matières à peindre
lundi 6 décembre 2010
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journal | temps trop doux _ ou index général

Il ne faudrait peut-être pas, certains jours, entrer dans l’atelier du peintre et son temps à la fois tendu et suspendu, à la fois d’action et de retrait, ce qu’il accepte ou exige de lumière et d’espace circulant, et surtout de matières. Même ce vert de vessie [1]. Toutes choses tellement absentes – de notre condition d’auteur ?, non, plutôt simplement des conditions dans lesquelles on chemine en tant qu’auteur, ou simplement pour l’inquiétude ? L’inquiétude n’est probablement pas absente du geste du peintre, en tout cas, elle est latente, dans ce jardin qui s’embrouille, dans son vert de vessie, avec ses arbres au tronc peint à la chaux. Peut-être que ce que je jalouse du peintre, ce n’est pas le chevalet ni l’espace de la toile et ce qu’il y affronte, même avec les feuilles de la dorure d’argent, ce sont ces matières, bocaux remplis d’ocres ou pigments, et que l’harmonie depuis la tension du travail va ainsi jusqu’aux murs – est-ce que je saurais le trouver ? Oui, peut-être, l’ordinateur sur les genoux, accroupi dans un coin de la bibliothèque. Mais ma matière à moi, mes bocaux, j’y mets quoi, dedans ?


[1Que je retrouve effectivement dans Littré :

12° Il se dit des différentes couleurs vertes préparées pour la peinture ou la teinture.
Les verts herbus, verts gais, verts naissants, verts jaunes, verts de mer sont guédés et parachevés de gaude, , Règlem. sur les manuf. août 1669, Teinture en laine, art. 19.
Les bleus, vert gai, vert de pomme, vert de chou, vert d’olive, vert de mer, vert d’oeillets et céladon, seront gaudés et passés en cuve, , ib. Teinture en soie, laine et fil, art. 44.
Vert roux, , ib. art. 45. Vert de composition, vert secondaire, composé avec le jaune et le bleu ; le vert d’eau. le vert de mer, le vert de Saxe sont des verts de composition.
Il [le verdet] entre dans la composition du vert d’eau, liqueur verte qu’on emploie pour le lavis des plans, THENARD, Traité de chim. t. III, p. 79, dans POUGENS. Vert d’iris, couleur tirée des feuilles de l’iris. Vert de montagne, vert de Hongrie, carbonate de cuivre. Le vert de montagne sert à peindre en vert d’herbe. Vert d’oie, espèce de massicot qu’on appelle aussi massicot pied d’oie. Vert de Scheele, couleur formée principalement d’arsénite de deutoxyde de cuivre.
Vert de vessie, nom donné dans le commerce à une sorte de couleur verte qu’il reçoit ordinairement enfermée dans des vessies, et qui est extraite des baies mûres du nerprun des teinturiers (rhamnées), lesquelles avant leur maturité fournissent une couleur jaune appelée stil de grain, LEGOARANT., Vert de vessie, le cent pesant estimé 45 livres, Déclarat. du roi, nov. 1640, Tarif.


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1ère mise en ligne et dernière modification le 6 décembre 2010.
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Messages

  • (acheté deux chemises bleu clair et nuit, 10 euros pièce quand même) (fini le truc du genre) (colmaté ma côte, mais toujours aussi mal, obligé de bosser debout) (dlamerde) (ça me fatigue) (trop de retard) (nouvelles lunettes) (pensé à ce samedi avec toi) (le lendemain d’après demain) sur l’hôtel de ville, ils posent des diodes qui pétillent mais là, on ne les voit pas (les LED diodes, pas les types qui les posent) (il y a quelque chose dans cette municipalité que je trouve poisseux, mais elle ne fait, pourtant, que son travail municipal)

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  • A dix-neuf ans, je me retranchais parfois au secret de l’atelier-appartement, un cahier sur les genoux pendant qu’il passait l’éponge sur l’étendue du papier, dégageant des nappes d’espace pour le lavis, rencontre incision de l’encre et de l’eau et j’écoutais sans bouger la musique qui peuplait son silence.

