{"id":98199,"date":"2022-12-21T19:42:52","date_gmt":"2022-12-21T18:42:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=98199"},"modified":"2022-12-21T19:42:53","modified_gmt":"2022-12-21T18:42:53","slug":"carnet-individuel-elodie-schaaff","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnet-individuel-elodie-schaaff\/","title":{"rendered":"Carnet individuel \u23ae Elodie Schaaff"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p>#<strong>01 &#8211; De l\u00a0\u00bbimpr\u00e9vu <\/strong>Des mots dit par une autre \u00ab\u00a0je me suis r\u00e9duite\u00a0\u00bb. Sensation impr\u00e9vue, \u00e9motion vive. Comprendre soudain pourquoi l&rsquo;air te manque parfois, tes bras ne s&rsquo;ouvrent plus si grand, ton&nbsp;sourire est fig\u00e9,&nbsp;tes yeux perdent la&nbsp;lumi\u00e8re. Pourquoi cette porte te semble si lourde, la fuite si difficile \u00e0 prendre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p><strong>#02 &#8211; Si loin, si loin<\/strong> Feuilles de platane sem\u00e9es en pas japonais sur le trottoir. Rousses, raides, s\u00e8ches en attente d\u2019un souffle pour se blottir l\u2019une contre l\u2019autre. Tapis orang\u00e9 aux motifs parcellaires de jaune, de vert, de rouge de la cour voisine. Image d\u2019une all\u00e9e, si loin, si loin, jonch\u00e9e d\u2019un extraordinaire amas de feuilles en tapis moelleux. Une petite silhouette, au contentement radieux, avance, pieds invisibles, les trainent sans doute \u2026 emportant des sons et des odeurs d\u2019automne.<\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><strong>#03 &#8211; Il aurait fallu<\/strong> Ombres feutr\u00e9es, brouillard blanc transperc\u00e9 de halos dor\u00e9s.Travers\u00e9e de la ville apais\u00e9e, calfeutr\u00e9e dans un silence ouat\u00e9. Dans la nuit, regard attir\u00e9 par une fen\u00eatre \u00e0 la lumi\u00e8re voil\u00e9e. Il aurait fallu sonner, prendre l\u2019escalier, entrer. Respirer l&rsquo;odeur bienfaisante&nbsp;du diner. S\u2019inviter pour profiter de la conversation anim\u00e9e. Garder, pr\u00e9cieusement, \u00e0 l&rsquo;abri, la chaleur du foyer. A ma fen\u00eatre ce soir, il n&rsquo;y a que le noir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#04 &#8211; Phrase de r\u00e9veil<\/strong> Dimanche silence dimanche bourdonnement lointain du train dimanche silence dimanche craquement vivant de la vieille armoire dimanche silence dimanche volet roulant de la fen\u00eatre voisine dimanche silence..&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#05 Ciel de lundi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" data-id=\"100240\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG_4071-1-1024x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-100240\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG_4071-1-1024x1024.jpeg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG_4071-1-420x420.jpeg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG_4071-1-200x200.jpeg 200w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG_4071-1-768x768.jpeg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG_4071-1-1536x1536.jpeg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/IMG_4071-1-2048x2048.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p> 8h15 d\u00e9grad\u00e9 de gris froiss\u00e9s, fissures claires, spirale croassante&nbsp;en&nbsp;battements d&rsquo;ailes noires, devant, des train\u00e9es blanches d\u00e9rivent la lumi\u00e8re en \u00e9clats. <\/p>\n\n\n\n<p>8h30 une br\u00e8che bleue s&rsquo;ouvre devant mes yeux, trou\u00e9e en zigzag, se perd, submerg\u00e9e&nbsp;par le gris noir qui gagne la bataille. Je&nbsp;reste \u00e0 l&rsquo;aff\u00fbt&#8230; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>10h26 dilution, effacement, la couleur en aplat une \u00e9tendue \u00e9tir\u00e9e comme un chagrin, une tristesse sans larme. Porter le regard, masses moutonneuses gris et lumi\u00e8re en ombre comme des vagues, noyer la montagne loin, si loin.<\/p>\n\n\n\n<p>12h28&nbsp;\u00e0 l&rsquo;\u00e9cran du r\u00e9el, ciel gris qui d\u00e9grade de l&rsquo;asphalte vers l&rsquo;acier, train\u00e9es blanches \u00e0 l&rsquo;horizon pour partir en fum\u00e9e aux dessus de mes yeux. A l&rsquo;\u00e9cran de veille, ciel bleu d\u00e9lav\u00e9 \u00e0 nuages, souvenir de novembre 2021, une \u00eele entre le vent et sous le vent, un jeudi au levant &#8230; contraste.