{"id":98252,"date":"2022-11-10T19:39:03","date_gmt":"2022-11-10T18:39:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=98252"},"modified":"2022-12-09T14:00:45","modified_gmt":"2022-12-09T13:00:45","slug":"carnet-individuel-geraldine-queyrel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnet-individuel-geraldine-queyrel\/","title":{"rendered":"#carnet individuel | G\u00e9raldine Queyrel"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>Je n&rsquo;aurais pas d\u00fb<\/em><br>Nous n\u2019aurions pas d\u00fb tourner la premi\u00e8re page de ce carnet et nous convaincre que tout se terminera une fois que nous aurons tourn\u00e9e la derni\u00e8re.\u00a0<br>Nous n\u2019aurions pas d\u00fb accepter de sortir de la douce anesth\u00e9sie des jours qui filent.\u00a0<br>Nous n\u2019aurions pas d\u00fb croire que d\u2019arracher les mots au r\u00e9el serait chose \u00e9vidente.<br>Nous aurions d\u00fb laisser tout cela \u00e0 des chercheurs aguerris car nous trouverons assur\u00e9ment quelque chose qui ne ressemblera pas \u00e0 ce que nous sommes venus y chercher.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>Ce n&rsquo;est pas moi c&rsquo;est mon double<\/em><br>Tes jambes basculent et entra\u00eenent dans leur mouvement le haut de ton corps. Tu es \u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 la verticale. Assis tout au bord du matelas. Quelques secondes.\u00a0Tu ne bouges plus. Derri\u00e8re toi l\u2019empreinte de ton corps sur le drap froiss\u00e9 est d\u00e9j\u00e0 ti\u00e8de. Le fin duvet sur tes avant-bras se dresse . C\u2019est\u00a0 le signal que tu attendais. Cette fois-ci c\u2019est tes \u00e9paules qui amorcent le mouvement de bascule vers l\u2019avant. Les jambes, passives, se contentent de verrouiller tes genoux sous le poids de ton corps dress\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>Salle d&rsquo;attente<\/em><br>Obscurit\u00e9 | le corps du chat tout enroul\u00e9 contre le ventre | une respiration lente, r\u00e9guli\u00e8re, apaisante | le l\u00e9ger fr\u00e9missement des oreilles | se propage sur la cr\u00eate des \u00e9pineuses vert\u00e9brales | vient mourir dans la queue | la respiration lente, r\u00e9guli\u00e8re , apaisante | cet air froid mais seulement sur le visage | un corps chaud confortable | exception faite de la vessie trop tendue | ce corps de ce chat tout enroul\u00e9 contre un ventre | tendu | l\u2019encadrement de la porte entre la chambre et le bureau | \u00e0 l\u2019horizontale | des meubles du bureau | ces formes sues plut\u00f4t que r\u00e9ellement visibles | une fen\u00eatre | ni volet | ni rideau | point de lune | pas encore un soleil | le pinceau des phares d\u2019une voiture sur le plafond blanc | ronronnement | du moteur | et \/ ou | du chat | Silence \u00a0<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>D\u00e9nombrements<\/em><br>Trois m\u00e8tres s\u00e9parent les salles num\u00e9ro un et num\u00e9ro deux qui sont deux salles strictement identiques dans leur dimensions c\u2019est-\u00e0-dire approximativement dix m\u00e8tres sur six m\u00e8tres sur trois m\u00e8tres soit un volume d\u2019air proche des cinq cent m\u00e8tres cube contenu dans chacune des deux salles o\u00f9 sont allong\u00e9s deux patients que nous appelleront pour plus de commodit\u00e9 patient num\u00e9ro un dans la salle num\u00e9ro un et patient num\u00e9ro deux dans la salle num\u00e9ro deux trois m\u00e8tres les s\u00e9parent je le sais j\u2019ai effectu\u00e9 le d\u00e9compte exact trois m\u00e8tres que je parcours de neuf petits pas ou de trois trois grand pas cela d\u00e9pend si je suis press\u00e9 ou non d\u2019aller de la salle num\u00e9ro un \u00e0 la salle num\u00e9ro deux ou en sens inverse indistinctement de la seconde \u00e0 la premi\u00e8re ce qui ne n\u00e9cessite pas plus de cinq secondes lorsque je prends mon temps avec neuf pas et probablement moins d\u2019une seconde lorsque c\u2019est urgent et que je me contente de trois grandes enjamb\u00e9es dans ce cas j\u2019ai peu