{"id":97898,"date":"2022-12-21T21:35:07","date_gmt":"2022-12-21T20:35:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=97898"},"modified":"2023-07-15T13:28:42","modified_gmt":"2023-07-15T11:28:42","slug":"carnets-individuels-ic","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnets-individuels-ic\/","title":{"rendered":"#carnets individuels &#8211; Isabelle c"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#40\/40<\/strong> <strong>Vell\u00e9it\u00e9 et procrastination<\/strong><br>Si je me demande \u00e0 quoi \u00e7a sert d&rsquo;\u00e9crire dans mon carnet &#8211; me r\u00e9pondre que \u00e7a sert \u00e0 \u00e9crire<br>Si je pense qu&rsquo;il est trop t\u00f4t pour me mettre devant le carnet &#8211; m&rsquo;y mettre quand m\u00eame<br>Si je pense qu&rsquo;il est trop tard pour me mettre devant le carnet &#8211; m&rsquo;y mettre quand m\u00eame<br>Si je pense que je n&rsquo;ai rien \u00e0 \u00e9crire &#8211; \u00e9crire quand m\u00eame<br>Si j&rsquo;ai l&rsquo;impression que j&rsquo;ai termin\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire dans mon carnet &#8211; continuer encore un peu d&rsquo;\u00e9crire dans mon carnet<br>Si je me dis que je peux me passer de routine pour \u00e9crire &#8211; rendre la routine encore plus stricte<br>Si je me dis qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui j&rsquo;ai mieux \u00e0 faire qu&rsquo;\u00e9crire &#8211; ne pas me coucher sans une ligne<br>Si je me dis qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui \u00e7a ne servira \u00e0 rien de m&rsquo;asseoir devant mon carnet &#8211; le faire quand m\u00eame et appr\u00e9cier la surprise<br>Si je pense que rien ne sortira de ce tas de mots &#8211; revenir tout \u00e0 l&rsquo;heure pour voir<br>Si rien ne vient au bout du clavier &#8211; taper un # et suivre le fil<br>Si je ne sais pas de quoi \u00e9crire &#8211; ouvrir la fen\u00eatre et \u00e9crire de \u00e7a<br>Si je ne sais pas de quoi \u00e9crire &#8211; ouvrir le dictionnaire au hasard et \u00e9crire sur le premier mot de la page de gauche<br>Si je suis tent\u00e9e de raconter ma vie &#8211; raconter celle des autres<br>Si je suis tent\u00e9e d&rsquo;\u00e9crire ma plainte &#8211; ouvrir les oreilles pour \u00e9crire celle des autres<br>Si les carnets des autres m&rsquo;impressionnent &#8211; ne pas trop regarder et continuer mon fil<br>Si je me demande pourquoi j&rsquo;ai envie d&rsquo;\u00e9crire dans mon carnet &#8211; me demander pourquoi j&rsquo;ai envie de respirer<br>Si je me demande si je me prends un peu trop au s\u00e9rieux &#8211; ah bah p&rsquo;tre bien<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\"><strong>#39\/40<\/strong> <em>Secr\u00e8te \u00e9criture r\u00e9colt\u00e9e aujourd&rsquo;hui en for\u00eat<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-10-1024x768.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-110515\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-10-1024x768.png 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-10-420x315.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-10-768x576.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-10-1536x1152.png 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/image-10.png 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#38\/40<\/strong> <em>Avant mes r\u00eaves, mes presque-r\u00eaves juste avant de plonger, entre je m\u2019endors et je dors, des images, formes, paysages, personnages, visages, animaux\u2026en transformation permanente, diapositives qui se succ\u00e8dent mais fluidement, progressivement, surprises sur lesquelles je n\u2019ai pas de contr\u00f4le conscient, dessin anim\u00e9 sans histoire, color\u00e9, net ou flou, impossible \u00e0 saisir, \u00e0 \u00e9crire, comme un flux. De mes r\u00eaves puisque je les ai guett\u00e9s cette nuit ne reste rien ce matin, souvent au r\u00e9veil envie de me rendormir pour le rattraper, le poursuivre. &nbsp;D\u00e9coder les messages, les personnages dont je sais qu\u2019ils sont un autre, les lieux distants r\u00e9unis dans une nouvelle g\u00e9ographie, une porte qui ouvre sur un escalier qui devient un sentier, je tiens cette fille par la main qui devient un coll\u00e8gue ou c\u2019est moi qui deviens un chat.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#37\/40<\/strong> <em>\u00c9tonnant ce qui remonte, je me souviens par c\u0153ur du d\u00e9but \u2014 Le vase o\u00f9 meurt cette verveine&nbsp;d\u2019un coup d\u2019\u00e9ventail fut f\u00eal\u00e9 \u2014 et de la fin \u2014 Il est bris\u00e9, n\u2019y touchez pas \u2014 qu\u2019il fallait r\u00e9citer en baissant la voix, peut-\u00eatre en classe de CM2. Le souvenir du dessin d&rsquo;un vase travers\u00e9 d\u2019une z\u00e9brure sur la page de gauche de mon cahier de r\u00e9citations restitue ma compr\u00e9hension si litt\u00e9rale, le sens m\u2019avait-il compl\u00e8tement \u00e9chapp\u00e9&nbsp;? Une verveine citron m\u2019accompagne dans son pot depuis des ann\u00e9es, chaque hiver mise \u00e0 l\u2019abri, elle perd toutes ses feuilles, ne restent plus que quelques branches qui semblent mortes et chaque printemps, l\u2019inqui\u00e9tude jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des nouvelles feuilles, le pot va bien mais je m\u2019\u00e9gare. Le vase bris\u00e9 de Ren\u00e9-Fran\u00e7ois Sully Prudhomme, je n\u2019aurais pas mis\u00e9 sur lui.