<\/p>\n\n\n\n<p>14h35 Gris d\u00e9lav\u00e9, le ciel s&rsquo;\u00e9panche, r\u00e9pand sa tristesse du d\u00e9but de semaine gouttes \u00e9paisses sur la ville morne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#06 Personne d&rsquo;autre que toi n&rsquo;aurait remarqu\u00e9 que <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Personne d\u2019autre que moi n\u2019aurait remarqu\u00e9 que tu trouvais l\u00e0, \u00e0 l\u2019abri du tiroir, des regards moqueurs, des regards voyeurs. Je me suis r\u00e9veill\u00e9e avec l\u2019image de ce que je cherchais sans en avoir conscience. Je me suis lev\u00e9e, suis all\u00e9e regarder et tu \u00e9tais bien l\u00e0, je t\u2019avais oubli\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Personne d\u2019autre que moi n\u2019aurait remarqu\u00e9 que le th\u00e9\u00e2tre Poche Ruelle nich\u00e9 dans un b\u00e2timent de zinc aux couleurs pastels, avec sur sa fa\u00e7ade le nom d\u2019hommes prestigieux (Moli\u00e8re Racine Anouilh Shakespeare Goldoni Schiller Brecht Marivaux\u2026 ) n\u2019affiche celui d\u2019aucune femme.<\/p>\n\n\n\n<p>Personne d\u2019autre que moi n\u2019aurait remarqu\u00e9 que l\u2019interdit se niche parfois au d\u00e9tour du commun, de l\u2019absence.&nbsp;&nbsp;Un locataire qui fume dans l\u2019escalier, se sert de l\u2019espace laiss\u00e9 par un barreau disparu de la rampe, comme d\u2019un cendrier.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Personne d\u2019autre que moi n\u2019aurait remarqu\u00e9 que les oiseaux qui piaillent bruyamment, dans les platanes devant mes fen\u00eatres, virevoltent chaque soir,  pour je ne sais quelle raison, au soleil couchant.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#07 Visages d&rsquo;un trait <\/strong>Profil d\u00e9coupe pr\u00e9cise frange tranch\u00e9e nette nez&nbsp;l\u00e9g\u00e8rement relev\u00e9&nbsp;oreille d\u00e9licate&nbsp;bouche enfouie sous 3 tours d&rsquo;une \u00e9charpe \u00e0 carreaux | marin d&rsquo;eau douce cheveux blancs mani\u00e9r\u00e9s yeux bleus encadr\u00e9s derri\u00e8re de larges lunettes carr\u00e9es noires nez rose bouche noy\u00e9e dans une barbe blanche en \u00e9ventail soign\u00e9e | Cheveux qu&rsquo;un serre-t\u00eate tire&nbsp;en arri\u00e8re front lisse nu mouvement pendulaire de la t\u00eate \u0153il \u0153il et demi demi-bouche&nbsp;&nbsp;bouche s&rsquo;ouvre se ferme se d\u00e9hanche.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#08 Les noms c&rsquo;est du propre<\/strong>  Orion Perraudin Fr\u00e9deric Engel-Dolfus Fran\u00e7ois Frey Marie-Pascale P\u00e9an Franck Lemay Genri Fais Roger Salingro Claude Hefter Louis Pasteur Georges Steinbach Auguste Wicky Fran\u00e7ois Spoerry Paulette Schlegel John Muir Aurore Buffart Joel Poncet Christophe Bouilhol Antoine Sanchez Fredo Krumnov Alfred Wallach Henri Schwartz Huguette Dreyfus Louise Eckl\u00e9 Salomon Grumbach<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#09 Ne pas s&rsquo;attarder sur <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ne pas s\u2019attarder sur les corps sans murs allong\u00e9s sous les arcades de la place de la Libert\u00e9 \/ ne pas s\u2019attarder sur les feuilles sans arbre pos\u00e9es sur le rebord de la fen\u00eatre, ne pas s\u2019attarder sur la silhouette sans visage pr\u00eate \u00e0 partir en voyage avec tous ses bagages \/ ne pas s\u2019attarder sur les voix sans corps aux mots emport\u00e9s par le vent \/ ne pas s\u2019attarder sur le flot sans issue&nbsp;de voitures entre la feuille du b\u00e9gonia et l\u2019\u00e9clairage urbain \/ ne pas s\u2019attarder sur le bruit de pas et de cl\u00e9s du couloir sans pr\u00e9sence je ne le.la connais pas \/ ne pas s\u2019attarder sur les oiseaux noirs&nbsp;sans t\u00eate&nbsp;dans les arbres du quai \/ ne pas s\u2019attarder sur les nuages gris sans avenir pour&nbsp;aller aspirer le bleu du ciel \/ ne s\u2019attarder sur l\u2019eau du canal sans&nbsp;vagues reflets tristes d\u2019arbres fluets \/ ne pas s\u2019attarder sur tous les instants disparus poursuivre le temps du jour pr\u00e9sent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#10 Pendant que<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Pendant qu&rsquo;ils s&rsquo;installent dans le train, s&rsquo;imaginent-ils que je r\u00eave d&rsquo;un voyage en&nbsp;Orient-Express ? <\/li>\n\n\n\n<li> Pendant que se compose la fleur en poussi\u00e8re de th\u00e9 au fond de mon bol, les jardins extraordinaires emportent-ils toujours l&rsquo;imaginaire des promeneurs ? <\/li>\n\n\n\n<li>Pendant que les oiseaux s&rsquo;\u00e9loignent \u00e0 tire d&rsquo;aile, les toits de la ville r\u00eavent-ils \u00e0 des destinations lointaines ?