{"id":98654,"date":"2022-12-21T20:40:53","date_gmt":"2022-12-21T19:40:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=98654"},"modified":"2022-12-21T20:40:55","modified_gmt":"2022-12-21T19:40:55","slug":"carnets_individuels-michele-c","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnets_individuels-michele-c\/","title":{"rendered":"#Carnets_individuels \/ Mich\u00e8le C."},"content":{"rendered":"\n<p>#40 | instructions pour que continue le carnet<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tout d\u2019abord avoir toujours sur soi un carnet\u2026 et un stylo<br>&#8211; Ne pas attendre la terrasse ensoleill\u00e9e pour noter | \u00c9crire n\u2019importe o\u00f9, sur un banc, contre un coin de mur, sur ses genoux, contre soi | En marchant, \u00e0 cloche-pied, sur un coude, affal\u00e9<br>&#8211; Pour ceux qui pr\u00e9f\u00e8rent donner de la voix, le portable fera l\u2019affaire&nbsp;| Appuyer sur le bouton rouge R E C | REC, REC, REC<br>&#8211; Voler, ne pas h\u00e9siter \u00e0 voler | Voler oreilles ouvertes | Voler une bribe, un \u00e9change, une image | Aller dans le m\u00e9tro, dans la for\u00eat et voler<br>&#8211; Retravailler les notes | P\u00e9trir la mati\u00e8re | Laisser reposer 1&nbsp;heure, 1&nbsp;journ\u00e9e, 1&nbsp;mois, 1&nbsp;ann\u00e9e, une&nbsp;\u00e9ternit\u00e9<br>&#8211; Oublier les notes, les ratures&nbsp;| Chercher LA phrase | Se lasser des notes | Rien + Rien, \u00e7a fait pas grand-chose<br>&#8211; Aimer \u00e9crire rapido | D\u00e9tester \u00e7a | Se dire qu\u2019il faut tout garder | qu\u2019il faut tout br\u00fbler<br>&#8211; Se dire qu\u2019il faut en finir avec ces notes | Se dire qu\u2019il faut vivre sans notes<br>&#8211; VIVRE !<br>   et pourquoi pas \u00e9crire pour diffracter intens\u00e9ment le r\u00e9el\u2026 sur un carnet, au dictaphone, sur l\u2019ordi, etc.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p># 39\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>#38 |&nbsp;strat\u00e9gies du r\u00eave<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours un sentiment diffus d\u2019un loup\u00e9 au petit matin. Pas de souvenir et sans bruit dans la journ\u00e9e, une impression se glisse dans le brouhaha du monde, lambeau de r\u00eave, j\u2019essaie de la saisir mais souvent elle m\u2019\u00e9chappe et j\u2019attends sereinement la nuit pour reprendre mon r\u00eave. Que je crois. Falaises terrestres, falaises a\u00e9riennes, falaises sous-marines, la chute est in\u00e9vitable mais jamais d\u00e9sagr\u00e9able, elle m\u2019indique clairement que je rentre ou que je suis d\u00e9j\u00e0 dans le r\u00eave, que j\u2019en ai pouss\u00e9 la porte en quelque sorte. Souvent, couloirs, \u00e9tages, b\u00e2timent tissent leur labyrinthe et moi j\u2019erre sans fin ne trouvant ni l\u2019endroit o\u00f9 je dois aller, ni la sortie. Apr\u00e8s la chute, l\u2019errance&nbsp;! Et entre\u2026 les animaux, souvent des insectes, des humains que je connais ou pas, de l\u2019eau, des torrents d\u2019eau, et parfois, rarement, des (mes) dents qui tombent, mais l\u00e0 c\u2019est tr\u00e8s mauvais signe m\u00eame si je n\u2019y attache pas d\u2019importance (\u00e7a porte malheur). En couleur ou en noir et blanc&nbsp;? Je n\u2019en sais rien. Est-ce que je me vois, pas sp\u00e9cialement, mais j\u2019agis, sans \u00e2ge d\u00e9fini m\u00eame si je peux croiser la m\u00eame personne \u00e0 deux \u00e2ges diff\u00e9rents dans la m\u00eame sc\u00e8ne. Parfois, le r\u00eave est si pr\u00e9cis qu\u2019il tend lui-m\u00eame le stylo, alors je me prends par la main et j\u2019ob\u00e9is. Le r\u00e9sultat m\u2019\u00e9tonne toujours et m\u2019habite si fort que j\u2019y cherche encore et encore une signification. Instant troublant o\u00f9 j\u2019entrevois un peu de la complexit\u00e9 des \u00eatres et du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>37 | du par c\u0153ur<\/p>\n\n\n\n<p><em>Muchos a\u00f1os despu\u00e9s, frente al pelot\u00f3n de fusilamiento, el coronel Aureliano Buend\u00eda hab\u00eda de recordar aquella tarde remota en que su padre le llev\u00f3 a conocer el hielo. <\/em>J\u2019ai mis le pied \u00e0 la fac accompagn\u00e9e de la premi\u00e8re phrase de<em> Cent ans de solitude.