2009.08.20 | la première fois à Baie-Saint-Paul

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2006.11.01 | tombes d’Yeu

Fleuve qui est mer, et la mer qui jamais ne se fait fleuve : les rives en témoignent, levées et lointaines, d’immémoriale attente. La ville est en travers du fleuve, elle le rétrécit d’un coup, mais s’arrête à l’eau sans s’étendre que par l’arrière. Est-ce que le pays ici recouvre ce qui le définit ? Les routes sont des lignes médiocres de commerces et pelouses, églises, et l’infini pauvreté qui coexiste avec le reste. Puis lignes haute tension par dessus les forêts et l’agrandissement de tout, où la montagne heurte l’eau. Alors soi-même on s’arrête, on traverse, on marche. Le point d’interrogation jeté aux motos du carrefour, la gémellité des garages. Accalmie : c’est le nom du bateau échoué, L’Accalmie. Le profil noir de l’île devant la baie aux tortues : c’est cela qu’ils ont relevé et dessiné, eux qui ici remontaient la brume. Et nous l’ont légué tout pareil, où qu’on regarde, au cargo près. Habiter, ici, signifie quoi ? Et ce temps que je reçois, après même traversée, pourrait-il jamais coïncider avec ce temps, là, du camion de bois garé dans toute la diagonale du grand parking ? Dans l’autocar, à l’aller comme au retour, ce vieil homme édenté à la casquette rutilante, qui regardait aux vitres à travers ses lunettes loupe, et semblait dans un tel bonheur.


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 20 août 2009
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