<\/li>\n\n\n\n<li>Pendant qu&rsquo;elles courent sur le sentier balis\u00e9, y aura-t-il toujours plus de femmes pour faire la diagonale du fou ?<\/li>\n\n\n\n<li>Pendant que les nuages envahissent le ciel, les enfants se demandent-ils qui a \u00e9teint le soleil ? <\/li>\n\n\n\n<li>Pendant que je regarde passer l&rsquo;avion dans le ciel, je m&rsquo;imagine le chevaucher en cow-girl des grands espaces.<\/li>\n\n\n\n<li>&nbsp;Pendant que j&rsquo;\u00e9cris ces mots, l&rsquo;onde l\u00e9g\u00e8re en surface du canal imagine demain \u00e9cume de l&rsquo;oc\u00e9an. <\/li>\n<\/ul>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p><strong>#11 C&rsquo;est dimanche<\/strong> Une photo ancienne (vu il y a peu de temps), des petites filles (je suis l&rsquo;une d&rsquo;entre elles) align\u00e9es devant une plus grande, imitant la ma\u00eetresse, faisant semblant de leur apprendre \u00e0 lire, avec en main des livres de mauvais papier jauni, (souvenir de leur odeur semblable \u00e0 la vieille cave de la maison de vacances de mes grands-parents), parfois m\u00eame \u00e0 l\u2019envers. Je me suis souvenue, de mon entr\u00e9e en CP, de cet app\u00e9tit effr\u00e9n\u00e9 \u00e0 savoir lire, de ce sentiment de puissance face \u00e0 ce monde nouveau qui s&rsquo;ouvrait devant&nbsp;moi.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#12 La grisaille, les dessous<\/strong> Clair-obscur bleut\u00e9 de la chambre, les sens s\u2019\u00e9veillent \u00e0 cette lumi\u00e8re annonciatrice du jour nouveau, les yeux mi-clos, l\u2019ici et maintenant du mental qui revient d\u2019o\u00f9&nbsp;? Les mots qui cherchent \u00e0 se faire jour, disparates, n\u00e9buleux, pr\u00e9mices du discours int\u00e9rieur. Plus tard, le cahier, la page \u00e0 l\u2019\u00e9cran, une proposition pos\u00e9e, griffonn\u00e9e, ratur\u00e9e, comme un jus pos\u00e9 sur la toile, premier rep\u00e8re du travail \u00e0 suivre (m\u2019est revenue cette recommandation de mon professeur de peinture)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><strong>#13 Arr\u00eater le monde <\/strong>Un chantier. Le ciel d\u2019abord de gris comme une fum\u00e9e qui attend la lumi\u00e8re. Une ouverture, un point de fuite vers la place, de chaque c\u00f4t\u00e9 des immeubles bourgeois aujourd\u2019hui unis par des arches de trois flocons de neige g\u00e9ants, attendent la lumi\u00e8re. Des barri\u00e8res. A l\u2019entr\u00e9e de l\u2019enfilade, un sapin pos\u00e9. Un chariot \u00e9l\u00e9vateur le ceint d\u2019une guirlande de points lumineux. Des badauds sinuent, s\u2019infiltrent entre les deux, indiff\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#14 Rien qu&rsquo;une seconde<\/strong> Est-ce le temps que mettent les voitures \u00e0 s&rsquo;engouffrer dans l&rsquo;espace ouvert, visible par mes yeux, accroch\u00e9s, \u00e0 cette invention du fluide routier, une portion de route et un demi rond-point, mon paysage urbain ? Les cygnes, en parall\u00e8le, sur le canal, ne franchissent&nbsp;pas la&nbsp;ligne&nbsp;dans le m\u00eame temps.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#15 Cut up moi \u00e7a <\/strong>Je t&rsquo;envoie les r\u00e9f\u00e9rences Strasbourg, soir\u00e9e d\u00e9couverte hypnose et PNL j&rsquo;essaie de lire Karine Tuil par exemple tu me l&rsquo;as&nbsp;d\u00e9j\u00e0&nbsp;cit\u00e9 les deux derni\u00e8res fois ahhh si \u00e7a t&rsquo;int\u00e9resse tu regardes tu es sur quoi ? TikTok je ne pensais pas \u00e7a comme \u00e7\u00e0 et je me dis il y a le march\u00e9 de No\u00ebl moi j&rsquo;ai Facebook Messenger avec un thermom\u00e8tre pour la temp\u00e9rature je bloque sur \u00e7a j&rsquo;commence les formations bon je vais faire quelques courses et retrouver mon&nbsp;fils franchement Caroline