ent<\/p>\n\n\n\n<p>il y a dans tout secret, complice et d\u00e9positaire. <\/p>\n\n\n\n<p>il y a dans tout secret, effort au mensonge<\/p>\n\n\n\n<p>il y a dans tout secret, voie de sortie<\/p>\n\n\n\n<p>il y a dans tout secret, voix de sortie. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221218_154026-1024x323.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-110443\" width=\"588\" height=\"187\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221218_154026-420x133.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221218_154026-768x243.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221218_154026-1536x485.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221218_154026-2048x647.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 588px) 100vw, 588px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Cr\u00e9dit Catherine Serre<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 38\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses<\/code> qui se cueillent<\/p>\n\n\n\n<p>La vision \u00e9volue, comme on \u00e9claire d\u2019un flash une pi\u00e8ce noire, j\u2019y suis tol\u00e9r\u00e9e, je ne dors pas, mais je r\u00eave, je ne r\u00eave pas, mais je vois. Je rapporte la vision, je la ch\u00e9rie comme un oisillon, mais elle ne survit pas toujours, elle a besoin d\u2019une autre rencontre, de plus de rel\u00e2chement, de plus d\u2019humilit\u00e9, de plus de simplicit\u00e9, elle est le prolongement d\u2019un mouvement amorc\u00e9 et d\u00e9velopp\u00e9 plus loin que sa limite,&nbsp; elle est le probl\u00e8me et la solution. \u00c9crire proc\u00e8de du m\u00eame monde.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code has-light-gray-background-color has-background\"><code>je me confrontais \u00e0 une entr\u00e9e d\u2019\u00e9crire qui me d\u00e9plaisait - je ne r\u00eave pas, je suis de celles-l\u00e0 - mais j\u2019y suis all\u00e9e voir, d\u2019abord ce qui ne se r\u00eave pas, puis sur ce qui fait r\u00eave chez moi, et le rituel qui l\u2019entoure, en toute fin de quoi est fait le retour au r\u00e9el, quelques mots qu\u2019il \u00e9tait impossible d\u2019\u00e9crire dans une volont\u00e9 de premi\u00e8re intention - une des vertus du carnet ? la fabrique du texte ?\n<\/code><\/pre>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 37\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses<\/code> grav\u00e9es<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Et d\u2019\u00eatre enferm\u00e9 \u00e0 la longue, \u00e7a rend m\u00e9chant. <em>Marguerite Duras<\/em> <em>Les petits chevaux de Tarquinia  1953<\/em> <\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e9chante, Ludi l&rsquo;a dit \u00e0 Sara, elle est m\u00e9chante. En 1980, dans l\u2019hiver gallois je lis&nbsp;<em>Les petits Chevaux de Tarquinia<\/em>, je bascule dans le r\u00e9cit o\u00f9 amour et m\u00e9chancet\u00e9 sont li\u00e9s. Ce trait de caract\u00e8re &#8211; \u00eatre ou ne pas \u00eatre m\u00e9chante &#8211; me hante, je suis souvent celle-l\u00e0, on me le dit, je n\u2019y comprends rien, et Marguerite Duras en fait un c\u0153ur palpitant de la vie, alors qu\u2019un enfant silencieux pourrait \u00eatre le sujet d\u2019un livre &#8211; un gar\u00e7on &#8211; comme elle le dit au d\u00e9but du texte, au premier lever de l\u2019enfant. Je lis le livre plusieurs fois d&rsquo;affil\u00e9e, j\u2019annote les pages et prends des notes sur une feuille qui est toujours dans le livre aujourd\u2019hui, je me perds dans le texte et me retrouve dans les questions, la mort et l\u2019amour se c\u00f4toient dans une danse macabre. Je ne sais rien de Marguerite Duras \u00e0 ce moment-l\u00e0, de sa biographie, j\u2019ai lu &#8211; gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019amoureux de l\u2019\u00e9t\u00e9, Le Ravissement de Lol V. Stein. Mais ce serait une autre histoire, de route, de voyage et de chemin \u00e0 pied, de nuits dans les Alpilles et d\u2019abricots glan\u00e9s, et enfin de soleil au matin du Ventoux. Rien de m\u00e9chant ni de fou, une histoire simple et naturelle. Je ai emmen\u00e9 l&rsquo;histoire avec moi dans les froidures atlantiques, et j\u2019ai relu le livre plusieurs fois, puis il y a eu le Marin de Gibraltar juste apr\u00e8s ou juste avant Les Petits Chevaux, mais il m\u2019a moins accroch\u00e9, trop mature sans doute. Les Petits Chevaux me hantent, j\u2019en r\u00eave, le mot me d\u00e9vaste, comme il d\u00e9vaste Sara. \u00c0 Swansea, il fait sombre et froid, j\u2019\u00e9coute en boucle Gato Barbieri sur un mauvais \u00e9lectrophone pr\u00eat\u00e9 par Mrs Davies, son saxophone pleure et convoque le soleil tout \u00e0 la fois, il fait nuit \u00e0 quinze heures trente, je ne comprends plus rien au langage, c\u2019est \u00e0 dire plus rien \u00e0 rien, la langue&nbsp; \u00e9trang\u00e8re m\u2019offre un terrain de jeu flou, j\u2019y divague, la musique et le livre me ligotent dans l\u2019illusion, je me demande quel go\u00fbt a le Campari, et si Tarquinia pourrait \u00eatre une destination. L\u2019histoire entre Sara et Ludi qui l\u2019a nomm\u00e9e m\u00e9chante est sans gu\u00e9rison. Le livre reste longtemps le seul.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 36\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses q<\/code>u&rsquo;on arrache<\/p>\n\n\n\n<p>Ce manque, la douleur quasiment, \u00e9crire est coinc\u00e9. Coinc\u00e9 de temps, coinc\u00e9 d&rsquo;obligations, coinc\u00e9 de rendez-vous, aujourd&rsquo;hui par exemple, aller lire pour E, merveilleux : lire \u00e0 voix haute. Enregistrement voix, ce sera dans ses podcasts, c&rsquo;est chouette, E lance sa cha\u00eene, les textes je les aime, je les ai sugg\u00e9r\u00e9s, mais il y a le Champagne \u00e0 prendre au passage, et le chantier presque fini, des photos \u00e0 prendre, des d\u00e9tails \u00e0 r\u00e9gler, et le d\u00e9placement pour le bout d&rsquo;un village. Se perdre. Rue non r\u00e9pertori\u00e9e. Il pleut. Se laisser accueillir, se pr\u00e9parer, boire de bonnes boissons chaudes, et le temps file, mal calcul\u00e9 ce rendez-vous, et la pluie battante et le brouillard. Concentration. La voix claire donn\u00e9e. La bouche dans chaque mot. Voix capt\u00e9e. Filer, boule dans la gorge, le retard dans le ventre. Le retard est une fiction, \u00e0 dig\u00e9rer. C&rsquo;est mal de t\u00eate, tournis. C&rsquo;est chaos. Et les questions. Annuler 17h. Videz le retard comme une baignoire trop pleine, mais manquer un truc. \u00c9crire comme une folle, t\u00e9l\u00e9phone, une seule main comme une bonne gauch\u00e8re, comme une mauvaise typographe, texte s&rsquo;allonge, \u00e9crire veut bien, la liste des emp\u00eachements, ceux d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, fa\u00e7on carnet en freestyle, dans une minute : arr\u00eater. Poser au passage le cadeau de l&rsquo;enfant qui sera absente cette ann\u00e9e. Relire. Envoyer. Le rendez-vous de 17h pas encore annul\u00e9, \u00e9crire se d\u00e9m\u00e8ne, agite ses petits bras. Je le l\u00e2che, comme toujours, comme abandon, tout le reste presse trop et la chose d&rsquo;\u00e9crire a eu un peu de sa pitance, \u00e7a fait moins mal, \u00e7a ira. J&rsquo;arr\u00eate.J\u2019arr\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"473\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221216_175024-473x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-109999\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221216_175024-473x1024.jpg 473w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221216_175024-194x420.jpg 194w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221216_175024-768x1664.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221216_175024-709x1536.jpg 709w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221216_175024-945x2048.jpg 945w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221216_175024-scaled.jpg 1181w\" sizes=\"auto, (max-width: 473px) 100vw, 473px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Catherine Serre<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 35\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses q<\/code>u\u2019on se raconte \u00e0 demi<\/p>\n\n\n\n<p>\u2026et un vieux van, une fille, deux branquignoles et un b\u00e9b\u00e9, des meurtres, tout un imbroglio, et le b\u00e9b\u00e9 qu\u2019on veut vendre, un film qui vient de sortir, une enqu\u00eate de police, le pr\u00e9texte, le titre en deux mots, c\u2019est le nom du b\u00e9b\u00e9, un nom cor\u00e9en, le film est cor\u00e9en, \/les bonnes \u00e9toiles<em>\/<\/em>&nbsp;\u2014 trois mots \u2014 et bien pas ce film-l\u00e0, le film d\u2019avant o\u00f9 il pleut beaucoup, et il y a aussi un b\u00e9b\u00e9, un peu plus grand, ce n\u2019est pas le film qui se passe \u00e0 Paris, il pleut et il y a une grand-m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 34\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses qu\u2019on pense inspir\u00e9es<\/code><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cause de cette nuit de neige, je rem\u00e2che les faits, ceux d&rsquo;une certitude. Curieusement, je n&rsquo;ai plus peur, mais si certains t\u00e9moins me reconnaissaient, ils diraient <em>Elle abuse. Elle est inadapt\u00e9e.