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#36\/40<\/strong> <em>J\u2019t\u2019aime pas trop toi, la 36. M\u2019oblige \u00e0 regarder en face ma paresse. Le journal c\u2019est le matin au petit d\u00e9jeuner, le quotidien du jour ou d\u2019hier. Je l\u2019\u00e9tale devant moi pour pouvoir le tacher de confiture. Fichtre, en m\u00eame temps que la radio. Parfois aussi l\u2019hebdo, ce grand format prend de la place sur la table. Et aussi la satan\u00e9e tablette qui me suis partout. T\u00e9l\u00e9chargement d\u2019extraits de livres, plein de d\u00e9buts. T\u00e9l\u00e9chargement avec l\u2019abonnement \u00e0 la m\u00e9diath\u00e8que et je t\u00e9l\u00e9charge trois livres et j\u2019en remets deux et j\u2019en reprends un. \u00c7a ne g\u00eane pas sur fond noir, je peux rester sous la couette soigner l\u2019insomnie. Le livre c\u2019est plus canap\u00e9, en ce moment devant le feu, douce somnolence en affut, aussi les matins si je peux ne pas me lever. Le t\u00e9l\u00e9phone juste pour appels et textos ou pour les livres audios en voiture, souvent en silencieux et souvent oubli\u00e9 en mode avion. Les mails c\u2019est sur l\u2019ordinateur sans fr\u00e9n\u00e9sie. Pas de routine d\u2019\u00e9crire, pas de travail. A moins que\u2026des cartes postales, j\u2019en \u00e9cris encore et garde les rares qui arrivent, je me dis qu\u2019un&nbsp; jour j\u2019en ferai quelque chose.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#35\/40<\/strong> <em>Les lambeaux, cette phrase de Proust recopi\u00e9e dans mon carnet \u00ab&nbsp;(des parties de moi\u2026&nbsp;) qui s\u2019effarent et refusent, en des r\u00e9bellions o\u00f9 il faut voir un mode secret, partiel, tangible et vrai de la r\u00e9sistance \u00e0 la mort, de la longue r\u00e9sistance d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e et quotidienne \u00e0 la mort fragmentaire et successive telle qu\u2019elle s\u2019ins\u00e8re dans toute la dur\u00e9e de notre vie, d\u00e9tachant de nous \u00e0 chaque moment des lambeaux de nous-m\u00eames sur la mortification desquels des cellules nouvelles multiplieront&nbsp;\u00bb, la lecture du livre de Philippe Lan\u00e7on, toujours en cours \u00e0 petites doses, et hier au t\u00e9l\u00e9phone impossible de me souvenir de lui, me reviens le titre mais pas l\u2019auteur et ce matin dans le journal un article de Lan\u00e7on sur Proust, dr\u00f4le de boucle, tous ces lambeaux, la m\u00e9moire en lambeaux.<\/em><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/haricot-wp-871x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-109243\" width=\"266\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/haricot-wp-871x1024.jpg 871w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/haricot-wp-357x420.jpg 357w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/haricot-wp-768x903.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/haricot-wp-1306x1536.jpg 1306w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/haricot-wp-1742x2048.jpg 1742w\" sizes=\"auto, (max-width: 266px) 100vw, 266px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#34\/40 &#8211; 13\/12\/22<\/strong> <em>A l\u2019automne une graine de haricot ramass\u00e9e, une inoffensive graine violette brillante comme une perle, p\u00e9dagogiquement cach\u00e9e dans du coton mouill\u00e9, exp\u00e9rience in\u00e9puisable, alors des racines, alors on cale \u00e7a dans un pot, alors des feuilles, et cinq centim\u00e8tres et dix et \u00e7a s\u2019enroule, alors un tuteur et \u00e7a continue chaque jour un peu plus haut, un peu plus de feuilles, c\u2019est bient\u00f4t l\u2019hiver pourtant, et maintenant cette longue tige souple s\u2019\u00e9tire, grandit, se d\u00e9tache du tuteur, un dessein inflexible  la dirige vers le mur, les feuilles se multiplient<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#33\/40 &#8211; 12\/12\/22<\/strong><em> Jamais le vide, jamais le vide total, ce qui se passe avant je ne sais pas, ce qui se pr\u00e9pare en marchant en for\u00eat je ne sais pas, en trifouillant la terre je ne sais pas, une fois devant l\u2019ordi juste tout pousser vers je ne sais o\u00f9, taper tout ce qui vient comme un flux n\u00e9cessaire qui se d\u00e9pose en tapis lisse avant que les vrais mots ne sortent, laisser les doigts nettoyer la t\u00eate, laisser l\u2019\u00e9cran ou le papier faire reflet, pr\u00e9parer un espace un peu moins encombr\u00e9, sans asp\u00e9rit\u00e9s sur lesquelles s\u2019accrocher, la mati\u00e8re \u00e0 travailler pourra peut-\u00eatre s\u2019installer sans trop se m\u00e9langer, fragile tr\u00e8s fragile<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#32\/40 &#8211; 11\/12\/22<\/strong> <em>un repas il dit de tout un peu \u2014 une orange il tranche le sommet et y enfonce un sucre \u2014 un film muet ils sont l\u00e0 dans l\u2019orchestre \u2014 une note jou\u00e9e elle corrige la justesse \u2014 un trajet \u00e0 v\u00e9lo elle accroche son cabas sur le porte bagage \u2014 des pommes de terre \u00e0 \u00e9plucher il les glane dans les champs \u2014 une salade sem\u00e9e il pose dessus une bouteille en plastique coup\u00e9e \u2014 un rosier taill\u00e9 elle trouve cette couleur vraiment belle<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#31\/40 &#8211; 10\/12\/22<\/strong> <em>Mon petit lambeau de col\u00e8re, le