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2022.09.07 | orologes

Chez Rabelais le mot orologe garde quelque chose de magique. Dans cette immersion de plusieurs jours avec étudiant·e·s dans le musée des Arts décoratifs, à force de passer dans les galeries, cette interrogation à pourquoi, chaque fois que je tombe sur la petite pièce aux horloges, j’entre. En plus, je fais les mêmes photographies (c’est la 5ème passe), ce qui n’a aucun sens, puisque rien n’a bougé, même pas les aiguilles. On pense souvent à Baudelaire, dans ces travées (il y a même quelques pâles Boucher, et beaucoup de gros meubles à tiroirs, mais là on n’est pas dans son majestueux Horloge, dieu sinistre, effrayant, impassible... Ce musée s’est constitué de mille dépôts de collections quasi monomaniaques, chacune ignorante de toutes les autres, celle-ci en est un exemple. Non, c’est la distance sage à laquelle se tiennent, immuablement, ces mécaniques suspendues, sous leur verre impeccable, qui peut-être me force à marquer un temps d’arrêt. Souvent d’ailleurs un autre visiteur est là, tout âge, toute condition, dans la même immobilité ombreuse et tranquille. Ou bien parce que pourquoi aujourd’hui s’encombrer d’horloges quand l’heure est sur nos téléphones et partout, ô vanité de ce qui passe. C’était « méditation de l’horloge », j’ai plein de thèmes d’avance, à force de faire des photos ici.

 

 


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 7 septembre 2022
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