<\/em> Pirouette spatio-temporelle magistrale, cette phrase, tout comme moi, se jouait du temps. Je commen\u00e7ais tardivement des \u00e9tudes d\u2019Espagnol et cette construction grammaticale os\u00e9e me collait \u00e0 la peau. Conjuguer le futur au pass\u00e9, c\u2019\u00e9tait du grand art avec cette touche d\u2019\u00e9tranget\u00e9 qu\u2019\u00e9tait la d\u00e9couverte de la glace, \u00e9cho de ma propre surprise quand enfant, je la touchais du bout des doigts. Le r\u00e9alisme magique m\u2019ouvrait ses portes et je m\u2019y engouffrais.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>36 | routines du lire \u00e9crire, et quoi faire de mieux<\/p>\n\n\n\n<p>Il fut un temps o\u00f9 j\u2019\u00e9tais chasseuse d\u2019anacoluthes. Aujourd\u2019hui mes amis m\u2019appellent encore pour me demander de relire (bien souvent) leur courrier officiel. Soir\u00e9e d\u2019hier \u00e0 traquer la faute, l\u2019incoh\u00e9rence. Et hop ! Au lit ! Crev\u00e9e ! Non, avant de dormir, avancer le livre. Injonction de la biblioth\u00e8que. Il faut se presser. Je lis donc un ou deux chapitres (tr\u00e8s courts heureusement) et ce matin, je remets \u00e7a. Il faut que je finisse \u00e0 tout prix aujourd\u2019hui, j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9 de deux jours. <em>Les enfants endormis<\/em>, d\u2019Anthony Passeron. L\u2019arri\u00e8re-pays ni\u00e7ois percut\u00e9 par le sida. 273&nbsp;pages o\u00f9 se croisent la vie dans le village au rythme de l\u2019agonie de l\u2019oncle du narrateur et la lutte de quelques chercheurs-m\u00e9decins contre la maladie. Beau bouquin. Ecriture sobre et efficace. J\u2019arrive vers 11h30 \u00e0 le finir. Entre-temps, j\u2019ai pris mon (mes) caf\u00e9, ai vaqu\u00e9 \u00e0 mes ablutions, ai fait mon lit tout en \u00e9coutant Timber Timbre. Evidemment, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 chercher mon portable, l\u2019ai remis en route et j\u2019ai baguenaud\u00e9 de nouvelle en nouvelle. Comment \u00e7a va les amis. la famille. Comment va le monde. \u00c9grener les titres rapidement. Cliquer sur ceux qui m\u2019int\u00e9ressent et balayer les autres d\u2019un doigt rapide et indiff\u00e9rent. D\u00e9jeuner. Manque de temps. Atelier d\u2019\u00e9criture. Le retour. \u00c7a fait deux jours que je n\u2019ai pu y participer. Pas de rattrapage possible. Pas de temps. Temps pluvieux. Gris, gris. Uniforme. Penser \u00e0 la mort. Vite. Enfin lire la consigne. D\u00e9j\u00e0 36&nbsp;! A peine lue et d\u00e9j\u00e0 sur l\u2019ordi. Une pile de livres me guette. J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9, r\u00e9cemment, de bouquiner de la philo. Deleuze. Foucault. Nietzsche. Vagues notions. \u00c9criture pas si compliqu\u00e9e que \u00e7a. Avaler. Avaler. Piger un peu, beaucoup, pas du tout, \u00e0 la folie. Reprendre un soup\u00e7on d\u2019\u00c9rasme. \u00c7a y est. Je le tiens mon grain de folie. Sortir sans smartphone \u00e0 la rencontre de la pluie.<\/p>\n\n\n\n<p>35 |&nbsp;la panne, l\u2019embrouille<\/p>\n\n\n\n<p>Pas b\u00eate&nbsp;! Ils avaient choisi comme nom de restaurant <em>Le nom m\u2019\u00e9chappe, <\/em>fa\u00e7on de se faire un nom\u2026 facile \u00e0 retenir.<\/p>\n\n\n\n<p>#34 | ah \u00e7a ce serait une histoire pour&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Interdit de mettre ses mains dans les poches ! Parce que je vends des gants !