cri du ver de terre, arr\u00eatons de labourer, de pr\u00e9lever, de consommer, d\u2019\u00e9puiser, de d\u00e9grader le jardin plan\u00e9taire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/atelier-31-IsC.mp3\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#30\/40 &#8211; 9\/12\/22<\/strong> <em>Dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 d\u00e9cembre, trois jeunes passablement \u00e9m\u00e9ch\u00e9s (des bouteilles d\u2019alcool ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9es sur place) ont d\u00e9croch\u00e9 les drapeaux fran\u00e7ais et europ\u00e9en de leur mairie et sont all\u00e9s les br\u00fbler dans un parc. C\u2019est l\u00e0 que la police nationale les a interpell\u00e9s et plac\u00e9s en garde \u00e0 vue. \u00ab&nbsp;Un drapeau co\u00fbte entre 40 et 50 \u20ac et le pr\u00e9judice est plus moral que mat\u00e9riel, d\u00e9clare le maire. Il n\u2019y a pas de signification politique \u00e0 ce geste, mais je suis \u00e9tonn\u00e9 que ce soient des nos drapeaux qui fassent les frais d\u2019une grosse cuite. Cela laisse songeur.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#29\/40 &#8211; 8\/12\/22<\/strong><em> Le penser mais ne pas prendre dans les bras doucement, ne pas dire les mots consolateurs, ne pas admettre avoir entendu la plainte, parler de la pluie et du beau temps, se moquer du chat trop gros, faire semblant de ne pas voir les yeux brillants, r\u00e9pondre \u00e0 c\u00f4t\u00e9, ne plus avoir faim pour le dessert pr\u00e9par\u00e9, bien s\u00fbr je vais la regretter, la tendresse qui reste bloqu\u00e9e dedans.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#28\/40 &#8211; 7\/12\/22<\/strong> <em>Histoire de place seconde deuxi\u00e8me pas premi\u00e8re ou alors ex \u00e6quo et le cadet et elle qui dispara\u00eet pas eu le temps de demander l\u2019important ni le futile pourrai plus le faire ne comprendrai pas les photos qui quand pourquoi elle en a pas parl\u00e9 elle a rien vu sous son nez ou pas pu accepter de penser qu\u2019elle savait ou refuser de voir ou se prot\u00e9ger en refusant de voir et maintenant se prot\u00e9ger en oubliant en disparaissant elle fait semblant peut-\u00eatre parfois comme malicieuse ou comme c\u2019est bien fait ou comme je suis pas compl\u00e8tement dupe et se plaint de la neige et parle toujours du temps et de la temp\u00e9rature et ces phrases en boucle. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#27\/40 &#8211; 6\/12\/22<\/strong> <em>Dans le jardin, le gris, le mouill\u00e9, l\u2019herbe, la terre, elle avec veste chaude, bottes, gants, transporte sous un abri des pots o\u00f9 fleurissent les derniers fuchsias et g\u00e9raniums aux feuilles rouill\u00e9es, j\u2019entends des commentaires, un pour chacun, la promesse qu\u2019ils seront bien, l\u00e0, cet hiver. Elle soul\u00e8ve une botte de paille, l\u2019effort para\u00eet intense, (j\u2019aimerais l\u2019aider), le flot de parole se poursuit, peut-\u00eatre \u00e0 destination des chats qui suivent, pr\u00e9c\u00e8dent, g\u00eanant sa marche. Elle dispose la paille autour des f\u00e8ves qui sont d\u00e9j\u00e0 hautes laissant seulement un peu de tige d\u00e9passer et reste un long moment \u00e0 les regarder<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#26\/40 &#8211; 5\/12\/22<\/strong> <em>Le souvenir de mon r\u00eave s\u2019est affich\u00e9 sur l\u2019ext\u00e9rieur encore dans la brume \u2014 sur un trottoir la touffe de g\u00e9ranium dessin\u00e9e sur fond de d\u00e9tritus \u2014 L\u2019esprit se concentre sur la conduite et \u00e0 la radio cette chanson de Marie Lou Williams et la route est pass\u00e9 au second plan, est-ce que j\u2019ai rat\u00e9 la sortie&nbsp;? \u2013 la grue perch\u00e9e sur une patte au bord du champ efface tout ce qui l\u2019entoure. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#25\/40- 4\/12\/22<\/strong> <em>Tendre les bras vers le haut sentir la mobilisation des tendons et des muscles jusqu\u2019\u00e0 l\u2019aisselle \u2014 laisser les bras retomber sentir la d\u00e9tente jusqu&rsquo;au bout des doigts \u2014 faire rouler les \u00e9paules sentir se rapprocher les omoplates \u2014 pencher la t\u00eate vers l\u2019arri\u00e8re sentir craquer les vert\u00e8bres \u2014 pencher la t\u00eate vers l\u2019avant sentir l\u2019\u00e9tirement des trap\u00e8zes \u2014 laisser la t\u00eate entrainer le buste vers le sol sentir se d\u00e9tendre les lombaires \u2014 se d\u00e9rouler lentement pour remonter et sentir l\u2019effort des jambes \u2013 corps vivant.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#24\/40 &#8211; 3\/12\/22<\/strong> <em>S\u2019asseoir &#8211; enlever le manteau &#8211; sortir le bouquin &#8211; trois fois les m\u00eames lignes &#8211; porte qui s\u2019ouvre et se ferme &#8211; courant d\u2019air froid &#8211; rep\u00e9rer une autre place &#8211; peur de vexer la personne \u00e0 c\u00f4t\u00e9 si on change &#8211; croiser et d\u00e9croiser et poser \u00e0 plat les pieds &#8211; abandonner la non lecture &#8211; compter six en inspirant faire une pause retenir le souffle compter six en expirant faire une pause retenir le souffle et recommencer &#8211; elle se l\u00e8ve \u00e0 c\u00f4t\u00e9 &#8211; le compte est perdu &#8211; r\u00e9citer l\u2019Albatros &#8211; Le corbeau et le renard &#8211; Le Loup et l\u2019agneau &#8211; redresser la posture &#8211; d\u00e9tendre les \u00e9paules &#8211; la boule est dans la gorge et aussi dans l\u2019estomac<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#23\/40 &#8211; 2-12-22<\/strong> <em>6 personnes avec masque &#8211; 14 personnes \u00e0 cheveux gris &#8211; 8 personnes \u00e0 lunettes &#8211; 7 personnes \u00e0 bonnet &#8211; 8 personnes me sourient &#8211; 4 personnes tiennent la caisse  &#8211; 1 personne sert le pain &#8211; 1 personne sert le poisson &#8211; 1 personne sert la viande &#8211; 1 personne fait gouter du th\u00e9 &#8211; 5 personnes font la queue \u00e0 la caisse &#8211; 3 personnes avec queue de cheval &#8211; 2 personnes avec chignon &#8211; 1 personne avec chapeau &#8211; 1 personne nettoie la vitrine des yaourts &#8211; 1 personne en bermuda &#8211; 1 personne fait la manche assise devant le magasin &#8211; 25 personnes poussent un chariot <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#22\/40 &#8211; 01\/12\/22<\/strong> <em>Alors j\u2019ai pris mon v\u00e9lo et suis all\u00e9e \u00e0 la bo\u00eete aux lettres \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la Mairie et en m\u00eame temps que ma lettre j\u2019ai gliss\u00e9 un livre dans la fente (3cm \u00e9paisseur maximum). Le plus dur c\u2019\u00e9tait avant, ce matin, LE livre. Pas charitable d\u2019en prendre un dans la pile pr\u00e9vue pour la recyclerie, fermer les yeux et prendre au hasard ne marche pas il y a toujours une bonne raison pour que ce ne soit pas celui-l\u00e0. Alors tirer trois lettres dans le scrabble G, T, E qui seront dans le nom de l\u2019auteur et va pour Th\u00e9ophile Gautier, La morte amoureuse et autres nouvelles parce qu\u2019il est moins \u00e9pais que le Capitaine Fracasse. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#21\/40 &#8211; 30\/11\/22<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/Cloclo-moustaches-1-950x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-105766\" width=\"328\" height=\"353\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/Cloclo-moustaches-1-950x1024.jpg 950w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/Cloclo-moustaches-1-390x420.jpg 390w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/Cloclo-moustaches-1-768x828.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/Cloclo-moustaches-1-1425x1536.jpg 1425w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/Cloclo-moustaches-1-1900x2048.jpg 1900w\" sizes=\"auto, (max-width: 328px) 100vw, 328px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Depuis le temps que j&rsquo;en r\u00eavais&#8230;<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Rouler sur la d\u00e9partementale, guetter le moment, voir au loin sur son grand panneau le visage de Cloclo devant son moulin, freiner et m\u2019arr\u00eater un peu brutalement sur un petit espace de terre, sortir de la voiture, marcher sur l\u2019\u00e9troite bande d\u2019herbe mouill\u00e9e, grimper sur la barri\u00e8re de bois, esp\u00e9rer qu\u2019aucune connaissance ne passera justement maintenant l\u00e0 pour me rep\u00e9rer groupie fervente au pied de l\u2019idole presque effrayante de si pr\u00e8s, prendre une photo avec mon t\u00e9l\u00e9phone, rentrer chez moi, mettre \u00e0 ex\u00e9cution virtuelle ce projet ressass\u00e9 depuis longtemps, lui ajouter des moustaches, regretter un peu ma l\u00e2chet\u00e9 m\u00eame avec une \u00e9chelle la nuit je n\u2019aurais pas os\u00e9 le faire sur l\u2019original.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#20\/40 &#8211; 29\/11\/22<\/strong> <em>Dans cette pi\u00e8ce froide et assombrie par les arbres agit\u00e9s derri\u00e8re la grande baie vitr\u00e9e. Elle est enfonc\u00e9e dans un fauteuil sans accoudoirs le visage tourn\u00e9 vers l\u2019\u00e9cran de son ordinateur, les doigts courant sur le clavier. Elle est assise de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du bureau et l\u2019observe les yeux brillants. Elle lui tend une feuille avec un sourire consolateur. Elle d\u00e9tache un ch\u00e8que du carnet qu\u2019elle tire de son sac \u00e0 main et elle lui tend. Elle se l\u00e8ve, fait le tour du bureau et l\u2019accompagne jusqu\u2019\u00e0 la porte en lui posant la main sur l\u2019\u00e9paule. Elle sort de la pi\u00e8ce et tire un mouchoir de sa poche.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#19\/40 &#8211; 28\/11\/22<\/strong> <em><strong>Transactions avec humains<\/strong> &#8211; Passant devant la maison en bas de la rue, j\u2019envoie un salut sonore \u00e0 l\u2019homme de dos qui fouille dans son coffre, il se retourne, c\u2019est un inconnu qui me retourne un salut timide et \u00e9tonn\u00e9. Au magasin de bricolage, bonjour, c\u2019est o\u00f9 pour les allume-feu, derri\u00e8re \u00e0 gauche, merci, ah non on a plus ceux l\u00e0 mais eux l\u00e0 c\u2019est pareil. <strong>Transactions avec machines<\/strong> &#8211; A la caisse : posez vos articles sur le tapis &#8211; ins\u00e9rez votre carte de paiement &#8211; n\u2019oubliez pas vos articles &#8211; merci de votre passage. A la sortie du magasin la cabine de photomaton m\u2019interpelle&nbsp;: tu veux ma photo&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lundi matin, la factrice sonne, possible proie pour la 19, mais ce n\u2019est pas moi qui lui ouvre la porte \u202614h toujours pas de mati\u00e8re, je pars sur mon v\u00e9lo jusqu\u2019au bourg, histoire de transactionner.