elle est tr\u00e8s d\u00e9sagr\u00e9able je n&rsquo;ai jamais vraiment accroch\u00e9 elle m&rsquo;aide \u00e0 comprendre certaines choses \u00e7a fait du bien comme une s\u00e9ance de sport un psy qui t&rsquo;aide mais il faut y aller toutes les semaines. ( <em>propos recueillis  au Temps d&rsquo;une pause en tendant l&rsquo;oreille \u00e0 trois conversations de duos)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>#16 Il fait froid, couvrons-nous<\/strong> Veste matelass\u00e9e &nbsp;sans manche orange masque bleu au creux du coude \/ parka orange \u00e0 motifs beige clair pantalon sombre baskets noire et blanche \/ v\u00eatement de signalisation haute visibilit\u00e9 en satin orange fluorescent pantalon veste et casque \/ manteau kaki capuchonn\u00e9 jean noir slim \/ veste grise chevrons, col noir velours, poignets noires velours pantalon gris chic \u00e0 poche \/ lunettes rouges \u00e9charpe \u00e9cossaise blouson&nbsp;cuir noir avec des boucles ouvert sur un pull noir court en dessous chemise blanche d\u00e9passe sur le jean \u00e0 revers \/ b\u00e9ret marron brun pantalon bleu vert blouson en laine fonc\u00e9e \/ short noir maillot \u00e0 large bande verticale une noire une bleue \/ combinaison de travail jaune en satin fluorescent \u00e9paules et capuche bleu fonc\u00e9 torse gris\u00e2tre \/bottes en caoutchouc bleu moyen avec fourrure synth\u00e9tique grise us\u00e9e pantalon de sport rouge blouson camouflage bleu en cama\u00efeu \/ blouson en&nbsp;boudin vert \u00e0 l\u2019horizontal \/pull camionneur blanc cass\u00e9 joueur de polo brod\u00e9 c\u00f4t\u00e9 droit \/ costume noir baskets us\u00e9es coiffe indien en&nbsp;plumes rose fluo \/ Manteau comme en&nbsp;peluche ours \u00e9cru col 2 poches en dessous gilet 5 boutons rose fluo \/ chemise blanche combinaison sans manche noire \u00e0 rayures fines blanche \/ \u00e9charpe en roul\u00e9e rose cyrien veste longue en laine mousseuse robe cache coeur bleu fonc\u00e9 \u00e0&nbsp;motifs roses blancs volants asym\u00e9trique\/ pantalon de jogging noir \u00e0 \u00e0 4 bandes sur le c\u00f4t\u00e9 sweat noir 4 rayures milieu du dos horizontale \/ casquette motifs capuche noire &nbsp;blouson noir \/bottes noires doudoune aux genoux \u00e0 capuche \/ manteau petits carreaux bleu pale et marron pantalon d\u00e9color\u00e9 vert baskets rose dor\u00e9 brillant<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#17 Petits embellissements bienvenue <\/strong>Usage du canal. Des chaises longues toboggan l&rsquo;\u00e9t\u00e9, \u00e9quip\u00e9es de bulle transparente l&rsquo;hiver pour suivre&nbsp;le fil de l&rsquo;eau dedans quand il fait beau, les ronds dans l&rsquo;eau dehors quand il fait froid. En d\u00e9cembre la transformer en flocons de neige pour permettre aux enfants de faire des bonhommes et des batailles. &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;Usage des arbres du bord canal. Mettre des cabanes dans les arbres pour loger les sans cl\u00e9s, les sans train, les sans horizon, les sans amour, les sans r\u00eaves&#8230;y faire briller une flamme pour signaler qu&rsquo;elle est occup\u00e9e, qu&rsquo;il convient de se faire inviter ou d&rsquo;aller \u00e0 la prochaine.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#18 Recopier c&rsquo;est facile<\/strong>                                                                                     <strong>\u00ab\u00a0Passage secret vers l\u2019ailleurs&nbsp;<\/strong>Je n\u2019imagine pas voyager sans lire. Pendant des ann\u00e9es, j\u2019ai train\u00e9 avec moi des valises qui \u00e9taient remplies pour plus de moiti\u00e9 de livres. Je d\u00e9chirais parfois les pages, ou s\u00e9parais la reliure d\u2019un ouvrage en section, au fur et \u00e0 mesure de ma lecture afin de m\u2019all\u00e9ger. J\u2019abandonnais certains exemplaires dans les auberges, les h\u00f4tels, les gares, les librairies d\u2019occasion. C\u2019est ainsi que j\u2019ai donn\u00e9 \u00e0 une librairie de T\u00e9h\u00e9ran plusieurs Fred Vargas appartenant \u00e0 ma m\u00e8re, au grand d\u00e9sespoir de celle-ci lorsqu\u2019elle s\u2019en est aper\u00e7ue.