&nbsp;\u00bb \u00c7a serait bien le d\u00e9but d\u2019une courte nouvelle o\u00f9 le froid saisirait les passants sur le march\u00e9, les poussant \u00e0 marcher vite, le nez dans leur \u00e9charpe\u2026 Je sais qu\u2019un de mes amis aurait saisi la phrase au bon pour en faire le d\u00e9but d\u2019une rencontre entre le marchand de gants et lui-m\u00eame. Une chaleureuse rencontre \u00e0 n\u2019en pas douter.<\/p>\n\n\n\n<p>33 | faire le vide<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est quoi \u00e9crire | prendre son carnet, se mettre \u00e0 l\u2019ordinateur | laisser son esprit baguenauder | marcher les yeux ferm\u00e9s | chercher le vide | en soi | dans le bordel de son bureau ou celui du monde | m\u00eame la page blanche n\u2019est jamais vide, elle bruisse de toutes les langues du monde, de tous les \u00e9crits du monde (P. Chamoiseau) et aussi de toutes les pens\u00e9es de celui qui tente de laisser la phrase libre | comme un oiseau lyre.<\/p>\n\n\n\n<p>32 |&nbsp;les morts sont parmi nous<\/p>\n\n\n\n<p>Un carnet bleu \u00e0 spirale, sur la couverture d\u2019une \u00e9criture appliqu\u00e9e \u201cRecettes\u201d, petits carreaux, \u00e0 chacune ses indications comme \u201cfacile, tr\u00e8s bon, excellent\u201d. Ton \u00e9criture sage r\u00e9p\u00e8te certaines recettes comme le fameux biscuit, selon qu\u2019il soit de Me A. ou de Me S. ou de la tante F., j\u2019y lis tes amiti\u00e9s, tes influences, tes rencontres comme sur une partition avec ou sans pommes, un petit verre de rhum, fa\u00e7on baba. Un \u201cBonne r\u00e9ussite\u201d en guise de viatique pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>#31 | de l\u2019\u00e9tat du monde<\/p>\n\n\n\n<p>Perdre sa vie en essayant de la gagner. La retraite sonnait mais \u00e0 chaque fois qu\u2019elle \u00e9tait \u00e0 port\u00e9e de main, elle s\u2019\u00e9loignait. Jeu pervers des poss\u00e9dants, des ma\u00eetres du jeu. Id\u00e9es simplistes, raisonnements fallacieux, qu\u2019est-ce qu\u2019ils n\u2019inventeraient pas pour faire marner tant et plus les dos \u00e9reint\u00e9s, mains d\u00e9form\u00e9es, jambes accident\u00e9es, souffle court, douleurs, douleurs jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u00e2che le corps. Salauds de pauvres.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>#30 | fait divers, tout petit fait divers<\/p>\n\n\n\n<p>Jeudi, les pompiers et la police sont intervenus \u00e0 Caluire-et-Cuire. Une femme venait d\u2019\u00eatre violent\u00e9e par son compagnon. Ce dernier lui avait assen\u00e9 plusieurs coups de poing au visage. Interpell\u00e9, le jeune homme \u00e9tait plac\u00e9 en garde \u00e0 vue. D\u00e9j\u00e0 connu des services de police, il venait de sortir de prison pour des infractions li\u00e9es aux stup\u00e9fiants. Cela faisait seulement deux jours qu&rsquo;il avait recouvr\u00e9 la libert\u00e9 !<\/p>\n\n\n\n<p>#29 | on n\u2019aurait pas d\u00fb, voil\u00e0<\/p>\n\n\n\n<p>t\u2019aurais pas d\u00fb ton intuition t\u2019avait alert\u00e9 tu savais qu\u2019il ne le fallait pas et pourtant tu l\u2019as dit tu l\u2019as r\u00e9p\u00e9t\u00e9 tu t\u2019es enferr\u00e9 comme si tu voulais t\u2019enliser te couler tu en ajoutais au nom de quoi de LA v\u00e9rit\u00e9 de ta v\u00e9rit\u00e9 alors couche apr\u00e8s couche tu continuais \u00e0 t\u2019asphyxier l\u2019air manquait et l\u2019ami s\u2019effondrait<\/p>\n\n\n\n<p>#28 | rumin\u00e9, rab\u00e2ch\u00e9, ressass\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>faudra que je m\u2019en souvienne\u2026 un torrent d\u2019infos rugissent la pression est si forte qu\u2019il est impossible de r\u00e9fl\u00e9chir impossible d\u2019analyser quoi que ce soit impossible le tourbillon de la fausse urgence m\u2019aspire vers le n\u00e9ant le n\u00e9ant de la pens\u00e9e sans forces je ne raisonne plus je ne sais plus maintenant je me rejoue la sc\u00e8ne comme j\u2019aurais aim\u00e9 garder mon calme comme j\u2019aurais aim\u00e9 peser le pour et le contre en toute lucidit\u00e9 il faudra que je m\u2019en souvienne la prochaine