de temps pour r\u00e9fl\u00e9chir et calculer tous ces chiffres qui au fond sont bien inutiles alors \u00e0 quoi bon les calculer si ce n\u2019est pour chercher pourquoi je les calcule et c\u2019est aujourd\u2019hui en \u00e9crivant ces trois cents vingt-et-un mots sur mon carnet \u00e0 la date d\u2019aujourd\u2019hui deuxi\u00e8me jour du douzi\u00e8me mois des deux milles vingt deux autres jours qui lui ont \u00e9t\u00e9 semblables que je trouve la r\u00e9ponse qui \u00e9paissit les cinq cents m\u00e8tre cubes d\u2019air des deux salles ou m\u2019attendent deux patients presque identiques avec chacun deux bras et deux jambes soit huit membres \u00e9quitablement r\u00e9partis sur les deux salles \u00e0 la hauteur de quatre membres par salle et la r\u00e9ponse dans le vertige des deux fois deux yeux qui me renvoient l\u2019image de la maladie et de la souffrance qui n\u2019ont pas de bornes et aussi de\u00a0la peur et de l\u2019angoisse qui eux ne se chiffrent pas. \u00a0<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap has-text-align-left\"><em>Apprendre \u00e0 perdre<\/em><br>Un mot. Sur une feuille A5, lign\u00e9e, bord droit fra\u00eechement d\u00e9chir\u00e9 de mon carnet. Ce matin. Un seul mot au stylo bleu. Le d\u00e9pose discr\u00e8tement sur un banc. La place est d\u00e9serte. Seul l\u2019homme qui fait la manche devant Monoprix prend racine depuis hier soir. Son chien, sorte de b\u00e2tard beige \u00e0 poils raides, observe mon petit man\u00e8ge. J\u2019ach\u00e8te un caf\u00e9 \u00e0 emporter et m\u2019assieds sur le banc en face. Pendant un certain temps il ne se passe rien. L\u2019homme et le chien, fig\u00e9s par le froid. Dans mon dos quelques v\u00e9hicules motoris\u00e9s. Le temps est \u00e0 la pluie. Enfin, un homme passe. Pas plus de vingt ans, bonnet froiss\u00e9. Bleu nuit. Il voit imm\u00e9diatement le papier blanc sur le bois brun. Ne s\u2019assied pas mais se saisit de la feuille, lit le mot, tourne la feuille, relit le recto, rel\u00e8ve la t\u00eate. Je plonge dans mon gobelet de carton. Le bonnet tourne sur trois cent soixante degr\u00e9 \u00e0 l\u2019horizontale, h\u00e9site un instant \u00e0 m\u2019accoster. Je m\u2019absorbe dans la divination du marc de caf\u00e9, d\u00e9chiffre Jacques puis Vabre. Peut-\u00eatre le nom du corps \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du chien ? Lorsque je regarde \u00e0 nouveau, le bonnet est d\u00e9j\u00e0 bien engag\u00e9 sur la grande rue. Une bourrasque a mis mon mot \u00e0 terre. La place vibre. Une poign\u00e9e d\u2019enfants agripp\u00e9s \u00e0 une poussette. La femme qui la pousse me d\u00e9visage. Figure noire. L\u2019un des enfants en profite, court sous le banc, ramasse la page, la tend \u00e0 la nourrice, enrobe le tout d\u2019un sourire. Figure blanche. Puis, une main noire agrippe la petite main blanche au flanc de la poussette. L\u2019autre main noire froisse la page blanche dans le sac sous le ventre de la poussette. Je prends la tangente sous le regard du chien beige. Le soir m\u00eame,\u00a0 pouss\u00e9 par la curiosit\u00e9 je repasserai pr\u00e8s du banc. Peut \u00eatre y aura t\u2019il la feuille A5, lign\u00e9e, bord droit fra\u00eechement d\u00e9chir\u00e9 de mon carnet. Peut-\u00eatre aurait-je le courage de la regarder. Peut-\u00eatre sera t\u2019il \u00e9crit au stylo bleu le mot que j\u2019y ai laiss\u00e9. Peut-\u00eatre deux lignes plus bas je lirais trois mots de plus. Au stylo. Noir. Alors je m\u2019en irais, la feuille serr\u00e9e dans mon poing au fond de ma poche.\u00a0 Au passage, je confierais mon secret a l\u2019oreille du chien beige. Peut-\u00eatre.