    Aujourd’hui, l’oeuvre est immense.Le pinceau a remplacé la plume et pourtant c’est vers ce geste que tout revient -mouvement de l’infiniment petit à l’infiniment grand , dit Charles. Et réciproquement.L’inquiétude aussi prend de l’ampleur. Inexorable, dit le poète.

    Lire sur le peintre Francis Herth : article de Henri VanLier ; article de Jean Guiraud ( +professeur Université de Louvain, texte publié dans revue "l’Oeil écoute", Bruxelles, ville dans laquelle le peintre fit ses études à l’Ecole Saint-Luc où exerçait au début Jean Guiraud) et page de Charles Juliet dans le tome 1 du Journal, au moment où, gardien d’une maison à Murs, non loin de Gordes, le peintre travaillant jour et nuit , Charles venait -et ce ne fut pas la seule fois- soutenir l’aveugle cheminement .

    Oui les pigments. Le rouge. Le bleu profond, le gris de Payne. L’encre, la noire, broyée sur la pierre.Le papier sans colle : papier Japon qui fascine le peintre. Non loin de l’obsession. Celle qui atteint le bleu-nuit. Les fibres laissent passer, saisissent, ne supportent pas le repentir. Toucher le papier, dans l’intime . En regard, depuis le début, et même avant, mes cahiers. Les sortir de là.

  • Je l’ai croisé entre Louis Blanc et Stalingrad, sur la 7, en allant au 104. Plus blond, plus clean, mais sinon c’était lui. Il fallait bien que ça arrive un jour. Franck.

    Voir en ligne : Dans la ville haute

    • À la BNF vendredi 24, alors que je m’apprêtais pour aller aux toilettes à ouvrir l’une des lourdes portes qui donne vers les zones d’accès, une femme arrive en sens inverse. Un instant j’ai cru que c’était mon amie, celle dont la volatilisation m’a tant sidérée il y aura en février bientôt 5 années. Et puis non, juste le même genre de silhouette, le même genre de coiffure, le même genre d’habillement et le même faux-blond. Mais le cœur a eu le temps de rater au moins deux (ou trois ?) battements.
      (I still love her in spite she killed me).

      Voir en ligne : traces et trajets

  • Il parle avec son ami, ils rient ensemble (comme des anglais uh uh, genre expansifs juste ce qu’il faut) discutent websites... j’aime entendre tous ces dialectes dans Paris, où qu’on aille (j’y comprends pas grand chose en vrai), sur la 2 (je reviens de l’ENS, par la gare du Nord) ou ailleurs, deux grands types maigres et sympathiques (mais je ne les ai pas vus) (ils descendent à Col Fab, alors qu’ils montent en tête, jte jure)

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  • Oublié de prendre le titre (l’arbre quelque chose) magnifique, dans les bleus, j’adore (miss you)

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  • "Un jardin qui s’embrouille". Mais dont on aime l’infini battement.
    L’atelier : il s’éclaire dans le cadre, par les ombres aussi, si présentes, bien sûr.
    Les commencements sont régis par des lois qu’il faut tenter d’inventer... La couleur ne fascine pas toujours. On a le temps : cela importe.
    Après avoir écrit ce message, j’aurai dépassé mes vieilles lanternes !
    Merci-

  • Des deux petits livres que j’aurais rapportés d’un passage éclair au salon du livre de Jeunesse de Montreuil, l’un s’intitule "La vie en verte" (de Gilles Abier (1)).
    Il m’aura bien amusée.

    Il me faut après un doux déjeuner en compagnie d’un couple d’amis, filer à la BNF, tenter malgré l’épuisement du boulot et les tourments sentimentaux, par un vendredi bruxellois fortement renouvelés, d’avancer dans mon travail perso.
    Pour tenter je tente. Mais ai-je vraiment avancé ?

    Montand et Marilyn me font rire dans "Let’s make love (1960)". Tout un programme.

    Si seulement je pouvais revoir qui m’a réconfortée. Mais voilà.

    (1) L’histoire d’une adolescente dont la peau devient verte un matin et ce que ça interroge du racisme et de l’exclusion du "pas pareil", le tout troussé avec un bel humour.

    Voir en ligne : traces et trajets

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