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#18\/40 &#8211; 27\/11\/22<\/strong> <em>\u00ab&nbsp;L\u2019homme, par son \u00e9go\u00efsme trop peu clairvoyant pour ses propres int\u00e9r\u00eats, par son penchant \u00e0 jouir de tout ce qui est \u00e0 sa disposition, en un mot, par son insouciance pour l\u2019avenir et pour ses semblables, semble travailler \u00e0 l\u2019an\u00e9antissement de ses moyens de conservation et \u00e0 la destruction m\u00eame de sa propre esp\u00e8ce. En d\u00e9truisant partout les grands v\u00e9g\u00e9taux qui prot\u00e9geaient le sol, pour des objets qui satisfont son avidit\u00e9 du moment, il am\u00e8ne rapidement \u00e0 la st\u00e9rilit\u00e9 ce sol qu\u2019il habite, donne lieu au tarissement des sources, en \u00e9carte les animaux qui y trouvaient leur subsistance, et fait que de grandes parties du globe, autrefois tr\u00e8s-fertiles et tr\u00e8s-peupl\u00e9es \u00e0 tous \u00e9gards, sont maintenant nues, st\u00e9riles, inhabitables et d\u00e9sertes.&nbsp;\u00bb<\/em><br><em>Par M. le Chevallier de Lamarck, membre de l\u2019Acad\u00e9mie Royale des Sciences de Paris et de plusieurs Soci\u00e9t\u00e9s savantes de l\u2019Europe, professeur de Zoologie au Mus\u00e9um d\u2019Histoire naturelle, \u00ab&nbsp;Syst\u00e8me Analytique des Connaissances Positives de l\u2019Homme&nbsp;\u00bb 1820, cit\u00e9 par Gilles Cl\u00e9ment , ing\u00e9nieur agronome, jardinier, paysagiste, botaniste, entomologiste \u00ab&nbsp;La sagesse du jardinier&nbsp;\u00bb, 2004, retrouv\u00e9 dans ma pile des livres \u00e0 ranger.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Recopier c\u2019est facile? Ben non c\u2019est pas facile, choisir c\u2019est pas facile, ne pas dire pourquoi on choisit c\u2019est pas facile, errer devant les rayons de bouquins, passer du temps \u00e0 ouvrir et refermer, red\u00e9couvrir, se demander si on a vraiment lu ce truc, fouiner dans les polars, dans la sf, regarder sur ma tablette ceux en cours de la m\u00e9diath\u00e8que, regarder au pied du lit o\u00f9 depuis au moins trois ans tra\u00eene l\u00e0 la Montagne Magique, (mais qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;ils y trouvent et pourtant impossible \u00e0 ranger). Je n\u2019ai pas l\u2019habitude de noter des citations, de recopier, de prendre des notes sur mes lectures, plut\u00f4t faites en mode boulimique, le livre suivant d\u00e8s le pr\u00e9c\u00e9dent ferm\u00e9, encore pire avec l\u2019abonnement \u00e0 la m\u00e9diath\u00e8que en ligne, choisir me renvoie \u00e0 ma consommation de lignes et \u00e0 ce que j\u2019en fait ou \u00e0 ce que je n\u2019en fait pas. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#17\/40 &#8211; 26\/11\/22<\/strong> <em>Par la rue du Pont de l\u2019Arcade descendre sur les berges de l\u2019\u00c9cole semer entre les ronces des plages de sable doux puis\u00e9 dans la plaine du Cul de Chien naviguer sur des voiliers entre les roseaux jusqu\u2019aux Grandes Vall\u00e9es cueillir des bouquets de plumes sur le chemin de la Saussaye pour peindre les rochers de la S\u00e9gognole planter des pommiers des framboisiers des figuiers dans le chemin du Gros Poirier \u00e9couter le myst\u00e9rieux chemin du Mont Solu chuchoter son histoire r\u00e9colter les noisettes chemin de la Coudraie installer des ruches chemin du Buisson Piqu\u00e9 puiser des seaux de miel chemin du Puits Rond et des timbales d&rsquo;hydromel chemin de la Fontaine Saint Martin.<\/em><br><br>D\u00e9river dans mes lieux<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#16\/40 &#8211; 25\/11\/22<\/strong> <em>Chaussettes \u00e9paisses en laine qui grattent et n\u2019entrent dans aucune chaussure. Sweat us\u00e9 transparent par endroit avec logo discret bicolore bleu et noir bimati\u00e8re polaire et lycra brillant. Pantalon en velours lisse noir brillant sur les genoux et les fesses devenu informe et mou taille \u00e9lastiqu\u00e9e jambes larges pattes d\u2019eph\u2019 incroyablement solide depuis au moins 25 ans et impossible \u00e0 jeter. Foulard en laine fond violet et fleurs bleues roses rouges p\u00e9tales beiges et petites taches de lumi\u00e8re orang\u00e9es. Pull anthracite bouloch\u00e9 ador\u00e9 doux long. Pantalon d\u2019escalade marron d\u00e9lav\u00e9 macul\u00e9 de taches de magn\u00e9sie rapi\u00e9c\u00e9 \u00e0 de nombreux endroits tr\u00e8s large en mati\u00e8re l\u00e9g\u00e8rement \u00e9lastique. Teeshirt fluide en modal rouge sombre \u00e0 pois bleu marine et manches longues. Veste tricot\u00e9e main grosse laine boucl\u00e9e chin\u00e9e vert de fond et taches jaune clair orange irr\u00e9guli\u00e8res ferm\u00e9e avec un seul gros bouton nacr\u00e9 bien 4 cm de diam\u00e8tre les devants sont de longueurs diff\u00e9rentes. Jogging bleu marine avec poches \u00e0 l\u2019italienne mais sans l\u2019\u00e9l\u00e9gance d\u00e9form\u00e9 au bas des jambes resserr\u00e9 par des cotes frisottantes parsem\u00e9 d&rsquo;anciennes t\u00e2ches de peinture et de terre r\u00e9cente rouge argileuse \u00e9tal\u00e9e sur les cuisses et les genoux. Casquette en toile de type US Army kaki. Chaussures de randonn\u00e9e en cuir \u00e0 tige haute type ampoules assur\u00e9es et bleus aux chevilles. Parka noire d\u00e9lav\u00e9e longue et matelass\u00e9e avec capuche. Legging moulant gris en mati\u00e8re fine scintillante.