2014.10.31 | crayons, stylos et papèterie à Delémont


Comment serait-on insensible, dès lors qu’à nouveau on franchit ces espaces que la taille des villes en Suisse a su garder dans un tissu vivant et ne pas repousser dans les périphéries de la vente au rabais ? Si Delémont n’est pas grand, la librairie Page d’Encre est chaude et dispose d’un fond solide. Pour ce qui est des livres, même repères que de notre coté de la frontière (mais délais de livraison et prix qui ne facilitent pas la tâche). Par contre, ils n’ont pas abandonné, eux, la vieille tradition de la papèterie associée. Bien sûr les Moleskine sur présentoir, là où c’était si bon il y a 20 ans de rapporter des cahiers de chaque pays où on allait. Mais mes calepins aussi désormais sont numériques, c’est presque par réflexe que systématiquement je fais détour par le présentoir des carnets et cahiers. Je m’arrête devant les globes terrestres : ils s’y mettent à six pour tenir le vieux rêve qu’ils incarnent, même sous leur nouveau destin de lampe. Je n’ai quasiment plus besoin d’instrument à écrire : pourtant j’ai gardé mes anciens stylos Shaeffer, trop desséchés pour que je puisse les réanimer. Mais la frontière entre écrire, peindre et dessiner s’efface toujours dans ces bacs où la matière à nouveau éblouit. Je me souviens de la papèterie Vertecchi à Rome aussi bien que de mon premier achat de dictionnaire chez Baylet à Civray, ou bien de mes boîtes de crayons suisses Caran d’Ache à l’école primaire. (Et merci à la librairie Page d’Encre et sa fondatrice de présence, soutien et partage lors de la soirée Delémont du jeudi 30.)

 


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 31 octobre 2014
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