<br>Ose<br>Sans attendre demain<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>Changer la place des choses<\/em><br>Laisser tomber un p\u00e9pin de mandarine dans la plate bande devant la maison, et s\u2019\u00e9merveiller devant les minuscules feuilles d\u2019un arbuste au printemps | Oublier son \u00e9charpe avant d\u2019aller chercher le pain, et rester clou\u00e9 au lit au lieu d\u2019aller travailler demain avec ce vilain rhume | Remonter l\u2019horloge d\u2019une petite minute, et retarder ton d\u00e9part | Oublier le minuteur du gratin de choux fleur et aller s\u2019acheter des pizzas | Ne pas bouger au bruit de la sonnette et se dire que les pompiers n\u2019auront qu\u2019\u00e0 repasser dans une ann\u00e9e | Faire un court compte rendu de cette journ\u00e9e juste avant de se coucher et se dire que c\u2019\u00e9tait une dr\u00f4lement chouette journ\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>La sc\u00e8ne est muette ( mais vaut de l&rsquo;argent)<\/em><br>C\u2019est \u00e0 la boulangerie. Trois fois rien. Un euro la baguette, un euro cinquante le pain au chocolat, deux pour le pain au raisin. Trois fois rien. Mais trois fois rien tous les jours, cela ne fait pas rien. Le temps semble arr\u00eat\u00e9. Seules les mains de la boulang\u00e8re s\u2019activent. Elles font passer d\u2019une paume \u00e0 l\u2019autre tout un tas de petites pi\u00e8ces rouges. Face \u00e0 elles, il se tient la t\u00eate un peu courb\u00e9e. Cet homme n\u2019a visiblement rien de mieux \u00e0 faire. La file d\u2019attente qui s\u2019est cr\u00e9\u00e9 dans son dos fait planer un agacement qui suinte dans l\u2019air : Quelle id\u00e9e de payer en petites pi\u00e8ces de trois fois rien ! L\u2019homme derri\u00e8re lui tapote de son ongle sa carte bleue. Sans contact, sans perte de temps. Pas comme tout ce tas de pi\u00e8ces qui ne valent rien&#8230; pourtant il ne s\u2019agit que de trois minutes. Trois minutes c\u2019est trois fois rien. Mais trois fois rien tous les jours, cela n\u2019est pas rien. Et puis ce n\u2019est pas rien de payer avec trois fois rien. Tous les jours, cela ne fait que prouver que l\u2019on ne poss\u00e8de que trois fois rien. Moi, ces pi\u00e8ces de trois fois rien, je les entasse dans le petit vide-poche sur le gu\u00e9ridon de l\u2019entr\u00e9e. Si je m\u2019\u00e9coutais je crois que je les jetterais. D\u2019abord parce que je n\u2019ai pas le temps de compter toute cette racaille de trois fois rien, de les trier en petit tas d\u2019un euro pour acheter ma baguette du jour. Cela ne me prendrait pourtant que trois minutes. Mais trois minutes ce n\u2019est pas rien. Et trois fois rien tous les jours, cela ne fait pas rien. Mais la v\u00e9ritable raison est qu\u2019elle me font honte. Parce que payer avec trois fois rien, est une preuve que vous ne poss\u00e9dez presque rien. D\u2019ici \u00e0 en conclure que vous ne valez rien&#8230;. La limite ne tient qu\u2019\u00e0 un tout petit rien. Et moi je viens de rien. Alors, hors de question de payer avec ces pi\u00e8ces de trois fois rien. L\u2019homme \u00e0 la t\u00eate courb\u00e9e n\u2019a visiblement rien de mieux \u00e0 faire. Personne pourtant n\u2019ose faire une remarque: trop peur que la boulang\u00e8re se trompe et recommence de rien.<br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>Cut up moi \u00e7a.<\/em><br>Bon courage ! | Bon courage \u00e0 toi ! |On se retrouve toute \u00e0 l\u2019heure |&nbsp;Et bien le J3, il passe \u00e0 l\u2019as | Monsieur | par ici suivez moi | Prenez place | Tu as des photos ? |Oh il est trop mignon ! | Ma s\u0153ur fait des rempla l\u00e0 bas | Il va chez la nounou? | Au bloc? | Non \u00e0 la cr\u00e8che | Non en service, moi aussi j\u2019y vais des fois aux urgences ou au SAMU, j\u2019aime bien&nbsp; | C\u2019est s\u00fbr \u00e7a change un peu du quotidien | Il a eu une CRP? | Oui oui tout le bilan iono, bilan h\u00e9patique, cr\u00e9at | Une minute et 10 secondes\u2026| Pour sortir de l\u00e0 | Ta ta ta, ta ta tam ( fredonn\u00e9 sur l\u2019air du tor\u00e9ador ) | Ok! Et ils ont dit quoi ? | Rires lointains<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>Rien qu&rsquo;une seconde.