fois<\/p>\n\n\n\n<p>#27 | pas moi, mais mon double<\/p>\n\n\n\n<p>Mais regarde-la danser au son de la musique \u00e0 tue-t\u00eate tout en faisant son lit. Plus tard ce sera l\u2019aspirateur et puis sortir pour poster une carte | elle se laissera convaincre par l\u2019employ\u00e9 de prendre un carnet de timbres | r\u00eave d\u2019\u00e9criture, encore et toujours | messages \u00e9crits \u00e0 la main | mots griffonn\u00e9s sur son carnet | parfois sur l\u2019ordi | bousculer la routine, la sienne et celle des autres | et la voil\u00e0 qui pousse la porte de la biblioth\u00e8que municipale | sourires complices, je la rejoins.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>#26 | choses nettes, choses floues<\/p>\n\n\n\n<p>Matin fr\u00e9missant orang\u00e9 | tombe le soleil d\u2019hiver sur le fleuve | sol y sombra | harmonie des noirs, des rouges et des orange |piles du pont t\u00eate en bas | travaux de voirie fluo | soudain tombe un rideau de brouillard |&nbsp; bu\u00e9e sur les lunettes |&nbsp; fin de l\u2019harmonie |&nbsp; au loin les montagnes hissent leurs t\u00eates au-dessus de la nappe. Trajet retour | soleil dans l\u2019\u0153il | plaques d\u2019or sur l\u2019eau | vapeur des chemin\u00e9es de la ville |&nbsp; nuage de langues \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du bus sur fond de radio | match coupe du monde.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>#25 | fragment du corps<\/p>\n\n\n\n<p>Narines \u00e9pat\u00e9es \u2013 fr\u00e9missantes \u2013 aspirent soupirent \u2013 senteurs \u00e9pic\u00e9es \u2013 papilles en \u00e9moi | gratouillis \u2013 poils barrages \u2013 microbes virus \u2013 bouch\u00e9es | Inspirez, soufflez en alternance \u2013&nbsp; inspire narine droite \u2013 souffle narine gauche \u2013 les deux ensemble \u2013 piquant \u2013 \u00e9ternuement s\u00e9isme \u2013 larmoiement \u2013 \u00e9motions \u2013 narines embu\u00e9es \u2013 coul\u00e9es \u2013 larmes et morve m\u00eal\u00e9es \u2013 reniflantes \u2013 mouch\u00e9es s\u00e9ch\u00e9es \u2013 ferm\u00e9es dans le sanglot arr\u00eat\u00e9.&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>#24 | salle d\u2019attente<\/p>\n\n\n\n<p>Moment suspendu. Tu regardes les chaises vides, d\u2019autres ici ont attendu, maintenant c\u2019est ton tour, tourner en rond dans cette sale attente, jeter un \u0153il par la fen\u00eatre, il n\u2019y a pas de fen\u00eatre, aux vieux magazines d\u00e9pec\u00e9s, fatigu\u00e9s par tant de mains trompant l\u2019attente, l\u2019\u0153il vide, occup\u00e9 \u00e0 deviner ce qui se passe derri\u00e8re la porte, soupirer et sentir le temps s\u2019alourdir, les minutes se transformer en heures, montagnes que tu ne peux plus escalader. Dormir.<\/p>\n\n\n\n<p>#23 | exercice avec d\u00e9nombrement<\/p>\n\n\n\n<p>Rivi\u00e8re, reflet grisaille du ciel, masse liquide ind\u00e9nombrable, s\u2019y laisser couler et dans un sursaut, compter les \u00e9clairs orang\u00e9s qui illuminent les berges, grands aulnes d\u2019automne &#8211; 2, 4, 1, 2, 1, 5 &#8211; Une boule, puis une autre, deux nids secou\u00e9s par le vent au sommet d\u2019un peuplier, puis deux sur un autre arbre, puis cinq sur une m\u00eame branche. Cocons raidis par le froid, brindilles fig\u00e9es dans leur courbe. Abandonn\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p>#22 | on remet \u00e7a, mais avec un livre&nbsp;(\u00e0 perdre)<\/p>\n\n\n\n<p>Le choix du bouquin s\u2019impose au lever, ce sera <em>L\u2019\u00c9loge de la folie<\/em>.&nbsp; Je d\u00e9ambule dans le quartier \u00e0 la recherche de quoi&nbsp;? Je ne sais pas. Un endroit o\u00f9 le poser, la bo\u00eete \u00e0 livres de la place&nbsp;? Non, je recherche quelqu\u2019un \u00e0 qui l\u2019offrir, mais le vent froid a balay\u00e9 les lieux communs. Sous les marronniers, quelques bancs o\u00f9 se rencontrent habituellement les Chibanis, mais personne, alors je d\u00e9pose <em>L\u2019\u00c9loge<\/em> sur le bois glac\u00e9 en hommage \u00e0 ceux qui ont eu des r\u00eaves plein la t\u00eate et le grain de folie pour venir travailler ici.