eau et train
dimanche 12 décembre 2010
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Longtemps que je n’avais pas fait de tels voyages en train, Corail de surcroît : Montbéliard est loin de Tours, et réciproquement. Autrefois on pensait beaucoup, dans ces cas-là, à la batterie de l’ordinateur – celle de mon MacBook tient allègrement les 5h pourvu que quelques précautions (wifi off, écran un peu baissé), donc le voyage passe en travaillant ou rêvant, mais les deux passent par l’ordinateur. Il paraît que Paris a connu un épisode neige : je crois que ce n’est pas vrai. Je n’ai vu que de l’eau, tout du long (à Paris non, on traverse en métro de gare en gare). La Loire est en crue, mais très loin, quand on passe de Vesoul à Lure, la voie ferrée émerge à peine de ce paysage où la forêt naît de l’eau, à l’infini. Il faut peut-être que la France ainsi soit noyée pour retrouver les sensations d’Amérique, ou un peu.


François Bon | le journal images
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1ère mise en ligne et dernière modification le 12 décembre 2010.
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Messages

  • que c’était la marque de ce petit fichier (un mètre sur un demi sur un demi) qu’il y avait à côté du bureau, et l’intitulé du poste (employé au kardex sur la fiche de paye) (2,89 francs l’heure) (la paye en liquide, toutes les fins de semaine) : une grosse boîte, munie d’un couvercle qu’on ferme à clé le soir, dans laquelle des centaines de fiches (format A4, jaune, lignes effacées et bleues) sont rangées - une par taille de pneus, voiture, camion, tracteur, hors catégorie- sur laquelle on porte (on : l’employé) le nombre d’exemplaires de la taille sortis ce jour, entrés ce jour ; à la main, ligne à ligne ; en fin d’année (la dernière semaine d’août) on travaille de 6 du mat à 8 du soir pour compter les palettes, les boîtes de chambres, les jantes aussi... (ensuite, on rapproche : ça ne tombe jamais juste) (Moreuil, 1969)

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  • Des jours que je voulais y aller, mais chaque fois quelque chose freinait. Aller nager pour ranger sa tête, si possible, essayer de recentrer ce qui passe en tous sens, affole, asphyxie (asphyxie réelle juste avant, rendez-vous pris chez l’ORL, ça va comme ça). Ca percute encore, tous azimuts. Alors je range les nageurs : ceux qui brassent bien et lentement, ceux qui font de l’écume dans le couloir d’à côté... léger calme. Essayer cette nuit, enfin, de travailler.

    Voir en ligne : Dans la ville haute

  • Ce dimanche-là, tombée dans un livre comme pas tant que ça depuis le mémorable "Purge" de Sofi Oksanen. Il s’agissait "Des clous" de Tatiana Arfel, où jusqu’où l’on ira, jusqu’où l’on est déjà, si l’on continue comme ça à vouloir pour productivité faire des humains des robots pensants (mais juste à ce qu’il faut et très formaté).
    M’être arrêtée pour répondre à deux messages et deux seulement, être arrivée via twitter, sur ce billet, par rapport au livre exactement dans le sujet.
    En fin de journée avoir dû interrompre ma lecture tellement elle me faisait d’effet : souvenirs des années de banque qui vers la fin ressemblaient à ça : conditionner l’humain pour qu’il ne le soit plus.
    Heureusement qu’à la DRH restaient quelques professionnels qui tenaient à la vieille éthique, celle d’encore un peu de respect.

    Voir en ligne : traces et trajets

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