<\/em><br>Tu l\u00e8ves les yeux sur moi. Je t\u2019ai d\u00e9j\u00e0 vu. Bien avant que tu me vois. Je ne te regarde pas, je te connais trop bien: assis, vo\u00fbt\u00e9, sale, us\u00e9 et puant. Pas de temps pour les \u00e9tats d\u2019\u00e2me, pas le temps de se laisser aller, pas de temps pour toi. Une seule seconde : mon corps te fr\u00f4le d\u2019un peu trop pr\u00e8s, le bas de mon imperm\u00e9able touche la capuche de ton sweat rabattue sur ta t\u00eate. Ma semelle droite laisse une trace mouill\u00e9e devant tes jambes repli\u00e9es contre toi. \u00c0 l\u2019ultime fin de cette seconde c\u2019est l\u00e0 que tu l\u00e8ves les yeux sur moi. Mais moi je n\u2019ai pas une seconde. \u00c0 l\u2019ultime fin de cette seconde je suis d\u00e9j\u00e0 loin. L\u00e0 bas quelque part dans mon monde ou les secondes miroitent d\u2019un \u00e9clat d\u2019or. Loin de ton monde. Loin de toi. \u00c0 l\u2019ultime fin de cette seconde j\u2019ai rat\u00e9 ton regard, je n\u2019y ai pas vu mon reflet: press\u00e9, inconsistant, vide transparent et vain.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>Arr\u00eater le monde. <\/em><br>Le r\u00e9veil n\u2019a pas encore sonn\u00e9. Quelque part de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du globe un homme \u00e9teint la lumi\u00e8re. L\u2019homme qui court lorsque je dors et qui se repose lorsque que c\u2019est \u00e0 mon tour de s\u2019agiter. Le r\u00e9veil n\u2019a pas encore sonn\u00e9 et dans l\u2019obscurit\u00e9 la terre reprend ses r\u00e9volutions silencieuses.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>Pendant que.<\/em> <br>Pendant que j\u2019\u00e9cris ce carnet, les mots s\u2019effacent dans ma t\u00eate.<br>Pendant que nous nous agitons, l\u2019autre moiti\u00e9 du monde se repose.&nbsp;<br>Pendant que nous prenons du repos l\u2019autre moiti\u00e9 du monde s\u2019agite.<br>Pendant que je sort les mots de ma t\u00eate plusieurs hommes sont morts et plusieurs autres sont n\u00e9s.<br>Pendant que j\u2019y pense cela m\u2019emp\u00eache de devenir fou.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>Ne pas s\u2019attarder sur.<\/em> Lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019envisager la fin, ne pas s\u2019attarder sur les moyens.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"645\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/775CC489-9901-45FB-924A-082EEF85DE6A-645x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-103543\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/775CC489-9901-45FB-924A-082EEF85DE6A-645x1024.jpeg 645w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/775CC489-9901-45FB-924A-082EEF85DE6A-264x420.jpeg 264w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/775CC489-9901-45FB-924A-082EEF85DE6A-768x1220.jpeg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/775CC489-9901-45FB-924A-082EEF85DE6A.jpeg 806w\" sizes=\"auto, (max-width: 645px) 100vw, 645px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le jour ou le vatican d\u00e9couvrit Photoshop\u2026<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>Visages d\u2019un trait.<\/em>Ce sont les yeux. Les yeux qui ne sont pas assortis \u00e0 tout le reste. Ils sont petits, un peu alourdis par la paupi\u00e8re mais brillent avec une intensit\u00e9 rare. Le reste n\u2019est que peau \u00e9paisse parsem\u00e9e de crat\u00e8res o\u00f9 les plis ne semblent pas correspondre aux diverses expressions que son visage tente de mimer \/ Une m\u00e8che blonde d\u00e9passe de son sweat \u00e0 capuche noir dont il a rabattu la capuche noire sur sa t\u00eate. En r\u00e9alit\u00e9 tout est noir. Heureusement que le feu est rouge sinon je ne l\u2019aurais probablement pas vu. La m\u00e8che blonde, seul signal de son humanit\u00e9. Il se tourne. Sur son ventre une pancarte blanche \/ Quelque chose de Romy Schneider, le front haut? Quelque chose d\u2019Elisabeth Taylor, le nez?Quelque chose de Jane Birkin, la libert\u00e9? Oh et puis zut! Quelque chose qui n\u2019appartient qu\u2019\u00e0 elle, quelque chose d\u2019essentiel, in\u00e9narrable<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>Personne d&rsquo;autre que moi n&rsquo;aurait remarqu\u00e9 que.