<\/em> Aujourd&rsquo;hui, un peu de neige, et \u00e7a va mieux, je respire, l&rsquo;air me comble, ma cage thoracique est mobile. Dans la ville blanche l&rsquo;odeur fade est un peu ferreuse, j&#8217;emprunte \u00e0 nouveau le chemin vers le fleuve, j&rsquo;y acc\u00e8de sans croiser vos pr\u00e9sences, je peux l&#8217;emprunter et m&rsquo;y perdre. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 33\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses exp\u00e9di\u00e9es<\/code><\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9critures comme des bouch\u00e9es doubles, avale avale avale, les \u00e9critures directement du bout de doigts, de l\u2019\u0153il au cerveau, lire \u00e9crire \u00e0 la vitesse d\u2019un petit bolide, comme cogner, percussion avec percuteur, agir la mati\u00e8re, ne pas savoir le faire, le faire. Avant : paralysie, vide noir.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/007-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-109041\" width=\"589\" height=\"785\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/007-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/007-315x420.jpg 315w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/007-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/007-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/007-scaled.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 589px) 100vw, 589px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">TITRE A VENIR centre d&rsquo;art LACOUX (01) <br>\u00a9 Catherine Serre<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet des suites x\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses de carnet des carnets <\/code>  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-gray-color has-text-color\">Carnet des br\u00e8ves choses observ\u00e9es et durant une seconde &#8211; 3600 bribes \/\/\/ noter un \u00e0 trois instants par jour, il faudrait 5 ans pour en finir avec ce recueil  Carnet des paysages, sans fin &#8211; toujours le m\u00eame ? Pas grave, penser \u00e0 C\u00e9zanne, et \u00e0 ce po\u00e8te dont j\u2019oublie le nom d\u00e9crivant sa colline &#8211; jaune parfois  Carnet des petits dangers, des petites transgressions Carnet des nuances et des emportements Carnet de la trivialit\u00e9 minuscule Carnet du regard f\u00e9ministe sur toute chose &#8211; r\u00e9guli\u00e8rement, pendant une journ\u00e9e enti\u00e8re, tout vivre avec un regard d\u00e9construit Carnet sur lequel ne pas s\u2019attarder. Passez &#8212; Je sais Espagne, le carnet \u00e0 reprendre Le carnet qui s\u2019arrache les yeux Carnet de Voler, approche du ressenti animal Carnet des extraits et copies en 480 signes &#8212; S\u2019y tenir Carnet des tentations d\u2019attraper au filet le flou Carnets de carnets, <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/playlist?list=PLgTbwp6SH2bekDsiyYLwslpQkBepVdeGy\">suite vid\u00e9o<\/a> du Carnet individuel <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 32\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses sans r\u00e9ponses<\/code><\/p>\n\n\n\n<p>aurais-je fini par la consoler, grimp\u00e9e sur les questions que je n&rsquo;ai pas pos\u00e9es, aurai-je finis par accepter les r\u00e9ponses et la laisser en paix, comme ce jour le long de la descente vers l&rsquo;autobus, quand elle avait dit Moi aussi \u00e0 ton \u00e2ge, sans un mot pour tout ce qui m&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9, quand il manque un peu de lumi\u00e8re ou de chaleur, elle remue le charbon et le bruit des galets remplit la cuisine, de loin elle dit au revoir, efface son visage immobile, une main s&rsquo;agite, l&rsquo;autre le long du tablier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 31\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses <\/code>des col\u00e8res et lendemain <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Catherine-Serre-32-carnets-.aac\"><\/audio><figcaption class=\"wp-element-caption\">et ce g\u00e2chis&#8230; <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>et ce g\u00e2chis, tu dis quoi de ce g\u00e2chis, de ce marasme, de cette gabegie, tu dis quoi, tu restes l\u00e0, bouche ouverte, \u00e7a suffit, \u00e7a suffit je te dis, \u00e7a suffit, quand petite les rivi\u00e8res pas propres, tu te souviens : la terreur, et les oiseaux d\u00e9j\u00e0 si peu visibles, tu te souviens : la d\u00e9ception, et la guerre, tu te souviens, la guerre et les v\u0153ux : pas la guerre, pas la guerre jamais, il est quasiment trop tard alors agis \u00e0 ton \u00e9chelle, \u00e0 ta petite \u00e9chelle, non de non, fais quelque chose.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 30\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses simultan\u00e9es<\/code><\/p>\n\n\n\n<p>le 9 d\u00e9cembre, une affaire de ce jour-m\u00eame t\u00f4t ce matin, relat\u00e9e ce midi, en deux endroits simultan\u00e9ment, \u00e0 la m\u00eame heure, deux endroits au moins, alors que chez eux, vaquant \u00e0 l\u2019\u00e9tage ou au garage, peut-\u00eatre au linge, des cambrioleurs l\u00e0, devant, \u00e0 surprendre chez eux le matin, la surprise du cambrioleur, l\u00e0 devant \u00e0 tenter de prendre, tentative pendant que les habitants dedans, au linge ou au garage, cambriolages diurnes signal\u00e9s mais pas li\u00e9s, le m\u00eame matin en deux lieux tent\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet hors-Champ\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses<\/code> <code>de petite<\/code> <code>(9ans ou presque)<\/code><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/EEA6312A-BF5B-4AE4-B688-D69F96667EB9-1024x853.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-107869\" width=\"322\" height=\"268\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/EEA6312A-BF5B-4AE4-B688-D69F96667EB9-1024x853.png 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/EEA6312A-BF5B-4AE4-B688-D69F96667EB9-420x350.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/EEA6312A-BF5B-4AE4-B688-D69F96667EB9-768x640.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/EEA6312A-BF5B-4AE4-B688-D69F96667EB9.png 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 322px) 100vw, 322px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Catherine Serre <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">C\u2019est rouge et violet \u00e7a ne ressemble \u00e0 rien mais pourtant c\u2019est un loup est un \u00e2ne ils se ressemblent bien ils sont jolis avec leurs \u00e9critures noires qui d\u00e9goulinent sur leurs l\u00e8vres qui sentent le parfum et qui entendent la voix douce du chagrin et la vie se l\u00e8ve sur la terre et&nbsp;&nbsp;les esprits danse on entend les lapins et les voix des li\u00e8vres les r\u00eanes les sangliers on les entend<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 29\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses<\/code> <code>qui grondent<\/code><\/p>\n\n\n\n<p>Sorte de regret, un truc qui gratte, un caillou dans le soulier, comme le chantait ma grand-m\u00e8re \u00ab&nbsp;mais comment, diable, est-il rentr\u00e9 ?&nbsp;\u00bb. La chanson a disparu, introuvable. Tout aurait pu \u00eatre autre, et bien qu\u2019il ne soit pas trop tard, y aller pour ne plus questionner, mais toujours garder ce pincement \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e qu\u2019on aurait sans doute\u2026 Parfois r\u00e9sonnent les mots de O. Vous aurez \u00e0 choisir, tout n\u2019arrivera pas comme \u00e7a, \u00e9coutez-moi, et comprenez-le : tout d\u00e9pendra de vos choix.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 28\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses<\/code> de  loin <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/share685689884414512021-561x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-107817\" width=\"370\" height=\"673\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 CS        Visions des lointains<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>une impression la m\u00eame qui revient d\u2019un trop plein ou de manque de quoi de qui faite de mots ou de gestes il est trop tard d\u00e9j\u00e0 s\u2019approche un obstacle \u00e0 franchir des hauteurs lointaines et du temps \u00e0 boire m\u00eal\u00e9 de vin pendant des nuits plus longues que des saisons \u00e0 se perdre sur le trajet quand r\u00e9sonnent les paroles oubli\u00e9es les reconna\u00eetre mais s\u2019\u00e9tonner qu\u2019elles soient nouvelles ou qu\u2019elles ne soient plus les armes qu\u2019elles savaient \u00eatre s\u2019arr\u00eater pour un peu de repos \u00e0 \u00e0 mi-pente jouissance de la perfection du lieu avec point de vue sur la vall\u00e9e, au juste \u00e9quilibre entre le fond trop humain et le sommet par trop d\u00e9tach\u00e9<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background\"><code>au c\u0153ur des commentaires et des \u00e9changes qu\u2019ils suscitent, une petite amiti\u00e9 de Carnets, d\u2019id\u00e9es de Carnets, de possibles de Carnets, j\u2019en \u00e9tablie la liste ce soir - le 28 novembre, \u00e0 mi-parcours, et je continuerai jusqu\u2019au 20 d\u00e9cembre, derni\u00e8re de Carnets Carnets, l\u2019exp\u00e9rience.  <\/code><\/pre>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet des suites 4\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses premi\u00e8res des matins<\/code>  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right has-dark-gray-color has-text-color has-background has-normal-font-size\" style=\"background:linear-gradient(42deg,rgb(255,245,203) 0%,rgb(182,227,212) 50%,rgb(51,167,181) 100%)\">Un \u0153il comme un visage <br>Corps liquide corps solide<br>A toi de jouer, Einstein<br>Choc<br>Apr\u00e8s tout<br>La lumi\u00e8re est vivante<br>Le visiteur d\u2019hier est revenu<br>Si peu de nuit, si peu  de nuit<br>Quelque chose d&rsquo;indemne<br>Une entr\u00e9e en r\u00eave<br>Un bruit de quelque chose, la pluie <br> La premi\u00e8re la premi\u00e8re<br>Apr\u00e8s les articulations<br>Les formes flottantes d\u2019 Annapurna<br> Une cuisson de l\u00e9gumes<br>Voler \u2014 si j\u2019ai vol\u00e9 j\u2019ai oubli\u00e9<br>Une chose ou l&rsquo;autre, mais trop tard<br>D\u00e9chirer du papier<br>Ne rien abandonner&nbsp;<br>Et la neige n&rsquo;est pas tomb\u00e9e<br>Vivre une journ\u00e9e <em>flou<\/em>, comme myope<br>Une chose recommence<br>Et  la neige n\u2019est pas tomb\u00e9e<br>Trop de nuit, le matin colle<br>Et trop de nuit encore<br> Cogner dans la t\u00eate dedans<br>Si le matin  se recouchait<br>Ce n\u2019est ni l\u2019heure ni l\u2019endroit <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 27\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses de double vue<\/code><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/16703377159706832470835895950594-1-511x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-107512\" width=\"333\" height=\"667\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/16703377159706832470835895950594-1-511x1024.jpg 511w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/16703377159706832470835895950594-1-210x420.jpg 210w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/16703377159706832470835895950594-1-768x1540.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/16703377159706832470835895950594-1-766x1536.jpg 766w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/16703377159706832470835895950594-1-1022x2048.jpg 1022w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/16703377159706832470835895950594-1.jpg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 333px) 100vw, 333px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 CS escalier m\u00e9canique Vieux Lyon d\u00e9cembre 22<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>vers le m\u00e9tro sous la rivi\u00e8re, la pente aigu\u00eb \u2013 il est bien entendu que <em>aigu\u00eb<\/em> n&rsquo;est pas un adjectif, c&rsquo;est un choc. Le corps h\u00e9site \u00e0 faire un pas, la marche vibre, pas la place de deux, c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te. Corps vers le vide vacille avec ce mouvement de vague qui va des pieds vers les hanches, la t\u00eate \u00e0 ajuster en contrepoids, une attirance pour la chute \u00e0 retenir en posant les yeux plus pr\u00e8s, l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;\u00e9chelle de la r\u00e9alit\u00e9 reste la m\u00eame. En bas, l&rsquo;horizontal \u00e0 retrouver.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>16 chaussures blanches sur le sol &#8211; 16 pieds qui trouent le sol \u2013 il est bien entendu que <em>blanches<\/em> n&rsquo;est pas un adjectif, c&rsquo;est un choc. Comme les corps s&rsquo;appuient quand tout bouge.<\/p>\n\n\n\n<p>Manger dans le froid, du chaud dans le froid, double r\u00e9el \u00e0 ressentir, le plat refroidit plus vite qu&rsquo;il n&rsquo;est mang\u00e9, les calories chauffe l&rsquo;estomac mais le bout des doigts ne suit pas. Pour le th\u00e9 \u2013 boire br\u00fblant \u2013 le temps de l&rsquo;infusion a passablement modifi\u00e9 cette perspective.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques heures de Bureau, comme dire Argent, ou Commodit\u00e9 de fin de mois, les formulaires par cat\u00e9gories, par nature, par besoin, le sourire pr\u00eat \u00e0 servir, l&rsquo;\u00e9cran pr\u00eat \u00e0 renseigner, l&rsquo;esprit ailleurs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 26\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses de la vigilance<\/code><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/046810CA-CDFD-4C9D-955C-B557C5BBF731.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-107135\" width=\"415\" height=\"343\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fa\u00e7onner de la boue I \u2014 <br>\u00a9 Fran\u00e7oise Delorme, poti\u00e8re et po\u00e8te avec autorisation<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Observer, pour voir ce qui est \u2013 forme, poids, densit\u00e9 , mouvement \u2014 un arbre double br\u00fbl\u00e9 : pas de deux \u00e0 la foudre. Soudain, un rayon et la brume \u00e0 l&rsquo;\u00e9vaporation. Surtout la lumi\u00e8re. Avant de s&rsquo;affadir en jour de tous les jours. Le papier, la sensation qu&rsquo;il s&rsquo;offre \u00e0 la caresse, qu&rsquo;il la suscite et la r\u00e9clame, <em>Carnets des montagnes lointaines<\/em> de Orhan Pamuk \u2013 les couleurs de ses dessins et de ses stylos d&rsquo;\u00e9criture, et ses mots comme la voix, je l\u2019entends, je l&rsquo;imagine avec nous-autres dans la pi\u00e8ce qui fut le logement des animaux, avec aujourd&rsquo;hui sur la poutre, comme dans une niche, la collection de bols que des mains ont fa\u00e7onn\u00e9s avec de la boue. Plus tard, le caf\u00e9 br\u00fblant, dans une de ces tasses \u00e9maill\u00e9e comme d&rsquo;un peu de neige, br\u00fblant dans le creux des doigts. La pile de feuilles, mot \u00e0 mot s&rsquo;en p\u00e9n\u00e9trer, entendre le texte, \u00eatre accord\u00e9e. Feuilles relues avec soin, les mots sautent d&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre et le doute brouille les sens. Je d\u00e9cris la sc\u00e8ne, elle aura lieu, peut-\u00eatre moins pr\u00e9cise. La com\u00e9die musicale Cabaret, impossible oubli de Liza Minelli, son corps liane, et le chant d\u00e9chire. A Paris, une version avec Sam, artiste gendre fluid. Sam ? Sam Buttery. Feuilles du d\u00e9ploiement, go\u00fbt qui persiste, c\u00e9r\u00e9monie du manque. Image presque immobile de la jeune fille au coin du mur, elle entre dans le jardin monde, accroupie elle imite puis elle ressent, ses doigts sur la louche de bambou, et l&rsquo;eau pr\u00e9cieuse. Un autre film revient, un documentaire cette fois, Fumiko marche en f\u00f4ret rejoindre le sage qui fait le th\u00e9 \u00e0 l&rsquo;eau de source des volcans, elle en recueille pour cuire le riz. Son go\u00fbt, un cadeau \u00e0 imaginer. La tentation d\u2019attraper au filet le flou, sa fa\u00e7on aussit\u00f4t de nettet\u00e9, en moi le fort d\u00e9sir de le faire toute la journ\u00e9e, sans presque respirer, penser \u00e0 cam\u00e9ra obscura \u2013 mais ce serait la nuit \u2013 image d\u2019une chambre \u00e0 l&rsquo;heure de la quitter, des heures immobiles. Revient la sensation de la photo de la jeune fille, \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de Fagor, elle pose un coude sur la table, son regard dans la diagonale, nous la regardons en nous d\u00e9calant un peu, l&rsquo;image est unique, une st\u00e9nop\u00e9 justement, des couleurs comme un glacis, une peinture de Flandres, le percevoir, en \u00e9prouver l\u2019\u00e9motion. J&rsquo;ai crois\u00e9 le photographe &#8211; un autre &#8211; pas r\u00e9ussi \u00e0 lui parler, ce matin me dit qu&rsquo;il ne sait pas que je suis brouill\u00e9e avec MC, \u00e0 jamais. Lui aussi en \u00e0 souffert, <em>de cette folle<\/em>, comme avait dit SP, il me faudra lui \u00e9crire. La revoir n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 douloureux au sens \u00e9motionnel, sauf le cerveau reptilien \u00e0 l&rsquo;aff\u00fbt, tachycardie, acouph\u00e8nes, fort d\u00e9sir de fuir, <em>hyper-vigilance<\/em> disent les sp\u00e9cialistes des traumas. J&rsquo;aime \u00e9crire flou, et net. Je garde l&rsquo;expression pour quand il faudra parler du comment on \u00e9crit \u2014 pour les autres, et de penser le comment on \u00e9crit \u2014 pour soi.&nbsp;Ayant commenc\u00e9 \u00e0 7h, je m&rsquo;arr\u00eate \u00e0 11h, j&rsquo;attend 13h, je relis, 13h40, texte deux fois coup\u00e9 et mont\u00e9, version courte qui bat, sentiment de voir une chose important \u00e0 l\u2019\u0153uvre, dans l\u2019instant. Le phrase de ce matin \u00e9tait : vivre une journ\u00e9e flou comme myope, flou est un adjectif, je le d\u00e9lie de l&rsquo;accord et lui accorde une journ\u00e9e de nom. (3133 caract\u00e8res et espaces)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/046810CA-CDFD-4C9D-955C-B557C5BBF731-e1670245196604.