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la société du spectacle (parfait)

Impressionnante affiche vue vingt fois en immense ces jours-ci partout aux sorties de la ville. On refait le temps. Le groupe s’appelle ABBAGAIN comme appât-du-gain dit vide-en-zeul-mot, 1979 moi je n’écoutais pas ABBA (ni même d’ailleurs mon pauvre Led Zeppelin allant vers sa fin après le chant du cygne à Knebworth). Ce qui me surprend, c’est qu’on puisse dire ça en gros et franc : le remake parfait. Et qu’en même temps on proclame le plus authentique – et du monde : c’est bien écrit le plus authentique du monde. Et que veut dire authentique s’il s’agit d’un spectacle, où tout est construit et répété pour la représentation ? C’est sponsorisé Fnac, Leclerc, Auchan, Carrefour plus radio Nostalgie, le remake parfait et authentique. Il y a quelque chose qui m’interloque, là-dedans, mais je n’arrive pas à trouver quoi. Après tout, ce pauvre cinéma a souvent voulu nous faire croire que Madame Bovary ou même Marcel Proust ça pouvait se refaire. Oui, troublé : est-ce que j’aimerais assister à un remake parfait de ma propre vie en 1979 ? – la même année, j’avais traversé Prague et Bombay, et je me souviens peu du reste. Mais non, il faudrait prendre un de ces guignols qui jouerait mon propre personnage, à la limite, il y a quelques semaines, les affiches des survivants de Deep Purple, qui jouaient au même endroit et se proclamaient par même type d’affiches, mais eux en carte vermeille, c’était déjà plus authentique, et que faisaient-ils pourtant d’autre qu’un remake parfait ? Et quelle phrase, the concert, interprété par. Non, vraiment, je n’arrive pas au bout de la signification de ce qui m’arrête dans cette affiche.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 14 mars 2011
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