<\/em><br><br>M\u00e9lange de v\u00eatements crois\u00e9s et de ceux qui m\u2019entourent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#15\/40 &#8211; 24\/11\/22<\/strong> <em>T\u2019aimes bien toi les combinaisons soit tu mets une combinaison soit tu mets rien oui soit tu mets rien dessous du coup tu sais pas j\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 toi viens voir une bonne chose de faite comme vous dites vous avez une chaise pour la p\u2019tite j\u2019vais voir \u00e7a va \u00eatre juste c\u2019est pas facile vous avez un compte chez nous nan j\u2019crois pas vot\u2019 nom c\u2019est quoi ben si yen a un.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#14\/40 &#8211; 23\/11\/22<\/strong> <em>Un noir corbeau trottine en picorant devant moi au milieu de la route et m\u2019oblige \u00e0 freiner brusquement pour que la roue de mon v\u00e9lo l\u2019\u00e9pargne. Son \u0153il fixe me semble impertinent, j\u2019ai manqu\u00e9 chuter et lui n\u2019est pas effray\u00e9, il d\u00e9ploie tranquillement ses ailes d\u2019un mouvement pr\u00e9tentieux pour s\u2019\u00e9lever de quelques centim\u00e8tres et atterrir un peu plus loin souplement sur ses pattes gr\u00eales qu\u2019on penserait incapables d\u2019amortir le choc de son corps dodu, les ailes se replient et il recommence \u00e0 piquer le sol du bec, m\u2019ignorant, presque moqueur. Sa nonchalance de dandy m\u2019\u00e9nerve, presque envie de descendre du v\u00e9lo pour le chasser.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#13\/40 &#8211; 22\/11\/22<\/strong><em> <\/em><em>Je roule \u00e0 bonne vitesse sur la route \u00e9troite bord\u00e9e de champs, \u00e0 l\u2019horizon la silhouette brumeuse d\u2019un village se d\u00e9tache sur fond de nuages gris travers\u00e9s par de grands rayons de soleil, d\u00e9cor plant\u00e9 comme pour un film. La route se poursuit sur un coteau entre deux rang\u00e9es d\u2019arbres qu\u2019une petite voiture rouge commence \u00e0 gravir, je ne vois pas derri\u00e8re le sommet, et c\u2019est ce moment juste quand elle arrive en haut avant qu\u2019elle disparaisse, elle va peut-\u00eatre d\u00e9coller et s&rsquo;envoler.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#12\/40 21\/11\/22<\/strong> <em>\u00ab&nbsp;Ceux qui savent\u2026 ils vous prennent par la main et vous font gentiment \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019eux balbutier votre petite histoire.&nbsp;\u00bb Leur lumi\u00e8re, votre grisaille, les entrailles pos\u00e9es l\u00e0, dessous et les recouvrir de mots jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elles disparaissent pour ne plus \u00eatre discernables que par soi.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#11\/40 &#8211; 20\/11\/22<\/strong> <em>Lire, ce grand livre, grand dans mon souvenir je pouvais le regarder pos\u00e9 debout ou \u00e0 plat mais impossible \u00e0 tenir dans les mains, plus haut que moi assise, une solide couverture cartonn\u00e9e reli\u00e9e de toile bordeaux, des elfes, des f\u00e9es, des lutins sur toutes les pages, je ne sais plus s\u2019il y avait du texte, c\u2019\u00e9tait avant de comprendre les mots \u00e9crits pourtant il vient comme premier souvenir de lecture, les lutins habitaient dans des champignons, les elfes se balan\u00e7aient sur des coquilles de noix et les f\u00e9es dormaient dans des hamacs de feuilles, ou le contraire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne sais pas ce qu\u2019est devenu ce livre, impossible de le retrouver en parcourant sur des pages de couvertures de livres d&rsquo;enfants sur mon explorateur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#10\/40 &#8211; 19\/11\/22<\/strong> <em>Pendant que je bois ce verre d\u2019eau je pense \u00e0 toutes les bouches qui ont d\u00e9j\u00e0 bu cette eau | Pendant que je dors je r\u00eave | Pendant que je dors je cauchemarde | Pendant que j\u2019ai les mains gel\u00e9es je pense que je pourrais ne pas avoir de gants | Pendant que je mange cet \u00e9clair au chocolat je pense qu\u2019il va bient\u00f4t \u00eatre fini | Pendant que je m\u00e9dite je pense qu\u2019il ne faut pas penser | Pendant que je m\u2019\u00e9dite je pense que c\u2019est exag\u00e9r\u00e9 | Pendant que je mets cette \u00e9charpe je pense \u00e0 celle qui me l\u2019a tricot\u00e9e | Pendant que je tricote je pense \u00e0 celle pour qui je le fais | Pendant que je prends un caf\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur je r\u00eave d\u2019un pastis en terrasse au soleil<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#09\/40 &#8211; 18\/11\/22<\/strong> <em>Ne pas s\u2019attarder sur les plumes de ce pauvre pigeon \u00e0 moiti\u00e9 d\u00e9chiquet\u00e9 par mes chats si doux , ne pas s\u2019attarder sur le tas de feuilles devant la porte \u00e0 l\u2019affut pour s\u2019engouffrer d\u00e8s que j\u2019ouvrirai, ne pas s\u2019attarder sur la vague de m\u00e9lancolie qui me surprend en entendant ce vieux Heroes et ce son si dat\u00e9, ne pas s\u2019attarder quand la jeune marchande de pains d\u2019\u00e9pices, devant laquelle personne ne s\u2019arr\u00eate, au moment o\u00f9 je croise son regard me propose d\u2019en go\u00fbter un morceau et que je n\u2019accepte pas et poursuis mon chemin pleine de regrets mais incapable de faire marche arri\u00e8re.