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-107135\" width=\"380\" height=\"411\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fa\u00e7onner de la boue II \u2014 <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Feuilles relues avec soin, les mots sautent d&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre et le doute brouille les sens. Je d\u00e9cris la sc\u00e8ne, elle aura lieu, peut-\u00eatre moins pr\u00e9cise. La tentation d\u2019attraper au filet le flou, sa fa\u00e7on aussit\u00f4t de nettet\u00e9, en moi le fort d\u00e9sir de le faire toute la journ\u00e9e, sans presque respirer, penser \u00e0 la cam\u00e9ra obscura \u2013 mais ce serait la nuit \u2013 image d\u2019une chambre \u00e0 l&rsquo;heure de la quitter, des heures immobiles. Revient la sensation de la photo de la jeune fille, \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de Fagor. Observer, pour voir ce qui est \u2013 forme, poids, densit\u00e9 , mouvement \u2014 un arbre double br\u00fbl\u00e9 : pas de deux \u00e0 la foudre. Soudain, un rayon et la brume \u00e0 l&rsquo;\u00e9vaporation. Surtout la lumi\u00e8re. Avant de s&rsquo;affadir en jour de tous les jours.(723 caract\u00e8res et espaces)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/046810CA-CDFD-4C9D-955C-B557C5BBF731-e1670245290220.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-107135\" width=\"366\" height=\"174\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fa\u00e7onner de la boue III \u2014 <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Un rayon et la brume \u00e0 l&rsquo;\u00e9vaporation. Surtout la lumi\u00e8re. Plus tard, le caf\u00e9 br\u00fblant, dans un de ces bols \u00e9maill\u00e9s comme d&rsquo;un peu de neige, \u00e0 r\u00e9chauffer le creux des doigts. Le doute brouille les sens, la sc\u00e8ne aura lieu, peut-\u00eatre moins pr\u00e9cise. Cam\u00e9ra obscura \u2014 mais ce serait la nuit \u2013 image d\u2019une chambre \u00e0 l&rsquo;heure de la quitter. Il y a eu la sensation \u00e0 voir la photo de la jeune fille \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de Fagor, un st\u00e9nop\u00e9, un effet de glacis comme une peinture de Flandres. CS. (479 caract\u00e8res et espaces, or cette inscription)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 25\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses <\/code>des corps au loin <\/p>\n\n\n\n<p>Clamer corps \u2013 comme un mur qui longe la combe&nbsp; \u2013 longer comme suivre la ligne de pente irr\u00e9guli\u00e8re creus\u00e9e et remontante \u2013 clamer corps jets de pierre \u2013 dans le sang les graviers \u2013 le sombre \u00e0 la lisi\u00e8re \u2013 la vie sous les frissons \u2013 se planter l\u00e0&nbsp; \u2013 clamer \u2013 s&rsquo;\u00e9corcher de corbeaux \u2013 glapir \u2013 fond de combe \u00e0 la glace \u2013 comme dessous l&rsquo;obstacle \u2013 gravir pour \u00e9prouver \u2013 cailloux comme des os \u2013 pas de deux \u00e0 la foudre \u2013 torsade dans les fibres \u2013 falaise \u00e0 ras de terre \u2013&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"847\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221204_153248-scaled-e1670171090637-847x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-106942\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221204_153248-scaled-e1670171090637-847x1024.jpg 847w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221204_153248-scaled-e1670171090637-348x420.jpg 348w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221204_153248-scaled-e1670171090637-768x928.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/IMG_20221204_153248-scaled-e1670171090637.jpg 1175w\" sizes=\"auto, (max-width: 847px) 100vw, 847px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Catherine Serre                long\u00e9vit\u00e9 du bois patiemment<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 24\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses <\/code>des montagnes au loin <\/p>\n\n\n\n<p>Il y a eu l&rsquo;heure de la derni\u00e8re feuille tomb\u00e9e au sol. Le gris bleut\u00e9 du jour ne s&rsquo;en souvient pas, n&rsquo;a pas fait attention, n&rsquo;a pas pris garde. Tremp\u00e9es de pluie, de ros\u00e9e, et du passage de la premi\u00e8re neige, elles se font discr\u00e8tes d\u00e9j\u00e0, se fondent. Air qui revient \u00e0 la terre, eau qui alt\u00e8re comme par le feu. Alisiers, ch\u00eanes, tilleuls, fr\u00eanes, ils rendent aux profondeurs, et s&rsquo;offrent tout entier au repos, ils accrochent le ciel dans leurs branches.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a9 Catherine Serre<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-cover\" style=\"min-height:430px;aspect-ratio:unset;\"><span aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-cover__background has-background-dim\"><\/span><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"472\" height=\"1024\" class=\"wp-block-cover__image-background wp-image-106658\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/5C8937DE-7BAA-47F4-9AB1-9DF1A914488F-472x1024.jpeg\" data-object-fit=\"cover\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/5C8937DE-7BAA-47F4-9AB1-9DF1A914488F-472x1024.jpeg 472w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/5C8937DE-7BAA-47F4-9AB1-9DF1A914488F-194x420.jpeg 194w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/5C8937DE-7BAA-47F4-9AB1-9DF1A914488F-708x1536.jpeg 708w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/5C8937DE-7BAA-47F4-9AB1-9DF1A914488F.jpeg 738w\" sizes=\"auto, (max-width: 472px) 100vw, 472px\" \/><div class=\"wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><code>Il y a eu l\u2019heure de la derni\u00e8re feuille<\/code><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Le silence profond se m\u00eale en acouph\u00e8nes, \u00e0 peine un bruit de moteur dans un lointain invisible, des joies humaines traversent l&rsquo;air, au loin des t\u00e2ches bleues, rouges et grises s&rsquo;agitent et jouent avec des chiens. La d\u00e9coupe des cr\u00eates amolie de neige se fond au ciel.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux roches affleurantes, un tas de branches fait une chevelure presque humaine, la chevelure d&rsquo;un grand troll endormi.<\/p>\n\n\n\n<p>Au bosquet de troncs serr\u00e9s, des branches rassembl\u00e9es en nid \u00e9pais, comme le nid merveilleux d&rsquo;une femelle ph\u00e9nix.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les piquets \u00e0 neige, chaque 10 m bordant les routes les passages les parkings, trace d\u2019avenir dans un jour bleu gris. Des corps pench\u00e9s, grande pelle \u00e0 la main, raclant et entassant. Pour chacun, une attente, un espoir, un d\u00e9sappointement mais aussi les froids mordants et lumineux, et l&rsquo;air comme du cristal coulant profond dans les poumons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 23\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code>  \u2014  <code>les choses <\/code>comptables<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color\" style=\"color:#666a5c\">Du 32 rue V. au 109 Cours E.Z. <br>4 perron<br>4 fissure&nbsp;<br>6 fissure&nbsp;<br>8 large fissure&nbsp;<br>15 arbre remarquable&nbsp;<br>3 citron grignot\u00e9<br>5 petite boite + curiosit\u00e9 = lipstick&nbsp;<br>3 \u221f 4 poubelle jaune 12 boite aux lettres 15 borne \u00e0 incendie + curiosit\u00e9 = du livre, aucune trace&nbsp;<br>37 \u221f<br>2 pieds sur une bande rugueuse (blanche) pour malvoyants<br>15 entre noir et blanc<br>1 en dehors de la bande rugueuse&nbsp;<br>15 sans caract\u00e8re&nbsp;<br>30 sur le pas d\u2019un homme lent et l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9port\u00e9 \u00e0 droite&nbsp;<br>15 acc\u00e9l\u00e9ration&nbsp;<br>5 \u221f<br>15 \u221f1 pieds sur la bande rugueuse m\u00e9tallique (grise) pour malvoyants<br>10 zigzag&nbsp;<br>15 \u221f<br>1 banette<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-1024x768.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-106302\" width=\"590\" height=\"442\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\">carnet 22\/40 \u2014 les chose difficiles \u00e0 perdre<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Geste inutile et indispensable 2\" width=\"800\" height=\"450\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/UiK90wni6zs?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption class=\"wp-element-caption\">Geste inutile et indispensable<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Laisser le livre et le geste \u00e0 sa r\u00e9alit\u00e9. Regarder derri\u00e8re soi le livre d\u00e9j\u00e0 presque invisible. Sur la borne \u00e0 incendie, d\u00e9poser un des deux livres, glisser l\u2019autre dans sa poche. Choisir aux \u00e9ditions Divergences un livre en deux exemplaires. Faire le tour des rayons, lentement, avec comme crit\u00e8res : le budget et entre les deux : une autrice.&nbsp; Choisir un livre jaune ou rouge ? Rep\u00e9rer la borne \u00e0 incendie pendant le court trajet \u00e0 pied vers la librairie, et aussi une bo\u00eete \u00e0 lettre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\">carnet 21\/40 \u2014 les choses des mains<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Geste, et d\u00e9placement\" width=\"563\" height=\"1000\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/DPKV6ixtbqY\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/8FD840CD-8420-44A0-90DF-87F4D1846E9B.