<\/em> C\u2019\u00e9tait dans le passage, \u00e0 sa section la plus \u00e9troite, un peu avant la statue, exactement au milieu de la fa\u00e7ade. C\u2019\u00e9tait rond, ou, \u00e0 post\u00e9riori, peut-\u00eatre l\u00e9g\u00e8rement oblongue. Gris, plut\u00f4t brut et uniforme, mais avec quelques pigmentations verd\u00e2tres. Le vert tirait plus sur le bleu min\u00e9ral du lichen que sur la teinte plus charnelle de la mousse. Sans le petit \u00ab&nbsp;clic&nbsp;\u00bb je ne l\u2019aurais probablement pas remarqu\u00e9. Ensuite il a fait \u00ab&nbsp;pschitt \u00bb. Ensuite j\u2019ai vu une palpitation. Une seule, j\u2019en suis certaine. Tout est all\u00e9 si vite. Le temps d\u2019imprimer ma r\u00e9tine et il n\u2019\u00e9tait plus l\u00e0.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>Ciels du lundi<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"707\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/36226C84-066F-414D-8558-B3FB07F782A9-1024x707.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-100217\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/36226C84-066F-414D-8558-B3FB07F782A9-1024x707.jpeg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/36226C84-066F-414D-8558-B3FB07F782A9-420x290.jpeg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/36226C84-066F-414D-8558-B3FB07F782A9-768x530.jpeg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/36226C84-066F-414D-8558-B3FB07F782A9.jpeg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>7h08, lieu: chambre d\u2019Augustine :<\/strong><br>R\u00e9veiller mon petit nuage. Et sa voix encore toute floue et cotonneuse de ses r\u00eaves. Et de penser : Notre p\u00e8re qui \u00eates aux cieux, restez-y!<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" data-id=\"100225\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/7C1E4568-3890-44B0-95F5-52AA0B98BDB1-edited-768x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-100225\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/7C1E4568-3890-44B0-95F5-52AA0B98BDB1-edited-768x1024.jpeg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/7C1E4568-3890-44B0-95F5-52AA0B98BDB1-edited-315x420.jpeg 315w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/7C1E4568-3890-44B0-95F5-52AA0B98BDB1-edited-1152x1536.jpeg 1152w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/7C1E4568-3890-44B0-95F5-52AA0B98BDB1-edited-1536x2048.jpeg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/7C1E4568-3890-44B0-95F5-52AA0B98BDB1-edited-scaled.jpeg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<p><strong>8h03, lieu : salle 1 \/ contexte : coloscopie, gastro-ent\u00e9rologue Dr SA :<\/strong> Lever de soleil par procuration. Affiche publicitaire format XXL sur les immeubles au travers de la vitre teint\u00e9e. Ils y ont mis les moyens! \u00c7a donne envie! M\u00eame s\u2019ils auraient pu faire un l\u00e9ger effort sur les couleurs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"744\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/D607BAFB-DDE7-4978-848C-9184F8D1CCA8-1024x744.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-100232\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/D607BAFB-DDE7-4978-848C-9184F8D1CCA8-1024x744.jpeg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/D607BAFB-DDE7-4978-848C-9184F8D1CCA8-420x305.jpeg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/D607BAFB-DDE7-4978-848C-9184F8D1CCA8-768x558.jpeg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/D607BAFB-DDE7-4978-848C-9184F8D1CCA8.jpeg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>8h12, lieu : salle 9 \/ contexte : gyn\u00e9cologie, gyn\u00e9cologue- obst\u00e9tricien :&nbsp; Dr SM :<\/strong> Toute une galaxie d\u2019\u00e9toiles au dessus de nos t\u00eates\u2026<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"766\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/1DDF7F96-88E6-4A91-BAE7-753A0843B708-766x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-100233\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/1DDF7F96-88E6-4A91-BAE7-753A0843B708-766x1024.jpeg 