journal | naïveté de notre 29 août 2009

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2019.08.19 | sur la paille

Le 29 août 2009 reste un jour de grande naïveté, typique de l’européen découvrant l’Amérique. Mon journal de ces premiers temps au Québec, tel que je le retrouve ici pour cette date, est plutôt un journal intérieur. Je n’osais pas raconter trop directement : voir cette image, prise justement ce 29 août 2009. Si je change le n0 dans la barre d’URL, de 767 à 768, puis 769 ou 770, je ne retrouve rien du voyage, par contre cette étrange photo de la gare de bus à Québec où, un matin 6 heures en partant pour Montréal, je m’étais cru avoir retrouvé Bergounioux et PIfarély. Donc ce samedi 29 août on avait loué pour la première fois ce jour-là une voiture à Québec (on aurait mieux fait de s’acheter dès ce moment-là une vieille caisse à 4000 bucks, et la revendre en repartant). Avoir vu ce triangle sur la carte et s’être dit : – Bon, partons en balade. On découvrirait le musée de Mastheuiatsh et aurions l’immense chance d’écouter Guy Fontaine nous expliquer comment casser la tête à un ours. Puis c’était la route à suivre, d’Alma à Saguenay et de Saguenay à Tadoussac, par Sainte-Rose du Nord et Saint-Basile de Tableau, traversant la rivière Chicoutimi puis la rivière Éternité. Puis l’Anse-de-Roche et l’Anse-Creuse. Je ne me souviens que d’un harassement. Avec cette majesté de l’eau. Et puis, près du traversier de Tadoussac, avoir vu un bateau qui s’appelait le Balzac. On a fini quand même où on voulait, aux Escoumins. La nuit était tombée, on n’a même pas mangé. On a fait de longues routes parfois ensuite, jusqu’à Toronto ou pour descendre jusqu’à Boston, mais jamais comme ce jour-là, où nous ne comprenions rien. Reste la majesté. Peut-être que c’est seulement comme ça qu’on y accède, d’ailleurs. Ce jour-là seulement on est entré pour de vrai en Amérique.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 29 août 2013
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Messages

  • Il y a huit ans, le 29 août, j’entamais, ce qu’après un fotolog, un blogounet chez 20-six sur des mésaventures automobiles et l’écriture de "Sans nouvelles" en pensant à Florence Aubenas (en faire un petit roman, mieux écrit qu’il ne le fut dans l’urgence, commence à le devenir, urgent), je considérais comme Ouvrir mon premier blog (1), il serait temps, enfin.

    C’était Traces et trajets, super timide, laconique au début. Comme j’ai changé la présentation au printemps 2012, je ne dispose plus de l’allure d’origine du premier billet, si ce n’est grâce à la BNF qui dans le cadre du programme sur la mémoire de l’internet l’a sauvegardé (cf. photo mais sur une autre entrée). Et avec une idée de départ : des petites balades dans Paris sous l’égide d’un mystérieux Wytejczk (inspirée par l’existence dans ma vie d’une amie, laquelle m’a quittée tout aussi mystérieusement peu après) et des petites histoires ou contes qu’auraient narrés Eugène le dragon, qui a explosé en vol face aux circonstances de ma vie. Il en reste toutefois que j’écris encore des billets de scènes de rue ou de ce que j’entends au vol dans la ville.

    Est également entré en jeu un facteur qu’on ne saurait mesurer d’avance : l’importance des interactions entre blog(eur)s, et de la place qu’on se crée, d’un degré d’intimité qui s’installe, de thèmes de réflexion qui s’imposent dans l’échange. Et qu’aussi entre 2007 et 2012 ceux qui gouvernaient me faisaient certains jours tellement honte que je ne pouvais pas m’empêcher de prendre la parole sur des sujets politiques dont je ne souhaitais au départ pas parler (2).

    Reste que c’est ce 29 août-là, en 2005, que j’ai eu le sentiment d’entrer dans cette communauté informelle des blogueurs, qui allait, les années suivantes connaître une croissance exponentielle, un effet de mode amusant, puis refluer pour se recentrer plus sainement sur ceux qui ont un savoir-faire à partager ou que l’écriture tient pour de bon.

    (1) C’est mon côté italien, les repas de fête avec toutes sortes d’entrées, et le plat seulement après (on est déjà un peu rassasiés) mais qu’on appelle Il primo.

    (2) Je reste mal à l’aise avec la politique comme avec le droit car ils se situent hors de mes domaines de compétences (pour autant, à part le whisky, que j’en ai). Mais j’ai fini par m’autoriser à l’écrire quand j’en ai et avais assez qu’on nous prenne pour des idiots absolus ou que des décisions étaient prises, puisqu’en démocratie en mon nom aussi, et qui me désespéraient, allaient à l’encontre de mes plus profonds respects. Curieusement, depuis mai 2012, il y en a moins.

  • ce sont des jours sans (on sent pourtant des trucs qui bougent côté boulot) (dlamerde avec ça : si j’en ai pas, je flippe, si j’en ai je me faîche) (dehors les jeunes connards jouent au football en fumant des pétards) (on s’en fout c’est vrai mais c’est l’été et l’été on ouvre els fenêtres) (dans le poste une émission, "si ça vous chante" cinq minutes, magnifique) (écoutez "si tu reviens jamais danser chez Temporel" même si la musique est de guy béart-on l’aime pas : on sait pourquoi- poème mis en musique, de André Hardellet je vous la recommande- la dernière version, par Patachou est la mieux et elle sait chanter, la vache) ("j’allais danser rue des Vertus, rue au Maire...") (en image la rue de l’orillon plutôt bien vue-parce que sinon,c’est quand même le bazar parfois dur du fait des connards qui s’étripent parfois) (je dis "la vache" pour patachou, car c’en était une-jamais voulu répondre au jeune chercheur en sciences sociales qui faisait sa thèse sur la chanson) (je ne sais si elle est encore parmi nous, celle-ci, si ? dis donc elle est née un 10 juin-moi un 11- et elle a tapé (si elle est encore) les quatre vingt quinze pigettes, là)

  • vu deux fois le film d’Arnaud des Pallières : Michael Kohlhaas grande beauté de l’image , des visages, du texte,des paysages, Denis Lavant ( le théologien ) magnifique - et puis le visage de Michael Kohlhass/ Mads Mikkelsen

  • elle me l’a rapporté de New Orleans, un baluchon minuscule avec des senteurs particulières et préparé par une prêtresse vaudou - elle a demandé Money & Prosperty " every day in every way I am growing more prosperous, successful & victorious "-

  • du travail pour octobre - pour septembre c’est flou - n’ai pas encore eu d’entretien mais elle a vu mon nom sur des docs -