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-105914\" width=\"195\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/8FD840CD-8420-44A0-90DF-87F4D1846E9B.jpeg 473w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/8FD840CD-8420-44A0-90DF-87F4D1846E9B-249x420.jpeg 249w\" sizes=\"auto, (max-width: 195px) 100vw, 195px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">papier d\u00e9chir\u00e9 entre Gorge de Loup et Bel Air, ligne 24 <br>\u00a9 Catherine Serre<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-gray-background-color has-background has-normal-font-size\">D\u00e9chirer du papier, pendant le trajet d&rsquo;autobus, fa\u00e7onner du papier, un passager de papier, un de plus dans le bus bond\u00e9,&nbsp; le bus qu&rsquo;on conna\u00eet mal, donner forme \u00e0 un si\u00e8ge, en papier avec bande collante, pour fa\u00e7onner c&rsquo;est pratique, d\u00e9chirer et coller un petit passager de papier, inutile, un petit passager de plus, assis, un si\u00e8ge pour le corps pli\u00e9, sur la ligne de bus, aux heures de midi, le prendre en photo, inutile et indispensable, puis le laisser et sortir. <br><br><br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\">carnet 20\/40 \u2014 les choses du silence entre nous <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG_20180723_120517-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-105621\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG_20180723_120517-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG_20180723_120517-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG_20180723_120517-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG_20180723_120517-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG_20180723_120517-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Catherine Serre<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Le paiement symbolique est totalement d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9, <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnet-individuel-daniele-godard-livet\/#:~:text=Peut%2Don%20payer%20son%20psy%20par%20carte%C2%A0%3F\">l\u2019\u00e9change d\u2019argent contre des mots, <\/a>la grande m\u00e9nagerie des mots en \u00e9change de la somme annonc\u00e9e, contre la somme mat\u00e9rielle d\u2019argent qui se confond maintenant avec une suite de validations ayant lieu avant que la porte ne s\u2019ouvre, que l\u2019homme ne s\u2019efface pour me laisser entrer, juste avant de parler, les mots pay\u00e9s d\u2019avance. J\u2019avais une fois compt\u00e9 combien de mots et quel prix, mais c\u2019\u00e9tait tellement trivial que j\u2019avais arr\u00eat\u00e9, honteuse de cette affreuse id\u00e9e, celle que mon silence me co\u00fbtait plus cher qu\u2019une phrase, que deux phrases, que trois phrases, que\u2026 j\u2019avais la preuve que ne rien dire co\u00fbte cher. Nos yeux se croisent, ou plut\u00f4t je l\u00e8ve les yeux et croise l\u2019autre regard, je respire, une partie de l\u2019\u00e9change a eu lieu, la somme est d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9e, quant aux mots, \u00e0 moi de d\u00e9cider, si et quand.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Deux \u00e0 tenir la caisse dans l\u2019espace minuscule et la cliente qui veut encore un produit de la r\u00e9serve, elle a un vague sourire d\u2019excuse, mais d\u00e9j\u00e0 je repars, la boite de cinq est bien quelque part, le stock le dit, mais je ne trouve rien, je fouille des \u00e9tag\u00e8res mal rang\u00e9es, pas tr\u00e8s pharmacie tout \u00e7a, mais c\u2019est bien cach\u00e9 derri\u00e8re, la boite enfin est l\u00e0, j\u2019en rapporte trois, une pour ma cliente, et deux d\u2019avance, ma coll\u00e8gue me regarde \u00e9tonn\u00e9e, elle est molle et pr\u00e9f\u00e8re renvoyer les gens sans rien plut\u00f4t que chercher un peu, les six articles de la cliente sont bien tap\u00e9s, j\u2019encaisse avec sa carte, elle prend elle-m\u00eame ses achats et les faits dispara\u00eetre dans un sac, le ticket me reste dans les mains.<\/p>\n\n\n\n<p>Choisir un pantalon \u00e0 son \u00e2ge, pas tr\u00e8s facile, je la surveille un peu, elles sont lentes ces toutes vieilles et restent un long moment dans la cabine, il leur faut un peu d\u2019aide pour remettre une chaussure ou la manche d&rsquo;un manteau, les \u00e9pingles sont pos\u00e9es sur le bas de jambe, la somme pay\u00e9e est rondelette, elle a pris un pull et un haut sold\u00e9s en plus du pantalon garanti bien chaud avec un tel taux de laine, \u00e0 venir chercher vendredi, pr\u00eat \u00e0 porter. La carte efface la r\u00e9alit\u00e9 du montant.<\/p>\n\n\n\n<p>Un \u00e9change de pi\u00e9cettes est toujours un grand moment, fouiller le porte-monnaie, compter toutes les dor\u00e9es et puis les jaunes, faire l\u2019appoint, cette perfection, cet \u00e9merveillement, le morcellement de la somme en la multitude fragment\u00e9e et la botte de persil est dans ma main, avec trois oranges et quelques bananes, un tr\u00e9sor contre un autre, dans sa main \u00e0 elle les pi\u00e8ces filent, le tri se fait et le compte, tout y est, elle sourit et moi aussi, comme apr\u00e8s une bonne action.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\">carnet 19\/40 \u2014 les choses des \u00e9changes variables<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG_20221128_171733-812x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-105244\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">E. \u00e0 la Biennale de Lyon<br>\u00a9 Catherine Serre<br> <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Une tasse de th\u00e9 dans la p\u00e9nombre, offerte et pos\u00e9e sur la tablette, un peu de chaud pour le matin, un peu de liquide pour la bouche le matin, une attention chaude.<\/p>\n\n\n\n<p>Un pantalon neuf, pour le chaud du corps et le chaud de la vie, un pantalon principalement chaud, la coupe du moment en lainage, une coupe large qui modifie les sensations, un pantalon des yeux au corps, et les \u00e9pingles pour la longueur, la retouche, les jambes \u00e0 la taille des vraies jambes et un pull et un haut \u00e0 manches longues, et \u00e7a me&nbsp;suffit, et le pull c\u2019est moiti\u00e9 prix mais le pantalon c\u2019est plein pot ? <\/p>\n\n\n\n<p>Un pantalon neuf et vraiment chaud, oui surtout bien chaud, coupe large, il faut s\u2019y habituer, je lis dans vos pens\u00e9es, tenez, passez le, avec quarante-deux pour cent de laine c\u2019est chaud, vous verrez, et doubl\u00e9 c\u2019est doux, doux et chaud, c\u2019est \u00e7a qu\u2019on aime, et un pull, un pull avec la r\u00e9duction c\u2019est moiti\u00e9 prix, voil\u00e0, et \u00e0 vendredi, tenez, et le ticket, regardez, on est bien organis\u00e9 ici, agraf\u00e9 avec le coupon de retrait du pantalon, vendredi on vous attend, si on est encore l\u00e0 ? ah oui, \u00e0 vendredi alors.<\/p>\n\n\n\n<p>Un pantalon neuf et vraiment chaud, oui surtout bien chaud, avec quarante-deux pour cent de laine c\u2019est chaud, tenez, et le ticket, agraf\u00e9 avec le coupon de retrait du pantalon, vendredi on vous attend, si on est encore l\u00e0 ? oui, encore l\u00e0, vendredi, si on y est encore.<\/p>\n\n\n\n<p>Une boite, tu en as trouv\u00e9e, j\u2019en ai pas trouv\u00e9e, j\u2019ai plong\u00e9 dans les bas-fonds, une boite de cinq, et un, deux, trois, quatre, cinq, six articles, vous avez tout rang\u00e9, j\u2019allais\u2026un sac, voil\u00e0, au revoir, votre ticket.<\/p>\n\n\n\n<p>Je t\u2019ai fait une assiette, tu n\u2019as pas fini, mais il faut s\u2019organiser dans l\u2019agenda, pas faire que l\u2019aspirateur et j\u2019oublie le reste, tiens et le caf\u00e9, t\u2019as pas fini, l\u2019agenda, et r\u00e9gler le mat\u00e9riel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\">carnet 18\/40 \u2014 les choses de double<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">************************************************************************<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/a-lucien.fr\/philippine\/\">http:\/\/a-lucien.fr\/philippine\/<\/a><br>rien n\u2019est hasard, pour trouver l\u2019image&nbsp;de ce jour &#8211; enlev\u00e9e depuis &#8211; je d\u00e9couvre un immense travail d\u2019archive et d\u2019amour de l\u2019arri\u00e8re petite ni\u00e8ce de Germaine Bertin dont elle prend le pseudo sur Twitter &#8211; je lui fais part de ce partage<\/p>\n\n\n\n<p id=\"m_8622678101904347124gmail-docs-internal-guid-38bdd72a-7fff-2aed-7816-8be9818219e1\">Maintenant je vais vous dire le secret de Philippine : c\u2019est une amande avec un <em>a<\/em>. C\u2019est une amande \u00e0 deux amandes. L\u2019une des deux amandes est frapp\u00e9e d\u2019une amende. Il s\u2019ensuit par identification que l\u2019autre aussi est frapp\u00e9e. C\u2019est un jeu d\u2019amandes. Un double jeu. Qu\u2019est ce qu\u2019il y a dans Amande ? Il y a un double charme d\u2019\u00e2me qui mande deux personnes \u00e0 ne pas s\u2019oublier, \u00e0 s\u2019appeler du m\u00eame nom, \u00e0 se pr\u00e9c\u00e9der, \u00e0 se faire \u00e9cho, \u00e0 se dissocier, \u00e0 se r\u00e9fl\u00e9chir<\/p>\n\n\n\n<p>Livre \u00e9dition Galil\u00e9e, collection Lignes fictives, \u00e9crit par celle qui fascine mais reste lointaine, livre prononc\u00e9 en 2008, paru en 2009, livre emport\u00e9 pour \u00eatre rendu, mais toujours pas <em>lu<\/em> depuis trois ans, feuillet\u00e9, envisag\u00e9, touch\u00e9, explor\u00e9 par morceaux au hasard. Et puis ce matin, lire se r\u00e9volte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Revenons au point de d\u00e9part.