766w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/1DDF7F96-88E6-4A91-BAE7-753A0843B708-314x420.jpeg 314w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/1DDF7F96-88E6-4A91-BAE7-753A0843B708-768x1026.jpeg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/1DDF7F96-88E6-4A91-BAE7-753A0843B708.jpeg 958w\" sizes=\"auto, (max-width: 766px) 100vw, 766px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>13h40, lieu : bureau, salade d\u2019endives \u00e0 la poire et aux noix, dessert si et seulement si j\u2019ai le temps de descendre \u00e0 la cafet\u2019 :<\/strong> J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 manger ma salade \u00e0 12h23. C\u2019est marqu\u00e9 sur mon t\u00e9l\u00e9phone : \u00e0 12h24 la salle 1 m\u2019a rappel\u00e9 et voil\u00e0 une heure que j\u2019encha\u00eene endives\/ intubation\/ noix\/ s\u00e9dation\/ poire\/perfusion ( dans cet ordre plus ou moins&nbsp; approximatif \u2026).&nbsp; 13h39 : Enfin le silence! Le ciel est dans mon dos. C\u2019est d\u00e9cid\u00e9, je ne l\u00e8verai plus le nez de mon repas! 13h40 :&nbsp; le ciel m\u2019en veut ! Ce n\u2019est pas le tonnerre mais bien le bruit de l\u2019h\u00e9licopt\u00e8re qui se pose sur le toit de l\u2019h\u00f4pital. Par la fen\u00eatre du bureau on ne voit que le carr\u00e9 sur\u00e9lev\u00e9 de l\u2019h\u00e9liport. Rien de plus. Les pales vrombissent encore cinq bonnes minutes. Une r\u00e8gle : plus le transfert est long, plus c\u2019est grave. Je parie mon dernier cerneaux de noix que \u00e7a va \u00eatre pour notre poire\u2026<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"766\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/8E5F80B6-9E8C-4E38-A275-7A3A9E59CAF8-1024x766.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-100236\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/8E5F80B6-9E8C-4E38-A275-7A3A9E59CAF8-1024x766.jpeg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/8E5F80B6-9E8C-4E38-A275-7A3A9E59CAF8-420x314.jpeg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/8E5F80B6-9E8C-4E38-A275-7A3A9E59CAF8-768x575.jpeg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/8E5F80B6-9E8C-4E38-A275-7A3A9E59CAF8.jpeg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>14h30 : lieu : salle de r\u00e9veil, ordinateur de droite, celui de gauche reste la chasse gard\u00e9e des infirmi\u00e8res de r\u00e9veil : <\/strong>Big brother me rassure : quelque part, l\u00e0-haut, au-dessus des nuages\u2026 le dieu des lundis au soleil existe vraiment !<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>Phrase de r\u00e9veil. <\/em>D\u2019abord j\u2019ai pens\u00e9 nuit apr\u00e8s j\u2019ai pens\u00e9 froid apr\u00e8s j\u2019ai pens\u00e9 quotidien apr\u00e8s j\u2019ai pens\u00e9 que c\u2019\u00e9tait nul apr\u00e8s je me suis dit qu\u2019est ce que je vais bien pouvoir raconter apr\u00e8s j\u2019ai cherch\u00e9 le lyrisme en moi apr\u00e8s je n\u2019ai trouv\u00e9 que le lit sous moi apr\u00e8s je me suis rendormie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>Il aurait fallu.<\/em> Il aurait fallu que je joue sans fin, que je m\u2019\u00e9merveille d\u2019un rien, que je r\u00eave d\u2019un nuage.&nbsp;Il aurait fallu, tu vois, que je sois encore capable de vivre dans le pr\u00e9sent avec toi.&nbsp;Mais moi je ne suis qu\u2019une grande personne et il n\u2019y a gu\u00e8re plus que mes souvenirs qui ont l\u2019\u00e9clat que je vois dans tes yeux.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>Si loin, si loin. <\/em>Les cailloux dans la cour crissent sous les roues de la voiture de F. . Exception faite de ce d\u00e9tail, et des fines rides qui bordent ses paupi\u00e8res, rien n\u2019a chang\u00e9. Les embrassades sont un peu g\u00ean\u00e9es. On t\u00e2tonne, on effleure. Les corps sont toujours un peu plus craintifs, un peu plus sensibles \u00e0 l\u2019absence. Peut-\u00eatre parce que la peau per\u00e7oit tout, sans aucun filtre. Et puis, \u00e7a fait combien de temps d\u00e9j\u00e0? Quinze ? peut-\u00eatre vingt ans que l\u2019on ne s\u2019est pas vus ? Vertigineux ! On abr\u00e8ge les calculs de peur de se trouver trop vieux. Mieux vaut se raccrocher d\u2019abord au pr\u00e9sent : viens je te montre la maison, quel \u00e2ge \u00e0 ton petit dernier ?