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s-midi gris et terne, brouillard atone, TER 200, si\u00e8ge en velours bleu fonc\u00e9, je sors de mon sac \u00e0 dos rouille, l\u2019ordinateur portable, et ce livre \u00e0 couverture violette et bandeau vert pomme, emport\u00e9 hier, page ouverte au hasard,\u00ab&nbsp;attention mesdames et messieurs le d\u00e9part du train est imminent, je vous rappelle qu\u2019il est \u00e0 destination de B\u00e2le, je suis Xavier votre chef de bord accessoirement contr\u00f4leur, arriv\u00e9e \u00e0 B\u00e2le \u00e0 17h50 si rien ne s&rsquo;y oppose\u2026&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#19 Transaction<\/strong> Un petit sac gris fonc\u00e9 soigneusement ferm\u00e9, quelques v\u00eatements usag\u00e9s, pour prendre pr\u00e9texte \u00e0 la sortie, le d\u00e9p\u00f4t dans la benne, \u00e9change de chair contre m\u00e9tal pour le faire dispara\u00eetre \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, \u00e9pargner (peut-\u00eatre) la plan\u00e8te. Sur la vitrine close, un Black Friday \u00e9tir\u00e9 en lundi sombre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#20 La sc\u00e8ne est muette (mais vaut son prix)<\/strong> Assis sur le trottoir, carton et&nbsp;couverture en dessous&nbsp;pour isoler du froid, le&nbsp;gros chien aux yeux humides, \u00e9l\u00e9ments de chaleur dans ce va et vient anonyme de pieds chauss\u00e9s, de jambes habill\u00e9es, passants, les regards \u00e0 hauteur de vitrine. D\u00e9cor de No\u00ebl, des chants venus des arbres, un corps parfois se plie vers le petit r\u00e9ceptacle devant, pose une ou des pi\u00e8ces qui rejoignent celles d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, encouragement muet aux suivantes. Trois ou quatre paroles, transaction de menue monnaie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#21 Faire bouger les choses <\/strong>Cesser de le dire \u00e0 chaque passage, s&rsquo;arr\u00eater, les prendre finalement. La nature en tentative de les cacher, vainement. Claquement de la couleur \u00e0 l&rsquo;oeil obstin\u00e9ment, marqueur d&rsquo;indigestion de la consommation. Provoquer le mouvement. Absence minuscule, elles.eux, susciter l&rsquo;\u00e9tonnement de ne plus les retrouver chaque jour.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#22 On remet \u00e7a, mais avec un livre (\u00e0 perdre)<\/strong> Prendre \u00ab\u00a0Une histoire de bleu\u00a0\u00bb de Jean-Michel Maulpoix. Faire lien avec la paire&nbsp;de chaussette au bleu si lumineux, pour&nbsp;un cadeau, \u00e0&nbsp;laquelle&nbsp;j&rsquo;ai r\u00e9sist\u00e9 hier (j&rsquo;ai pris la grise). Le d\u00e9poser sur un banc, sous un ciel blanc, devant les eaux mouvantes du canal, (r)appelle une promesse&nbsp;de la mer, si loin. La gare plus&nbsp;proche &nbsp;lui offrira peut \u00eatre la perspective du voyage.                           <em>\u00ab\u00a0Il n&rsquo;est rien que l&rsquo;on puisse enfermer dans un livre. C&rsquo;est pourquoi ces mots vont et&nbsp;viennent : cet encombrement, cette pauvret\u00e9, ce bruit insistant de la langue, le coeur en nage, l&rsquo;\u00e2me en alarme, cherchant \u00e0 se loger&#8230;\u00a0\u00bbJean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu, Mercure de&nbsp;France, p.154.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>#23 exercice avec d\u00e9nombrement <\/strong>S&rsquo;arr\u00eater, filmer 6 secondes, prendre une photo, filmer 3 secondes. Quelle dur\u00e9e en seconde pour faire ces diff\u00e9rentes actions ? En compter 2 sur le trottoir et&nbsp;2 de plus dans le caniveau. 1 machine \u00e0 dents et au long cou grignote avec application un vestige urbain, \u00e9ventr\u00e9, \u00e9visc\u00e9r\u00e9. Il en reste 4 en fa\u00e7ade, 15 qui offrent encore du vide, 25 de diff\u00e9rentes couleurs et 11 dans un enchev\u00eatrement de ferraille comme suspendus. Combien&nbsp;de&nbsp;vies abrit\u00e9es&nbsp;dans&nbsp;cette b\u00e9ance \u00e9nigmatique ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#24 salle d&rsquo;attente<\/strong> Une boite en verre, murs, porte, s&rsquo;ouvre, se ferme, automatisme que&nbsp;chaque curieux faisant les 100 pas sur le quai, d\u00e9clenche, attir\u00e9 comme par le paysage \u00e0 la&nbsp;fen\u00eatre. Salle d&rsquo;attente entre&nbsp;la voie 2 et la 3, dedans, un jeune couple l&rsquo;un sur l&rsquo;autre, abri du froid et des amours d\u00e9butants, sacs \u00e0 dos