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Revenons \u00e0 la grille du premier jardin.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 17\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code> \u2014 <code>les choses qui <\/code>r\u00e9v\u00e8lent<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ne plus rien changer des villes, laisser pousser les pelouses, ne plus tondre, laisser fleurir les acacias, ne plus \u00e9laguer, laisser les tilleuls \u00e9tendre leurs ramures et parfumer l&rsquo;air, ne plus intervenir, laisser \u00e9clater le goudron et faire place aux herbes folles, accepter la marge, voir s&rsquo;\u00e9lancer les roses tremi\u00e8res, les lavaterres, les girofl\u00e9es, repiquer des plants de tomates, des c\u00f4tes de bettes et du persil, si les citrouilles prolif\u00e8rent, les laisser tranquilles, dans les villes laisser faire. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 16\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code> \u2014 <code>les choses qui cachent <\/code><\/p>\n\n\n\n<p id=\"m_-8624636385655410501gmail-docs-internal-guid-c69b47b9-7fff-0d1c-c6d0-2b71168258f0\">Chemise lourde ray\u00e9e bleue, o\u00f9 va-t-elle.<br>Un pull \u00e9pais ras du cou, un chapeau \u00e0 hauts bords, des jeans informes tenant une robe alezan qui avance \u00e0 pas \u00e9gaux.<br>Juste un col de chemise.<br>D\u00e9bardeur et pantalon flanelle grise trace la route, partage l\u2019air.<br>Jean noir et haut noir, pas assez chaud pour la saison.<br>Gilet de laine, large, enveloppant, double peau de l\u2019hiver.<br>Si les couleurs comptent, le rouge du manteau est un trait de lumi\u00e8re dans la rue vide.<br>La polaire marron tire sur le roux, une couleur que seuls les textiles enti\u00e8rement chimiques inventent, une surprise pour l\u2019\u0153il.<br>Des chaussures de dehors port\u00e9es dedans, pour le froid, par paresse, par n\u00e9gligence.<br>Une fa\u00e7on d\u2019empiler des \u00e9paisseurs, du violet et du tendre, du coton et des laines, de la douceur avant tout.<br>La ceinture surligne le pantalon, une \u00e9l\u00e9gance simple.<br>Une parka sombre \u00e0 col fourrure, fid\u00e8le \u00e0 la travers\u00e9e tout l\u2019hiver.<br>Les motifs du manteau, pr\u00e9texte \u00e0 para\u00eetre originale.<br>La vitesse de la marche appuy\u00e9e sur des chaussures confortables et bien taill\u00e9es, des chaussures de marque, une fa\u00e7on diabolique.<br>Dans l\u2019indescriptible unit\u00e9 grise de la rue, un peu du jaune d\u2019une \u00e9charpe semble danser.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 15\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code> \u2014 <code>les choses de rumeurs <\/code><\/p>\n\n\n\n<p>Comme \u00e7a on n&rsquo;a pas \u00e0 gal\u00e9rer tu vois comme \u00e7a, \u00e7a engage \u00e0 rien de demander, tu vois tu vois comme \u00e7a, alors une table, vous avez r\u00e9serv\u00e9, on va lui acheter un meuble cd, un truc de cd, c&rsquo;est pareil je lui dit, parce que je lui dit c&rsquo;est comme ces jeunes qui chantent, il est retourn\u00e9 \u00e0 Paris, du Michel Delpech du Jo Dassin, on a rentr\u00e9 de la vaisselle, c&rsquo;est comme \u00e7a, la facture, normalement on doit en avoir, trente, quarante, tiens c&rsquo;est pas Djamila ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 14\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code> \u2014 <code>les choses de temps compt\u00e9<\/code><\/p>\n\n\n\n<p>Une seconde, <\/p>\n\n\n\n<p>Vol de pigeon qui s&rsquo;ouvre en demi-cercle, noires impressions mouvantes, un peu lourdes sur fond de ciel, la colonne baroque supportant l&rsquo;horloge leur oppose sa masse.<\/p>\n\n\n\n<p>et une autre seconde, <\/p>\n\n\n\n<p>Yeux maquill\u00e9s de noir et de gris, en large forme surlign\u00e9e, deux amandes et des faux-cils fa\u00e7on cabaret. Un corps simple sous la sophistication, jogging, blouson, elle avance vite \/J&rsquo;ai envie de m&rsquo;arracher les yeux\/ elle s&rsquo;\u00e9loigne sur l&rsquo;escalator.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 13\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code> \u2014 <code>les choses rouges<\/code><\/p>\n\n\n\n<p>Si un bras ind\u00e9finissable \u00e0 la main aux doigts longs, tenant comme on tenait pour appeler le serveur, un billet vert entre l&rsquo;index et le majeur pli\u00e9 en quatre, destin\u00e9&nbsp; \u00e0 celui qui mendie, son corps h\u00e2tivement d\u00e9plac\u00e9 pour ne pas manquer l&rsquo;occasion, le visage incr\u00e9dule, le v\u00e9hicule d&rsquo;o\u00f9 il surgit retient l&rsquo;attention. Si le large arri\u00e8re rouge et surbaiss\u00e9 de la voiture est celui d&rsquo;une Ferrari immatricul\u00e9e dans les Pyr\u00e9n\u00e9es-Atlantiques, l&rsquo;image se grave, mais d\u00e9j\u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 est d\u00e9faite.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 12\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code> \u2014 <code>les choses de grisailles<\/code><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG_20221121_224900-edited-scaled-e1669068807467-580x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-103148\" width=\"140\" height=\"248\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Cr\u00e9dit Catherine Serre<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><br>Les matins si possible, en ayant un peu faim ou un peu froid, pas forc\u00e9ment bien r\u00e9veill\u00e9e, pour cet \u00e9tat nuageux, cet esprit encore peu actif, avec de la lumi\u00e8re naturelle si possible, d\u00e9passer l&rsquo;excitation d&rsquo;\u00e9crire, le texte pousse, chercher des mots, des \u00e9tymologies, des contraires, des d\u00e9finitions, les faits qui entourent le mot, le mot qui \u00e9merge, atteindre un rivage plus calme, alors une heure ou deux suffiront \u00e0 la mati\u00e8re de langue du jour, \u00e0 ce peu dont il faut se contenter.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 11\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code> \u2014 <code>les choses de pr\u00e9dictions<\/code><\/p>\n\n\n\n<p>Apprendre \u00e0 lire = quitter la famille\/\/la famille = le chaos+des fr\u00e8res et soeurs+la langue \u00e9trang\u00e8re\/\/apprendre la lecture = l\u2019accident+le mensonge\/\/apprendre le livre = grand-p\u00e8re+l\u2019\u00e9cole dans l\u2019atelier+le d\u00e9calage avec les autres+l\u2019odeur de cire\/\/la lecture = un amas de contradiction+ma grand-m\u00e8re qui me fait miroiter de lire BOUCHERIE\/\/le geste = faire des pat\u00e9s+faire des fautes\/\/conclusion elle lit bien elle \u00e9crit mal.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ils avaient cru qu\u2019un peu d\u2019\u00e9cole espagnole suffirait. Le grand-p\u00e8re est venu me prendre et m\u2019a ramen\u00e9e en France. Il m\u2019a appris dans son atelier, un petit bureau install\u00e9 au milieu des outils et dans l\u2019odeur de cire d\u2019abeille. J\u2019ai fait semblant, la ma\u00eetresse l\u2019a vu, mais j\u2019ai rattrap\u00e9 mon retard et c\u2019est rentr\u00e9. Sinon j\u2019ai d\u00e9\u00e7u \u2014&nbsp; j\u2019ai bousill\u00e9 mes pages avec des t\u00e2ches et des fautes. Conclusion ordinaire\u2009: Elle lit bien, elle \u00e9crit mal.<\/p>\n\n\n\n<p>4 ans Maternelle en Suisse assur\u00e9e par des religieuses, un grand J\u00e9sus qui saigne nous regarde, 6&nbsp;ans Primaire en Espagne, interdit de parler pendant les le\u00e7ons de Fran\u00e7ais, 6 ans et demi Primaire en Aveyron, apprendre au milieu des enfants qui savent, se trouver en retard et d\u00e9cal\u00e9e, lire BOUCHERIE, mais \u00e7a sert \u00e0 rien.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi ont-ils cru que j\u2019apprendrai \u00e0 lire comme \u00e7a, sans le\u00e7ons et sans parler espagnol. Ma m\u00e8re raconte que seul mon fr\u00e8re l\u2019a parl\u00e9, c\u2019est idiot, j\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019\u00e9cole espagnole toute la journ\u00e9e, je n\u2019y aurais pas parl\u00e9\u2009? Pour lire, mon grand-p\u00e8re est venu me chercher, il m\u2019a appris le soir et le jeudi, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole j\u2019\u00e9coutais, des journ\u00e9es enti\u00e8res dans un cours pr\u00e9paratoire \u00e0 Victor Hugo, pour lirai j&rsquo;ai fait semblant et apr\u00e8s j\u2019ai r\u00e9ussi, mais pour l\u2019\u00e9criture \u00e7a a foir\u00e9, j\u2019ai mal \u00e9crit. On me l\u2019a r\u00e9p\u00e9t\u00e9 des milliers de fois. C&rsquo;\u00e9tait r\u00e9p\u00e9t\u00e9 sur les pages et les cahiers <em>Orthographe Mal \u00e9crit<\/em>. Ils r\u00e9p\u00e9taient Elle lit bien Elle \u00e9crit mal. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 10\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code> \u2014 <code>les choses qui basculent<\/code><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Pendant que les yeux cherchent le conducteur et que le cerveau analyse qu\u2019il est automatique, je monte dans le funiculaire en \u00e9vitant de glisser, la pente est raide.