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journal | étrange histoire de livre

Beaucoup de choses qui tournent en rond dans la tête en ce moment, c’est pas nouveau mais toujours centré sur cette question de la lecture web et de la lecture livre, et de comment et où on met ses forces là-dedans, même si on sait de plus en plus d’où vient l’appel et que finalement c’est ça qui tranche. Pourtant, soit sur le Kindle soit là en pile au bout de la table, c’est toujours les livres achetés à New York qui continuent d’être mon chantier (plutôt en anglais donc, hors Manganelli que j’avance aussi, mais là en traduction). Les deux domaines se superposent encore distinctement dans mes usages, même si la partie web l’emporte avec probablement plus des 2/3 du temps de lecture, et c’est bien ce qui continue de justifier l’effort de fond, même s’il y a comme une hâte de laisser reposer 2 ou 3 mois pour reprendre énergie neuve, et si possible sur un périmètre bien assumé puisque là on n’arrivait plus à tenir. Une ville vide de Berit Ellignsen doit arriver en prod, le livre est en premedia sur l’interface Hachette, ça va aider aussi à reprendre pied. Pour cet été, boulot perso discret, après le Proust il faut redescendre dans les galeries du fond, et de grosses envies de traduction, exercice qui vous aiguise toute la machine à langue mais sans mordre les intérieurs à chaque mot. Quel rapport avec cette étrange histoire de livre ? Aucun. En tout cas, ce n’est pas à moi de le formuler. Le tweet émane d’une bibliothécaire amie (web-amie, mais on s’est aussi croisé dans les instances pro !), travaillant dans la grande couronne parisienne : un lecteur, ayant perdu le livre emprunté, en rachète un exemplaire et l’apporte à la bibliothèque pour remplacement. Comme il n’est pas fortuné, et que la bibliothèque n’a rien précisé, il l’a acheté d’occasion – au plus simple et rapide, donc Amazon. Seulement, le livre vendu d’occasion sur Amazon (ils ne sont donc que prestataires, pas receleurs) porte le cachet d’une autre bibliothèque. La médiathèque de la couronne parisienne se retrouverait donc à proposer en prêt un livre volé à un autre établissement de lecture publique. Je crois qu’ils ont accepté le livre rapporté naïvement par l’usager, et l’ont restitué à son propriétaire [1] [2], j’attends la suite de l’histoire si on nous la donne. Voyez, ce n’est pas grand-chose, finalement. Juste, une autre de ces figures comme d’un soir de vie, avec des luminescences bizarres – et en même temps ce caractère tenace qu’on n’a pas encore conquis pour nos écrans. Une histoire de livre.


[1Non, rectif, je cite : Bonjour. Non, non on n’a pas accepté le livre ! c’est illégal. Argent public tout ça. conseillé de se tourner vers amazon pour remboursement. Fin de citation. Il semble qu’il s’agissait, d’autre part, d’un livre non réédité...

[2Et rectif 2, d’une amie libraire : ou issu d’un déstockage ou désherbage, et remis dans le circuit de l’occase par qui l’a récupéré – même si pas le droit de revendre un bien public ? Enquête en cours.

LES MOTS-CLÉS :
François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 21 juin 2013
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