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2012.06.29 | Marcel Renault, la mort, les frites

Descendant ce dernier mercredi saluer Dominique Pifarély dans son petit jardin de la sud Vienne, roulant lentement le long de la nationale 10, un peu avant Couhé-Vérac où Saint-Simon, partant pour son ambassade d’Espagne, avait craqué un essieu (mais là, pas de monument), je me souviens du monument à Marcel Renault. Son frère Louis lui avait équipé un bolide. Il est un des favoris du Paris-Madrid (la même route que Saint-Simon), ce printemps 1903. Quand, fin des années 60, nous venions contempler la stèle, c’était encore un monument vivant de l’histoire automobile. La même qui continuait de gronder à quelques mètres, sur la vieille nationale. Nous avions à la maison une grosse biographie de Louis Renault, sans que j’imagine qu’un jour moi aussi je publierais une grosse biographie dans la même maison. Nous participions nous-mêmes de l’histoire automobile, que nous ne savions pas à la fin de son temps pionnier. L’autoroute, mais elle passe par Niort et ce vieux pays s’endort, n’a pas franchement débarrassé la nationale de son trafic, tout simplement parce qu’entre Poitiers et Barbezieux elle est beaucoup à 4 voies et ça économise du péage. Alors, par réflexe, je prends le vieux tracé, le virage transformé en aire de repos. Un camion et des caravanes garés, puis cette baraque à frites elle aussi survivant d’un autre âge. Du coup, je roule au ralenti, mais ne m’arrête pas faire la photo. On en a parlé avec le copain Terradillos, peut-être que l’an prochain je m’offrirai ça, la traversée nord-sud du département par la vieille route. Là, c’était juste un repérage. A deux mètres des frites, le monument à Marcel Renault est toujours là. Mais qui ça intéresse ?


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 29 juin 2012
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