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Pendant qu\u2019il pleut des grosses gouttes sur ma t\u00eate je me demande pourquoi le ciel est bleu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Pendant qu\u2019un peu de savon fond sur mes doigts, me revient la joie des premiers gels douches Ushu\u00efa et leurs emballages cube.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Pendant que ce qui compte est mon texte en cours laiss\u00e9 seul \u00e0 la maison, j\u2019\u00e9coute d\u2019une oreille critique les po\u00e8mes lus dans une salle mal sonoris\u00e9e et comble, je divague sur la po\u00e9sie aim\u00e9e mal aim\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Pendant que j\u2019entends les rires de l\u2019enfant, le silence de demain envahit tout.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Pendant que les <a href=\"https:\/\/france3-regions.francetvinfo.fr\/auvergne-rhone-alpes\/isere\/la-vache-aurochs-une-redoutable-debroussailleuse-qui-vient-de-la-prehistoire-ou-presque-2219908.html\">aurochs<\/a>, fac-simil\u00e9s de pr\u00e9histoire, dorment dans les pr\u00e9s de la ferme C\u00e9r\u00e8s, j\u2019\u00e9tale sur du pain carr\u00e9, un fromage industriel au lait de vaches qui ne voient pas le ciel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Pendant que le genoux g\u00e9missent et que les cartilages se souviennent, les bras et les jambes \u00e0 l\u2019action, le corps bouge d\u2019une fa\u00e7on qui s\u2019appelle <em>danser<\/em>, faire \u00e7a seule dans la rue inciterait les forces publiques \u00e0 intervenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant que ce petit floril\u00e8ge se termine, une onzi\u00e8me journ\u00e9e commence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 9\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code> \u2014 <code>les choses d'obsession<\/code><\/p>\n\n\n\n<p>Ne pas s\u2019attarder sur la minuscule tache de tomate au milieu de la nappe de tissu, inutile de cr\u00e9er l\u2019incident pour quelques mol\u00e9cules de sauce, la salissure est minuscule, pas besoin d\u2019envisager le suicide pour un reste qu\u2019on peut gratter avec l\u2019ongle, pas de drame fa\u00e7on Gr\u00e8ce antique pour un peu de colorant tirant sur le orange, r\u00e9duire l\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00e0 une simple inattention de fourchette, d\u00e9tourner le regard de la granuleuse salet\u00e9, lutter contre la journ\u00e9e qui tente de s\u2019y engloutir.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ne pas s\u2019attarder sur la d\u00e9calcomanie fa\u00e7on tatouage de mon poignet, un geste enfantin, juste pour essayer, un tatouage d\u2019eau et colle, appuyer et frotter, c\u2019est fait, ridicule, un petit bonnet d\u2019\u00e9lan du p\u00e8re-no\u00ebl (il faut le savoir), j\u2019aurai du choisir un autre motif, il y en avait plein, en th\u00e9orie \u00e7a s\u2019en va au savon, mais pas vraiment, faut frotter, \u00e7a fait mal, tirer la manche du pull, esp\u00e9rer que personne ne laisse tra\u00eener un \u0153il \u00e0 la lisi\u00e8re de la manche et ma main.<\/p>\n\n\n\n<p>Ne pas s\u2019attarder sur la dur\u00e9e de cuisson des lentilles, vingt-cinq minutes est un peu trop, vingt ne sont pas suffisantes, ne pas s\u2019attarder sur un aliment marron qui sent trop fort quand il cuit, patienter, ne pas s\u2019attarder sur la consistance des graines chaudes, partir du principe que \u00e7a ira, que le vinaigre et la moutarde, un \u0153uf dur et un peu de carotte arrangeront le tout et puis il y a aura la couleur, on aura \u00e9vit\u00e9 l\u2019assiette monochrome, toujours \u00e0 \u00e9viter, principalement quand c\u2019est du blanc, mais c\u2019est une autre affaire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ne pas s\u2019attarder sur une pile de feuilles mal imprim\u00e9es, ne pas tenir compte de la contrari\u00e9t\u00e9 des voir les textes t\u00eate-b\u00eache, ne pas d\u00e9primer devant l\u2019ordre absurde que la machine a invent\u00e9, que l\u2019op\u00e9ratrice elle-m\u00eame ne sait r\u00e9soudre, se dire qu\u2019on pourra le supporter, que la relecture \u00e0 ce stade se fait page par page, que pour la continuit\u00e9 il faut d\u2019abord r\u00e9viser chaque unit\u00e9, ne pas s\u2019attarder sur le fait que d\u00e8s qu\u2019il s\u2019agit d\u2019impression, l\u2019entropie est \u00e0 son comble, une impossible ad\u00e9quation entre le virtuel et le r\u00e9el.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 8\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code> \u2014  <code>les choses du nom des filles<\/code><\/p>\n\n\n\n<p>Francesca&nbsp; de Pressens\u00e9 Rokia Salengro \u00c9milie Zola Alexia Perroncel Charlie de Gaulle Lucette Desgrand Mimi Pin\u00e7on Charlotte Germain Simone Veil Fran\u00e7oise Mitterand Damienne Combet H\u00e9l\u00e8ne Gaudin Franckie Favre Laure Maurin Jeanne-Louise Touraine Fran\u00e7oise Dolto Ellie Levi Aline Amasse Monique Andr\u00e9a&nbsp; Ghania Moussa Claudette Duret Michelle Yonnet Norah Jones Penelope Bagieu Mavis Staple Charl\u00e8ne Caudrelier Ada Hegerberg Catarino Macario Melvine Manard Anne de Beaujeu<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 7\/ 4<\/code><\/strong><code>0<\/code> \u2014 <code>les choses de regard gliss\u00e9<\/code><\/p>\n\n\n\n<p>T\u00eate menue sous des cheveux qui lui mangent les joues, longue et fine, visage flottant l\u00e9ger au-dessus d&rsquo;elle \u00e0 trancher l&rsquo;air d&rsquo;un pas rapide,&nbsp; derri\u00e8re la barri\u00e8re du jardin il se penche sur les roses mourantes, un trop grand s\u00e9rieux dans le regard, qui accroche et se perd, qu&rsquo;a-t-il vu que je ne vois, un casque bouche ses oreilles, son nez en trompette hume l&rsquo;air comme sorti d&rsquo; un dessin anim\u00e9, ses yeux fureteurs percent la rue, elle file, sort de mon champ de vision.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 6\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code> \u2014 <code>les choses de la chasse aux feuilles<\/code><\/p>\n\n\n\n<p>Personne d\u2019autre que moi n\u2019aurait remarqu\u00e9 que la figure de l\u2019homme assis dans le local technique pendant que la femme r\u00e9crimine dans une langue qu\u2019il comprend sans r\u00e9pondre, porte tant de fatigue et d\u2019ennui.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Personne d\u2019autre que moi n\u2019aurait remarqu\u00e9 que fleurit la derni\u00e8re rose du massif devant P\u00f4le Emploi, dans un carr\u00e9 d\u2019herbe peu soign\u00e9, en quasi friche apr\u00e8s un \u00e9t\u00e9 de s\u00e9cheresse et une repousse d&rsquo;automne qui n\u2019a rien consol\u00e9. La rose penche, elle essaie de s\u2019ouvrir avec l\u2019air maladif des fleurs \u00e0 moiti\u00e9 \u00e9close, qui n\u2019auront pas le temps de faire mieux. Son jaune ourl\u00e9 se confond \u00e0 pr\u00e9sent avec le vert d\u00e9lav\u00e9 de l\u2019herbe pouss\u00e9e trop haute. Presque invisible, elle demeure.<\/p>\n\n\n\n<p>Personne d\u2019autre que moi n\u2019aurait remarqu\u00e9 que la pi\u00e8ce de cuivre avait roul\u00e9 au pied du caniveau, d\u00e9j\u00e0 invisible.<\/p>\n\n\n\n<p>Personne d\u2019autre que moi n\u2019aurait remarqu\u00e9 qu\u2019elle tient \u00e0 bout de bras un bac de fruits vide. Elle vient de jeter dans la borne \u00e0 compost, un sac rempli d\u2019\u00e9pluchures. Illusion d\u2019une vie plus naturelle. La bouche de la borne \u00e9tait sale, elle sera vid\u00e9e et nettoy\u00e9e dans la journ\u00e9e comme l\u2019explique la notice. Tous les d\u00e9chets sont tri\u00e9s \u00e0 nouveau mais o\u00f9, elle essaie de ne pas y penser, \u00e0 ce m\u00e9tier de trier les \u00e9pluchures et les restes alimentaires, humides et poisseux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Personne d\u2019autre que moi n\u2019aurait remarqu\u00e9 que la barrette-fleur se m\u00ealaient aux feuilles pourrissantes de la saison des transitions<\/p>\n\n\n\n<p>Personne d\u2019autre que moi n\u2019aurait remarqu\u00e9 qu\u2019une peau de banane \u00e9tait laiss\u00e9e au coin de la fen\u00eatre. Une fen\u00eatre basse sur la rue, avec un rebord. La d\u00e9pouille est pli\u00e9e en deux, le pli rond de l\u2019\u00e9pluchure n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9cras\u00e9, sculpture \u00e9ph\u00e9m\u00e8re gonfl\u00e9e de vie, bien jaune : trace d\u2019une personne soigneuse qui s\u2019ass\u00eet sur le semblant de si\u00e8ge ou resta debout \u00e0 proximit\u00e9. Elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e, on sent le geste pr\u00e9cis, peut-\u00eatre avec l\u2019intention d\u2019\u00eatre emport\u00e9e puis oubli\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-cover is-light\" style=\"min-height:430px;aspect-ratio:unset;\"><span aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-cover__background has-background-dim\"><\/span><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"735\" height=\"1024\" class=\"wp-block-cover__image-background