2019.11.08 | ta vie bien ratée à Austerlitz

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tombes, fleuve, neige

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Chaque fois que venant du métro ou bien par le pont depuis la gare de Lyon, ou bien là depuis le bistrot d’en face boulevard de l’Hôpital je rejoins l’Austerlitz de 22h54 (maintenant à 22h29), depuis disons 1996 que régulièrement je le prends te serre l’impression que t’as raté ta vie, que jamais plus tu ne devrais condescendre à ça et ainsi de suite. Combien de retards, combien de fois supprimé. Encore autrefois était-il quotidien, et maintenant seulement le vendredi soir.

Et monter à l’avance si tu veux avoir une place. Pourtant aujourd’hui c’est plutôt journée favorable, un bon moment d’écriture ce matin au Nemours avec une des deux places près prise secteur (encore que, le Nemours autrefois c’était plutôt les copains et connaissances du Français, maintenant tu n’y connais plus personne, et c’est rempli de gens du Conseil d’État ou autre machin triste comme ça et parlant fric ou lois, il n’y a que les serveurs, dans leur propre nostalgie, à rester complices non qu’ils t’identifient mais que tu as plutôt tronche à eux, les saltimbocca). Puis entré au Louvre à 11h, bien avant l’arrivée des lycéens, histoire de repérer les lieux et même le temps d’une bonne cure, figurez-vous du Titien, en gros très lentement le tour de l’immense salle avec la Joconde dans son nouvel écrin, et les braves gens qui lui tournent le dos pour la photo toutes les 23 secondes qu’ils sont autorisés à rester mais c’est plutôt bon enfant, et les petits scolaires accèdent directement à la zone protégée. Titien jusque plein.

Ensuite cet atelier, ça passe comme déjà un train qui te roulerait sur la figure mais quels textes, quel partage. Tu repars au Nemours notre base arrière avec l’équipe histoire de retrouver un peu le réel. J’ai juste laissé dans la salle des Arts islamiques mon Tabuchi rêves de rêves si quelqu’un le retrouve ?

Puis affaire privée mais si belle aussi, et là donc bien armé pour les 2 heures de train, le vieux Corail mais en vieux routier du truc j’ai même alpagué une des places avec prise, là aussi coup de chance.

Mais quand même. Traverser ça. Avoir de toujours traversé ça. Ta vie bien ratée, quand tu remontes les courants d’air.

Austerlitz, le Louvre des gares.

 

 


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 8 novembre 2019
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