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>#21 | faire bouger les choses<\/p>\n\n\n\n<p>Tuer le temps entre deux trains, errer au Relay, y feuilleter livres, magazines sans envie d\u2019achat. Entr\u2019ouvrir une revue et basculer \u00e0 l\u2019\u00e9poque de Vichy, m\u00eame rh\u00e9torique, m\u00eame haine exsudant de chaque article, bien s\u00fbr avec des variantes, on est au XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle&nbsp;! Que faire&nbsp;?  Basculer la revue t\u00eate en bas.<\/p>\n\n\n\n<p>#20 | la sc\u00e8ne est muette (mais vaut son prix)<\/p>\n\n\n\n<p>Une gare. Sous les panneaux, une sc\u00e8ne d\u2019adieu. Deux femmes, l\u2019une vieille, l\u2019autre jeune, face \u00e0 face, se tiennent les mains, yeux dans les yeux, un sourire triste aux l\u00e8vres. L\u2019annonce rompt l\u2019instant. Elles s\u2019embrassent, s\u2019\u00e9treignent tant qu\u2019elles peuvent. Les larmes commencent \u00e0 rouler sur les joues rid\u00e9es, dans un reniflement, une main plonge dans la poche du manteau us\u00e9 et en tire deux billets bien pli\u00e9s, vite gliss\u00e9s dans la poche du duffle-coat. A nouveau, l\u2019\u00e9treinte, les baisers mouill\u00e9s et, ultime annonce, le d\u00e9part. Sans se retourner, t\u00eates baiss\u00e9es, larmes silencieuses, mains au fond des poches.<\/p>\n\n\n\n<p>#19 | Transaction<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Bonjour madame&nbsp;!&nbsp;\u00bb me lance le clodo install\u00e9 pas loin d\u2019Intermarch\u00e9 et, exceptionnellement, il se l\u00e8ve sa bi\u00e8re \u00e0 la main et me parle\u2026 en espagnol. Surprise, je l\u2019\u00e9coute et lui r\u00e9ponds dans la m\u00eame langue, il m\u2019accompagne un bout de chemin, je lui demande d\u2019o\u00f9 il vient, \u00ab&nbsp;Polonia&nbsp;\u00bb dit-il avec une moue de d\u00e9go\u00fbt. Une question me br\u00fble les l\u00e8vres et comme on se tutoie (normal en espagnol), j\u2019ose un&nbsp; \u00ab&nbsp;o\u00f9 t\u2019as appris l\u2019espagnol&nbsp;?&nbsp;\u00bb Avec un large sourire, \u00ab&nbsp;en la c\u00e1rcel&nbsp;!&nbsp;\u00bb (en prison !), on se quitte, ravis de cet \u00e9change dans la langue de Cervantes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>#18 | recopier c\u2019est facile<\/p>\n\n\n\n<p><em>Une jeune cr\u00e9ature au teint jaune, en petite robe blanche. Les cheveux brillantin\u00e9s. La peau comme une lune d\u2019automne. Une jeune mul\u00e2tresse dor\u00e9e comme un fruit m\u00fbr avec sa robe blanche qui lui vient aux genoux. Des jambes nues, douces et potel\u00e9es, aux tons de lune. Pieds nus.<\/em><br><em>\u00ab&nbsp;Dis-donc, Besty, miss\u00e9 Clarence, \u2019lest d\u2019 retour.&nbsp;\u00bb<\/em><br><em>\u00ab&nbsp;Pour s\u00fb\u2019, Claren\u2026, missi\u00e9 Clarence&nbsp;! M\u2019man, donne-lui \u00e0 boire.&nbsp;\u00bb <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Une d\u00e9couverte, un livre coinc\u00e9 entre deux autres connus et lui, seul, pages en paquets de huit (deux grandes feuilles pli\u00e9es en quatre et cousues par leur milieu). Personne n\u2019a os\u00e9 les s\u00e9parer ou n\u2019a eu la curiosit\u00e9 de les lire. Livre de 12 x 18,8&nbsp;x 2 cm \u00e0 la couverture de papier jaun\u00e2tre. La typographie du titre joue \u00e9l\u00e9gamment entre les majuscules noires en fran\u00e7ais et les cursives rouges du titre original. Une petite \u00e9toile noire attach\u00e9e \u00e0 un \u201cm\u201d d\u00e9signe la maison d\u2019\u00e9dition. Au dos, la liste des derni\u00e8res parutions et celles sous presse et en tout en bas, en petit, Prix&nbsp;: 135 Fr.