&nbsp; Ce n\u2019est qu\u2019au moment de servir le&nbsp; caf\u00e9 que l\u2019on c\u00e8de&nbsp; \u00e0 l\u2019ivresse des souvenirs. C\u2019est lui qui s\u2019y jette le premier. Tu te souviens de \u2026?, comme une incantation que l\u2019on r\u00e9p\u00e8te \u00e0 chaque d\u00e9but de phrase. On ne se souvient pas vraiment. Les d\u00e9tails nous ont, depuis longtemps, fait faux bon. On ressort un carton de photos poussi\u00e9reuses de la cave, pour combler les espaces. Le reste, on l\u2019invente. Le chat saute sur les genoux de F.. Cette histoire n\u2019est pas tout \u00e0 fait exacte. Tout n\u2019est pas tout \u00e0 fait vrai. Les personnages et les lieux se m\u00e9langent et se confondent un peu. Nous le savons tous deux. Quelle importance ? Cette histoire, c\u2019est la n\u00f4tre.&nbsp;<br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><em>De l\u2019impr\u00e9vu<\/em>. Cette apr\u00e8s midi j\u2019ai rendez-vous. Le rendez-vous le plus important de ma journ\u00e9e. Je l\u2019ai attendu la matin\u00e9e enti\u00e8re. Sur mon agenda \u00e0 spirales, il est surlign\u00e9 de rose. Dans la marge, j\u2019ai trac\u00e9 un triangle rouge avec un point d\u2019exclamation. Je n\u2019ai rien \u00e9crit de plus. Pourtant, le reste de la page est enti\u00e8rement couverte de mots. Il y a des heures, des&nbsp; lieux, des noms. Pas de phrases, mais tout un tas de tirets bien align\u00e9s suivis de verbes que je n\u2019ai pas pris le temps de conjuguer : faire, aller, rendre, ne pas oublier, appeler, terminer \u2026 Et puis il y a ce petit interstice, vide, surlign\u00e9 de rose avec le triangle et le point d\u2019exclamation dans la marge. Je ne veux surtout pas l\u2019oublier ce rendez-vous, c\u2019est le plus important de ma journ\u00e9e. \u00c0 l\u2019heure dite je ferme mon agenda, coupe mon t\u00e9l\u00e9phone, \u00e9teins la lumi\u00e8re du bureau. Ma main sur la poign\u00e9e de la porte d\u2019entr\u00e9e tremble d\u2019excitation. Je ne sais pas o\u00f9 je vais, je ne sais pas qui je rencontrerais, ni m\u00eame quand ou combien de temps\u2026 ce rendez-vous n\u2019appartient qu\u2019\u00e0 moi. Cette apr\u00e8s-midi, &nbsp;j\u2019ai &nbsp;rendez-vous avec l\u2019impr\u00e9vu.&nbsp;<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><br><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je n&rsquo;aurais pas d\u00fbNous n\u2019aurions pas d\u00fb tourner la premi\u00e8re page de ce carnet et nous convaincre que tout se terminera une fois que nous aurons tourn\u00e9e la derni\u00e8re.\u00a0Nous n\u2019aurions pas d\u00fb accepter de sortir de la douce anesth\u00e9sie des jours qui filent.\u00a0Nous n\u2019aurions pas d\u00fb croire que d\u2019arracher les mots au r\u00e9el serait chose \u00e9vidente.Nous aurions d\u00fb laisser tout <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnet-individuel-geraldine-queyrel\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#carnet individuel | G\u00e9raldine Queyrel<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":392,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3942,3897],"tags":[],"class_list":["post-98252","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-carnets_individuels","category-le_grand_carnet"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/98252","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/392"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=98252"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/98252\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=98252"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=98252"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=98252"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}