2020.07.01 | de l’art en rond-point (suite)


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Après mon travail d’il y a 5 ans sur les ronds-points de Tours, la sensibilité à ces ronds-points débiles est certainement exacerbée. Mais quand même, si on sélectionnait les plus horribles, ou les plus débiles, celui-ci serait dans la short list. On n’y croit pas, alors je m’arrête une minute pour ces quelques photos. J’aurais dû me mettre sur une, dommage, je n’y ai pas pensé, qu’on ait l’échelle. L’oeuvre n’est pas signée. Mais après, tu repars avec une question : on est dans un paysage naturel des plus beaux, des plus fragiles, des plus sensibles. Les photos faites hier, c’est la même commune, à même pas 800m de distance. Ça veut dire que les mêmes ploucs capables de décider d’un tel rond-point peuvent décider de ce qu’hier je photographiais. Ils ont les mains libres. Il n’y a rien au code de procédure pénale pour mettre en taule des types capables d’ordonner, choisir, installer une telle m... Je n’ai pas vu le nom de l’artiste : il n’y a peut-être pas d’artiste. Mais ils pourraient être bien plus dangereux encore. On devrait les attacher aux ronds-points qu’ils décident. C’est au point que celui-ci est protégé par vidéo, sur l’argent du contribuable. Dans ce coin de pays, le massacre de la côte est général, urbanisme de misère. Peut-être qu’ils installent ces ronds-points juste pour confirmer que pire est encore possible. On reprend la voiture, on oscille entre dégoût et colère. On a peur, un peu, quand même.

 

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 1er juillet 2020
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