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>#17 | petits embellissements bienvenus<\/p>\n\n\n\n<p>Poser les nuages dans les avenues, les parcs, les c\u00f4toyer quotidiennement, s\u2019asseoir dedans, s\u2019y cacher, composer des po\u00e8mes, des chansons, r\u00eaver\u2026 mais aussi les go\u00fbter les savourer comme de d\u00e9licieuses glaces au vent&nbsp; | Installer sur le fleuve de l\u00e9gers tapis de mousse et marcher sur l\u2019eau, enjamber ainsi les rivi\u00e8res, d\u00e9laisser ponts et passerelles, saluer les h\u00e9rons, rigoler avec les canards et laisser le d\u00e9s\u00e9quilibre cr\u00e9er l\u2019inattendu, la magie de rencontres aquatiques.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>#16&nbsp;| il fait froid, couvrons-nous<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e8che rose sur le front, pieds nus dans de solides chaussures de cuir, casque rouge de cycliste \u00e0 la main | Tout de noir v\u00eatue, seul l\u2019orange de son caddie la suit | Gros pull camionneur sous une parka grise et une casquette rouge \u00e0 large visi\u00e8re | Sneakers noires, legging Odlo noir rehauss\u00e9 d\u2019un sweet \u00e0 capuche jaune \u00e0 trois bandes | Trois-quarts en fausse fourrure noire ouvert sur un d\u00e9collet\u00e9 d\u00e9couvert au gr\u00e9 des all\u00e9es et venues d\u2019une \u00e9norme \u00e9charpe en laine ardoise et bleu pastel \u00e0 grands carreaux |<\/p>\n\n\n\n<p>#15 |&nbsp;cut up moi \u00e7a<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;J\u2019ai pas peur de la nuit&nbsp;\u00bb, clame une fillette de pas tout \u00e0 fait 4&nbsp;ans&nbsp;(cri de r\u00e9bellion pr\u00e9coce) | Il est d\u00e9viant \u2013 hein&nbsp;? \u2013 oui, il est d\u2019\u00c9vian \u2013 ah ! de la ville d\u2019\u00c9vian | C\u2019est de la m\u00e9decine douce\u2026 mais \u00e0 chaque fois, il me d\u00e9fonce l\u2019\u00e9paule \u2013 L\u2019\u00e9paule c\u2019est chiant&nbsp;! | on s&rsquo;est quitt\u00e9 mais on est rest\u00e9 amis, je me sens libre maintenant, j&rsquo;ai du temps \u00e0 moi, je lis, je lis \u2013 Ah ! tu lis !<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;J\u2019ai pas peur de la nuit&nbsp;\u00bb, clame une fillette de pas tout \u00e0 fait 4&nbsp;ans. La nuit est tomb\u00e9e, 18h30 et la gamine ne veut pas \u00ab&nbsp;d\u00e9j\u00e0&nbsp;\u00bb rentrer. Cette affirmation \u2013 \u00e9tonnante de la part d&rsquo;une toute-petite \u2013 vient percuter la lecture du matin d\u2019un article d\u2019une chercheuse sur l\u2019espace public genr\u00e9 dans la ville. J\u2019y vois, au-del\u00e0 des histoires de loups et de monstres souvent associ\u00e9s \u00e0 la nuit, un cri de r\u00e9volte face \u00e0 l\u2019injonction faite aux filles et aux femmes de ne pas sortir la nuit\u2026 sans chaperon. Un cri de r\u00e9bellion pr\u00e9coce !<\/p>\n\n\n\n<p>#14 | rien qu\u2019une seconde<\/p>\n\n\n\n<p>Une seconde d\u2019inattention, une trottinette trop rapide me fr\u00f4le au moment pr\u00e9cis o\u00f9 je vais poser le pied sur la chauss\u00e9e. Stopp\u00e9 le pas qui allait enjamber le z\u00e9brage, t\u00e9tanis\u00e9 par la peur qui acc\u00e9l\u00e8re c\u0153ur et art\u00e8res. Souffle frais de la mort. <\/p>\n\n\n\n<p>#13 | arr\u00eater le monde<\/p>\n\n\n\n<p>Avenue Jean-Jaur\u00e8s, 18 h, flot de voitures d\u00e9valant la chauss\u00e9e | Feu rouge | masse compacte gris noir \u00e0 l\u2019arr\u00eat | Seul, un skate surfe sur le bitume mouill\u00e9 dessinant des arabesques, \u00e9vitant les moteurs de la perpendiculaire, dans une chor\u00e9graphie acrobatique | 54 secondes |&nbsp; le feu passe au vert. <\/p>\n\n\n\n<p>#12 | la grisaille, les dessous<\/p>\n\n\n\n<p>Grisaille, gris, griffonne la main sur le papier en roue libre, le cerveau lui flotte, pluie froide, mon c\u0153ur au diapason du temps fait ses gammes pour qu\u2019enfin le mouvement inlassable de la main entra\u00eene la pens\u00e9e et dans cette spirale naisse le texte attendu.