enchev\u00eatres sur le sol, des femmes avec des valises \u00e0 roulettes faisant une bonne moiti\u00e9 de leur hauteur, en \u00e9tape vers plus loin &#8230; Un \u00e9cran et sa litanie d&rsquo;horaires et de destination &#8230; Attendre dans&nbsp;l&rsquo;attente de&nbsp;ceux que l&rsquo;on ne conna\u00eet pas, attendre pour absorber de quoi alimenter son imagination, attendre dans l&rsquo;atmosph\u00e8re des adieux, pour longtemps ou quelques instants, attendre dans la perspective d&rsquo;un voyage extraordinaire ou simplement immobile&#8230;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#25 fragment du corps<\/strong> Frottement du temps \u2014 user la douceur ext\u00e9rieure \u2014 taches comme des \u00e9cailles \u2014 creusement au bout des doigts \u2014 des tiens \u2014 de ceux que tenteraient une caresse \u2014 prendre du relief \u2014 les asp\u00e9rit\u00e9s de la paroi \u2014 la peau comme une enveloppe frip\u00e9e \u2014 boursoufflure \u2014 appuyer \u2014 compter le temps de la r\u00e9sistance \u2014 le froissement tient \u2014 la marque comme \u00e9tiquette \u2014 du temps \u2014 enregistrer\u2014 se souvenir encore des baisers r\u00eaches de l\u2019enfance \u2014 peau de p\u00eache contre forteresse \u2014 vieillir \u2014<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#26 choses nettes, choses floues<\/strong> Le rayon du soleil comme un faisceau, transperce, le flou du ciel. Eclairage, le net des poussi\u00e8res entre la fen\u00eatre et mes yeux. Elles dansent, s&rsquo;\u00e9tirent et flottent sans le contour. Le soleil s&rsquo;\u00e9teint, fait dispara\u00eetre ces choses. Dans le lointain, les arbres composent un tableau, des couleurs, des t\u00e2ches. Le jaune dans le flou, le flou dans le jaune sont des feuilles que je ne distingue pas. Le bleu, deux oiseaux, battements d&rsquo;ailes, l&rsquo;avion, au loin, un sillage dans le blanc. Combien de plumes ? Quelle compagnie&nbsp;? Entretenir le&nbsp;flou de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#27 pas moi, mais mon double<\/strong> Tu as pass\u00e9 une \u00e9trange nuit, poursuivit par un r\u00eave. Comment t&rsquo;\u00e9loigner de toi-m\u00eame pour ne plus ressentir, juste \u00eatre ? Une composition&nbsp;toute en images qui ne veulent plus rien dire. Tu aimes t&rsquo;impr\u00e9gner de la proposition pour laisser infuser. Cette nuit, tu est devenue ce double capable de te mettre en garde contre tes sentiments.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#28 rumin\u00e9, rab\u00e2ch\u00e9, ressass\u00e9 <\/strong>D\u00e9tester ne pas dire r\u00e9p\u00e9ter d\u00e9tester garder \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d\u00e9tester transformer l&rsquo;envie de mordre en sourire faire bonne figure chasser les pens\u00e9es obscures les&nbsp;\u00e9clairs dans les yeux laisser traverser d\u2019une oreille \u00e0 l\u2019autre soupirer dedans faire silence dehors s&rsquo;\u00e9loigner pour ne pas risquer le langage de la face dire plus jamais et recommencer chaque ann\u00e9e le courage viendra peut-\u00eatre ou le&nbsp;regret qui sait quand ils n&rsquo;existeront plus.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#29 on aurait pas d\u00fb, voil\u00e0 <\/strong>Toucher un point sensible, remont\u00e9e du&nbsp;pass\u00e9 \u00e0 intervalle r\u00e9gulier, chaque fois que la vie pousse la question, vie dans la vie qui \u00e9chappe \u00e0 l&rsquo;histoire, petite chanson&nbsp;du coeur, pas d\u00fb rester il&nbsp;y a 28 ans &#8230; Ce serait comment maintenant ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#30 fait divers, tout petit fait divers<\/strong> Trenti\u00e8me jour&nbsp;\u00ad\u00ad| plus de 3000 pieds de vigne saccag\u00e9s, 3 plaintes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es par 3 viticulteurs ces derniers jours, ils ont subi le m\u00eame pr\u00e9judice, des coupes qui rendent impossible toute r\u00e9colte |3 v\u00e9hicules se sont heurt\u00e9s vers 21h40 sur la RD4 | 66 mois de prison pour un trio de voleurs marseillais, deux hommes et une femme ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s en comparution imm\u00e9diate au tribunal de M, pour des faits de vol commis le 30&nbsp;septembre puis le 3&nbsp;d\u00e9cembre |&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#31 