<\/em><br><br> \u00ab&nbsp;S\u2019obstiner dans ce geste de noter&nbsp;\u00bb, \u00e7a remplit la journ\u00e9e, la t\u00eate, \u00e0 se dire que je me l\u00e8ve t\u00f4t et puis je note et comme \u00e7a c\u2019est fait, mais la journ\u00e9e est \u00e0 venir\u2026pas simple.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#08\/40 &#8211; 17\/11\/22<\/strong> <em>Sami Nestico Zar Amir Ebrahimi Golshifteh Farahani Jonathan Franzen Stephane Heuet Ren\u00e9 Cassin Paco Rabane Rachid Benmar Laura Mendes Claude Fran\u00e7ois<\/em><br><br>Croiser au r\u00e9veil la partition de Fancy Pants pos\u00e9e sur le pupitre arrang\u00e9e par Sami Nestico. Petit d\u00e9jeuner devant le journal, deux com\u00e9diennes iraniennes Zar Amir Ebrahimi Golshifteh Farahani. Discussion sur les cadeaux de No\u00ebl, Crossroads de Jonathan Franzen et le deuxi\u00e8me tome de la BD de St\u00e9phane Huet. Pas grande r\u00e9colte dans les rues du village, rue Grande et rue du Pont mais je cueille l\u2019\u00e9cole Ren\u00e9 Cassin. En ville la grande affiche pour un parfum de Paco Rabane. D\u00e9guiser les noms originaux pour Rachid Benmar et Laura Mendes. Retour par le Moulin de Claude Fran\u00e7ois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#07\/40 &#8211; 16\/11\/22<\/strong> <em>silhouette gracile et puissante son visage m\u2019\u00e9voque une olive lisse et charnue la carnation est mate un peu jaune les yeux et les cheveux sont fonc\u00e9s bruns | incongru ce vieil homme \u00e0 casquette qui appuie ses deux mains sur le pommeau d\u2019une canne adoss\u00e9 debout au mur d\u2019une maison dans cette rue tr\u00e8s passante | \u00e9change d\u2019un bonjour avec ce guerrier qui distribue les prospectus extraits d\u2019un petit chariot qu\u2019il tire de boite \u00e0 lettre en boite \u00e0 lettre son visage de chef indien ses longs cheveux noirs qui d\u00e9passent du bonnet ses pommettes hautes et ses joues creuses<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hier j\u2019ai juste crois\u00e9 mes chats, ce sont des proches, pour rencontrer des inconnus aujourd\u2019hui j\u2019ai pris mon v\u00e9lo.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#06\/40 &#8211; 15\/11\/22<\/strong> <em>Au lever du jour, les pieds dans l\u2019herbe mouill\u00e9e du jardin, j\u2019ai vu la derni\u00e8re tomate cerise trembloter au bout de sa tige, j\u2019ai vu une feuille de l\u2019\u00e9rable chuter tranquillement et trois oiseaux se sont envol\u00e9s du marronnier \u00e0 mon approche, avec ce bruit d\u2019ailes effray\u00e9es.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mise en place d\u2019une sorte de rituel, lire la consigne le soir pour infusion pendant la nuit, avant le caf\u00e9 noter tout ce qui vient pour choisir plus tard.Tout devient mati\u00e8re \u00e0 carnet, en nettoyant une sangle dans un \u00e9vier trop petit, je pense aux planches \u00e0 laver dans les lavoirs et je me dit qu\u2019il faudrait le noter\u2026comme une sorte de manie, encombrante un peu.Pour tout ce qui se passe dans le jardin au petit matin, je suis la seule spectatrice. Est-ce que je fais un contresens : \u00ab n\u2019aura remarqu\u00e9 \u00bb au lieu de \u00ab n\u2019aurait remarqu\u00e9 \u00bb ? Si quelqu\u2019un m\u2019avait accompagn\u00e9 aurait-il remarqu\u00e9 les m\u00eames choses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size wp-block-paragraph\"><strong>#05\/40 &#8211; 14\/11\/22<\/strong> <em>Au matin, un plafond de brouillard blanc assez transparent pour que je distingue l\u2019ombre d\u2019un oiseau qui le traverse, je roule dans une nappe cotonneuse. Le blanc se trouble, blafard et jaune, peut-\u00eatre du soleil derri\u00e8re, \u00e7a change tr\u00e8s vite, le tapis uniforme se transforme en nuages distincts, des formes rondes, \u00e9tir\u00e9es, mousseuses ou compactes, devant moi une trou\u00e9e de lumi\u00e8re, le rond lumineux du soleil voil\u00e9 qui traverse les couches et dans le r\u00e9troviseur une lointaine mer grise. Vitre gauche, les nuages d\u00e9filent rapidement \u00e0 ma rencontre et s&rsquo;\u00e9loignent, se d\u00e9litent en filaments et devant moi, sur fond bleu, une barri\u00e8re de petits moutons fixes et blancs sur laquelle glissent les fum\u00e9es de nuages. Grand soleil \u00e0 midi.<\/em><br><br>Comme si l\u2019observation visuelle, n\u2019\u00e9tait pas un canal ouvert pour moi. J\u2019ai pu \u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9coute de ce qui venait, l\u2019impr\u00e9vu, le lointain, le \u00ab&nbsp;il aurait fallu&nbsp;\u00bb mais pour le ciel du lundi, je ne peux pas laisser venir en faisant autre chose. Et ce matin une bonne heure de route, c\u2019est bien ma veine ce ciel qui change tout le temps et comme je roule, j\u2019ai peur d\u2019oublier, je choisis de m\u2019arr\u00eater sur un parking pour noter sur mon carnet toujours dans la voiture (un carnet de papier).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#04\/40 &#8211; 13\/11\/22<\/strong> <em>De cette phrase qui \u00e9mergeait si nette au petit matin dans le brouillard et le mal de t\u00eate apr\u00e8s la courte nuit, il ne reste qu\u2019une esp\u00e8ce d\u2019\u00e9quation reliant 20 et 40 par une logique implacable et \u00e9vidente, totalement disparue depuis.