2017.04.16 | je suis (moi aussi) un écosystème

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Outre les commentaires ci-dessous, d’autres ont voulu reprendre l’exercice, et je crois que c’est précieux :

- Emmanuel Delabranche, architecte, auteur, photographe ;

- Coline Pierré, écrivain, musicienne ;

Je rajouterai les liens si d’autres se joignent !

C’est bizarre cette période, à l’écart des grands projets, trop de dispersion contrainte, pas de certitude sur le moyen et long terme, et un monde tout à ses démons qui laisse nos agendas bien blancs pour l’an prochain. Pas de baisse de moral, cet été ce sera à fichiers ouverts, je vais fêter la 1ère année de mon Tiers Livre Éditeur, et toujours l’espoir que des choses plus lourdes, encore dans les limbes, puissent soudain prendre corps – en tout cas il y en a une qui chauffe et qui m’importe.

Et puis ce truc de la vidéo qui m’accroche de plus en plus : statut de la parole improvisée, statut de la lecture à voix haute, progressif passage à la fiction, interrogation sur le réel et comment il se fait présence et langage. Donc ça je n’arrête pas.

Puis, comme l’heure de cardio 2 fois par semaine et la discipline mentale que ça rée (on pense bien, dans la sueur), il y a l’heure de trad tous les matins – traduire pour moi c’est vraiment apprendre à lire beaucoup mieux que je n’y arrive en simple récepteur, et là c’est le Uncreative writing de Kenneth Goldsmith sur la table, vraiment salutaire, je me retrouve dans la même excitation qu’à découvrir Adorno en 1980, j’en reparlerai.

Cette semaine, 3 interventions en fac à Aarhus, la petite angoisse du voyage, la boîte à sardines d’Easy Jet, mais une fois là-bas ça ira. N’empêche c’est 2 interventions en anglais et une en français – celle-ci sur « les littératures du réel », jamais trop le sentiment qu’on s’en tirera avant que ce soit fait.

Et en juin 2 jours à Berlin, et ce sera sur la notion de publishing sphere, j’en parle ici et ma préparation ce sera de tenir en ligne le journal de notes.

C’est le 3ème jour d’avancée sur ces notes, un peu en funambule, mais sur une idée qui taraude depuis longtemps, et c’est là que j’en suis venu, tout au bout, à faire cette sorte de relevé de ce qui serait mon écosystème d’écriture – je transcris (en français cette fois) :

Mon écosystème personnel : une valise en carton noire avec des cahiers manuscrits jusqu’en 1992, commencé en 1977 mais en 1983 sur un coup de tête j’avais détruit tous ceux précédemment accumulés ; mes archives numériques transportées d’ordi à ordi depuis mon premier Atari, remontant à 1991 (1988-1991 : perdues) ; tentative de tenir une bibliographie : fait de 1982 à 1999, arrêté ensuite ; disque dur 250 Go de l’ordinateur, disque dur extérieur 1 To pour les vidéos et photos, disque dut externe 2 To pour les archives et sauvegardes, disque dur 1 To pour les sauvegardes auto Time Machine ; une sauvegarde permanente automatique Dropbox pour les documents ; mon site sur ovh.com : une base principale et 4 bases secondaires ; liste de données perdues : longue liste ; blogs et sites défunts, sous mon nom ou d’autres noms : longue liste ; mon propre site sur web/archive : depuis 1997, et plus tard sur la BNF/Heritrix, mais seulement pour la partie publique du site ; cahiers et carnets : les derniers en 1994 (sauf une exception pour Paysage Fer, et une tentative en juin 2009 à Québec mais les 2 cahiers achetés restés vierges) ; mails et agendas archivés sur mon ordinateur depuis 2005 environ (base de données Outlook, environ 15 Go, aucune idée du nombre, classement stable – à titre indicatif, en fin de 4ème année Cergy je viens de passer les 4000 mails archivés) ; absolument aucune lettre manuscrite envoyée depuis 2007 (décès de Julien Gracq, qui était mon seul correspondant épistolaire restant) ; fichiers textes dans mon dossier documents, lorsque transféré par Dropbox : environ 9000 : autres bases de données : la base Ulysses pour mes notes et brouillons (Ulysses, qui ne crée pas de fichiers textes, est depuis bientôt 5 ans mon principal outil pour les notes et brouillons) ; une archive texte pour mes Tweets de 2011 à 2015 (pas d’archive accessible pour mes Tweets de 2008 à 2011, et pas continué en 2015) ; pas d’archive pour les statuts et images Facebook depuis 2006, ni Instagram ; la seul référence valide pour mes travaux écrits et publiés c’est leur version (ou les versions scannées pour les livres d’avant le web) sur mon ordinateur, les livres étant archivés non plus sous forme de fichier unique mais d’ensemble projet-, sur mon ordinateur ou dans la partie privée du site – donc pas besoin de créer une archive pour les livres POD, eux aussi en màj permanente ; une chose qui reste problème : pas de sauvegarde du site hors ovh (il est trop gros), et pas de possibilité de le garder en ligne en cas de décès accidentel (j’avais demandé à leur patron, il y a 2 ans, réponse gentille mais rien de fait, on pourrait cependant facilement concevoir un genre d’assurance permettant au moins de le maintenir de façon passive) ; le fait que j’oublie toujours de mentionner mes 700 vidéos YouTube comme preuve que je les conçois comme éphémères, pas d’archivage fixe, ni des rushes ni des mp4 ; dans mon garage, 4 ordis morts je crois (dont mon premier PowerBook 145, 1993), mais la plupart des suivants reconditionnés et repris par mes enfants à différentes périodes ; plusieurs disques durs morts aussi, incapable de savoir pourquoi je les garde.