de l&rsquo;\u00e9tat du monde <\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/de-letat-du-monde-m4a.m4a\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p>Signer, forme \u00e9crite du soutien \u00e0 la col\u00e8re, col\u00e8re polie, bien \u00e9lev\u00e9e, qui d\u00e9nonce, demande, propose, supplie pour un peu plus d\u2019entendement. Signez, partagez, contribuez, suivre, des signatures pour 300 mineurs migrants abandonn\u00e9s par l\u2019\u00c9tat, des femmes, des hommes et des enfants qui dorment dans la rue, contre la suppression d\u2019un festival de th\u00e9\u00e2tre de rue, l\u2019inaction climatique, les expulsions \u2026&nbsp;&nbsp;ces p\u00e9titions, des pri\u00e8re appel\u00e9e supplication,&nbsp;&nbsp;\u00e0 quelle divinit\u00e9&nbsp;les adresser ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#32 les morts sont parmi nous<\/strong> Elles.ils que je connais parce qu\u2019ils.elles s\u2019affichent, s\u2019\u00e9coutent, s\u2019entendent, se regardent, se lisent, encore. Des morts dans ma biblioth\u00e8que et des vivants aussi, dieu merci. Les autres qu\u2019on dit de la famille, fant\u00f4mes discrets, en cendres dans le souvenir de ceux dont les pens\u00e9es s\u2019accordent, dans le profond de la terre, \u00e0 visiter une fois l\u2019an. Et puis, tapi dans l\u2019ombre de la m\u00e9moire,&nbsp;la&nbsp;disparition pr\u00e9coce et violente, un nom banni de la conversation<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#33 faire le vide <\/strong>Faire le vide, \u00e9teindre le mental, s\u2019\u00e9couter respirer, juste le sang qui bat aux tempes, laissez passer les pens\u00e9es comme le train au-del\u00e0 de la fen\u00eatre, sentir le d\u00e9placement, le d\u00e9passement, cahot, sursaut\u2026 douter de l\u2019existence du vide, se demander ce que sont devenues les minutes de ce temps suspendu.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#34 ah ce serait une histoire pour &#8230;<\/strong> Le 20 rue de l\u2019Est, un immeuble vou\u00e9 \u00e0 la d\u00e9molition. Petit \u00e0 petit, b\u00e9ant, ouvert, offrant morceaux de papiers peints, carrelages, t\u00e9moins de vie entre les murs. Murs grignot\u00e9s, affaiss\u00e9s, des tas tri\u00e9s, acier, pl\u00e2tre, bois \u2026 D\u00e9mant\u00e8lement vibrant sous la m\u00e2choire qui broie, d\u00e9place, aplatit. Des secousses pour faire dispara\u00eetre. Je vis au 22 et les murs qui m\u2019entourent s\u2019agitent de ce qui tombe en poussi\u00e8re, pour se souvenir peut-\u00eatre de ce qui \u00e9tait l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#35 la panne, l&#8217;embrouille<\/strong> Les pr\u00e9noms , les noms, cette difficult\u00e9 lorsque je veux en parler, je les vois bien pourtant, je veux dire leurs visages, je les ai c\u00f4toy\u00e9s pendant plusieurs ann\u00e9es, parfois je les vois m\u00eame \u00e9crit l\u00e0 dans ma t\u00eate et l\u2019envie de me mettre sur la pointe des pieds pour y voir de plus pr\u00e8s \u2026 trop flou \u2026 pas la bonne correction \u2026 je patiente \u2026 dans quelques minutes je serais capable de les dire comme si l\u00e0 dans le ciel de ma t\u00eate, c\u2019\u00e9tait produit une \u00e9claircie<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color\"><strong>#36 routines du lire \u00e9crire, et quoi faire mieux<\/strong> Routine ? &nbsp;Accrocher les lambeaux de r\u00eaves, id\u00e9es parfois obs\u00e9dantes, je l\u2019avais cette mani\u00e8re d\u2019\u00e9crire de trois fa\u00e7ons diff\u00e9rentes juste le temps qu\u2019il fait, envol\u00e9e, absorb\u00e9e d\u00e9j\u00e0 par la r\u00e9alit\u00e9. Ouvrir les yeux , parfois pour de la lecture, parfois les r\u00e9seaux sociaux et mes mails . Lever, caf\u00e9, \u00e9criture de l\u2019intime , chasser les pens\u00e9es, laisser la place \u00e0 la nouvelle journ\u00e9e. &nbsp;Et depuis 35 jours, lire la proposition pour laisser maturer, prendre un ancien cahier \u00e0 petits carreaux, moleskine, une l\u00e9gende, se lancer, des mots, des ratures, se recopier \u2026 laisser reposer. Relire , corriger, \u00f4ter , compter, &nbsp;ajouter, me reculer pour mesurer l\u2019effet graphique, copier, coller et envoyer.