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#03\/40 &#8211; 12\/11\/22<\/strong> <br><em>Belle soir\u00e9e douce, belle nuit, bel endroit et ce matin le soleil qui perce la brume, les reflets sur la mer et tout \u00e7a, les papotages tranquilles autour du caf\u00e9, le petit d\u00e9jeuner qui dure encore et puis le d\u00e9part, un peu de vent, l\u2019odeur du camion, toujours pas envie d\u2019aller l\u00e0-bas, pas envie de civilit\u00e9s, il aurait fallu ne pas tourner au rond point, se tromper de chemin, j\u2019aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 ne pas.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#02\/40 &#8211; 11\/11\/22<\/strong> <em>Comment sommes-nous rentr\u00e9s pieds nus de la plage et de quelle plage&nbsp;? Dans ce coin l\u00e0 sur la carte il n\u2019y a pas de plage, il y a des marais, \u00ab&nbsp;la Venise Verte&nbsp;\u00bb, un fleuve qui arrivera bien \u00e0 la mer mais plus loin. Pourtant c\u2019est sur le bord d\u2019une plage que nous avons oubli\u00e9 nos sandales et nous devons y retourner, les retrouver, \u00e0 pied et pieds nus. Ce qui reste tr\u00e8s clair c\u2019est l\u2019humiliation pour une histoire aussi d\u00e9risoire, mais \u00e0 10 ans\u2026Je suis certaine que nous avons march\u00e9 sur un pont et peut-\u00eatre ensuite \u00e0 gauche, s\u00fbrement la plage sur la berge et le fleuve qui paraissait une mer. Le retour encore plus terrible, traverser le restaurant de l\u2019h\u00f4tel \u00e0 l\u2019heure du repas et les rires en voyant passer ces deux m\u00f4mes avec leurs sandales plastique.<\/em> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La question qu\u2019on se pose apr\u00e8s, jamais reparl\u00e9 de \u00e7a avec mon fr\u00e8re, s\u2019en rappelle-t-il? Et aussi&nbsp;: bizarre tous ces pieds dans mes carnets.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#01\/40 &#8211; 10\/11\/22<\/strong> <strong>Pulsation de noter<\/strong> <br><em>Concentration intense, souffle lent et profond, conscience du corps, un cours de yoga sans surprise. C\u2019est juste \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une torsion vers la droite que le pied nu de ma voisine rencontre mon regard, sa forme me d\u00e9range, ses orteils sont recroquevill\u00e9s comme s\u2019ils ne pouvaient se d\u00e9plier, se poser et un sentiment de d\u00e9go\u00fbt m\u00eal\u00e9 \u00e0 ma honte de le ressentir ne me quitte pas jusqu\u2019\u00e0 la fin de la s\u00e9ance consacr\u00e9e exclusivement d\u00e9sormais \u00e0 \u00e9viter de regarder ce pied qui m\u2019attire pourtant. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong> #Prologue &#8211; 8\/11\/22  Antidotes<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il me semble que tout prend naissance dans un cahier, un carnet, un bloc ou des feuillets que j\u2019agrafe et parfois m\u00eame que je couds pour les relier\u2026tout ce qui commence, tous les d\u00e9buts, toutes les r\u00e9solutions, tous les projets, des plus quotidiens aux plus ambitieux, de la liste des graines \u00e0 renouveler pour la prochaine saison du potager \u00e0 l\u2019histoire d\u2019un jazz-band. Chacun leur tour sur le haut de la pile. Un besoin imp\u00e9rieux. <br>Il me semble que rien ne se termine pour aucun de ces cahiers, carnets, blocs ou feuillets, les pages laiss\u00e9es blanches arrivent plus ou moins rapidement, le d\u00e9sir s\u2019att\u00e9nue tranquillement, la n\u00e9cessit\u00e9 s\u2019\u00e9loigne doucement, laissant un espace vide, si jamais&#8230; <br>Il me semble que je sais o\u00f9 sont rang\u00e9s ces cahiers, carnets, blocs ou feuillets mais le hasard d\u2019une recherche peut en faire resurgir que j\u2019avais oubli\u00e9 avoir jamais commenc\u00e9.<br><br>Antidote \u00e0 l\u2019angoisse du grand effondrement. Je me m\u00e9fie de mon ordinateur, de mon t\u00e9l\u00e9phone. Si un jour tout s\u2019arr\u00eate, ils seront toujours l\u00e0 mes cahiers, mes carnets, mes blocs, mes feuillets et au moins un crayon de papier.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>#40\/40 Vell\u00e9it\u00e9 et procrastinationSi je me demande \u00e0 quoi \u00e7a sert d&rsquo;\u00e9crire dans mon carnet &#8211; me r\u00e9pondre que \u00e7a sert \u00e0 \u00e9crireSi je pense qu&rsquo;il est trop t\u00f4t pour me mettre devant le carnet &#8211; m&rsquo;y mettre quand m\u00eameSi je pense qu&rsquo;il est trop tard pour me mettre devant le carnet &#8211; m&rsquo;y mettre quand m\u00eameSi je pense que <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnets-individuels-ic\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#carnets individuels &#8211; Isabelle c<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":284,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3942,3897,1],"tags":[],"class_list":["post-97898","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-carnets_individuels","category-le_grand_carnet","category-atelier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97898","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/284"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=97898"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97898\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=97898"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=97898"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=97898"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}