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livres obligatoires

De l’étonnement sur mon indifférence quant à ce qui concerne rentrée littéraire. Pourtant certainement des livres bien, et sûr que j’en lirai quelques-uns. Et toujours ce vague fond de rage et de gâchis à voir ces journaux moutonniers, ces pronostics du tape-à-l’oeil sauf que ce commerce interfère avec ce qu’on a de meilleur, donc jamais de détachement complet. Et pourtant l’impression que ça se joue plus loin, comme en miniature dans un dispositif optique. Ou que pas envie d’aller jouer de l’autre côté, pas besoin d’aller éprouver l’écriture dans ce jeu dont on voit trop les règles. J’arrive mal à démêler en quoi le boulot sur Lovecraft et comment pourquoi il prend toute la place, ou la condition physique et ce qui change parfois plus rapidement qu’on voudrait dans les bascules d’âge, impression évidemment banale que le temps forcément n’est plus exactement pareil, qu’on ne peut pas recommencer, qu’il y a une sorte de délai compté avec quelques défis qu’on s’est donné à soi-même, tout ça s’emmêle un peu. Drôle de vie, puisqu’à la fois avec l’école il y a une contrainte sociale acceptée avec échanges à la fois réguliers, pluriels, denses, mais tout aussi bien codifiés et respectueux de ce lieu où on est seul avec son boulot, et l’impression que ce boulot lui-même, celui qu’on mène pour soi, on le fait plus artisanalement, en prenant plus de temps et sur un territoire plus restreint mais que le trou on peut le voir mieux, ou plus près – et que ce qui aide c’est cette détermination plus au fond : pas de compte à rendre, sinon au boulot lui-même. La capacité à prendre 4 heures ou 5 jours ou 5 mois s’il faut régler un truc même s’il reste là juste devant. Les réaménagements à quoi ça conduit : c’est ridicule de raconter que l’achat de rentrée ça a été commander un pupitre de musico pour jouer de l’ordi sur scène, mais que ça devrait me permettre de travailler debout au milieu de la pièce. Ce qui n’a rien à voir avec ces choses bizarres qu’accomplissaient ensemble ces gens, ce matin-là sur les remparts du haut de Cagliari, mais pourtant si. Pour que je continue ce journal il faut que j’accepte qu’il soit bizarre. Ce qui ne renvoie pas forcément non plus à la rentrée littéraire, mais pourtant si : ne pas aimer la littérature qui ne l’est pas assez. Ça doit être Malraux, aussi.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 26 août 2014
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Messages

  • (la miniature-la voiture est verte-à la lumière du jour) (la pluie ça ne s’arrête jamais ou quoi ?) (c’est quand même de la chance (?) d’avoir du boulot, moi jte le dis) (j’en cherche, ça me gave-comme on dit élégamment) (ça me déprime je crois, alors je continue quand même mais bof, corriger les fautes d’un fichier où on trouve plusieurs milliers de documents questions ouvertes fermées plus de deux cents, ça me gave aussi - comme on dit avec cette distinction contemporaine qui nous atteint tous) (j’ai entendu la présentation des programmes de france cul : à vomir) (je m’en vais acheter quand même le livre à beinstingel) (et peut-être aussi celui à nicolas bouvier conseillé par l’employée aux écritures) (parce que "l’usage du monde" c’est une vraie merveille)