myope
samedi 18 décembre 2010
une autre page du journal, au hasard (depuis 2007) :
canons sur la cathédrale _ ou index général

Peut-être j’aime bien l’iPhone parce qu’il est un outil de myope. On peut documenter le monde de tout près, mais on ne voit pas le reste. Ce matin, de 6h11 à 13h27, c’était train, avec le très lent lever de jour sur la Franche-Comté enneigée, puis le transit à Dijon (wifi gratuite au Columbus du sous-sol). Souvent, par exemple ces camps de gitans aux caravanes blanches sur le désert blanc, avec juste la lumière du feu allumé dans la neige, ou ces usines fantômes qui émergeaient d’un fond gris très pâle, j’ai eu envie de faire des photos mais je n’avais que l’iPhone myope, avec temps de réaction très lent – le temps d’ouvrir l’application le paysage a disparu. En même temps, c’est comme ces travaux qui vous accaparent tout entier, et tout votre fond et tout ce dont vous êtes capable, sans rien laisser de disponibilité à côté, et puis voilà, c’est le lendemain matin, c’est fini, il faut bien repartir, ranger le passé sur l’étagère. C’est peut-être pour ça que le train est un sas aussi puissant : le monde y penche, le monde s’en va.


François Bon | le journal images
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1ère mise en ligne et dernière modification le 18 décembre 2010.
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Messages

  • Entourée, endormie il paraît, la mort douce, donc ça va, contraste avec sa vie, neuf décennies de vie dure, dure aux autres elle était aussi, je dépose ici son prénom et son nom, d’abord le prénom, Hélène (sa maison s’appelait villa Hélène, ce qu’enfant déjà je trouvais beau), puis le nom, Savelli, dernière de sa génération, une femme rude et sèche que j’embrasse.

    • c’est de la ferraille, de l’alu sans doute, ça ressemble à rien ou à un truc techniko-informatiko-numérik, on s’en fout, c’était par terre avec ce petit bazar en plastique qui sert à accrocher des trucs à des présentoirs, , juste au pied du lampadaire (dormez en paix bonnes gens)(tiens c’est au féminin ce pluriel-là, comme les amours-délices-orgues vues dans Grévisse)
      (ma grand-mère qu’on appelait Malou est partie de cette façon - c’est la meilleure pour s’en aller, je voudrais faire pareil, mais avant d’arriver à cet âge-là, si possible - on a une petite pensée pour ton Hélène et sa villa)

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  • il ne doit pas avoir douze ans, dommage on ne les voit pas bien mais à ses doigts quatre bagues, dont une à l’un de ses pouces (casquettes, capuches, chapeaux sont les meilleurs alliés du paparazzo)(ça rime en plus)

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  • c’est bientôt Noël : le pharmacien a mis des étoiles dans sa vitrine (ce qu’il ne faut pas faire)

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  • Avoir un mal pesant à émerger, rêver de Celui qui, savoir que c’est en vain et qu’il ne faudrait pas - mais si plus d’homme et plus de rêve, alors quoi ? -, se secouer violemment pour se rendre au cours de danse.
    Qui aura fait du bien ; l’effort du mal partout prouve que le corps persiste.

    En sortant, constater la neige, pas mal de neige (1). Avant qu’elle ne fasse bouillasse, la ville semble plus douce, moins violente. Je décide de passer voir mon amie Florence à sa librairie. Petit moment chaud entre deux "choses à faire" comme les vies des femmes, plus que celles des hommes, c’est certes moins pire aujourd’hui, savent en être remplies.

    (1) selon les critères parisiens ; j’entends déjà ricaner gaiement les amis belges, nordiques ou canadiens.

    Voir en ligne : traces et trajets

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  • j’allais rejoindre mes amis - on déjeunait ce midi - et en arrivant à Saint Germain des Prés (à la Hune, pas vu les bouquins préférés-Franck et les 3 saisons- je suis allé à l’écume, celui du frangin y était, j’ai acheté "retour aux mots sauvages", en sortant, repassant devant "sa" librairie j’ai pensé à Geerbrandt - Bernard, et son fils Denis, je l’aime beaucoup mais on s’est éloigné)n dans le métro, j’ai pensé à mes chemises parce que cette dame-là avait cette écharpe-là ; et que son manteau dans les verts, cuir lainé ; et que ses mains ainsi croisées ; et que ses lunettes ainsi portées...

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  • j’ai pensé en le voyant à Claudio Magris que j’aime pour son Danube ; pour les îles italiennes, puis croates, puis austro hongroises ; j’ai pensé à Somerset Maugham que j’aime et aux colonies ; j’aime bien voir les gens qui, dans Paris, consultent leur plan ; j’aime me sentir ici comme je me sens à Venise ou à Lisbonne ; alors je passe, ils sont là : au bout de mon chemin (Vavin) le repas de Noël - j’ai offert des chocolats, car mes amis, je vous aime bien- lui lisait son canard, je suis descendu

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  • il y avait là des pots d’olives, de variantes et de citrons confits (caponnata avec oeuf et merguez, thé à la menthe, fondant au chocolat)

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  • la fille des patrons s’amusait, riait un peu il ne faut pas déranger (je suis allé me faire couper les cheveux, le fils de H. répondait au téléphone) : pendant les vacances, on fait quoi de nos enfants ? (l’une des miennes dort chez S.)

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    • la maison encore plus silencieuse , voisins partis , volets fermés sur la rue , pose , reprends et laisse Cyclone , écris deux demandes d’attestation concernant mes activités salariées de "conduite de projet et d’ accompagnement social ", pendant ce temps mon co-locataire temporaire (?) regarde pendant des heures la neige tomber sur le jardin sauvage

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  • je ne prends pas assez le bus à Paris (il y a trop de métros, je suppose)(j’ai pas non plus de carte orange) (ni de temps) mais il me fait penser à Lisbonne, au fond on aperçoit sur l’avenue Parmentier un improbable magasin qui vend des toges d’avocat, chapeaux etc etc... un peu comme il en est un en face du Palais (tu te souviens ?), sur l’île de la Cité (le vieux type me semble être celui qui était dans le bus de nuit, qui venait d’Oriente, en juillet...)(je reviens de chez Récup’Hair, avec moins de cheveux)(il est dans l’invent’hair)(et aussi sa succursale "Hair du temps" rue Faidherbe)

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