journal | les deux chemins de la vie


L’étage change selon les semaines (principalement, le troisième ou le quatrième) et je suis plutôt sensible à la distance arbitraire qui en résulte de la borne wifi. C’est rare que l’algorithme vous affecte la même chambre, mais elles sont chacune identique (seule change la symétrie gauche droite). Ce qui ne change pas, c’est les deux chemins pour reprendre la route du dehors : selon la porte d’acier qui s’ouvre, sans que vous puissiez rien prévoir, votre chemin ira par ici, ira par là. Dans la réalité c’est de peu d’importance : les deux mêmes portes côte à côte tout en bas, et vous voilà à nouveau livrés à la ville (du moins : aller parler de Marguerite Duras, pour aujourd’hui). Mais cette symétrie ne cesse jamais de m’étonner. La porte qui devait mener à autre chose qu’à la ville et l’école, chaque fois, ce devait être l’autre – et je ne sais toujours pas où elle aurait pu m’emmener.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 3 avril 2014
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Messages

  • Je suis allé voir TNPPI (l’une de mes soeurs s’est endormie, face contre le mur dans la petite pièce alors qu’elle lui disait "je vous présente mon neveu" jte jure que des fois, c’est lourd ; le chien gémissait ; sale ambiance) et sur le pas de la porte, avec un clin d’oeil "à bientôt ya amri" (j’en sais rien ce que ça veut dire exactement, mon amour, mon enfant mon fils quelque chose dans le genre ma grand-mère-sa mère donc, on suit dans le fond ?- le disait aussi) (et dans le livre d’artiste dont je ne me souviens plus du titre, ce sont les derniers mots qu’elle me donne) (mais je suis fatigué ; je me demande "qu’est-ce que c’est que ce travail ? qu’est-ce que tu es en train de faire ? tu perds ton temps" je suppose qu’il y a de ça dans les ruminations des vieillards, il y a encore une jeunesse qui tout à l’heure s’est levée pour me laisser sa place assise dans le métro, j’ai refusé d’un sourire "non merci c’est gentil" je reste civil tu vois)

  • (il est titré "un verre, une pièce, de l’eau" je me souviens je suis allé voir parce que c’est pas normal d’oublier) c’était hier soir, il était là, j’ai armé le téléphone (cette merde : même la sonnerie commence à obsolescer programmatiquement), il a déjà disparu derrière ses crocs (la fille c’est sa supérieure hiérarchique à moins que ce ne soit la patronne enfin j’en sais rien mais il avait l’air assez déférent) je documente je m’informe et je continue mes allers et venues (vu le frangin qui avait l’air fatigué, malade grippé dlamerde)