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#37 du par coeur<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab\u00a0Ecrire c&rsquo;est tenter de savoir ce que l&rsquo;on \u00e9crirait si on \u00e9crivait \u2013 on le sait qu&rsquo;apr\u00e8s \u2013 avant, c&rsquo;est la question la plus dangereuse que l&rsquo;on puisse se poser. mais c&rsquo;est la plus&nbsp;courante aussi.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Afficher sur les murs de cet appartement, de mon premier appartement, celui que je me suis choisis pour prendre mon \u00e9lan, pour une nouvelle vie. Faire enfin connaissance avec celle que&nbsp;je suis vraiment, m&rsquo;approprier cette&nbsp;ville, une librairie pour nourrir mes r\u00eaves d&rsquo;enfant. Il y a presque dix ans,&nbsp;l&rsquo;acquisition&nbsp;du 1 et une affiche au centre avec ces mots de Marguerite Duras.&nbsp;J&rsquo;ai sorti mon carnet, je me suis attabl\u00e9e et commenc\u00e9 un processus qui se poursuit, ici aussi<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#38 strat\u00e9gies du r\u00eave <\/strong>Du r\u00eave, une qu\u00eate, une conqu\u00eate, une merveille \u00e0 saisir, sans odeur, sans saveur, sans bruit. Pas de lieu, j&rsquo;y croise des personnages que je crois conna\u00eetre sans les reconna\u00eetre. Je voudrais les saisir pour garnir mon carnet, le r\u00e9veil\u00a0les chasse comme de vulgaires fant\u00f4mes. Parfois un\u00a0r\u00e9veil nocturne l&rsquo;interrompt, magie de la nuit, \u00a0le r\u00eave se poursuit en\u00a0deuxi\u00e8me partie, au matin, cependant, lui aussi disparaitra.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#39 ce dont on ne peut parler<\/strong> &#8230; est dans la compile<\/p>\n\n\n\n<p><strong>#40 instructions pour continuer le carnet <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Coucher sur le papier les mots\/maux les plus intimes&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Oser profiter, faire du flux, exerc\u00e9 pendant 40 jours, un rituel \u00e0 perp\u00e9tuer<\/p>\n\n\n\n<p>Noircir les blancs de la page du carnet, des traces, de la mati\u00e8re \u00e0 projet<\/p>\n\n\n\n<p>Tenter de saisir le r\u00e9el, \u00e0&nbsp;la fen\u00eatre, dans la rue, les lieux de vie<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a si pr\u00e8s les choses,&nbsp;\u00e0 voir, \u00e0 entendre, \u00e0 \u00e9couter, \u00e0 respirer<\/p>\n\n\n\n<p>Noter, inscrire, gribouiller, graver, dessiner, reproduire, copier<\/p>\n\n\n\n<p>Une urgence \u00e0&nbsp;transcrire, la beaut\u00e9, l&rsquo;\u00e9motion, le(s) cri(s), les pleurs et les sourires<\/p>\n\n\n\n<p>Ecrire dans la t\u00eate sans oublier de le dicter \u00e0 notes du t\u00e9l\u00e9phone&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Rester dans l&rsquo;engagement, pour une ann\u00e9e, tenir, d&rsquo;un mot ou d&rsquo;une phrase, #01 au #365, une aventure du quotidien &#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>#01 &#8211; De l\u00a0\u00bbimpr\u00e9vu Des mots dit par une autre \u00ab\u00a0je me suis r\u00e9duite\u00a0\u00bb. Sensation impr\u00e9vue, \u00e9motion vive. Comprendre soudain pourquoi l&rsquo;air te manque parfois, tes bras ne s&rsquo;ouvrent plus si grand, ton&nbsp;sourire est fig\u00e9,&nbsp;tes yeux perdent la&nbsp;lumi\u00e8re. Pourquoi cette porte te semble si lourde, la fuite si difficile \u00e0 prendre.&nbsp; #02 &#8211; Si loin, si loin Feuilles de platane <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnet-individuel-elodie-schaaff\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">Carnet individuel \u23ae Elodie Schaaff<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":562,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3942,3897],"tags":[],"class_list":["post-98199","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-carnets_individuels","category-le_grand_carnet"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/98199","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/562"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=98199"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/98199\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=98199"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=98199"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=98199"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}