wp-image-100607\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/95DE59A8-21C4-4F0C-A4CD-45FFAE92638C-735x1024.jpeg\" data-object-fit=\"cover\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/95DE59A8-21C4-4F0C-A4CD-45FFAE92638C-735x1024.jpeg 735w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/95DE59A8-21C4-4F0C-A4CD-45FFAE92638C-302x420.jpeg 302w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/95DE59A8-21C4-4F0C-A4CD-45FFAE92638C-768x1070.jpeg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/95DE59A8-21C4-4F0C-A4CD-45FFAE92638C.jpeg 919w\" sizes=\"auto, (max-width: 735px) 100vw, 735px\" \/><div class=\"wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-dark-gray-color has-text-color has-normal-font-size\">Personne d\u2019autre que moi n\u2019aurait remarqu\u00e9 qu\u2019une peau de banane \u00e9tait laiss\u00e9e au coin de la fen\u00eatre. Une fen\u00eatre basse sur la rue, avec un rebord. La d\u00e9pouille est pli\u00e9e en deux, le pli rond de l\u2019\u00e9pluchure n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9cras\u00e9, sculpture \u00e9ph\u00e9m\u00e8re gonfl\u00e9e de vie, bien jaune : trace d\u2019une personne soigneuse qui s\u2019ass\u00eet sur le semblant de si\u00e8ge ou resta debout \u00e0 proximit\u00e9. Elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e, on sent le geste pr\u00e9cis, peut-\u00eatre avec l\u2019intention d\u2019\u00eatre emport\u00e9e puis oubli\u00e9e.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>cr\u00e9dit Catherine Serre<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\">Carnet<strong><code> 5\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code> \u2014 <code>les choses d'\u00e9viter le mot de la chose<\/code><\/p>\n\n\n\n<p>Contraste des fa\u00e7ades aux strictes g\u00e9om\u00e9tries plant\u00e9es contre les langueurs, les \u00e9tirements, \u00e9volution lumineuse changeante de seconde en seconde \u2014 d\u00e9tourner les yeux<\/p>\n\n\n\n<p>Consolation des droites, des surfaces ocres et des gris, contraste avec les aplats verts touch\u00e9s d\u2019impression rouill\u00e9es, entaill\u00e9e par des verticales ombreuses, oubli\u00e9e par les corps prisonniers<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la plaine, les fragments bleus dispers\u00e9s, du bleu roi au bleu c\u00e9rul\u00e9en, au lointain du nord un presque vert dans le flou des atmosph\u00e8res des villes, tout le ciel habill\u00e9 de mousseline sophistiqu\u00e9es, avec par endroit de voiles dans le courant des hauteurs, \u00e0 l&rsquo;horizon de l&rsquo;est un vitrail aux grisailles l\u00e9g\u00e8res.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Des \u00e9paisseurs moelleuses et des gris, des volutes savantes et des gris refl\u00e9tant ros\u00e9e, des \u00e9charpes flegmatiques et des gris bleut\u00e9s, des masses fabuleuses et des touches flocons blancs, des recouvrements estomp\u00e9s&nbsp; et des longues traces nacr\u00e9es, des gris de peyne et gris perle, gris argent et gris tourterelle, gris souris et gris acier, dans l\u2019arri\u00e8re saison douce, ni gris anthracite ni gris taupe.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u2019ont cess\u00e9 d\u2019\u00e9paissir au fil de heures en deux couches, l\u2019une haut dans le ciel, uniforme et indistincte, lointaine et encore lumineuse de faire \u00e9cran aux rayons solaires, l\u2019autre irr\u00e9guli\u00e8re, filant au vent dans un sens, tourment\u00e9 \u00e9tir\u00e9 dans un autre, amas ou \u00e9cheveau, plus sombre, annon\u00e7ant le soir, stri\u00e9 de vol d\u2019\u00e9tourneaux, murmurassions des cr\u00e9puscules<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 3\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code> \u2014 <code>les choses du tranchant<\/code><\/p>\n\n\n\n<p>Une sensation l\u00e9g\u00e8re, venue de derri\u00e8re moi,&nbsp; silencieuse, \u00e0 me doubler, l&rsquo;espace corps fr\u00f4l\u00e9 dans l&rsquo;avenue vide bord\u00e9e d&rsquo;arbres, les trottoirs caboss\u00e9s de racines, les contre-all\u00e9es encombr\u00e9es de v\u00e9hicules comme morts, il me d\u00e9passe, trois enjamb\u00e9es, sa pr\u00e9sence grise \u00e0 peine<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a \u00e0 marcher la nuit dans les villes la sensation des transgressions, des petites dangers <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 2\/4<\/code><\/strong><code>0<\/code> \u2014 <code>les choses qui font les jours<\/code><\/p>\n\n\n\n<p>Les journ\u00e9es chantier, pl\u00e2tre, odeurs fades<\/p>\n\n\n\n<p>Les journ\u00e9es le vent tourne, chaleurs douces \u00e0 nouveau<\/p>\n\n\n\n<p>Les journ\u00e9es changer un pantalon trop grand, \u00eatre oblig\u00e9e d\u2019en changer la couleur<\/p>\n\n\n\n<p>Les journ\u00e9es t\u00e9l\u00e9phoner \u00e0 M, parle de L, de ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 L, de l\u2019importance de parler de ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 L<\/p>\n\n\n\n<p>Les journ\u00e9es manger avec J, parler avec S, parler avec C, \u00e9couter F, et entendre le rire de C, le l\u00e9ger chuintement de sa voix, faire mieux connaissance O, rire et pleurer avec M<\/p>\n\n\n\n<p>Les journ\u00e9es tard dans les villes, aux heures d\u2019apr\u00e8s minuit, les rues d\u2019alcool, de corps, de gestes. Les journ\u00e9es tard dans les villes, la nuit bascul\u00e9e, les verres toujours pleins, et les corps qui s\u2019\u00e9nervent de faim. Les journ\u00e9es tard dans les villes, les lumi\u00e8res \u00e9vanouies, les respirations retenues, l\u2019\u00e9carquillement des pupilles, et le sonore de la nuit plus coupant et plus feutr\u00e9. Les journ\u00e9es tard dans les villes, le noir \u00e0 apprivoiser.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-small-font-size\"><strong><code>carnet 1\/40<\/code><\/strong> \u2014 <code>les choses qu'il faudrait noter sans omettre<\/code><\/p>\n\n\n\n<p>Huit heures. Moins t\u00f4t qu\u2019ordinairement mais d\u00e9phasage dans la routine, les enfants ont d\u00e9j\u00e0 petit-d\u00e9jeun\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>Le th\u00e8me de la s\u00e9ance : les animaux pr\u00e9historique, la proposition : un mammouth, au fusain et \u00e0 la craie \u2014 fa\u00e7on Lascaux ?<\/p>\n\n\n\n<p>Vous \u00eates vraiment d\u2019accord pour le ketchup ? Elle fait r\u00e9fl\u00e9chir leur question<\/p>\n\n\n\n<p>Deux contes dont un invers\u00e9 qui devient Blanc Flocon &#8211; c\u2019est le p\u00e8re qui meurt et qui est remplac\u00e9, c\u2019est un changement fondamental, presque plus fort que l\u2019inversion du genre de l\u2019enfant. Les sept naines ne sont pas mal non plus<\/p>\n\n\n\n<p>Une toute petite museli\u00e8re pour emp\u00eacher le chien minuscule de s\u2019empoisonner \u00e0 chaque promenade, d\u2019avaler des trucs d\u00e9gueux qui le rendent malade, il la supporte bien et trotte. Quand la petite part courir dans les flaques &#8211; elle en compte trente six, crie de loin qu\u2019il y en a quarante deux, au moins &#8211; il pleure un peu de la voir s&rsquo;\u00e9loigner, il se met en alerte quand elle revient en enjambant et sautant, une vraie chevrette<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019heure du kimono, le petit se parle \u00e0 lui m\u00eame J\u2019ai l\u2019air d\u2019une petite boule de neige avec \u00e7a \u2014 il repense \u00e0 Blanc Flocon racont\u00e9 apr\u00e8s le d\u00e9jeuner ? Peut-\u00eatre<\/p>\n\n\n\n<p>Impr\u00e9vu, mais pas \u00e9tonnant, apr\u00e8s la pluie de la journ\u00e9e, obstin\u00e9e, lourde, froide, rallier le nord \u00e0 l\u2019est de la ville prend un temps fou, un temps ralenti sous la pluie qui continue de tomber drue<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;accident sous le tunnel, tout est brutalement rouge sur l\u2019assistant de conduite, toutes les files sont bloqu\u00e9es, chaque feu est interminable&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Rejoindre V. a pris une heure. Il est vingt heures<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code\"><code><\/code><\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les choses de la saison qui vient de finir <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnet-individuel-catherine-serre\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">carnets individuels | Catherine Serre<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":25,"featured_media":110935,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3942,3897],"tags":[],"class_list":["post-97789","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-carnets_individuels","category-le_grand_carnet"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97789","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/25"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=97789"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97789\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/110935"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=97789"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=97789"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=97789"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}