de la belle image


toute centrale nucléaire fait de vous un photographe


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dévastée l’enfance

Je suis fier de la photographie ci-dessus (et en grand, ci-dessous). Elle aurait presque pu être faite par Philippe De Jonckheere (il ne sera pas d’accord, évidemment). D’ailleurs, je ne l’ai pas fait exprès. Dans les 2 ou 3 minutes que le train Corail passait de Mer à Beaugency, j’ai fait 15 images avec mon petit appareil photo, et celle-ci seulement se détache des autres.

À preuve, le lendemain, même heure, même train, dès quitté Mer je prépare l’appareil photo et je fais 21 photographies de la route mais aucune qui réussit comme celle-ci.

J’en extrais ce moment de contournement de la centrale elle-même, avec comme à Chinon les arbres qui fument, et la colonne de vapeur des refroidisseurs passant lentement d’arbre en arbre à mesure que le train avance.

La notion d’image, appliquée au réel comme énigme, n’a jamais été aussi opaque pour moi, que depuis que j’essaye d’y mettre les doigts. Quand je commence un texte, il est prêt dans ma tête, je ne ferais pas 15 phrases pour en trouver une qui tienne. Est-ce que ça invalide le fait que ces arbres, la route de campagne filant droit sur la bordure de Beauce, aient pu évoquer l’idée même de route, que j’aie tenté de m’en saisir, et qu’une seule image des 30 l’accomplisse ?



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écrit ou proposé par : François Bon
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1ère mise en ligne et dernière modification le 26 octobre 2011.
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