<\/p>\n\n\n\n<p>#11 | c\u2019est dimanche<\/p>\n\n\n\n<p>Quel \u00e2ge je devais avoir&nbsp;? 13, 14&nbsp;? Peut-\u00eatre moins, peut-\u00eatre plus&nbsp;? Ce dont je me souviens, c\u2019est du bouquin que je lisais et qui m\u2019accaparait totalement, j\u2019\u00e9tais Raskolnikov, un point c\u2019est tout. Je vibrais \u00e0 chaque page, je transpirais malgr\u00e9 le froid, j\u2019errais dans la ville son vieil imper sur le dos\u2026 pourtant, je n\u2019\u00e9tais qu\u2019une adolescente amoureuse du h\u00e9ros de <em>Crime et ch\u00e2timent<\/em>, dont la compagnie m\u2019aidait \u00e0 puiser le ferment de ma r\u00e9volte contre le monde des adultes. MC.<\/p>\n\n\n\n<p>#10 | Pendant que\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant que je r\u00eave, le r\u00e9el me pique&nbsp;| Pendant que le juge prononce la sentence, il pense au suicide&nbsp;| Pendant que l\u2019eau bout dans la casserole, la vapeur fabrique des visages&nbsp;| Pendant que le fleuve gonfle, la sir\u00e8ne hurle&nbsp;| Pendant que les enfants jouent \u00e0 la guerre, les adultes s\u2019entretuent&nbsp;| Pendant que l\u2019on scie l\u2019arbre, au loin des g\u00e9missements&nbsp;| Pendant que des ouvriers meurent sur les chantiers, d\u2019autres s\u2019enthousiasment pour un but marqu\u00e9 | Tandis que la mer se retire, il d\u00e9cide de mettre les voiles |&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>#09 | ne pas s\u2019attarder sur<\/p>\n\n\n\n<p>Ne pas s\u2019attarder sur les propos racistes vomis du caniveau&nbsp;en flots visqueux | ne pas \u00e9couter la haine \u00e9ruct\u00e9e par les imb\u00e9ciles heureux qui sont n\u00e9s quelque part&nbsp;| ne pas s\u2019attarder sur les infos des radios et cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9 qui d\u00e9blat\u00e8rent sur les exil\u00e9s | ne pas s\u2019attarder sur la mer d\u00e9cha\u00een\u00e9e qui noie les corps de ceux qui fuient&nbsp;| ne pas s\u2019attarder sur la d\u00e9sesp\u00e9rance et trouver la force de lutter.<\/p>\n\n\n\n<p>Ne t\u2019attarde pas sur le vomi qui sort du caniveau en flots visqueux de propos racistes&nbsp;| surtout ne t\u2019attarde pas sur la main qui se glisse dans la poche du voisin en te lan\u00e7ant un regard de menace&nbsp;| ne pas s\u2019attarder sur la gifle donn\u00e9e \u00e0 l\u2019enfant par la m\u00e8re \u00e0 bout de nerfs dans le supermarch\u00e9&nbsp;| ne pas s\u2019attarder sur la sc\u00e8ne du film o\u00f9 l\u2019h\u00e9ro\u00efne se retrouve enferm\u00e9e chez le psychopathe&nbsp;| fermer les yeux et se boucher les oreilles&nbsp;|<\/p>\n\n\n\n<p>#08 | les noms c\u2019est du propre<\/p>\n\n\n\n<p>Baraqueville Carcenac Peyrales Luc-Primaube Mar\u00e9chal Joffre Le Broussy Fenaille Pierre Soulages Denys-Puech Emma Calve Yves Thuri\u00e8s Roux Max Capdebarthes Salveing Adrien Rozier Paul Fraysse Maurel Cambon B\u00e9teille Portal Ali Baba Cabri\u00e8res Conort Ga\u00ebl Trottet Gillet Lorca Madeleine Naucelle Tanus Dominique Amouroux<\/p>\n\n\n\n<p>#07 | chaque visage un trait<\/p>\n\n\n\n<p>Quand elle remonte la manche dans un flot de paroles pour expliquer pourquoi elle a d\u00e9cid\u00e9 de changer de boulot, le tatouage d\u2019une phrase sur son avant-bras | Caresse de la main sur sa longue barbe poivre et sel rythme la musique de chacune de ses phrases | Tout en rondeurs, elle s\u2019active pour servir les clients pommettes hautes et sourire complice quand elle parle de ses g\u00e2teaux riches et ventrus&nbsp;|<\/p>\n\n\n\n<p>#06 Personne d\u2019autre que moi n\u2019aurait remarqu\u00e9 que\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Personne d\u2019autre que moi n\u2019aurait remarqu\u00e9 que ses jambes aux veines bleut\u00e9es, aux genoux gonfl\u00e9s d\u2019avoir trop ponc\u00e9 les parquets, aux cicatrices pourpres, \u00e9taient les m\u00eames que celles de son p\u00e8re. Personne d\u2019autre que moi n\u2019aurait remarqu\u00e9 que le bois battait en silence au creux des jambes du p\u00e8re et du fils.