Question subsidiaire : est-ce que c’est mes bientôt 30 ans d’ordinateur, et 20 ans d’Internet, qui donnent à tout ça son caractère fossile, ou est-ce qu’on est tous pareils ?

Et encore question, pourquoi m’a-t-il fallu écrire tout ça pour en arriver à me demander : suis-je donc ceci, que je décris ?

Voilà. Je crois que ce serait bien, si on mettait chacun en ligne sur nos sites ce genre d’inventaire ?


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 16 avril 2017
merci aux 1579 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page


Messages

  • Pour moi, dans le désordre :
    - un ordi, un disque de sauvegarde, une clef usb, une tablette graphique
    - un appareil photo
    - un petit carnet de notes manuscrites, ça reste ce qu’il y a de mieux pour les petites notes / textes. (sauf qu’il faut trouver le stylo).
    - un blog, "les dérives de rue" http://drivrsdu.fr
    - un atelier d’écriture permanent / enregistreur d’inspiration / dictionnaire de lanceur d’idées etc, "le fantastique dictionnaire" https://drivrsdu.fr/dicof/w/
    - contributeur wikipédia, déteste cette merde de facebook, tolère twitter, accro abonnements RSS et tous blogs
    - pratique malheureusement solitaire des exercices à l’usage des acteurs (le "pezin", comme tout le monde sait). Commence à manoeuvrer pour être plusieurs.
    - un portable téléphone / agenda / prise de notes / 4G.
    - un vélo (jamais d’avion).
    - développe interventions de rue mais heureusement qu’il y a le rsa.
    - bon écho de mon activité en local, il me semble, ce qui me rapporte beaucoup de soutiens et de retours, super précieux pour l’inspiration et les opportunités, notamment financières. (sauf que quelques fois ça pète alors il faut gérer les brouilles).
    - François Bon pour la créativité et l’énergie
    - Une autorisation municipale de se produire

    ... je crois que c’est tout, sans garanties.

  • (qui ne l’est pas) (j’ai entendu l’abruti de service -alias em - alias wtf micron - raconter qu’il n’avait pas de compte en Suisse - c’est rigolo personne ne l’en avait crédité...) blague à part j’ai plus rien : un disque dur 1T où se trouvent les vagues archives de l’imac - et puis ce sera tout -deux ou trois carnets, l’un vide qu’on vient de m’offrir avec un joli petit hippocampe dessus - jte colle une photo pour mémoire, pour se souvenir (à part des souvenirs, voilà tout), je tiens par devers moi le film de ce jour-là, un jour couleur d’orange/un jour de feuillages au front, je ferais en sorte qu’on le visionne - c’est pas si facile, la vie (et heureusement qu’on a des ami-e-s)

  • auxquels il convient d’ajouter les 989 articles du blog (mais pas tous de votre serviteur - le blog était collaboratif en ses débuts - bizarrement autant que les 80 de maison(s)témoin
    et les milliers de commentaires d’ici comme d’ailleurs (quand on aime on compte pas disait Gilbert Becaud) notamment ceux de chez l’ami Lucien Suel en son SILO
    enfin voilà le petit cheval dans le mauvais temps. Amicalement à tous.

  • eh oui, cher Piero de B, la notion d’écosystème c’est quand on n’oublie pas les mises en ligne, chez soi ou chez les autres, à côté des cahiers !

  • sans compter aussi le travail peut-être un peu plus vrai que celui exercé (encore que celui-là nourrisse plus que celui-ci) avec les amis du collectif l’aiR Nu radio numérique, sons images mots, et le souvenir de mélico (aux archives honteusement inexistantes) (merci d’être là, en tout cas)

  • L’invitation était trop belle.

    M’y suis collé : inventaire fossile et provisoire, donc, comme nous tous.

    http://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article1906

    Voir en ligne : écosystème

  • Je m’y mets, après les corrections du mémoire. Entre inventaire et archéologie, ça ne fera pas de mal.

  • なぜ鼻の毛穴がひらくのか、その原因って聞いたことありますか?それには別の理由があって、1つは「詰まり毛穴」で、もう1つは「開き毛穴」です。

    そして、各々の根拠にあった毛穴の開きを消す方法があるんです。まず、各々共通する解決策は抗酸化作用を持つ成分を配合した化粧品でパックすることです。簡単なので誰にもできますよね。

    顔を洗うことで鼻の毛穴の開きに効果もありますが、洗うペースは週に1、2回で行いましょう。しかし、どうしても毛穴が消失しない!と感じる人は、フェイスパウダーで目立たないようにするのも手です。基本的な解決にはなりませんが、全く治らない人は試してみてはどうでしょうか?

    自宅で開いた毛穴を消失させることができない場合は、エステに頼るのも手です。詳しいことは専門家に任せてしまうのが手っ取り早いかもしれませんね。

    鼻の毛穴を無くすやり方をお伝えしてきましたが、詳細を知りたい人はサイトを訪問してください。きっとあなたの疑問に答えられるコンテンツがあるはずです。

    Voir en ligne : 鼻 毛穴 開き