<\/p>\n\n\n\n<p><a>#05 | ciel<\/a>&nbsp;du lundi<\/p>\n\n\n\n<p>Couverture nuageuse<br>\u00c9dredon de doutes<br>Lourd<br>Trou\u00e9e guett\u00e9e<br>bleu d\u00e9lav\u00e9<br>L\u2019\u0153il cherche la bouche ouverte<br>dans les cieux gris moutonneux<br>Bouche pinc\u00e9e<br>Au loin une rang\u00e9e de dents blanches<br>rigole<br>\u00c9claircie<\/p>\n\n\n\n<p>#04 |&nbsp;phrase de r\u00e9veil<\/p>\n\n\n\n<p>Je me tourne sur le c\u00f4t\u00e9 gauche, je sais que c\u2019est par l\u00e0 que viennent les r\u00eaves f\u00e9conds du petit matin. Mais rien&nbsp;! si ce n\u2019est un mot, ou plut\u00f4t un nom, incontournable, NASSER en lettres majuscules noires. Je voudrais le chasser, faire de la place, rien\u2026 Nuit vide de r\u00eaves&nbsp;?&nbsp;P\u00e2le r\u00e9surgence de la COP 27&nbsp;? Et toujours la voix chaude et rauque de Rachid Taha qui m\u2019accompagne au r\u00e9veil, chaque matin depuis une semaine\u2026 <em>Dans la joie et la douleur<\/em>\u2026 <em>Douce France<\/em>\u2026 <\/p>\n\n\n\n<p>#03 |&nbsp;il aurait fallu<\/p>\n\n\n\n<p>Une femme que je ne connais pas me sourit du trottoir d\u2019en face. Comme un miroir qu\u2019elle me tend, je me regarde, je la regarde, je pourrais traverser la rue, parler avec elle, certaine d\u2019avoir mille points communs, peut-\u00eatre m\u00eame m\u2019en faire une amie, mais je continue souriant sur mon trottoir, savourant le baume l\u00e9ger gonfl\u00e9 de futurs sur mes l\u00e8vres.<\/p>\n\n\n\n<p>#02\/40 |&nbsp;SI LOIN SI LOIN<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis en pleine conversation avec une amie. Soudain, alors qu\u2019elle parle, un visage surgit, \u00e0 peine aper\u00e7u et d\u00e9j\u00e0 enfui&nbsp;; intuitivement, je sais qu\u2019il vient du r\u00eave de la nuit pr\u00e9c\u00e9dente. Image volatile furtive que je ne peux ni fixer, ni reconna\u00eetre, je voudrait la retenir, mais j\u2019ai beau m\u2019y accrocher, elle me file entre les doigts. Vivement la nuit prochaine\u2026 <\/p>\n\n\n\n<p>#01\/40 |&nbsp;DE L\u2019IMPR\u00c9VU<\/p>\n\n\n\n<p>Je l\u2019attendais vieilli, presque impotent et le voil\u00e0 grossi mais encore alerte, la moustache \u00e0 peine blanchie et le m\u00eame regard triste. C\u2019est l\u2019\u00e9t\u00e9 et il porte pantacourt et sandales, ses mollets nus sont parchemin\u00e9s de veines bleut\u00e9es et parfois quelques petits vaisseaux pourpres \u00e9clat\u00e9s marbrent ses jambes de fragilit\u00e9, mais le tout tient.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>#40 | instructions pour que continue le carnet &#8211; Tout d\u2019abord avoir toujours sur soi un carnet\u2026 et un stylo&#8211; Ne pas attendre la terrasse ensoleill\u00e9e pour noter | \u00c9crire n\u2019importe o\u00f9, sur un banc, contre un coin de mur, sur ses genoux, contre soi | En marchant, \u00e0 cloche-pied, sur un coude, affal\u00e9&#8211; Pour ceux qui pr\u00e9f\u00e8rent donner de <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/carnets_individuels-michele-c\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#Carnets_individuels \/ Mich\u00e8le C.<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":413,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[3942,3897],"tags":[],"class_list":["post-98654","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-carnets_individuels","category-le_grand_carnet"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/98654","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/413"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=98654"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/98654\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=98654"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=98654"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=98654"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}